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19 décembre 2019

EXPLOSIF - Les dangers des appareils connectés


L'Internet des objets (IoT) soulèvera de nombreux défis en matière de protection de la vie privée et des données. Ces questions sont analysées par le Dr Kevin Curran, membre senior de l'IEEE et professeur de cybersécurité à l'École d'informatique et de systèmes intelligents de l'Université d'Ulster, et Adam Brown, responsable des solutions de sécurité chez Synopsys.

Avec la multiplication des objets connectés, des frigos aux systèmes de chauffage domestiques, le potentiel de l'Internet des objets (IoT) est indéniable. Ces objets nous permettent de savoir à distance ce que contient notre réfrigérateur ou qui sonne à notre porte : nos maisons deviennent véritablement connectées. Cependant, malgré tous ces avantages potentiels et près d'une décennie d'engouement, de nombreuses préoccupations liées à la sécurité et à la confidentialité commencent à émerger.

Dans la précipitation à démocratiser cette technologie, l'étape cruciale de la sécurité intégrée a été négligée, ce qui a fait des objets connectés une porte d'entrée facile pour les cyberattaques de grande ampleur. Des cyberattaques telles que NotPetya et WannaCry ont paralysé des organisations entières par des attaques par déni de service (DoS). La sécurité des objets connectés individuels est une préoccupation majeure, car un seul appareil vulnérable pourrait compromettre un réseau entier. Il est essentiel que les utilisateurs s'assurent que leurs systèmes sont protégés au niveau de chaque appareil, car tout matériel connecté à Internet, même un climatiseur ou une ampoule connectée, représente une faille potentielle exploitable par un pirate informatique.

La sécurité des données est un autre enjeu majeur soulevé par l'Internet des objets (IoT). Comme l'ont montré les affaires Facebook et Cambridge Analytica, les consommateurs sont de plus en plus conscients des données qu'ils produisent et s'inquiètent de la manière dont elles sont stockées, traitées et utilisées. L'utilisation des données personnelles par des entreprises tierces était autrefois considérée comme inhérente à l'utilisation des réseaux sociaux, mais les consommateurs exigent désormais un contrôle total sur leurs données personnelles et se font entendre davantage sur ce sujet. À mesure que les objets connectés se généralisent et collectent de plus en plus de données sur nos habitudes quotidiennes, nos déplacements et notre santé, la sécurité de ces données devient primordiale. Ceci est particulièrement préoccupant lorsque l'accès aux données provenant des serrures intelligentes, des systèmes de chauffage, des éclairages et des appareils électroménagers permet aux pirates informatiques de connaître les moments où les occupants sont absents.

Avec l'évolution du secteur, la nécessité d'une norme se fait de plus en plus pressante afin de garantir l'interopérabilité et la sécurité de l'ensemble du système. Une norme permettrait de prévenir la plupart des failles de sécurité élémentaires et de protéger l'infrastructure contre les attaques de bas niveau. À l'heure actuelle, les fabricants d'objets connectés ne sont soumis à aucune obligation de fournir une feuille de route pour les mises à jour de sécurité essentielles. Bien que les violations de données soient inévitables, il est vital de rendre la tâche des pirates informatiques aussi difficile que possible.

Les violations de données sont devenues bien trop fréquentes ces dernières années pour que les consommateurs puissent se fier aveuglément à la sécurité de leurs données. Il incombe désormais aux organisations qui collectent et traitent les données de garantir que les données de leurs clients sont soit sécurisées sur un serveur, soit complètement supprimées. Dans les deux cas, les consommateurs doivent également avoir un contrôle total sur leurs données, avec la possibilité d'y accéder ou de les supprimer facilement. Les fabricants d'objets connectés doivent élaborer des politiques de confidentialité décrivant en détail les données collectées, leur traitement, leur stockage et leur éventuel partage avec des partenaires tiers. Ceci est bien entendu conforme au RGPD et implique que toutes les organisations du secteur de l'IoT, qui n'avaient jusqu'à présent pas à se préoccuper de ces questions, devront définir leurs modalités de traitement des données personnelles, car même les appareils électroménagers collecteront bientôt des données.

L'IoT continuera de se développer à un rythme soutenu, avec la mise en service de toujours plus d'appareils offrant des solutions à de nombreux problèmes, connus ou inconnus. L'accent mis sur la normalisation des processus et la sécurité devra suivre cette même cadence. Il est vital pour l'avenir de l'Internet des objets que la sécurité des appareils et des données soit garantie, non seulement pour instaurer la confiance du public dans l'Internet des objets, mais aussi pour se protéger contre de futures violations de données personnelles.

