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29 avril 2017

FLASH - Les inégalités à l’origine du malaise social et ça finira par péter !

En Mai 68, des ouvriers grévistes des usines Renault de Billancourt revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail et des augmentations de salaire, moment intense de la vie socio-politique française.....dont, malheureusement, les revendications sont à peu près identiques de nos jours dans un tout autre contexte...

La montée des populismes est la résultante de nos échecs économiques. Le travail se retrouve de plus en plus exclu du partage des richesses créées au profit du capital. Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes. Un effondrement historique depuis l’avènement de l’ère industrielle.

Il est parfois des graphiques qui disent plus que des milliers d’analyses, aussi bonnes et éclairées soient-elles. Début avril, le Fonds monétaire international a publié sur son blog l’évolution de la part du revenu national versée aux travailleurs depuis 1970. Ce seul graphique résume à lui seul l’origine du malaise social et sociétal qui secoue toutes les économies avancées, voire toutes les économies du monde. C’est l’effondrement. Un effondrement historique dont on peine trouver des comparaisons depuis l’avènement de l’ère industrielle. En 45 ans, la part des revenus du travail a baissé de plus de 5 points pour tomber à 50 % à peine dans les économies avancées. Dans les pays en développement, elle atteint désormais à peine 36 %.

Là se trouve sans nul doute la source de tout le malaise occidental, de cette colère des laissés-pour-compte, de ce sentiment d’exclusion, de ce pessimisme de parents persuadés que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, de cette montée des populismes qui ébranlent les uns après les autres les pays avancés : de ces échecs économiques évidents. Alors que le PIB mondial a été multiplié par plus de 25 fois sur la période (de 2 900 milliards de dollars à 74 100 milliards de dollars selon la Banque mondiale), que la productivité a été multipliée par 30, les personnes tirant leurs revenus de leur seul travail sont de moins en moins associées à l’augmentation des richesses produites.

Cette baisse tendancielle a été engagée dès les années 1970. Les entreprises ont commencé à peser sur les salaires pour reconstituer les marges. Mais le mouvement n’a cessé de s’amplifier et de s’accélérer au fil des décennies. L’âge de la grande compression, documentée par des économistes comme Thomas Piketty, Joseph Stiglitz ou Paul Krugman, a commencé, amenant à réduire tant et plus la part du travail dans le partage de la valeur ajoutée ou des PIB. Les salaires moyens en monnaie constante aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe n’ont quasiment pas bougé depuis 1980. Au Royaume-Uni, la croissance des revenus réels durant la dernière décennie a été la plus faible depuis l’époque des guerres napoléoniennes.

La mesure de ce choc se dit en quelques chiffres. Pendant les années 1960, les 90 % des ménages américains les moins aisés recueillaient 67 % des gains réalisés dans un cycle économique. Durant les années Reagan, ils n’en obtenaient que 20 %. Depuis les années 2000, cette part est tombée à 2 %, les 10 % les plus riches raflant tout le reste. Pour l’économiste américain Thomas Palley, le cercle vertueux de la croissance économique, « où les bénéfices de la productivité étaient reconvertis en salaires alimentant la croissance de la demande », s’est cassé dans cette période des années 1970.

Les causes de cette rupture sont multiples, insiste le FMI. Pour l'organisme, les technologies sont le facteur premier de ce divorce. « Dans les pays avancés, près dela moitié du déclin de la part du travail est due à l’impact de la technologie. La diminution s’explique à la fois par la propagation rapide de l’information et des télécommunications et par la proportion élevée d’occupations qu’il était facile d’automatiser », assure-t-il.

Cette révolution technologique qui bouscule les frontières classiques de l’espace et du temps a sans aucun doute amplifié le mouvement de mondialisation à l’œuvre. Une nouvelle organisation de la production s’est mise en place, conduisant à la recherche des coûts toujours plus bas. Les tâches demandant le plus de main-d’œuvre ont été délocalisées vers les pays toujours moins chers, d’abord vers l’Europe du Sud pour les entreprises européennes, puis vers le bassin méditerranéen, puis vers la Chine, etc. « La conjonction de la technologie et de l’intégration internationale explique pour près de 75 % le déclin de la part du revenu qui échoit aux travailleurs en Allemagne et en Italie et 50 % aux États-Unis », analyse le FMI. Avant d’ajouter : « Le progrès technologique et l’intégration économique internationale ont certes été des moteurs essentiels de la prospérité mondiale, mais leurs effets sur les revenus des travailleurs compliquent la tâche des gouvernants. »

Mais peut-on parler de cette grande rupture, en évitant de mentionner la financiarisation de l’économie, avec en fond de décor le néolibéralisme qui la sous-tend, comme le fait le FMI ? Impossible, répond l’économiste Petra Dünhaupt dans une étude sur les effets de la financiarisation dans le partage des revenus du travail. La financiarisation a, selon elle, était le principal moteur de la captation au profit du capital.

La prééminence donnée à partir des années 1980 à un management à court terme, dont le but unique est de satisfaire les actionnaires, en augmentant les dividendes, les salaires des dirigeants « au nom de l’alignement des intérêts », en multipliant les opérations financières (fusion-acquisition), a provoqué un prélèvement croissant sur les richesses. Le mouvement a été poussé si loin que les grands groupes qui auparavant étaient emprunteurs de capitaux sont désormais prêteurs. Ils préfèrent racheter leurs actions plutôt que d’investir. Quant à la bourse, elle n’est plus le lieu de financement de l’économie – moins de 10 milliards d’euros ont été levés sur la place de Paris en 2015 – mais celui du recyclage en circuit fermé des profits et de la spéculation.

Tout cela s’est fait au détriment des salariés dont le pouvoir de négociation dans l’entreprise et même plus simplement l’apport sont de plus en plus contestés. Partant du principe que plus le travail est dérégulé, plus le pouvoir des négociations sur les salaires est amoindri, voire réduit à néant, plus l’efficacité économique est grande.

La réalité vient de rattraper la théorie. Aujourd’hui, c’est la machine économique, sociale et politique tout entière qui est en train de se briser, avec l’application aveugle de ces principes. Les perdants du néolibéralisme se comptent en millions, en centaines de millions. Les inégalités ont atteint des sommets, la concentration des richesses entre quelques mains est à des niveaux sans précédent.

« La part des revenus nationaux allant aux détenteurs de capitaux à travers les profits des entreprises ne cesse de monter. La part allant au travail est en baisse. Ce n’est pas de cette façon qu’une démocratie est supposée fonctionner », prévenait l’économiste Stephen Roach, ancien président de Morgan Stanley en Asie – inventeur du concept sur les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) – à la fin des années 1990. Oui, ce n’est pas comme cela qu’une démocratie est supposée fonctionner. Les erreurs économiques commises nous ramènent aujourd’hui à cette question politique essentielle.

Source : Mediapart

26 avril 2017

FLASH - La guerre des monnaies


"Le boom économique chinois qui ébranle la planète ne va pas sans susciter une profonde angoisse au sein même des milieux d'affaires de Pékin. Pour preuve, le succès fracassant d'un bien étrange livre... Quand vous apprenez que : le monde n'est pas tel que vous croyez ni tel que vous le voyez ; la banque centrale américaine, c'est-à-dire la Federal Reserve Bank (Fed), a échappé au contrôle de son gouvernement pour devenir une marionnette aux mains de la finance internationale ; des catastrophes, des crises, des meurtres, jusqu'à l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler et la mort de six présidents américains résultent bel et bien d'un complot international ; une guerre mondiale est en cours, qui a des monnaies pour armes et pour munitions, une guerre aussi meurtrière qu'elle est, à ce jour, invisible..." - Marianne, le 17 février 2008

Qu’est-ce que la monnaie ? Qu’est-ce que le dollar, l’euro, le yuan, et les autres monnaies en circulation de par le monde ? Ces devises servent aussi bien aux échanges quotidiens dans les magasins, que, sous d’autres formes, à la spéculation boursière et au commerce international dans une économie capitaliste mondialisée, incontrôlée et anarchique.

Incontrôlée, disions-nous, car les capitalistes financiers qui sévissent sur les bourses du monde ; de Wall Street à la City de Londres, en passant par Paris, Francfort et Shanghai ; gonflent la masse monétaire représentant les marchandises, les moyens de production, les biens et les services produits dans les économies nationales, et ils surmultiplient ainsi de façon tout à fait factice la monnaie disponible sur les marchés boursiers, engendrant ce que les économistes appellent des bulles financières. Ce phénomène entraîne en fait la création de monnaies de singe ne correspondant à aucune richesse, à aucune valeur réelle, qu’à du vent spéculatif servant à donner l’impression aux pecnots qu’ils s’enrichissent de cet argent de Monopoly Passe Go et collecte tout le pognon qu’il te faut.

