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4 juillet 2019

FLASH - Dans l’enfer des urgences : l’affolant journal de bord d’une infirmière de nuit

EDITO AU VITRIOL - Une bombe en exclu est lâchée et signée Le Parisien qui tire la sonnette d'alarme pour dénoncer les conditions de travail du personnel soignant au bout du rouleau - Une infirmière nous décrit, dans le détail et en exclusivité, sa semaine de travail, du 17 au 24 juin. Un quotidien éprouvant, dans le service en grève d’un grand hôpital francilien.

Une infirmière de nuit exerce dans un grand hôpital francilien. Comme 130 services en France, le sien, engorgé et sans moyens, est en grève. Du 17 au 24 juin, elle a accepté de consigner pour nous sa semaine de travail « normale », avec cinq gardes de nuit.
« Quand j'ai commencé mes études d'infirmière, il y a une dizaine d'années, je voulais travailler en maternité. Mais j'ai fait un stage aux urgences, et ça a été la révélation. J'ai aimé le contact avec des gens de tous les milieux, l'adrénaline, la cohésion d'équipe… J'ai d'abord travaillé de jour, puis, depuis quatre ans, de nuit, aux urgences d'un grand hôpital de la région parisienne.

Dans mon établissement, on manque de personnel, on a du matériel cassé (des perches à perfusion au système de climatisation), des patients isolés, agressifs ou en détresse sociale, et surtout, on manque de lits pour hospitaliser les malades, qui stagnent aux urgences au lieu de rejoindre d'autres étages. Dans l'équipe, on est tous grévistes, mais tous assignés, c'est-à-dire qu'on doit travailler quand même, pour assurer la continuité du service public. J'alterne une grosse semaine de 50 heures et une petite de 20 heures.

Celle qui commence là, c'est la grosse, avec cinq gardes, le lundi, mardi, vendredi, samedi et dimanche, de 21 heures à 7 heures du matin. Ce soir, c'est la pleine lune. Ce n'est pas prouvé par la science, mais ce sont en général des nuits difficiles, avec beaucoup de crises psychiatriques. »
Lundi 17 juin, soir : démarrage en trombe !
« J'arrive à 20 h 50, avec dix minutes d'avance. J'enfile ma blouse et récupère mon matériel : un stylo, des ciseaux, une pince à clamper (NDLR : utilisée lors d'interventions pour comprimer un vaisseau sanguin)… Quand je prends mon poste à 21 heures, les collègues que nous relayons s'excusent de nous laisser le service dans un tel état, avec 87 patients, dont 8 sont ici depuis plus de vingt-quatre heures. Il y a des brancards partout dans les couloirs.

Gérer ça avec deux médecins, deux internes, cinq infirmières et trois aides-soignantes, c'est compliqué. Les infirmiers sont sectorisés. Ce soir, je suis aux urgences relatives, qui ne nécessitent pas une prise en charge médicale immédiate, avec un temps d'attente d'une à cinq heures. Une période de rush débute, jusqu'à 2 heures du matin. Ça commence avec une dame démente, qui n'arrête pas de se déshabiller. On passe la nuit à lui remettre sa blouse. Puis il y a un jeune homme diabétique, avec un risque de coma, un homme fiévreux, revenu du Sénégal avec le paludisme, un patient avec une prostatite, qui n'arrive pas à uriner… Malgré la douleur, en me voyant courir partout, il me dit : Bravo, je ne sais pas comment vous faites ! Ça fait plaisir.

J'ai aussi des personnes âgées des maisons de retraite alentour, et plusieurs patients en crise psychiatrique. L'un est mutique, difficile à diagnostiquer. L'autre, très agité, insulte le mur. La routine. A 1 heure du matin, un habitué, qui souffre d'une insuffisance rénale, injurie le médecin, une aide-soignante, et me menace avec sa canne. Il hurle et effraye les autres patients. Il se fait sortir par la sécurité. Comme souvent, entre 2 heures et 5 heures, les admissions se calment un peu, on peut rattraper notre retard sur les soins. Vers 4 heures, on a tellement de patients à hospitaliser qu'on doit les mettre deux par deux dans des box de consultation, qui ne sont pas conçus pour ça, afin qu'ils se reposent sans néons dans les yeux, et libèrent les couloirs.