Les objets connectés utilisent de nombreuses technologies de communication, de proximité à longue portée, souvent via des liaisons permanentes et économiques. Sans contrôles adéquats, tant au niveau du réseau que de l'objet lui-même, ces objets connectés sont vulnérables aux attaques. Si l'on ajoute à cela la multitude de capteurs présents sur un objet et les bases de données auxquelles ils sont connectés, on constate non seulement une forte incitation à la surveillance, mais aussi des possibilités d'exploitation concrètes permettant de transmettre des informations ou des commandes potentiellement sensibles à des personnes non autorisées.

Ces appareils sont des entités qui traitent des données et sont donc pleinement concernées par la réglementation sur la protection de la vie privée. De nombreuses lois encadrent la protection des données. Après la loi sur la protection des données, voici le RGPD et la loi ePrivacy qui entrera en vigueur l'année prochaine. Ces lois s'appliquent aux responsables du traitement et aux sous-traitants qui exploitent ou fournissent ces appareils et visent à protéger les personnes concernées, ou utilisateurs. On constate que les gouvernements et les syndicats adoptent de nouvelles lois en réaction à :

  1. Les responsables du traitement des données ont accumulé d'énormes quantités de données, les considérant comme « le nouvel or noir », sans pour autant respecter la législation locale.
  2. Le volume des bases de données ne cesse d'augmenter sans contrôles ni protections adéquats.
  3. Les amendes précédentes ne sont pas suffisamment dissuasives pour certaines des entités les plus importantes et les plus puissantes qui collectent ces données sans suivre les procédures appropriées.

Les appareils fonctionnent grâce à des logiciels conçus pour accéder aux données, les traiter et communiquer avec elles, et pour donner accès à certaines fonctions. Cependant, un aspect souvent négligé lors de la conception, ou mal implémenté lors de la réalisation, concerne les données et les fonctions dont le logiciel doit réguler ou restreindre l'accès. C'est là que les problèmes surviennent. Des mécanismes de contrôle appropriés doivent être mis en place en permanence, via des processus et des politiques. La meilleure façon d'y parvenir est de mener une initiative de sécurité logicielle réfléchie, tout en respectant scrupuleusement les réglementations en vigueur à l'échelle mondiale concernant la protection de la vie privée.

  • Les appareils connectés créent des millions de points faibles en matière de cybersécurité

Les mots de passe par défaut des appareils — qu'il s'agisse de l'enregistreur vidéo numérique de votre salon ou de la caméra de surveillance de votre bureau — menacent la stabilité d'Internet, car des pirates informatiques constituent de vastes réseaux d'objets connectés (« Internet des objets ») pour submerger des sites web de trafic.

L'attaque contre Dyn, un fournisseur de services de noms de domaine, qui a perturbé l'accès à des sites de premier plan tels que Twitter, Spotify et le New York Times vendredi, a mis en lumière les risques posés par les milliards d'appareils connectés à Internet avec peu ou pas de protections en matière de cybersécurité. Des pirates non identifiés ont pris le contrôle de dizaines de millions d'appareils à l'aide d'un logiciel malveillant baptisé Mirai, rendant l'attaque bien plus puissante et difficile à contrer qu'une attaque par déni de service distribué classique (DDoS).

Dans l'enthousiasme suscité par la possibilité de contrôler maisons et bureaux depuis un smartphone — pour régler la température ou détecter des cambrioleurs via des caméras —, de nombreux fabricants peu expérimentés en matière de cybersécurité ont connecté leurs appareils à Internet.

Les autorités de régulation n'ont pas encore établi de règles claires concernant la protection de ces équipements ; même les entreprises constatent que des fournisseurs ou des gestionnaires d'installations bien intentionnés ont involontairement créé des failles dans leurs réseaux internes en y ajoutant des objets connectés.

Michael Sutton, responsable de la sécurité des systèmes d'information chez Zscaler (une société de sécurité dans le cloud), estime que l'attaque de vendredi doit servir de « signal d'alarme » pour l'industrie du matériel informatique.