Quand une bulle financière éclate, comme en 2008 à propos des subprimes, c’est-à-dire la revente, par paquets, de milliers d’emprunts hypothécaires non solvables, ce sont alors des millions de propriétaires d’habitations qui sont saisis, et leurs familles qui les occupent à crédit, qui sont expulsées – jetées à la rue manu militari – dans la plus grande démocratie bourgeoise de tous les temps.

Nous invitons les bigots bourgeois férus de démocratie électorale, comptabilisant chaque bulletin de vote jeté dans la crécelle des urnes qu’ils chérissent tant, prouvant croit-il la nature démocratique de ce système capitaliste pourri jusqu’à la moelle ; nous les invitons à réfléchir à ce paradoxe où une démocratie bourgeoise expulse ses commettants de leur résidence alors que leur gouvernement verse, à même les impôts de ces expulsés, des milliards de dollars en subvention à des banquiers pour qu’ils chassent ces payeurs de créances et ces payeurs d’impôts de leur maison ! C’est la loi du système, diront-ils, alors je demande, qui a besoin de ce système inhumain ?

Revenons à la question posée en début d’article. Qu’est-ce qu’une devise ? Une devise est un instrument économique national qui, à l’origine du capitalisme (concentrons-nous sur ce système économique tout en sachant que la monnaie existait bien avant le capitalisme) représentait la quantité de richesse, de biens et de services échangeables (commercialisables) dans une économie nationale. Au début du capitalisme, il existait alors une adéquation assez stricte entre la quantité de monnaie (non seulement sous forme de billets de banque mais sous toutes autres formes) en circulation et la puissance commerciale relative du pays qui émettait cette monnaie.

S’il y avait distorsion, comme par exemple martingale d’impression d’une trop grande quantité de monnaie nationale par rapport à la richesse (marchandise) échangeable dans ce pays, la sanction des marchés était sans équivoque, la valeur de cette monnaie nationale chutait rapidement et tous ceux qui faisaient commerce avec ce pays inflationniste refusaient de libeller leurs échanges en cette devise nationale et exigeaient plutôt d’être payés dans une devise forte. C’est le rôle que jouait le dollar américain jusqu’à la dernière crise (2008), le franc suisse servait également de monnaie refuge, ou encore l’or, cette quasi devise acceptée par tous à un point tel que l’on exigea pendant longtemps que chaque banque nationale, émettrice d’une devise, conserve dans ses coffres une certaine proportion d’or (environ 10 %) correspondant à une portion de la valeur de sa monnaie en circulation. Cette règle fut abolie lors de la répudiation des Accords de Bretton Woods (USA – 1944-1971).

LES ACCORDS DE BRETTON WOODS

À la suite de la seconde guerre mondiale, les États-Unis d’Amérique ayant pris une place prépondérante comme super puissance militaire, économique et financière impérialiste, il fut décidé que la devise américaine, le dollar US, servirait de monnaie d’échange dans les transactions internationales et donc de valeur refuge en cas de difficulté commerciale ou financière entre deux ou plusieurs pays commerçants. C’est-à-dire, qu’à compter de 1944, une banque ou un trust qui souhaitait s’assurer que le fruit de ses transactions monétaires, commerciales, ou boursières spéculatives, soient à l’abri de toutes dévaluations intempestives d’une monnaie nationale fragile, effectuait ses transactions en monnaies fortes américaines – le dollar US – monnaie de réserve.

À partir de 1971, les États-Unis refusèrent de rembourser en or les dollars US excédentaires mis en circulation de par le monde (fin de la convertibilité OR) d’où aucune réserve d’or ne garantissait plus la totalité ou une partie des dollars en circulation. Puis, ils proposèrent que les monnaies soient à conversion flexible selon le cours des marchés. Les autres pays impérialistes, solidement arrimés et assujettis au leader américain, ne dirent mot, pensant que l’économie américaine serait toujours prospère et l’impérialisme florissant. Le système impérialiste était alors dans la dernière décennie de ses 30 glorieuses.

Par la répudiation des Accords de Bretton Woods (1971), les traders et les banquiers internationaux obtenaient un sauf conduit spéculatif – un blanc-seing – illimité pour spéculer. Les différentes puissances impérialistes du globe crurent alors qu’elles pourraient s’en sortir et s’échapper avec la caisse alors que tous leurs amis, alliés et concurrents impérialistes se casseraient le nez avec un trop plein de dollars dévalués. Mais voilà, chacun de ces cupides croyait son concurrent plus stupide que lui-même et chacun se présentera à la caisse au même moment comme en Argentine quand les petits bourgeois s’alignèrent aux portes des banques cadenassées, incapables d’honorer leurs créances devant leurs clients déboutés. Évidemment, les milliardaires argentins avaient depuis longtemps transformé leurs avoirs en francs suisses anticipant l’effondrement du Peso – en parité dollar – contrairement aux prolétaires de Buenos Aires floués par ces pesos dévalués.

Imaginez la même dramatique, mais cette fois au lieu d’être l’Argentine aux prises avec le piège spéculatif, l’effondrement du Peso, et la perte de confiance des investisseurs, des spéculateurs et des épargnants dans l’économie du pays, ce sont tous les grands banquiers et les boursicoteurs internationaux, ces génies de la finance, nous dit-on, qui sont pris au piège américain, le peuple américain étant lui-même la première victime du fonctionnement de ce système économique anarchique, incontrôlé et inhumain.

Évidemment, cette confiance des acheteurs, des vendeurs, des spéculateurs, des banquiers et des boursicoteurs était fondée sur l’assurance que la monnaie internationalisée – le dollar US –, représentait bien une valeur forte, reflet d’une économie prospère, et qu’en tout temps chacun d’entre eux pourrait échanger ses dollars pour de vraies marchandises, de vrais biens ou de réels services concrets et tangibles. Que cette condition incontournable vienne à faire défaut et c’est tout l’édifice spéculatif impérialiste qui s’écroule. Le monde capitaliste en est là. La réalité c’est que depuis le début du XXe siècle le dollar américain a perdue 97 % de sa valeur. La dette souveraine américaine est de 15 000 milliards de dollars soit 100 % du PIB américain. Si on y ajoute l’endettement des ménages et celui des entreprises et la dette américaine passe à 50 000 milliards de dollars US, soit 360 % de son PIB. Tout compris les États-Unis affiche un trou de 200 000 milliards de dollars US. Ce n’est pas la Grèce qui est en faillite ce sont les États-Unis d’Amérique.

PROCHAIN SOUBRESAUT DE LA CRISE MONÉTAIRE

Si tous les spéculateurs n’ont pas abandonné le dollar au moment où nous écrivons ces lignes, c’est pour la simple raison que si chacun des voleurs – spéculateurs – (pas les fraudeurs de l’assistance sociale mais bien les spoliateurs milliardaires) réclamait son dû, chacun d’entre eux se retrouverait propriétaire d’une montagne de dollars de singes n’ayant absolument aucune valeur réelle comme il en fut dans les années vingt (1920) avec l’ancien Mark allemand que les capitalistes germaniques acheminaient par wagon entier aux capitalistes français à titre de réparation de guerre (1914-1918).

De fait, lors de la prochaine convergence des crises monétaire et financière, au premier semestre de 2012, des milliers de milliards d’actifs-boursiers-fantômes s’évanouiront et entraîneront dans la décimation au moins 10 % des banques occidentales édifiées sur ces actifs bidons et frauduleux. L’Euro et la dette souveraine grecque ainsi que celle des autres pays européens surendettés seront les déclencheurs mais pas les responsables de cette débandade boursière-bancaire qui frappera même les banques "too big to fail" (trop gosses pour tomber). Elles tomberont elles aussi.

Chaque État national sera tenté de voler au secours de ses banques et de sa monnaie nationale en décrépitude car même les hedge-funds et les fonds de pension – segments du capital financier – seront menacés d’effondrement. Mais les banques sont maintenant trop grosses pour être sauvées et un État qui songerait à prendre ces faillites à charge connaîtrait la décote Moody’s et la hausse de ses frais d’emprunts. La France, par exemple, consacre déjà 45,4 Milliards d’euros par an au remboursement de sa dette souveraine soit 16,5 % de ses revenus ou 80 % de ses revenus d’impôts.

LA NOUVELLE SUPERPUISSANCE IMPÉRIALISTE

Pourquoi une économie solide à la monnaie vigoureuse suscitant l’envie de tous les spéculateurs se retrouve-t-elle en si fâcheuse posture que chacun s’en contente faute de mieux, sachant qu’il n’a tout simplement pas le choix, s’il retire ses billes, son client et son fournisseur feront faillite, tout comme lui ? C’est la seule raison qui explique pourquoi le dollar poursuit sa triste destinée internationale – c’est que refuser le dollar revient à scier la branche sur laquelle chacun des grands capitalistes s’est reposé pour spéculer.