L'activité reprend vers 5 heures, avec les premiers accidents du travail, comme cette personne qui s'est fait rouler sur le pied par un transpalette, et les gens qui, au réveil, se sentent mal. A cette heure-là, c'est difficile de trouver un médecin ailleurs qu'aux urgences. Je n'ai pas eu le temps de manger de la nuit, et c'est seulement à 6 heures que j'ai pu aller aux toilettes. Au total, j'ai vu, à moi seule, une quarantaine de patients.

Ma collègue a mesuré avec son portable qu'elle a marché 13 km dans la nuit. Comme moi, sans doute. Après avoir transmis les dossiers à l'équipe de jour, je rentre en voiture, épuisée et amère, car je laisse 23 patients que j'ai peur de retrouver ce soir, faute de lits disponibles. Je prends une douche et vais tout de suite me coucher. »
Mardi 18 juin, aux urgences vitales
« A 21 heures, je prends mon poste dans la zone de déchocage, où sont traités les urgences vitales et les patients à l'état instable, qui sont vus immédiatement par un médecin. Le couloir est rempli, une boule de stress monte. On est deux infirmières dans cette salle. Ceux que nous relayons sont complètement dépassés par la situation, tellement il y a de monde. Pendant la transmission des dossiers, une dame de 74 ans déboule, avec une infection pulmonaire et du mal à respirer. On interrompt tout et en technique : perfusion, prise de sang, oxygène… Dans ce service, ça entre et ça sort très vite.

Certains partent en réanimation, comme ce monsieur avec un problème pulmonaire grave. Vers 23 heures, on accueille une patiente qui a fait une tentative de suicide avec des médicaments. Ça arrive tout le temps. La semaine dernière, une femme venait pour des idées noires. Avec le flux, on n'a pas eu le temps de la voir, elle est repartie en taxi et, au moment de payer la course, elle s'est ouvert les veines. Le chauffeur nous l'a ramenée.

Ensuite, on enchaîne avec une patiente au visage gonflé, en réaction allergique sévère. Ça ne nous stresse plus, mais il faut intervenir vite. Vers minuit, un garçon de 16 ans, alcoolique, déjà venu la veille, arrive inconscient, avec des traces d'agression sur le corps et le visage. On fait le scanner : il a un hématome sous-dural (NDLR : un épanchement de sang autour du cerveau). Il est envoyé au bloc, son pronostic vital est engagé. Avec des personnes aussi jeunes, on se dit qu'on a encore moins le droit de se tromper. A 16 ans, ce n'est pas normal de mourir.

Je me sens déjà vraiment fatiguée quand ma collègue m'appelle pour un patient qui fait un malaise. Je commence à le prendre en charge et là, c'est moi qui suis à deux doigts de tomber dans les pommes. Une fois de plus, je n'ai pas eu le temps de manger. J'avale une boisson sucrée, je m'assois dix minutes, et je reprends le boulot. La course se poursuit jusqu'au milieu de la nuit.

A 4 heures, avec ma collègue, on se demande : Mais c'est quoi cette vie ? On est K.-O., on a mal aux jambes, on n'a pas eu le temps d'aller aux toilettes ni de prendre un café. Les nuits calmes sont devenues de plus en plus rares. Je finis à 7 h 40, au lieu de 7 heures. Ces heures sup ne sont pas payées, seules comptent les nuits supplémentaires, quand on assure un remplacement.

Selon les mois, je gagne entre 1700 et 2200 euros net. Avec l'augmentation du coût de la vie, j'ai dû déménager plus loin de l'hôpital. Infirmière à Paris, en 2019, si on vit seule et sans trop de privations, ce n'est pas possible. Alors je vais arrêter. Pourtant, j'adore mon travail. Mais les conditions dans lesquelles on le fait, le salaire par rapport aux responsabilités… C'est inadmissible. J'en ai marre. Physiquement, psychologiquement, je commence à saturer. J'ai envie de pouvoir construire une vie privée. Au bout d'un moment, la qualité de vie prime. »
19 et 20 juin, un répit de courte durée
« Enfin un peu de repos, du mercredi matin au vendredi soir. J'essaie de rattraper mon retard de sommeil. Ça fait un moment que je n'ai pas dormi une nuit complète, je me réveille toutes les deux ou trois heures. Mercredi soir, je devais voir des copines, mais j'ai annulé. Trop fatiguée. Ça arrive très souvent, les lendemains de garde. Je suis restée dans mon lit, je me suis assoupie en lisant et réveillée vers 2 heures du matin. Impossible de me rendormir. Avec le travail de nuit, tout est déséquilibré. Quand j'ai commencé, il y a quatre ans, je n'ai pas eu mes règles pendant cinq mois.