« En matière de sécurité, l'industrie du matériel a dix ans de retard sur celle du logiciel », affirme-t-il. « Mirai a réussi parce qu'un nombre considérable de webcams, d'enregistreurs vidéo numériques et autres appareils ont été fabriqués avec des mots de passe par défaut qui n'ont jamais été modifiés. Un simple balayage du réseau permet de les repérer et ils peuvent être rapidement compromis. »

Les experts en cybersécurité alertent depuis des années sur les risques liés aux objets connectés, multipliant les démonstrations de piratage spectaculaires lors de leur conférence annuelle, la Def Con, pour montrer comment tout peut être piraté, des voitures connectées aux pompes à insuline. Toutefois, il est souvent difficile de comprendre pourquoi un cybercriminel ciblerait l'appareil d'un particulier, à moins qu'il ne s'agisse d'exposer publiquement les activités d'une personne ou de nuire à une personnalité politique. Cette attaque a démontré que, même si un appareil connecté ne représente pas nécessairement une menace majeure pour son propriétaire, il peut être utilisé à des fins malveillantes pour attaquer des tiers.

Le cabinet d'études Gartner prévoit qu'il y aura plus de 20 milliards d'appareils connectés dans le monde d'ici 2020 ; les consommateurs devraient y consacrer 1 500 milliards de dollars, et les entreprises presque autant. Le cabinet prédit qu'à cette échéance, plus d'un quart des cyberattaques visant les entreprises impliqueront des appareils connectés, alors que ces dernières ne consacreront que 10 % de leur budget de cybersécurité à la protection contre ce type de menaces.

Jeremiah Grossman, responsable de la stratégie de sécurité chez SentinelOne — une entreprise de cybersécurité basée dans la Silicon Valley — estime qu'il est grand temps de se pencher sérieusement sur le problème des appareils non sécurisés. Selon lui, les fabricants devraient imposer aux utilisateurs de modifier leurs mots de passe par défaut lors de la configuration initiale et diffuser des mises à jour de sécurité, tout comme ils le font pour les ordinateurs. L'installation d'un agent capable de surveiller l'activité de l'appareil aurait permis de détecter un comportement « très anormal » au moment où celui-ci a été intégré à un réseau de bots (botnet), ajoute-t-il.

Il est « presque impossible » de réglementer ce secteur, poursuit M. Grossman, car les entreprises qui connectent des appareils à Internet ne rentrent pas dans une catégorie unique : elles vont des fabricants de téléviseurs connectés à ceux d'équipements médicaux.

Certaines autorités de régulation se sont penchées sur cette menace potentielle ; c'est notamment le cas de la FDA (Food and Drug Administration) aux États-Unis, qui supervise les fabricants de stimulateurs cardiaques et autres équipements médicaux. Plus tôt cette année, l'agence a publié un projet de directives concernant la manière dont les hôpitaux et les fabricants doivent surveiller les vulnérabilités des appareils et déployer des mises à jour.

Shuman Ghosemajumder, directeur technique de Shape Security, reconnaît qu'il est difficile pour les régulateurs de « résoudre le problème », car les défis en matière de sécurité évoluent constamment à mesure que les pirates informatiques développent de nouvelles techniques. Il estime toutefois qu'il leur incombe de définir des « attentes et des normes minimales ». « L’ensemble du secteur doit faire mieux. Il ne fait aucun doute que l’essor de l’Internet des objets a été porté par l’engouement pour les nouvelles fonctionnalités permises par la connectivité, au détriment de la sécurité », affirme-t-il.

Toutefois, il ajoute que les cibles potentielles — à l’instar de Dyn, un fournisseur de services de noms de domaine dont dépendent de nombreuses grandes entreprises pour l’accès à leurs sites — doivent également renforcer leur sécurité et mieux se protéger contre ces réseaux de bots en constante expansion.

Dans un billet de blog publié samedi, Dyn a indiqué qu’elle surveillait la situation pour détecter d’éventuelles nouvelles attaques et qu’elle collaborait avec les forces de l’ordre et d’autres acteurs pour...

En cas d'achat d'un appareil connecté tel qu'un frigo ou télé, il vous suffira de désactiver la WIFI ou ne pas brancher le câble réseau pour bloquer l’accès à Internet et empêcher la collecte de vos données personnelles. Toutefois, les cyberattaques peuvent envoyer les appareils connectés au tapis pouvant aboutir au foudroyage de ces derniers !

Article traduit sur RLJ et Financial Times

16 décembre 2019

AVERTISSEMENT - Quand les objets connectés deviennent des bombes à retardement !