Au cours de la décennie quatre-vingt dix et de la première décennie des années deux mille, les entreprises multinationales occidentales ont délocalisé leurs usines ou encore leur production vers les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Corée, Taiwan, etc.) provoquant un chômage endémique et une baisse de revenu chez les consommateurs occidentaux. Les revenus fiscaux des États ont alors périclité et les commerçants ont tenté de compenser cette chute de pouvoir d’achat en offrant un crédit quasi illimité aux consommateurs occidentaux. Les entreprises improductives du tertiaire se sont concentrées dans les pays capitalistes avancés, en déclin, alors que les entreprises productrices de plus value des secteurs secondaire et primaire se sont concentrées dans les pays capitalistes émergents dont la Chine, première puissance industrielle du monde dont la monnaie, sous évaluée, offre maintenant les garanties recherchées.

Bref, un nouvel acteur économique s’est pointé sur la scène industrielle et commerciale mondiale. L’immense Chine avec ses 1,3 milliards de travailleurs à exploiter et de consommateurs à dévaliser. Depuis 1978 environ – prise du pouvoir par Deng Xiaoping en Chine – l’économie mondiale est entrée dans un nouveau cycle. Il ne s’agit pas ici de la crise de la dette grecque, et de ses 11 millions de producteurs – consommateurs (représentant à peine 0,01 % de l’économie mondiale) mais d’une super puissance industrielle et commerciale qui en trente cinq ans est devenue la seconde économie du globe et la première puissance industrielle de la planète, produisant, contrairement aux américains, de vraies marchandises, échangeables (téléviseurs, ordinateurs, automobiles, vêtements, navires, armements, raffineries, trains, fusées, etc.) garantissant toute transaction commerciale bien davantage que des dollars dévalués. Ce sont 20 % des consommateurs du globe qui se sont joints d’une venue à la confrérie mondiale des exploités de l’impérialisme.

Le Yuan, la monnaie chinoise, est aujourd’hui en confrontation directe avec le dollar US. Dans cette guerre à finir entre l’Alliance Atlantique (OTAN) regroupant les puissances impérialistes en déclin dont les économies non performantes et non concurrentielles ne sont pas suffisamment profitables parce que leur aristocratie ouvrière a bénéficié de trop davantage que les capitalistes occidentaux tentent aujourd’hui à grand peine de leur retirer – lutte et résistance sur le front économique –, dans cette guerre titanesque, contre l’Alliance de Shanghai (Chine – Russie – États de l’ancienne Union Soviétique, Iran, Corée du Nord, etc.) l’une des deux superpuissances devra assujettir l’autre à sa domination et ça ne peut être l’Amérique décadente.

Sur le plan militaire, les États-Unis et l’OTAN détiennent une suprématie indéniable dont la résultante est une suite de guerres et d’occupations ruineuses pour leurs économies déjà en difficulté ; pendant ce temps la Chine investit ses capitaux impérialistes en Afrique, en Amérique latine, au Canada, en Australie et noue des liens commerciaux avec les anciens alliés de la puissance états-unienne en déclin accéléré. L’ancien et le décadent devront un jour laisser place à la nouvelle superpuissance économique mondiale qui a nom la Chine et à sa devise le Yuan, que la Chine réévaluera quand bon lui semblera, sans tenir compte des pressions américaines. La Chine, en refusant de réévaluer sa monnaie, évite une hausse de prix inflationniste à l’économie américaine dépendante. D’ici là, les banques occidentales connaîtront tous les affres de la dévaluation monétaire et de la crise financière entraînant les épargnes des petits bourgeois dans le gouffre des crises monétaires impérialistes. Le dollar a terminé son cycle de vie, voyez poindre l’aurore du Yuan.

La crise capitaliste est inéluctable et si chacun d’entre vous décide de sauver ce système économique et monétaire parasitaire, alors, il survivra ce système par l’addition de vos sacrifices collectifs et par la somme de vos efforts individuels mais dans moins de dix ans une nouvelle crise systémique encore plus profonde, plus terrible et plus dévastatrice s’abattra sur ce monde impérialiste et on réclamera de chacun d’entre vous que vous fassiez comme ces petits bourgeois argentins, égyptiens, marocains, tunisiens, que vous vous rendiez aux urnes choisir le larbin ou la démagogue qui vous vendra sa salade nationaliste surannée contre quelques heures d’illusion, de rêve, jusqu’au lendemain qui déchante et vous confronte à la dure réalité de la nouvelle faillite des monnaies et du système impérialiste.

Source : Global Research (2011)

25 avril 2017

La réunion du FMI signe une descente vers la guerre commerciale à l'échelle mondiale

Dans un autre pas vers la guerre commerciale mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) au cours du week-end est devenu la seconde grande organisation économique mondiale à s’écarter de l’engagement à résister à toutes les formes de protectionnisme.

À la suite de la décision lors de la réunion du mois dernier des ministres des Finances du G20 de supprimer cette phrase de son communiqué, le FMI a adopté la même ligne de conduite lors de sa réunion de printemps à Washington. Dans les deux cas, l’engagement au libre échange a été supprimé à la suite de la pression exercée par le gouvernement Trump, conformément à sa politique de l’Amérique d’abord.

La déclaration publiée par le Comité monétaire et financier international du FMI (CMFI) affirme qu’elle cherchait à promouvoir des règles de jeu équitables dans le commerce international, en supprimant le texte précédent.

Le président actuel du comité, Agustin Carstens, le gouverneur de la Banque du Mexique, a cherché à masquer l’importance de la décision en suggérant que le texte précédent avait été supprimé parce que l’utilisation du mot protectionnisme est très ambiguë.

En réalité, l’omission d’un désaveu du protectionnisme est une expression manifeste de tensions commerciales croissantes, fomentées avant tout par le gouvernement Trump.

Ces conflits ne pouvaient pas être complètement aplanis lors de la réunion. Dans sa déclaration au CMFI, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré que l’Allemagne s’engage à maintenir l’économie mondiale ouverte, à résister au protectionnisme et à maintenir la coopération économique et financière mondiale sur la bonne voie.

Cette déclaration tranche nettement avec les remarques du secrétaire du Trésor américain Steven Mnuchin. Il a déclaré que les États-Unis favoriseront une expansion du commerce avec les partenaires engagés dans la concurrence fondée sur le marché, tout en nous protégeant plus rigoureusement contre les pratiques commerciales déloyales.

Son commentaire visait en particulier les deux principaux pays, la Chine et l’Allemagne, qui ont les excédents commerciaux les plus importants avec les États-Unis. Washington insiste sur le fait que l’économie chinoise n’est pas fondée sur le marché, tandis que les membres du gouvernement Trump ont affirmé que l’Allemagne bénéficie d’avantages injustes parce que la valeur de l’euro est inférieure à celle de l’ancienne monnaie, le deutschemark.

Sans nommer directement l’Allemagne, qui a enregistré un excédent commercial record l’année dernière, Mnuchin a déclaré que les pays dotés d’importants excédents extérieurs et de finances publiques saines ont une responsabilité particulière pour contribuer à une économie mondiale plus solide.

La décision du FMI de se plier à la pression américaine est intervenue quelques jours seulement après que le gouvernement Trump a annoncé une initiative majeure visant à imposer des restrictions radicales sur les importations d’acier qui, si elles sont réalisées, auront des répercussions profondes sur le marché mondial de ce produit de base.

En vertu d’une loi peu utilisée datant de 1962, Trump a signé un décret qui lance une enquête sur l’effet des importations d’acier sur la sécurité nationale américaine. Traitant cette décision comme un jour historique pour l’Amérique, il a déclaré que l’acier était essentiel pour notre économie et notre armée, et que ce n’était pas un domaine où nous pouvons nous permettre de devenir dépendants de pays étrangers.

L’invocation de la sécurité nationale est clairement liée à la volonté militariste du gouvernement. Mais l’utilisation de ce texte fait également partie d’une stratégie plus large sur le protectionnisme exposée devant le Congrès plus tôt cette année par deux membres du gouvernement de Trump : Wilbur Ross, secrétaire au commerce, et Peter Navarro, chef du Conseil national du commerce.

Elle s’appuie sur l’utilisation de précédentes lois américaines pour contourner les règles commerciales internationales mises en vigueur par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui permet aux États-Unis d’imposer des mesures protectionnistes en toute impunité. Il est remarquable que dans leur contribution Ross et Navarro ont invoqué l’infâme loi Smoot-Hawley de 1930, largement reconnue comme responsable des conflits commerciaux des années 1930 qui ont contribué au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Dans un commentaire paru dans le Financial Times sur cette dernière initiative de Trump, le chercheur Chad Brown de l’Institut Peterson et ancien conseiller économique du président Obama, a déclaré que citer la sécurité nationale pour justifier des restrictions sur les importations d’acier était synonyme d’engager l’option nucléaire sur le commerce.