Jeudi soir, j'ai trouvé le courage de sortir pour une fête entre cousins. J'ai tenu jusqu'à 2 heures, mais c'était dur, surtout quand j'ai raccompagné ma cousine en voiture. Avec la fatigue, la concentration au volant devient un vrai problème. Je me suis déjà endormie à un feu.

Vendredi après-midi, je dors jusqu'à 18 h 30, puis je passe un coup de fil à ma mère, que je n'ai pas eu au téléphone depuis une semaine. Parfois elle m'envoie un texto : Disparition ? Mes parents, qui habitent en province, viennent à Paris ce week-end. On a prévu de déjeuner ensemble samedi. Ça va être vite fait, car je serai entre deux gardes. Je pars pour l'hôpital, sans dîner. De toute façon, le frigo est vide, nettoyé et éteint. Je n'ai pas eu le temps de faire les courses depuis plus d'un mois ! »
Vendredi 21 juin, la fête est finie
« A 21 heures, je prends mon poste en tant qu'infirmière d'accueil et d'orientation. Je suis la première personne que les patients voient. C'est à moi de faire le tri et de les installer dans différentes zones, en fonction du degré d'urgence. C'est un rôle que j'aime bien, il y a beaucoup d'adrénaline et il faut bien connaître son métier. Quand je commence, beaucoup de patients attendent déjà. Je dois aller vite, mais je n'ai pas le droit à l'erreur. Les deux premiers arrivés, escortés par la police, sont blessés par balle, l'un au talon, l'autre au coude. Ils ont eu de la chance, ce n'est pas grave.

Ce soir de Fête de la musique, la police nous amène pas mal de cas d'ivresse. Ils restent aux urgences s'il y a un risque de coma. Sinon, ils repartent en cellule de dégrisement. J'étais en train de m'occuper d'un cas de drépanocytose, une maladie chronique très douloureuse, quand je dois m'interrompre à l'arrivée d'une femme, transportée par les pompiers. Elle est inconsciente, alcoolisée et droguée. On la place en zone de déchocage, car il y a un risque vital.

On n'arrête pas de la nuit. Décompensation psychiatrique, rejet de greffe, victimes d'agression… Je vois revenir les pompiers des mêmes casernes, qui me disent : Désolés, encore nous ! Je discute un peu avec une jeune femme de 22 ans, tabassée par son conjoint. Ce n'est pas la première fois, mais elle ne souhaite pas porter plainte. Je vois énormément de femmes battues, et c'est souvent le même discours. Dans ces situations, on se sent vraiment impuissant. A la fin de la nuit, on est tous crevés. On a travaillé en sous-effectif, il manquait trois aides-soignants sur sept. Ça augmente beaucoup la charge de travail. Je prends ma voiture et rentre chez moi à toute vitesse. Je me couche à 9 heures et je mets mon réveil à 12 h 30, pour déjeuner avec mes parents. Ils me disent que j'ai les yeux gonflés et l'air fatiguée. »
22 juin, la fièvre du samedi soir
« Après une sieste en fin d'après-midi, je me réveille à 19 h 30, prends une douche et file au travail. Je suis de nouveau infirmière d'accueil. Au début de la nuit, une patiente alcoolisée, agitée et violente, arrive avec la police et les pompiers. On doit se mettre à six pour l'attacher au brancard, sur avis du médecin. Plus tard, les policiers nous amènent un homme en détresse psychiatrique, qui a essayé de se jeter sous les roues des voitures. Il est en sueur, ne veut pas qu'on le touche. Impossible de prendre sa tension. Il profite d'un moment de répit pour fuguer. Il y a une course-poursuite dans les urgences. Les policiers et les agents de sécurité reçoivent des coups de pied et de coude. Lui aussi, on doit l'immobiliser et lui donner un médicament pour le calmer. Au total, on reçoit 18 victimes d'agressions physiques. C'est le thème de la soirée.