Aujourd'hui, nos vies sont entourées d'appareils intelligents — bracelets de fitness, téléviseurs intelligents, réfrigérateurs intelligents, assistants vocaux comme Alexa et même ampoules intelligentes ! Tout cela fait partie du Internet des objets (IoT) — un réseau d'appareils qui peuvent se connecter à internet et les uns aux autres. Bien qu'ils facilitent la vie, la plupart des gens ne réalisent pas que ces appareils peuvent être un risque énorme de cybersécurité.

Bien que la sécurité affecte les entreprises dans leur ensemble, les ingénieurs concepteurs doivent inclure des mesures de sécurité dans leurs produits, a déclaré Johan Pieterse, responsable informatique et sécurité chez Racing Post.

Alors que le nombre de cyberattaques explose, des experts en sécurité se sont réunis la semaine dernière à Infosecurity Europe à Londres pour discuter de la manière de contrer et de protéger contre des pirates informatiques de plus en plus puissants.

“Lors de la conception d’un nouveau produit, […] intégrez la sécurité au processus”, a insisté Pieterse.

Cependant, Amichai Shulman, cofondateur et directeur technique du spécialiste des logiciels de cybersécurité Imperva, estime que les affaires doivent passer en premier. “Conduisez d’abord les affaires, réfléchissez ensuite à la manière de les défendre”, a-t-il soutenu. “À un moment donné, la sécurité devient perturbatrice pour la conception car elle ajoute trop de code.”

Adam Brown, responsable des solutions de sécurité chez Synopsys, n’est pas d’accord. “Il est plus efficace de planifier la sécurité dès le début du processus.”

Quelle que soit votre décision, il est indéniable que la sécurité dans l’électronique ne peut plus être reléguée au second plan avec le nombre croissant d’appareils connectés.

“Il n'y a actuellement pas assez de protection”, a déclaré Igal Zeifman, directeur d'Incapsula chez Imperva. “La plupart des appareils IoT sont ouverts à l’accès, non pas parce qu’il s’agit d’une faille de sécurité, mais parce qu’ils sont conçus de cette façon.”

Synopsys a testé la résistance à la sécurité d'un certain nombre d'appareils connectés – avec des résultats alarmants. “Nous avons réussi à pirater des stimulateurs cardiaques et des pompes à insuline”, a déclaré Brown. “39 % de tous les piratages connus dans le domaine médical concernent le contrôle des appareils. C'est inquiétant.”

Zeifman admet que la plupart des appareils nécessitent un accès à distance, mais a déclaré que l'application de certaines mesures de sécurité simples – telles que ne pas utiliser de mots de passe par défaut ou modifier l'accès par défaut pour chaque nouvelle version du produit – limitera les risques.

“Les sites Web, tels que Shodan.io, permettent à n'importe qui de localiser votre appareil connecté, ce qui rend les choses encore plus difficiles”, a-t-il ajouté. “Cependant, comme les attaques non professionnelles sont désormais majoritaires, la mise en œuvre de ces étapes simples devrait vous aider à rester protégé.”

Pourquoi les appareils IoT sont-ils vulnérables ?

Voici pourquoi les pirates informatiques aiment cibler les appareils IoT :

1. Mots de passe faibles ou sans : La plupart des appareils sont livrés avec des noms d'utilisateur et des mots de passe par défaut tels que admin / 1234. De nombreux utilisateurs ne les modifient jamais, ce qui permet aux pirates de deviner et d'entrer facilement par effraction.

2. Pas de logiciel de sécurité : Contrairement à votre ordinateur portable ou à votre téléphone, la plupart des appareils intelligents ne disposent pas d’antivirus ni d’autres outils de protection tel que les pare-feux.

3. Aucune mise à jour : Certains appareils ne reçoivent jamais de mises à jour après leur vente. Même si une entreprise publie un correctif de sécurité, les utilisateurs ne l'installent souvent pas.

4. Toujours connecté en permanence : Les appareils IoT sont en ligne tout le temps. Cela donne aux pirates un accès 24h/24 et 7j/7 si l'appareil n'est pas sécurisé.

Exemples de piratages IoT réels

Piratages de babyphones — Les attaquants ont accédé aux flux en direct des babyphones grâce à des informations d'identification faibles, ce qui a entraîné des cauchemars en matière de confidentialité pour les familles.

Mirai Botnet — A utilisé des routeurs et des caméras compromis avec des mots de passe par défaut pour lancer la plus grande attaque DDoS à l'époque, supprimant Netflix, Twitter et d'autres services.