"C’est une preuve de plus dans la tendance inquiétante où Trump semble vouloir essayer absolument toutes les possibilités offertes par la loi américaine pour arrêter le commerce", a-t-il déclaré.

Au cours des dernières années, les États-Unis ont lancé 152 procédures anti-dumping sur l’acier et 25 autres sont en préparation. Mais cette dernière initiative représente une escalade majeure. Selon le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, le système actuel est trop poreux et ne permet que des plaintes limitées contre des pays particuliers, qui peuvent être facilement contournées.

Les nouvelles mesures visent à proposer une solution plus complète sur une très large gamme de produits en acier et un très large éventail de pays, ce qui pourrait entraîner de façon concevable une recommandation pour agir contre toutes les importations d’acier.

Cela entraînerait un chaos sur les marchés internationaux, à mesure que les exportateurs d’acier chercheraient à écouler leur production sur d’autres marchés, entraînant des accusations de dumping, l’imposition de tarifs douaniers et d’autres restrictions, bref, une guerre commerciale généralisée.

Il y a deux forces motrices essentielles derrière les actions du gouvernement américain : d’abord, le déclin économique continu des États-Unis, qu’ils cherchent maintenant à surmonter par des moyens politiques et militaires – un processus qui s’est accéléré à la suite de la crise financière de 2008, avec la baisse consécutive de la croissance économique mondiale et la contraction des marchés mondiaux.

Deuxièmement, les efforts du gouvernement Trump pour détourner les tensions sociales croissantes créées par les bas salaires et les difficultés économiques accrues, et pour les canaliser vers un nationalisme économique réactionnaire. Dans ce but, Trump a pleinement reçu le soutien de la bureaucratie syndicale, dont les dirigeants de premier plan se trouvaient aux côtés de Trump lorsqu’il signait le décret sur l’acier. Ce dernier est également soutenu par les nationalistes économiques du Parti démocrate, dont le représentant le plus important est Bernie Sanders, qui se prétends socialiste.

La logique inhérente et objective de ces processus est la guerre économique et militaire, à laquelle les politiciens capitalistes ne peuvent proposer aucune alternative progressiste, comme en atteste encore une fois l’impuissance manifestée par le FMI face à ce qu’il reconnaît comme un grand danger. Cela s’explique du fait que la montée du nationalisme économique et du protectionnisme sont ancrés dans les fondements mêmes du système socio-économique basé sur le profit privé et la division du monde en États-nations rivaux.

Il y a cent ans, le monde était empêtré dans le carnage de la Première Guerre mondiale. Ce ne fut pas la guerre pour mettre fin à toutes les guerres, mais seulement le début d’une lutte de plus de trois décennies pour décider quelle puissance impérialiste allait imposer sa domination mondiale.

Finalement, après des dizaines de millions de morts et des horreurs indicibles, dont l’Holocauste et le largage de deux bombes atomiques sur le Japon, les États-Unis ont émergé comme la puissance mondiale prééminente.

Maintenant, le monde est confronté aux conséquences encore plus explosives du déclin économique de l’Amérique.

Mais cette année marque aussi le centenaire du plus grand événement du XXe siècle, la Révolution russe, la conquête réussie du pouvoir politique par la classe ouvrière, menée par Lénine, Trotsky et le Parti bolchevique sur la base du programme de la révolution socialiste mondiale. Ce doit être la perspective qui anime la classe ouvrière internationale dans les luttes auxquelles elle est confrontée directement maintenant.

Article traduit sur WSWS

19 avril 2017

Gendarmes : à la poursuite des chauffards et délinquants de la route

Excès de vitesse, comportement à risque, imprudence, alcoolémie... entraînent la plupart des accidents de la circulation. Pour assurer la sécurité des automobilistes, les forces de l'ordre mènent une lutte sans relâche contre les chauffards. Elles interviennent contre les actes de délinquance, de fraude ou les vols qui peuvent se produire sur les aires d'autoroute, les stations-service ou les péages. A Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, le quotidien de Christophe, Jennifer, Vincent et de Robin, membres d'un peloton de gendarmerie autoroutier, a été suivi.

17 avril 2017

Vitesse, drogue, alcool : les dommages collatéraux

Les fous du volant ne sont pas toujours conscients des risques qu'ils font prendre aux autres sur la route.

Urgentistes, pompiers : à votre secours

Situations de détresse, urgences vitales, accouchements... les médecins urgentistes doivent être sur tous les fronts. Près de 16 millions de Français sont admis dans les services d'urgences des hôpitaux chaque année. Le chiffre a doublé en 20 ans. De leur côté, les sapeurs-pompiers interviennent partout en France, parfois au péril de leur vie. Incendies, accidents de la circulation, aide à la personne... qu'ils soient volontaires ou professionnels, les soldats du feu sont très sollicités : en moyenne toutes les 7 secondes.

VIDEO 1 - VIDEO 2

16 avril 2017

FLASH - Les ravages sociaux de l’euro

L’idée selon laquelle l’euro aurait échoué est dangereusement naïve. L’euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l’euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu’il fasse.

Le géniteur des principes de l’euro est l’ex-économiste de l’Université de Chicago : Robert Mundell. Le théoricien de « l’économie de l’offre » est maintenant professeur à l’Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l’Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l’union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m’a dit, exaspéré :
« Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »
Il se trouve que je ne peux pas l’imaginer. Mais comme je n’ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration du à des règlements régissant l’emplacement des pièces.

Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose : trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. (Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l’avaient empêché de déplacer son trône.)

« Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l’euro.

L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

« L’euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans la réduction des règles du commerce. »

Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l’euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l’avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l’économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

Pour lui, ce n’était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l’euro n’était pas de faire de l’Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.

« Ronald Reagan n’aurait pas été élu président sans l’influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L’économie de l’offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l’avait appelée : « l’économie vaudou » : la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.

Mundell m’a expliqué que, en fait, l’euro est fait d’une pièce avec les Reaganomics :
« La discipline monétaire s’imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »
Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d’Etat en masse, réduire les impôts et d’envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.

Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la "réforme" du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l’écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l’UE l’appliquent, cette « compétitivité » s’annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel.

Mais ils n’ont pas à expliquer leurs politiques ; ils n’ont qu’à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l’union monétaire est la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce ont produit la lueur chaleureuse de ce que les acolytes du « roi-philosophe » Joseph Schumpeter appelaient la« destruction créatrice ». L’acolyte de Schumpeter et apologiste du libre marché Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour visiter le « sanctuaire impromptu constitué par la banque incendiée où trois personnes sont mortes après avoir été brûlées par des manifestants anarchistes, et profité de l’occasion pour offrir une homélie sur la mondialisation et l’irresponsabilité grecque. »

Les incendies, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux, amènerait ce que Friedman a appelé une « régénération » de la Grèce et, en fin de compte, de toute la zone euro. Alors à ce moment-là, Mundell et les autres possesseurs de villas pourront mettre leurs sacrées toilettes partout où ils voudront.

Loin d’échouer, l’euro, qui était le bébé de Mundell, a réussi probablement au-delà rêves les plus fous de son géniteur.

Source : LLV (2012)

14 avril 2017

Sherifs US : au nom de la loi

Popularisés par les westerns et indissociables du mythe américain, les shérifs jouent un rôle déterminant dans la lutte contre le crime et la délinquance aux États-Unis. On en compte 3 000, répartis sur l'ensemble du territoire. Pour faire respecter la loi, ces représentants de l'ordre disposent de moyens conséquents : enquêteurs spécialisés, brigade scientifique, snipers, arsenal dernier cri, hélicoptères, prison particulière, etc. Certains shérifs ont même, sous leur autorité, des SWAT, les unités d'élite de la police américaine. Comment les shérifs travaillent-ils au quotidien ? Et qui sont ces hommes dont la mission est à la fois d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, mais aussi de leur rendre des comptes ? Car aux Etats-Unis, le shérif est élu ; il est donc jugé sur ses résultats.