Fractures du poignet, du bras, entorses… Il y a ce jeune à peine majeur, couvert d'hématomes, en état de stress post-traumatique, qui parle très peu. On l'envoie en déchocage, en cas de traumatisme crânien. A l'heure où j'écris ces lignes, il a dû voir le psychiatre.

On reçoit aussi plusieurs patients qui n'avaient rien à faire là. Au milieu de la nuit, deux jeunes hommes avec une migraine sont venus sans même avoir essayé de prendre un Doliprane. Je leur en donne un, ils attendent. Puis ça va mieux et ils repartent. Ce genre de cas, ça fait perdre du temps à tout le monde, il faut leur prendre les constantes (pouls, tension…), les examiner au cas où, trouver les arguments pour les convaincre de s'en aller.

Néanmoins, ces patients, qui ne restent pas longtemps, ne sont pas notre principal problème. C'est surtout le manque de personnel et de lits disponibles dans l'hôpital. Cette nuit encore, 20 personnes ont dormi sur un brancard, alors qu'elles avaient été diagnostiquées. Un patient avec un problème de sevrage alcoolique est resté là plus de quarante-huit heures. Je finis mon service à 6 h 30, quand un collègue arrive, en avance, pour prendre la relève. Je suis soulagée. »
Dimanche 23 juin, un dernier marathon
« Je pars au travail un peu dépitée. Je n'ai plus envie. Heureusement, on forme une bonne équipe, on s'entend bien et on se soutient. C'est ce qui fait que personne ne craque. Je suis postée en salle de déchocage, plutôt calme à mon arrivée. En revanche, le reste des urgences est plein. Je vais donc donner un coup de main à mes collègues pour surveiller les patients qui passent la nuit ici, et gérer le flux des nouveaux.

A 22 h 30, je retourne à mon poste car une urgence vitale déboule, une jeune femme à la tension faible, qui a fait une tentative de suicide. Je vais discuter avec sa famille, expliquer que, quand elle sera stabilisée, elle rencontrera un psychiatre, qui décidera d'une hospitalisation. C'est chronophage, mais c'est important de parler aux proches.

Un peu plus tard, la police amène à l'accueil des urgences deux patients agités, alcoolisés et violents. Il faut un certificat médical attestant qu'ils sont aptes à aller en garde à vue. Ils traitent ma collègue de sale noire et de salope. Elle me dit qu'elle est hermétique aux insultes, mais au bout d'un moment, ça touche. On fait ce métier pour aider. Des remarques de ce genre, c'est dur à accepter.

Même si le flux est moins important cette nuit, la chaleur nous use. Avec la climatisation en panne depuis deux ans, il fait entre 27 et 30 degrés, selon les pièces. C'est épuisant pour nous et pour les patients, qui se déshydratent et dont la fièvre ne baisse pas.

Si je témoigne, c'est autant pour dénoncer nos conditions de travail que celles d'accueil des malades. Ce matin, en partant, quand j'ai vu toutes ces personnes âgées entassées dans les couloirs, j'ai culpabilisé, même si ce n'est pas notre faute. Avec la canicule, on se dit tous que ça va être l'enfer. Heureusement, je ne travaille que mercredi et jeudi. Je vais enfin avoir un peu de temps pour voir mon copain. Ça fait presque deux semaines qu'il m'attend ! »
Des urgences et des promesses

Pour rappel, la contestation a débuté le 18 mars, à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, après plusieurs agressions du personnel. Le 21 juin, 131 services d'urgences étaient en grève en France.

Sur 29 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France se classe 26e en termes de salaire des infirmiers rapporté au salaire moyen du pays. Le Mexique arrive 1er. Au Luxembourg, 4e, il atteint 7800 euros brut par mois en 2018 (contre 2174 euros en France pour un infirmier fonctionnaire de catégorie A avec onze ans d'ancienneté).

Entre 1996 et 2016, les passages aux urgences ont doublé, en raison du vieillissement de la population, du manque de médecins généralistes (– 9,1 % entre 2007 et 2017), et de leur mauvaise répartition sur le territoire.