Dispositifs médicaux — Des chercheurs en sécurité ont démontré des piratages de pompes à insuline et de stimulateurs cardiaques, montrant que l'IoT non sécurisé peut menacer des vies.

Une cyberattaque destructrice a fait de sérieux dégâts dans les supermarchés français : plusieurs millions d'euros de pertes (produits alimentaires et matériels frigorifiques détruits)

Comment protéger vos appareils IoT

Modifier les informations d'identification par défaut : Première chose après l'installation — ne laissez jamais le nom d'utilisateur & mot de passe par défaut ou sans.

Mettre à jour régulièrement le micrologiciel : Activer les mises à jour automatiques lorsque cela est possible. Si ce n’est pas le cas, consultez les sites des fabricants pour connaître les correctifs.

Segmentation du réseau : Placez les appareils IoT sur un réseau Wi-Fi distinct de vos ordinateurs et téléphones. De cette façon, s’ils sont compromis, les attaquants ne peuvent pas facilement atteindre les appareils sensibles.

Désactiver les fonctionnalités inutilisées : Si vous n’avez pas besoin d’accès à distance ou de certains services, désactivez-les.

Achetez auprès de fournisseurs réputés : Les appareils bon marché et sans nom lésinent souvent complètement sur la sécurité.

Surveiller le trafic : Utilisez votre routeur ou vos outils de sécurité pour surveiller les transferts de données inhabituels.

D’ici 2025, il y aura des milliards d’appareils IoT dans le monde. Si nous ne prenons pas la sécurité de l’IoT au sérieux, les pirates informatiques pourraient accéder à nos maisons, nos bureaux, nos hôpitaux et même à nos réseaux électriques. Les appareils IoT sont des outils étonnants qui rendent nos vies plus intelligentes et plus efficaces. Mais ils peuvent également constituer des responsabilités silencieuses en matière de cybersécurité — faciles à exploiter pour les attaquants s’ils ne sont pas protégés. En prenant des mesures simples comme changer les mots de passe, maintenir le micrologiciel à jour et isoler les appareils IoT, nous pouvons profiter des avantages d’un monde connecté sans mettre en danger notre vie privée et notre sécurité. Attention à l'effet domino !

  • Les pirates informatiques peuvent-ils vraiment pirater votre réfrigérateur ? Les risques des appareils connectés

Comment les pirates peuvent compromettre les réfrigérateurs intelligents et autres appareils connectés, ce qu'ils peuvent faire une fois à l'intérieur et les étapes pratiques pour sécuriser votre réseau domestique et vos gadgets IoT

Des réfrigérateurs et systèmes de chauffage aux caméras de sécurité et aux réseaux d’alarme, une gamme croissante d’appareils peut désormais être surveillée et contrôlée à distance, créant ainsi de nouvelles opportunités pour les cybercriminels.

- Les pirates informatiques peuvent-ils vraiment pénétrer dans mon réfrigérateur intelligeant ?

En théorie, oui. Si un appareil est connecté à Internet, directement ou via une application, un service cloud ou un réseau domestique, il peut potentiellement être piraté.

En 2015, des chercheurs ont démontré lors d'une conférence sur le piratage informatique à Las Vegas comment un réfrigérateur intelligent Samsung pouvait être compromis, leur permettant d'intercepter une partie du trafic Internet transitant par l'appareil.

Dans de nombreux cas, les attaquants sont davantage intéressés par le vol de données, la perturbation de services ou l’utilisation d’appareils connectés comme moyen d’accéder à un réseau plus vaste.

- Quels appareils ménagers pourraient être piratés ?

Les cibles les plus courantes sont les appareils connectés à Internet et contrôlés à distance.

Il s’agit notamment de caméras de sécurité, de sonnettes vidéo, de systèmes d’alarme, de serrures intelligentes, de thermostats et de systèmes de chauffage central. Les appareils intelligents tels que les réfrigérateurs, les fours et les machines à laver peuvent également être vulnérables s’ils sont connectés à Internet au sens large. Même certaines brosses à dents sont désormais connectées à Internet.

Selon les données du secteur de la sécurité, ce sont les routeurs, et non les appareils électroménagers, qui sont responsables de plus des trois quarts de toutes les attaques contre les appareils connectés.

Le nombre de ces appareils a augmenté rapidement à mesure que les fabricants ont ajouté une connectivité Internet à des produits autrefois entièrement mécaniques.

- Que pourrait réellement faire un pirate informatique ?

Une fois à l’intérieur d’un appareil, un pirate informatique peut généralement faire l’une des deux choses suivantes : recueillir des informations ou prendre le contrôle de l’appareil.