Pendant plusieurs mois, nous avons suivi le shérif Anthony Wickersham et ses hommes. Leur territoire : Macomb County, l'un des comtés les plus peuplés de l'État du Michigan avec ses 800 000 habitants, et surtout l'un des plus touchés par la crise. Ici, dans cette région des grands lacs, le chômage a fait exploser la criminalité. Pour la combattre, les citoyens comptent sur leur shérif. L'année dernière, ses hommes ont arrêté 400 personnes, la plupart ayant été incarcérés dans la prison du comté, et saisi 100 kilos de drogue et 1 million et demi de dollars d'argent sale... De bons « chiffres » que le shérif Wickersham espère bien réitérer en 2015 pour assurer sa réélection dans deux ans. Et pour lui, la campagne est déjà bien lancée...


https://rutube.ru/video/ef262be1c79d19f942c262ae02744418/
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13 avril 2017

Police des transports : le metro parisien sous haute surveillance

Enquête dans les coulisses des trains, métro et RER. Empruntés chaque jour par des millions de voyageurs, ils sont le théâtre de nombreux actes d'incivilité. Les vols de téléphones portables sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Des bandes de tagueurs ont également investi les lieux. Parfois armées, elles causent des dégâts considérables. Pendant plusieurs mois, ce document a suivi des policiers de la brigade des réseaux franciliens (BRF) qui opèrent dans les transports en commun de Paris et d'Ile-de-France. Ils pourchassent non seulement les voleurs à la tire, mais également les « détrousseurs de l'aube », des pickpockets qui s'attaquent aux personnes endormies sur les quais en fin de soirée, ou encore aux « frotteurs », des délinquants sexuels. Pour les interpeller, les policiers doivent constater un flagrant délit et utilisent donc beaucoup l'important réseau de vidéosurveillances de la RATP.

https://rutube.ru/video/a859dbde781bd637ff8a9c8926acd900/

CARTON ROUGE - Quand le gouvernement français favorise les étrangers au détriment de son peuple !

Le constat est sans appel, les sans-abris français n'obtenant aucune aide alors que les migrants et étrangers ont tout les avantages et hébergés à nos frais sans oublier que les centres d'accueil dégagent sans ménagement les sans-abris français pour laisser place aux migrants. Selon Europe 1, la crise migratoire serait en train de priver les sans-abris de places en centre d'accueil...
"Alors que les Français sont toujours plus nombreux à être confrontés à la précarité, que certains sont contraints de dormir dans leur voiture ou même dans la rue – et y meurent parfois ! – il est absolument scandaleux que la maire de Paris Anne Hidalgo utilise l’argent des contribuables pour loger des immigrés illégaux", déclarait, récemment, Nicolas Bay, le secrétaire général du Front national, en réaction à l'annonce de l'ouverture prochaine d'un centre de transit à Paris.

L'an dernier, plusieurs associations s'étaient indignées de ces accusations de "mise en concurrence" de la précarité. "Nous voyons monter une polémique nationale sur une prétendue concurrence entre les précaires dans leur accès au logement et à l’hébergement.  […] Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux", dénonçait le Collectif des associations unies, il y a un an dans Libération.  Le collectif "Merci pour l'invi" avait, lui, fait le choix de l'ironie, avec un post Facebook qui a fait le tour de la toile. "Je m’appelle Antoine, je suis SDF depuis 10 mois. Mes amis SDF et moi sommes très touchés par la soudaine considération à notre égard, de la part des nombreux opposants à l’accueil des réfugiés. Nous nous engageons à venir camper chez vous, nos nouveaux amis. Merci encore pour votre invitation, et à très, très, très vite chez vous !", pouvait-on lire.
Jean-Pierre Pernault a déclaré lors de son JT, le 10 novembre 2016 selon Le Parisien
"Voilà, plus de place pour les sans-abri mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France," lance le présentateur. "L'ouverture aujourd'hui d'un centre humanitaire pour héberger 400 hommes porte de la Chapelle à Paris. La mairie prévoit de 50 à 80 arrivées par jour. Centre très provisoire pour les héberger quelques jours et les orienter ailleurs."
Les témoignages de Français excédés s'accumulent. La situation est aujourd'hui explosive, le ras-le-bol se généralise à toute vitesse et le Front National monte !

Carton rouge pour le gouvernement français socialo et certaines associations pour favoritisme car ils favorisent les migrants et clandestins au détriment des sans-abris français. A noter que parmi les migrants, des djihadistes se sont mêlés dans le flux migratoire pouvant mettre l'Europe à feu et à sang

11 avril 2017

Déchets : petites et grosses combines d'un business en or

En France, nous produisons près d'un milliard de tonnes d'ordures chaque année, l'équivalent de 28 tonnes par seconde ! Une source de profit considérable pour les industriels chargés de nous en débarrasser : collecte, tri, recyclage… Le marché des déchets est estimé à 10 milliards d'euros. Mais que deviennent nos déchets une fois jetés à la poubelle ?

On l'ignore souvent mais certains de ces déchets valent de l'or, à l'image des équipements électriques et électroniques hors d'usage (téléphones portables, ordinateurs, frigos, etc.). En Belgique, nous avons pu tourner en exclusivité dans les coulisses d'une étonnante société qui parvient, grâce à un procédé technologique révolutionnaire, à transformer nos vieux ordinateurs et nos téléphones portables en lingots d'or !

Nous nous sommes également intéressés aux filières de recyclage de ces déchets, notamment ceux de l'électroménager. Certains d'entre eux, extrêmement nocifs pour l'environnement, doivent impérativement être dépollués. Par appât du gain, nous avons découvert que des trafiquants n'hésitent pas à contourner la loi pour revendre ces déchets à bas prix, sans les avoir traités, cela au mépris de toutes les règles de santé publique.

À l'autre bout de la chaîne, nous avons suivi Bizza. Depuis 10 ans, ce Roumain d'origine gagne sa vie en récupérant nos encombrants ; ces déchets que nous abandonnons sur le trottoir (appareils électroménagers, mobilier, objets de ferraille) et qu'il revend au poids. Nous l'avons suivi pendant ces tournées nocturnes, qui se transforment parfois en combat de rue. Vu les profits réalisés, des bandes rivales n'hésitent pas à jouer des coudes pour s'approprier ces déchets.

Si certains déchets ont de la valeur, il y en a d'autres dont personne ne veut, comme ceux du BTP. Pour les professionnels, chaque tonne à la déchetterie coûte environ 90 euros. Pour s'en débarrasser, des entrepreneurs ont recours à des pratiques illégales. Contre de grosses sommes d'argent liquide, de plus en plus d'agriculteurs transforment leur champ en décharge à ciel ouvert. Au milieu de vignes classées, nous avons même découvert des déchets de la Marine Nationale !

Enfin, nous avons suivi les agents de l'OCLAESP (Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique). Ce sont des gendarmes, spécialisés dans la lutte contre ces décharges illégales. Missions en hélicoptère, enquêtes, perquisitions… Nous avons remonté, à leurs côtés, la piste de réseaux criminels où l'argent sale coule à flot.

Une enquête dans les coulisses pas très propres du business très juteux des déchets.

https://rutube.ru/video/49e899b03fef54c5c741294a8327b947/
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10 avril 2017

Comment la France se protege contre le terrorisme ?

En France comme à l'étranger, l'armée française est mobilisée contre le terrorisme. L'Opération Sentinelle a renforcé son contingent pour atteindre 10 000 hommes sur le territoire national, l'équivalent de la moitié de l'infanterie. Depuis les attentats de 2015, l'armée croule sous les candidatures. Près de 2 000 par jour (contre à peine une centaine avant 2014). Dans le Sud-Ouest de la France, les forces spéciales s'adaptent et s'entraînent à balles réelles pour faire face à ces nouvelles menaces. À l'étranger, les soldats sont sur tous les fronts. Au Mali, au Tchad ou encore en Irak ; au total, plus de 7 000 militaires français sont déployés dans des opérations extérieures. Le porte-avions Charles de Gaulle est, lui aussi, engagé dans la guerre en Syrie et en Irak. Après 25 ans de diminution budgétaire le gouvernement fait à nouveau de la défense nationale une priorité. Mais ces efforts sont-ils suffisants pour faire face aux risques du futur ?

https://rutube.ru/video/c723ba6211a24ac9f91bb9a8e770b99b/
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FLASH - Le bouton "Hello" sur Facebook peut cacher des pièges !

Le 6 avril 2017, sur Facebook, nous avons remarqué une nouveauté : un bouton "Hello" est disponible sur tous les profils du réseau social. Un bouton qui permet d'envoyer simplement un "Hello" mais qui pourrait être la première étape pour Facebook pour devenir un site de rencontres. Car la fonction permet de contacter des inconnus qui ne sont pas vos amis mais attention aux pièges ! La preuve vue sur Le Parisien, une jeune fille violée après s'être faite piéger sur Facebook

La plupart des personnes sur Facebook, et des utilisateurs en couple, le savent bien. Facebook n’est pas seulement un réseau social permettant de communiquer avec ses amis, mais aussi un outil largement utilisé par de nombreuses personnes pour contacter des inconnu(e)s et tenter de nouer des liens surtout les célibataires. L’utilisateur qui reçoit un "Hello" peut décider de répondre par un message écrit ou bien d’ajouter la personne en ami mais aussi, ne pas donner suite et de le bloquer. Une nouvelle fonctionnalité qui risque de diviser les utilisateurs et certains pourraient même quitter Facebook.