Selon l'OCDE, le taux de patients inappropriés aux urgences était de 19,4 % en France, en 2014 (contre 19,6 % en Italie, 25 % au Canada, 12 % en Angleterre).

Le 14 juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé une prime mensuelle de 100 euros net pour les infirmiers et aides soignants (montant total de 55 millions d'euros) et un budget de 15 millions d'euros pour recruter cet été.

Le 17 juin, le collectif Inter-urgences réclame la création de 10000 emplois, la réouverture de lits pour désengorger les urgences et une augmentation de 300 euros net par mois.

  • Hôpitaux : « La crise ne fait que commencer »

Seconde bombe signée Le Parisien - Pour Antoine Vial, la pénurie de généralistes, le vieillissement de la population et l’explosion des besoins ont des effets dévastateurs.

Engorgés et sans moyens, les services d'urgence de quelque 130 hôpitaux sont en grève. Antoine Vial, expert en santé publique et auteur de « Santé, le trésor menacé », paru en 2017 à L'Atalante, revient sur les raisons de la crise du système hospitalier, ses conséquences néfastes et les solutions immédiates envisageables.

Comment en est-on arrivé à cette crise ?

Antoine Vial : Elle est multifactorielle. Cette crise concerne l'offre de soins, d'une part. On a bâti un système hospitalier en délaissant les médecins de première ligne : le nombre de généralistes est en chute libre depuis trente ans, et ils sont inégalement répartis sur le territoire. Ces médecins travaillaient quatre-vingt heures par semaine et assumaient des gardes obligatoires. Ce n'est plus le cas. La profession, qui s'est féminisée, aspire à autre chose après dix ans d'études. Les généralistes ne pratiquent plus les petits actes d'urgence, comme les sutures. D'autre part, les besoins ont explosé. En vingt ans, la fréquentation des urgences a doublé, passant de 10,1 millions de patients en 1996 à 21,2 millions en 2016.

Si certains malades y vont car ils anticipent des examens complémentaires (radio, scanner…), beaucoup de cas ne sont pas des urgences réelles. Avec la pénurie de médecins combinée au vieillissement de la population, la crise ne fait que commencer. Encore plus de casse est à craindre.

Quelles sont les conséquences d'une telle situation ?

L'effet est dévastateur pour les soignants des urgences, qui travaillent déjà dans une extrême tension. A cela s'ajoute la peur face à la violence qui s'exprime aujourd'hui. Elle s'est banalisée. Le mouvement a d'ailleurs commencé après une agression à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris. N'importe qui péterait un câble devant des patients eux-mêmes stressés, parfois alcoolisés, agressifs. Les soignants sont usés, au niveau psychique et physique. Leur malaise risque de se répandre dans les autres services hospitaliers quitte à provoquer une réaction en chaîne à travers le pays. Côté patients, les conséquences sont aussi dramatiques : la mortalité a augmenté de 9 % sur l'ensemble des malades et jusqu'à 30 % pour les cas les plus graves, d'après une étude de 2016.

Avant de refondre le système hospitalier, on pourrait déjà revoir le tri des patients. C'est le premier boulot de l'urgentiste, complexe, car il requiert de multiples compétences : psychologie, traumatologie, cardiologie… Aujourd'hui, le médecin urgentiste est seul quand un cas grave se présente. Il y a trente ans, une équipe réunissant un urgentiste, un chirurgien orthopédiste, un chirurgien général et les internes en médecine générale accueillaient les patients : ceux qui devaient l'être étaient dirigés immédiatement vers le bloc. La médecine se spécialise toujours davantage, alors qu'on a besoin de polyvalence.

COUP DE GUEULE : Carton rouge pour les managers qui exploitent au max le personnel qui est au bout du rouleau et il ne faut pas s'étonner que des salariés tracent la route en vitesse ou se mettent en arrêt maladie lorsqu'ils sont soumis à des cadences infernales, subissent du harcèlement et poussés dans leurs derniers retranchements (journées continues, heures sup à gogo non-payées, risque de malaise, pétage de plombs,...). 

Message cadeau pour les managers sans scrupules : 

ALLEZ TOUS VOUS FAIRE ENCULER !!

Et la révolution, c'est pour quand ? FAUT QUE CA PETE !


Source : Le Parisien
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