Une caméra peut montrer l’intérieur d’une maison, un appareil doté d’un microphone peut capter le son et un routeur compromis peut exposer tout ce qui circule sur le réseau.

Les pirates informatiques qui prennent le contrôle d'un appareil peuvent l'allumer ou l'éteindre, modifier les paramètres ou exclure les utilisateurs de leurs comptes. Un thermostat compromis pourrait affecter le chauffage, tandis qu’un congélateur ou un réfrigérateur piraté pourrait perturber les contrôles de température.

Dans les cas plus graves, les attaquants peuvent utiliser des appareils mal sécurisés pour accéder à d’autres systèmes sur le même réseau ou pour voler des informations personnelles liées à des comptes en ligne.

- Des pirates informatiques pourraient-ils prendre le contrôle de ma voiture, de mon approvisionnement en électricité ou en eau ?

Les chercheurs en cybersécurité ont démontré à plusieurs reprises les vulnérabilités des véhicules connectés.

En 2015, des chercheurs ont pris le contrôle à distance d'une Jeep en mouvement grâce à son système de divertissement connecté à Internet, forçant le rappel d'environ 1,4 million de véhicules et le déploiement de correctifs logiciels.

Près d’une décennie plus tard, des chercheurs ont révélé une faille qui leur permettait de suivre, déverrouiller et démarrer certains véhicules Kia en utilisant uniquement un numéro de plaque d’immatriculation. Les chercheurs ont déclaré avoir signalé les vulnérabilités à Kia, qui les a corrigées en quelques mois, et qu'il n'y avait aucune preuve qu'elles aient été exploitées lors d'attaques réelles.

Les véhicules et les avions modernes sont également conçus avec des systèmes de sécurité et de secours étendus.

Les infrastructures critiques telles que les réseaux d’électricité et d’eau comportent généralement plusieurs niveaux de sécurité, de surveillance et de réglementation qui ne sont pas présents dans les appareils grand public.

Cela ne signifie pas qu’ils sont à l’abri des cyberattaques, mais ils sont généralement des cibles beaucoup plus difficiles qu’un appareil électroménager connecté à un réseau Wi-Fi domestique.

- Comment les gens peuvent-ils protéger leurs appareils ?

Les experts en cybersécurité recommandent généralement de modifier les mots de passe par défaut, d’activer l’authentification à deux facteurs lorsqu’elle est disponible et d’installer régulièrement des mises à jour logicielles.

Les consommateurs doivent également supprimer ou remplacer les appareils qui ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité, conserver la plupart des appareils sur un réseau local privé (= intranet) ou déconnectés et connecter les produits à l’Internet au sens large uniquement lorsqu’il existe une raison claire de le faire.

La règle la plus simple est souvent la plus efficace : moins vous avez d’appareils connectés, moins il existe de points d’entrée potentiels pour les attaquants.

Article traduit sur Medium et Emirates 24-7

14 décembre 2019

La grande histoire de l'évolution animale

Grâce à des animations 3D, les espèces animales révèlent ce à quoi elles ressemblaient il y a plusieurs dizaines de millions d'années. Quels sont les ancêtres des baleines bleues, des éléphants, des crocodiles ou plus simplement des oiseaux ? Les crocodiles, par exemple, n'ont pas toujours vécu à proximité d'un point d'eau et certains chassaient sur leurs pattes arrières ! Dans le monde entier, aux côtés des chercheurs et d'experts, ces créatures apparaissent telles qu'elles étaient à l'époque, sans rien cacher de leur taille ni de leurs particularités.
« Si on revenait 100 millions d’années en arrière, le monde serait complètement différent. »
À quoi ressemblaient les ancêtres des oiseaux, de la baleine bleue, du crocodile et de l’éléphant ?
« Imaginez que je vous emmène en safari, mais un safari vers le passé. »
Des fossiles ramènent à la vie leurs ancêtres lointains.

13 décembre 2019

Gilets jaunes, l'onde de choc

Il y a un an, la France fut sous le choc : des violences sans précédent, des barrages qui se poursuivent, le pouvoir vacille,... Les mesures annoncées par le gouvernement vont-elles satisfaire les gilets jaunes ?