L’initiative de Facebook est louable, mais risque de soulever une nouvelle polémique sur le harcèlement, chantage à la webcam et autres arnaques sentimentales. De nombreux utilisateurs du réseau social, et plus particulièrement les femmes, risquent rapidement de se retrouver bombardées de "Hello", d’autant qu’il est impossible de désactiver cette fonction pour le moment.

Impossible de désactiver les notifications quand on nous envoie un "Hello". Encore pire, rien ne permet de désactiver tout court cette option. Si votre profil est accessible par une recherche, alors vous serez potentiellement la cible d'un "Hello" sorti de nulle part. Seule solution dans ce cas : passer la totalité de votre profil en privé et ne plus apparaître dans les résultats de recherche. Les paramètres de confidentialité doivent se présenter comme suit  :


Si un(e) inconnu(e) se met à vous harceler ou vous draguer lorsque vous êtes en couple, ne donnez plus suite et bloquez la personne en question. En cas d'abus, signalez immédiatement le profil.

Sources : Phonandroid, LCI, France 24, Clubic

9 avril 2017

Libérons les économies

Alors que nous sommes en période électorale, les candidats usent de promesses encore et toujours. Ils nous parlent (comme depuis 40 ans) de degrés de libéralisation des marchés, car selon eux, c’est une nécessité à la juste confiance, à l’emploi, en bref un coup de pouce à la croissance qui ferait l’économie. Elle nous permettrait également de gagner notre vie et peut être même de créer notre bonheur à l’instar des licornes.

Et si pour une fois, nous constations leurs prétentions en démontrant que libérer vraiment l’économie nous affranchirait de tout, y compris des candidats eux-mêmes. Oui, au libre marché !

Ce document traite des économies (oui il en existe d’autres que celle qui est décrite sur BFM business !).

Il établit un constat notamment sur l’outil principal qui nous enferme dans une économie restrictive, la monnaie. Ainsi, celle-ci est observée au travers de ses fonctions afin de proposer un éventail de solutions.

Et si regarder ce film vous permettez de changer de dimension, de prendre de la hauteur et surtout de vous donner des outils pour faire société et sûrement d’améliorer votre vie !!!



NOTE : En raison de la mauvaise qualité sonore, le sous-titrage FR est à activer via le bouton situé en bas de la vidéo

7 avril 2017

Usurpation d'identité et pièges sur Internet : enquête sur les nouveaux escrocs

Depuis quelques années, les escrocs ont trouvé un moyen d'agir au niveau mondial grâce à Internet. Héritage inattendu d'un pays lointain, combine soi-disant sans faille pour gagner en Bourse ou lettre d'amour venue d'une nouvelle amie sur Facebook*... les ficelles sont parfois très grosses, mais efficaces. Ces petites arnaques coûtent certes cher, mais il y a plus ambitieux. Certains n'hésitent pas à profiter de la crise et des mécanismes financiers pour empocher des millions d'euros, engendrant ainsi de véritables drames...



* : La règle d'or sur Facebook, VIGILANCE, ne JAMAIS ajouter dans votre liste d'amis quand vous ne connaissez pas la personne sinon bonjour les emmerdes ! Pourquoi cette mise en garde ? En effet, de nombreuses personnes ont été piégées (chantage à la webcam, menaces en tout genre, harcèlement sexuel, arnaques sentimentales,....). En cas d'abus, signalez la personne en question et bloquez-le !

5 avril 2017

Escroqueries, agressions, delits routiers : que risquent vraiment les coupables ?

Pendant près d'un, ce document a pu suivre victimes, coupables et juges au Tribunal de Grande Instance de Dijon. Escroqueries, violences ou encore délinquance routière : 41 magistrats traitent plus de 26 000 affaires chaque année. Une justice du quotidien, à laquelle chaque Français peut un jour être confronté.

De l'interpellation du suspect jusqu'à son procès et même ses premiers jours en maison d'arrêt, nous avons suivi, pas à pas, toutes les étapes de la justice pénale pour comprendre ce que risquent vraiment les coupables. Par quels moyens juges et procureurs déterminent-ils ce qu'ils estiment être une peine adaptée ? Comment la justice prend-elle en considération les victimes ? Elles attendent souvent durant des mois et parfois des années le procès de la personne qui a bouleversé leur vie.

La justice est souvent lente : la France compte autant de magistrats qu'il y a un siècle alors que la population a augmenté de près de 70%. Aujourd'hui, de nouvelles procédures expresses permettent aux coupables de négocier directement leur peine, dans le bureau du procureur, sans passer par la case procès. C'est le « plaider coupable ». Nos caméras ont pu capter ces négociations étonnantes qui ont habituellement lieu à huis-clos. Il est fréquent qu'encourant de la prison ferme, des prévenus en ressortent avec du sursis, voire une simple amende.

Pour les condamnations à moins de deux ans ferme, la plupart du temps les coupables bénéficient d'un aménagement de peine : bracelet électronique, travaux d'intérêt général. Comment sont-ils contrôlés ? En prison, nous avons également suivi le travail du juge d'application des peines, qui tient des audiences en détention pour octroyer ou non des libérations conditionnelles. Le juge a la lourde tâche de maintenir en détention ou libérer des condamnés potentiellement dangereux.

Si les juges rendent leurs décisions en toute indépendance, ils travaillent le plus souvent avec des moyens insuffisants car le budget de la justice française est l'un des plus faible d'Europe rapporté aux nombres d'habitants.



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Oubliés ou sacrifiés : la revolte des classes moyennes

À trois semaines de l'élection présidentielle, le vote des classes moyennes va être déterminant. Ces Français, dont les revenus oscillent entre 1 800 et 2 200 euros par mois, constituent les trois quarts de l'électorat. Et la révolte les guette.

Ce document a enquêté autour de ces familles sur le fil, dont le niveau de vie s'érode et parfois bascule. Soumises à la pression fiscale, bénéficiant de peu d'aides sociales, ces « forces vives » du pays ont le sentiment de s'appauvrir et de ne plus bénéficier d'une ascension sociale dans la société comme les générations précédentes. Ni riches, ni pauvres ce sont la grande masse des employés dans les entreprises mais aussi les fonctionnaires, les infirmières, les petits patrons qui vivent aujourd'hui dans l'angoisse du déclassement. Comment réagissent-ils à cette campagne électorale ? Comment font-ils pour maintenir la tête hors de l'eau ? Horaires à rallonge, économies tous azimuts, ce sont bien souvent les solidarités familiales qui leur permettent de s'en sortir.

Aux premières loges de la dégringolade des classes moyennes : les huissiers. Ils saisissent de plus en plus les biens de fonctionnaires et de professions libérales incapables de faire face à leurs traites : autrefois presque privilégiées, les classes moyennes sont aujourd'hui fragilisées.

Aux États-Unis, c'est la classe moyenne qui a été le moteur de l'élection de Donald Trump. De quel côté les Français pencheront-ils le 7 mai prochain ? Nous avons enquêté sur ces villes moyennes comme Montargis dans le Loiret où le vote Front National est passé de 14,03% en 2010 à 29,25% 2015.

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NOTE : Cette vidéo dérangeante a été censurée par de nombreux hébergeurs

2 avril 2017

FLASH - La crise politique expliquée par l’absence de « bloc social dominant »

Les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini proposent une grille de lecture à la décomposition de la scène politique française. Selon eux, la crise actuelle est l’aboutissement d’une vieille incapacité des gouvernants à forger des alliances majoritaires dans le corps social, en appui à la libéralisation du modèle social. 

Le scrutin présidentiel de 2017 est déjà pressenti comme historique, au moins dans le sens où les repères habituels ont disparu, dans un climat de « confusion généralisée » et dans l’attente d’une configuration politique probablement inédite au soir du 23 avril. Dans les enquêtes d’opinion, les deux candidats des partis piliers de la Ve République réunissent moins de 30 % des intentions de vote. C’est nettement moins que les 36 % obtenus par Chirac et Jospin en 2002, avec cette différence supplémentaire que l’un des deux avait accédé au second tour. Il n’y a rien de moins certain – c’est une litote – en ce qui concerne François Fillon et Benoît Hamon.

Cherchant à donner du sens à cette situation à première vue chaotique, les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini fournissent, avec L’Illusion du bloc bourgeois, une grille de lecture fondée sur plusieurs années de recherches en commun. Au cœur de cette grille de lecture, figurent les déterminations réciproques entre les attentes présentes dans le corps électoral, les stratégies poursuivies par les gouvernants dans la conquête et l’exercice du pouvoir, et les grandes dynamiques économiques. Issues de ces déterminations et pesant sur elles, les institutions, comprises au sens large comme les règles du jeu social, « cristallisent durablement certains compromis sociopolitiques ».