En ce samedi 1er décembre 2018, la France est sous le choc. Des violences sans précédent à Paris, Toulouse ou Le Puy-en-Velay, un président de la République silencieux, un Premier ministre qui n’arrive pas à rencontrer les représentants des gilets jaunes, des barrages qui se poursuivent, des commerçants qui menacent de ne plus payer la TVA, des agriculteurs et des lycéens qui veulent s’engager dans le mouvement des "gilets jaunes"...

Une crise imprévisible et inédite.

Le mouvement de contestation largement relayé sur les réseaux sociaux est né de la flambée des prix des carburants ces derniers mois. Matignon a annoncé un moratoire de six mois sur la hausse de la taxe des carburants prévue pour le 1er janvier 2019. Le lendemain, cette hausse est finalement annulée, communique l'Elysée. Les mesures annoncées par le gouvernement vont-elles satisfaire les gilets jaunes ?


10 décembre 2019

Mal logement, un fléau français qui concerne plusieurs millions de personnes

Dormir sous un toit, dans des conditions qui respectent la dignité humaine : un droit inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Pourtant en France près de 4 millions de personnes sont victimes du mal-logement et plus de 12 millions sont en situation de fragilité par rapport à leur habitation.

Stéphanie et Christophe, la quarantaine, habitent dans un camping-car, avec leur fille de 9 ans, Jade, en quête permanente de travail pour survivre. Ces anciens patrons ont dégringolé l’échelle sociale quand leur entreprise de bois de chauffage a fait faillite. La famille perd tout en quelques semaines : travail, biens matériels, et leur jolie maison avec piscine. Le couple enchaîne désormais les missions d’intérim ou s’improvisent ouvriers agricoles.

Stéphanie et Christophe doivent trouver des solutions au quotidien pour que la scolarité et la vie de Jade soit le moins impactées possible. Ces nomades d’un nouveau genre sont de plus en plus nombreux dans notre pays, touché par le mal-logement et la précarité. Comme cette famille, 8,8 millions de Français vivent avec moins de 1000 euros par mois. Une cave insalubre et dangereuse en banlieue parisienne, louée au prix fort par des marchands de sommeil : c’est la seule solution que Dominique, père célibataire, a trouvé afin de mettre ses 2 enfants de 9 et 11 ans à l’abri. Ici, tout n’est que bricolage, rafistolage, et malfaçons. En France, il y aurait plus de 500 000 taudis en location. Depuis 6 mois, la cave a été déclarée insalubre. De quoi accéder en principe à un logement social. Le père de famille appelle inlassablement mairie, préfecture, et bailleurs sociaux. Mais chaque tentative se transforme en cauchemar administratif ! Comme Dominique, près de 2 millions de familles patientent pour obtenir un logement social.

En région parisienne, le temps d’attente est de 7 ans en moyenne. Alors Dominique a décidé de faire un coup de force devant sa préfecture pour tenter d’obtenir enfin une habitation décente. Une voiture comme dernier rempart avant la rue. Christophe, 34 ans, travaille la journée, mais depuis 3 ans il passe toutes ses nuits sur la banquette arrière de sa Renault 25 d’un autre âge. Un pare-brise et de la tôle en guise de garde-manger, de dressing et d’abri. Le trentenaire ne dors que d’un œil, toujours sur ses gardes. Entre son CDI de chauffeur poids lourd et la naissance de sa fille, la trentaine s’annonçait prometteuse pour Christophe. Mais la descente aux enfers a été foudroyante. Et au fil des mois, le temporaire est devenu permanent. Comme un quart des sans domicile fixe en France, Christophe n’a jamais cessé de travailler. Grâce à des petits boulots, il gagne autour de 900 euros par mois. Un budget rapidement grignoté par le quotidien. Assurances, essence, réparation de la voiture… et nourriture. 

Les 10 derniers jours du mois sont les plus difficiles : avec seulement quelques euros sur son compte, Dominique ne mangera pas tous les jours. En France 1 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, alors qu’ils ont un emploi. Dans cette France affaiblie, de nouvelles formes de solidarité émergent. David le propriétaire d’un terrain agricole près d’Avignon a transformé son champ en refuge pour les victimes de la crise. Les Grandes Terres sont un lieu unique en France. L’association créée par David accueille des familles, les plus fragiles face à la perte de leur logement, contre un petit loyer de 200 euros par mois. David ne tire aucun bénéfice financier de son projet. S’il s’est lancé dans cette aventure, c’est parce qu’il a lui même connu la peur de la rue. Après 20 ans dans le BTP, sa petite entreprise n’a pas résisté à la dernière crise économique. 