S’il y a toujours une sélection entre les intérêts en présence (certains sont satisfaits, d’autres sont subordonnés et mis « hors jeu » du conflit politique), la stabilité est assurée dès lors qu’une stratégie de médiation recueille la loyauté durable de groupes sociaux majoritaires. Lorsque les gouvernants n’arrivent plus à reproduire leur légitimité, et que les institutions en place ne les aident pas non plus à modifier les alliances traditionnelles sur lesquelles ils s’appuient, une situation de crise politique se développe. Le système se grippe en l’absence de « bloc social dominant [...] dont les attentes sont suffisamment satisfaites par les politiques publiques ». Il en résulte une instabilité aux manifestations plus ou moins spectaculaires. C’est précisément l’interprétation que font Amable et Palombarini du moment présent.

Selon eux, la campagne présidentielle de 2017 apparaît comme l’aboutissement, sinon la phase terminale, d’un processus de désagrégation des blocs traditionnels de droite et de gauche. Comme nous le soulignions lors des Départementales de 2015, les bouleversements de l’ordre électoral français ne peuvent en effet se comprendre sans remonter au délitement pluridécennal des cultures politiques de la gauche de classe et de la droite postgaulliste, impuissantes face au chômage de masse et aux nouvelles insécurités sociales. Amable et Palombarini, qui mettent également en avant l’intérêt d’une telle « perspective longue », font le récit d’un décrochage des composantes populaires des alliances de droite et de gauche à partir des années 1980.
  • Quarante années de délitement des blocs sociaux de droite et de gauche
À droite, indépendants et petits entrepreneurs ont attendu des politiques de libéralisation du marché du travail radicales, que les salariés du privé ont au contraire tenté d’empêcher, tout en restant hostiles à l’interventionnisme d’État. À gauche, le tournant de 1982-83 a creusé un fossé entre les fractions les plus diplômées et insérées sur le marché du travail, qui verront plutôt d’un bon œil la substitution de l’horizon européen à celui du socialisme, et les fractions les plus populaires subissant les restructurations industrielles et les conséquences de la désinflation compétitive sur l’emploi. Faute de répondre aux attentes contradictoires de leurs appuis traditionnels, les dirigeants français ont mené une politique correspondant dans son contenu à un « bloc bourgeois » minoritaire, auquel ils ont été incapables de donner une viabilité politique.

Les auteurs expliquent bien comment le capitalisme français, comme d’autres capitalismes continentaux marqués par des compromis capital-travail au plus haut niveau, s'est peu à peu aligné sur un modèle anglo-américain plus libéral, privilégiant davantage la centralité de la norme concurrentielle, la flexibilité du rapport salarial, la finance de marché et la rentabilité à court terme des entreprises. Si les responsables politiques n’ont touché qu’avec prudence aux équilibres existants, ce fut au prix d’une incohérence croissante de l’organisation générale de l’économie nationale, les auteurs évoquant un défaut de « complémentarité » entre des institutions gouvernées par des logiques différentes. Cette adaptation peu concluante du modèle social français à la compétition globale et aux impératifs de l’intégration européenne a eu pour prix « l’exclusion des classes populaires de l’échange politique entre soutien électoral et défense des intérêts socio-économiques ».

Les classes populaires, insistent les auteurs, ont été perdantes aussi bien sur le plan matériel, dans la mesure où leur situation a stagné ou s’est dégradée, que sur le plan symbolique, dans la mesure où leurs valeurs et attentes ont été disqualifiées par tout un pan du champ intellectuel et médiatique. Les auteurs voient cependant dans les progrès de l’abstention, qui aurait atténué les conséquences de la désaffection des classes populaires vis-à-vis du jeu politique, une des raisons de la survie des forces politiques traditionnelles depuis les années 1980. En même temps, l’alternance récurrente entre droite et gauche sur la même période constitue pour eux un indice de cette reproduction impossible de la légitimité des gouvernants. Si l’on filait une métaphore géologique à laquelle ils ne se risquent pas, les tensions se sont accumulées, comme autant de forces pouvant être libérées à l’occasion d’un séisme.

Ceux qui s’intéressent au déclin des grands partis de gouvernement en Europe, depuis la chute des taux de croissance de l’après-guerre, retrouveront dans le livre une périodisation familière. De fait, la politique du bloc bourgeois n’a nulle part permis de stabiliser des alliances majoritaires aussi bien que dans les décennies précédentes. En Italie, les compromis sauvegardés par l’appareil démocrate-chrétien jusqu’aux années 1980 ont fini par être liquidés, conduisant à la restructuration du champ politique à l’occasion des affaires de corruption soulevées par l’opération « Mains propres ». En Suède, les sociaux-démocrates avaient constamment élargi leur assise sociale des années 1930 aux années 1970, jouant un rôle de parti prédominant comme il y en eut peu d’équivalents dans le monde. Avec l’entrée en crise de ce modèle, le paysage politique est devenu plus fragmenté et concurrentiel. Même en Allemagne, davantage préservée que la France en raison de sa situation plus favorable dans la division internationale du travail, les soutiens cumulés au CDU et au SPD se sont réduits au fil du temps.
  • Macron-Le Pen : un bloc bourgeois pro-européen contre un bloc souverainiste ?
Au-delà du récit de la crise politique rampante qui éclate aujourd’hui en France, Amable et Palombarini fournissent des outils précieux de diagnostic sur les forces en présence. En particulier, leur généalogie du social-libéralisme mal assumé du PS est intéressante lorsqu’elle renvoie à la tradition du « modernisme », dont Emmanuel Macron apparaît comme un avatar tardif. S’appuyant sur les travaux de l’historien américain Richard Kuisel, les auteurs soulignent l’influence sous-estimée de cette sensibilité des années 1930, distincte du néolibéralisme mais qui partage avec cette doctrine l’ambition de s’écarter du vieux laissez-faire intégral, afin que l’État accompagne les initiatives privées dans le redressement productif du pays.

La caractérisation du modernisme, dont les héritiers ont joué un rôle au sein de la « deuxième gauche » pour favoriser le basculement du PS vers des politiques pro-marché, colle à l’identité du candidat d’En Marche ! et renseigne peut-être sur son éventuelle pratique du pouvoir. Contre le déclin économique, une rationalisation doit être promue par des élites compétentes acculturées à la grammaire des milieux d’affaires. Les modernistes sont unis dans « le rejet des extrêmes » et la « défiance envers les mécanismes politiques démocratiques », comme le parlementarisme, qui peuvent détourner vers des intérêts particuliers de court terme. Le dialogue social n’est pas pensé comme « la recherche d’un compromis [mais comme un passage nécessaire pour] permettre l’acceptation unanime de la stratégie correspondant à l’intérêt général ».

On pense aussitôt à ce que les Italiens appellent le « décisionnisme », cette capacité d’un exécutif renforcé à mettre en œuvre des réformes n’ayant que trop tardé contre les « blocages » et les « rentes » d’un capitalisme national à la traîne de la compétition globale. Macron apparaît en tout cas comme une tentative de rendre politiquement viable un bloc bourgeois (libéral, pro-européen) élargi à d’anciennes fractions des blocs de droite et de gauche. À rebours, et avant même que sa candidature ne soit plombée par les affaires, Fillon incarnait un bloc de droite mutilé d’avance, son projet ultralibéral rappelant d’autres tentations ayant toujours abouti soit à des échecs électoraux, soit à des mobilisations sociales d’ampleur.

Plus que Benoît Hamon empêtré dans un appareil inamical et délabré, Jean-Luc Mélenchon incarne la volonté de redonner corps à un bloc de gauche profondément déstabilisé par le quinquennat Hollande. Les auteurs soulignent que la libéralisation du marché et du droit du travail, lancée tardivement de manière presque désinvolte, était l’initiative la plus explosive que pouvait prendre le pouvoir socialiste. Jusqu’alors, celui-ci s’était contenté de toucher à « des domaines qui n’étaient pas considérés comme prioritaires pour la solidification du bloc de gauche (système financier, marché des biens et services), tout en préservant autant que possible les domaines les plus essentiels à l’existence de ce bloc : relation salariale et protection sociale ». L’intégration européenne constitue cependant un obstacle à une telle réunification, Mélenchon rêvant par ailleurs de toucher des citoyens ne se reconnaissant plus dans les références traditionnelles de la gauche.

Reste le cas du Front national (FN). Amable et Palombarini prennent garde de ne pas lui donner de brevet « anti-bloc bourgeois », en rappelant que ce parti a défendu des politiques économiques d’inspiration néolibérale par le passé, et que son hostilité à l’intégration européenne ne s’est révélée que dans les années 1990, l’enjeu n’étant incorporé que de manière opportuniste à sa plate-forme xénophobe et autoritaire. Au bout du compte, la tentative du FN d’organiser un bloc souverainiste est selon eux pétrie de contradictions. De fait, la tripartition du jeu politique n'est pas annulée par la porosité nouvelle entre droite et extrême droite sur la question de l’universalisme, elle est plutôt renouvelée par les intérêts socio-économiques qui séparent les deux forces, et qui fracturent les soutiens du FN lui-même. Les équivoques du projet porté par Emmanuel Macron ne font donc pas face à un front social homogène représenté par le parti frontiste. C'est tout le paysage qui se retrouve fragmenté, aucune force politique n'apparaissant en mesure de nouer des alliances durablement majoritaires.
  • Une argumentation parfois trop mécanique
L’ouvrage de Bruno Amable et Stefano Palombarini, on l’a vu, offre une clé d’interprétation puissante des grandes évolutions politiques du pays sur plusieurs décennies. Au cours de 170 pages denses mais accessibles, les auteurs illustrent ce que peut apporter une économie véritablement politique à la compréhension du monde social. Le tableau du moment politique présent, et des facteurs qui y ont conduit, aurait cependant pu être complété ou nuancé à l’aide d’autres travaux, et en accordant davantage de place à des dynamiques non strictement économiques. Autrement dit, le livre pèche parfois par une argumentation trop mécanique, pourtant démentie par l’approche théorique plus subtile des auteurs.

D’une part, les auteurs nous semblent surestimer par endroits la rationalité et la propension au calcul des responsables politiques. Qu’elles soient plus fortes que chez les électeurs ordinaires est une chose, mais l’action de ces responsables est aussi le fruit de croyances, et de bricolages à partir d’un « déjà-là » institutionnel et d’un faisceau de contraintes et d’influences. Dès lors, même si certains ont eu ce projet, il est sans doute exagéré de présenter l’intégration européenne comme une stratégie « fonctionnelle non seulement à la “modernisation” du modèle français (...) mais aussi à une recomposition du paysage politique qui ferait sauter le clivage droite/gauche ».

Au demeurant, cette quête d’une recomposition est loin d’avoir été massive chez les responsables politiques. Beaucoup se sont satisfaits de la rente que constituait l’alternance régulière entre droite et gauche. Le renoncement de Delors en 1995 et l’abnégation de François Bayrou ont été des attitudes finalement peu répandues. Il est d’ailleurs difficile de comprendre l’échec du quinquennat Hollande sans son refus initial d’élargir sa majorité au centre, avant de perdre de plus en plus de soutiens sur sa gauche, le président socialiste semblant croire jusqu’au bout que les mécanismes de la Ve République lui permettraient d’être, quoi qu'il arrive, le principal candidat contre la droite et l’extrême droite.

D’autre part, la focalisation sur la dimension économique des intérêts et des conflits fait négliger aux auteurs d’autres dimensions de la compétition politique, même s’ils ont raison de ne pas séparer radicalement les aspects matériels et culturels. Certains de leurs arguments pourraient même être renforcés à cette aune. S’ils ont raison de pointer le tour de force de Nicolas Sarkozy en 2007, consistant à se présenter comme une alternative à son propre camp, il faudrait le rapporter au glissement durable de la droite sur les enjeux identitaires initié à cette époque. Or, ce glissement pose précisément problème aujourd’hui pour rebâtir un bloc social dominant, dans la mesure où il se fait au prix de l’aliénation d’une partie du bloc bourgeois, tout à fait à l’aise avec la dimension culturelle de la mondialisation.

Plus problématique, certains facteurs explicatifs des grands désalignements électoraux manquent au panorama offert aux lecteurs. Comme Florent Gougou l’a montré dans ses travaux, la fin du survote ouvrier pour la gauche s’est par exemple amorcée dès la fin des années 1970 en France, c’est-à-dire avant la déception provoquée par les politiques de la gauche au pouvoir, auxquelles les auteurs accordent pourtant une responsabilité centrale dans l’évacuation des classes populaires de « l’échange politique ». De plus, le désalignement des milieux populaires par rapport à la gauche estlargement à imputer au Parti communiste dans un premier temps, tandis que les pertes du PS ont été relativement homogènes lorsqu’il s’est fait sanctionner dans les urnes, ce parti réussissant d’ailleurs à recueillir le soutien massif de milieux populaires issus de l’immigration.

Pour comprendre le désalignement précoce mis en avant par Gougou, il faut convoquer les différences générationnelles dans la socialisation politique des ouvriers et leur expérience concrète du travail. Si ce désalignement s’est fait en défaveur de la gauche, sauf pour les fractions issues de l'immigration extra-européenne, il faut aussi le lier à la politisation réussie des enjeux liés à l’immigration et au multiculturalisme par l'extrême-droite, avant que Nicolas Sarkozy ne s’en empare, devenant notamment une figure repoussoir dans les quartiers populaires lors des derniers scrutins présidentiels.

Notons par ailleurs que si les auteurs ont raison de critiquer la description paresseuse d’une classe ouvrière devenue réactionnaire et xénophobe, il serait risqué de postuler que l’abstention massive en son sein soit un gage d’attentes progressistes non comblées. Enfin, si l’on regarde du côté du bloc de droite, on comprend mal sa cohérence et sa supériorité durables avant 1981, si l’on néglige la puissance du sentiment anticommuniste (lorsque le PCF était encore le premier parti de gauche) et l’influence interclassiste de la pratique religieuse avant qu’elle ne s’effondre – ce que les auteurs mentionnent seulement en passant.

S’il est toujours possible d’affiner un diagnostic, L’illusion du bloc bourgeois conserve l’immense mérite de donner du sens au moment présent. L’approche des auteurs alerte sur le fait que la situation actuelle n’est pas tenable, et débouchera très probablement sur « un élargissement progressif du conflit politique à des sphères auparavant “pacifiées” par des compromis institutionnalisés ».

Source : Mediapart

1 avril 2017

Phishing : ne vous faites plus piéger !

Le phishing (ou hameçonnage) consiste au pirate d'envoyer un email piégé pour vous subtiliser vos cordonnées personnelles et bancaires, identifiants, mots de passe et codes confidentiels. La vigilance sur le Web s'impose !
"Envoi massif d'un faux courriel, apparemment authentique, utilisant l'identité d'une institution financière ou d'un site commercial connu, dans lequel on demande aux destinataires, sous différents prétextes, de mettre à jour leurs coordonnées bancaires ou personnelles, en cliquant sur un lien menant vers un faux site Web, copie conforme du site de l'institution ou de l'entreprise, où le pirate récupère ces informations, dans le but de les utiliser pour détourner des fonds à son avantage."
Les pirates informatiques sont de plus en plus ingénieux. Nous constatons que leurs tentatives se multiplient et il est donc très important de vous mettre en garde !

Le phishing est simple à comprendre. Même s’il revêt plusieurs formes, le principe reste fondamentalement le même. Le phishing Internet consiste en effet à vous contacter soit par email, soit via une page Internet, en se faisant passer pour un site ou organisation connue. Les pirates copient les pages Internet pour vous faire croire que vous êtes bien en contact avec l’organisation concernée mais en réalité, vous êtes sur une page frauduleuse.

Une fois votre confiance acquise, les pirates vous convainquent qu’il leur manque certaines de vos informations personnelles. Ils vous invitent donc à leur fournir ces informations soit-disant manquantes qu’ils n’hésiteront pas à exploiter à des fins malveillantes.

Les tentatives de phishing sont rarement ciblées. En effet, la plupart du temps les pirates essayeront de vous contacter en se faisant passer pour un site ou une organisation dont vous n’avez jamais entendu parler. Par contre, lorsqu'ils se font passer pour une organisation que vous connaissez, vous serez plus enclins à croire à la supercherie.

Danger : email piégé !

Vous recevez un email d’un site que vous connaissez déjà. Ils vous demandent de mettre à jour certaines de vos données et vous invitent à cliquer sur un lien piégé. Bien évidemment, ce lien vous mène vers un site qui souvent ressemble trait pour trait au site que vous connaissez mais qui en réalité ne l’est pas. Ce qu’ils vous demandent bien souvent c’est d’introduire vos données personnelles telles que votre pseudo et mot de passe, adresse email, etc… tout ce qui peut donner accès à votre compte, voire à vos coordonnées bancaires. Il faut pour ceci vérifier l’adresse URL du site, la comparer avec le site officiel. Souvent, ces emails sont envoyés de façon très aléatoire. C’est pour cela que parfois vous recevez des emails de sites qui vous sont inconnus mais qui pourtant vous demandent de mettre vos données à jour. Mais lorsque vous connaissez le site…

A noter que les navigateurs bloquent les sites frauduleux mais certains passent encore entre les mailles du filet donc la vigilance s'impose !

Toutefois, si vous êtes fait piéger : FAITES IMMEDIATEMENT OPPOSITION !

RAPPEL : Les banques, opérateurs télécom (fixe, mobile et internet), CAF, Sécu,... et autres organismes NE DEMANDERONT JAMAIS vos cordonnées bancaires et personnelles, votre mot de passe, identifiants et code confidentiel par email




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