Aux Grandes Terres le mot d’ordre est solidarité : pour la douzaine de familles installées ici c’est une façon de rebondir après des années de galère. Mais cette situation est précaire. Car il est illégal de vivre sur un terrain agricole. La mairie a dressé plusieurs PV contre l’association, transmis au procureur de la République. David et toutes les familles risquent l’expulsion. Pendant 9 mois, nous avons suivi le quotidien de ces familles happées par la spirale de la précarité et du mal-logement. Leurs angoisses, leurs défis. Leur combat pour garder leur dignité et tenter de remonter la pente.

06 décembre 2019

Grandes grèves de 1995 : les 3 semaines qui ont marqué la France

Les grèves de 1995 ont bloqué la France pendant trois semaines. A cette époque, le Premier ministre Alain Juppé - nommé par Jacques Chirac, le Président de la République élu la même année - annonce le 15 novembre un plan drastique pour réformer la sécurité sociale qui plombe les comptes publiques depuis plus de trente ans. Ce plan comprend également un alignement des régimes de retraites du public sur le privé. C'est cette dernière mesure qui mettra le feu aux poudres et qui bloquera le pays pendant trois semaines. Marc Lomazzi, responsable de la rubrique économie au Parisien, revient sur cette période qui aura vu le gouvernement faire machine arrière face à la pression du peuple.

05 décembre 2019

Attentats de 2015 : dans le secret des cellules de crise

Comment se prennent les décisions quand la pression monte brusquement, quand les enjeux deviennent vitaux ? Qui sont les hommes et les femmes de l'ombre ? Quels sont les jeux de pouvoirs ? Les stratégies de communication ? En jetant un oeil derrière le rideau du pouvoir, cette émission entend offrir une réflexion sur l'exercice de l'Etat et sur l'évolution de la gestion de crise. Porté par des témoignages exclusifs et des révélations sur le déroulement des événements, retour sur les attentats qui ont endeuillé la France au cours de l'année 2015 et sur la manière dont l'Etat y a fait face.



En janvier 2015, le ministère de l'Intérieur s'est retrouvé face à une attaque terroriste qui a ébranlé le pays, mettant à l'épreuve Bernard Cazeneuve.

Le 11 janvier 2015, des millions de personnes descendent dans les rues pour une marche historique après les attentats qui ont frappé la France. C'est la conclusion d'une semaine tragique qui a ébranlé les murs de la place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur. Depuis quelques mois, c'est Bernard Cazeneuve qui est à la tête de ce ministère qui, au nom de la sécurité publique, se retrouve régulièrement au coeur de polémiques qui divisent la société. Immigration, maintien de l'ordre, terrorisme, jusqu'aux terribles attentats contre Charlie Hebdo, les caméras de Serge Moati ont filmé les hommes et les femmes de l'Intérieur au plus près.

04 décembre 2019

La France, l'Allemagne et les États-Unis : le risque d'une dictature

Depuis les attentats terroristes à Paris en 2015 et la décision prise par le président de la République française François Hollande de recourir à l'article 16 de la Constitution de 1958, de vives critiques ont été formulées à l'encontre du recours aux pouvoirs d'urgence. De nombreux universitaires ont critiqué le monopole du président, le manque de collaboration entre les institutions et le manque de contrôle juridictionnel. Pour certains d'entre eux, même dans un État démocratique, le risque de glisser progressivement vers la dictature est toujours présent.

La dictature peut être définie comme un système politique arbitraire et coercitif, dans lequel tous les pouvoirs sont détenus par un seul individu. Le pouvoir n'est pas partagé, personne n'a la capacité de contrôler ou de punir les actes du dictateur et les libertés civiles ne sont plus garanties .

En ce sens, la dictature est un régime de confusion des pouvoirs et s’oppose donc à la démocratie, dans laquelle s’applique le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, défini par Montesquieu. Selon Montesquieu, le pouvoir doit être divisé en trois fonctions : l'exécutif, le législatif et le judiciaire, pour prévenir tout abus.

La question du risque d'une dictature en faveur de l'exécutif reste d'actualité, même dans un certain nombre d'États considérés comme démocratiques, tels que l'Allemagne, les États-Unis et la France. La crainte est que l'exécutif, par des moyens légaux, absorbe les pouvoirs des autres institutions.

En ce sens, le théoricien du droit allemand controversé, Carl Schmitt, qui entretenait des liens étroits avec le régime nazi, a évoqué le développement d'une dictature semi-constitutionnelle qui, en accordant des pouvoirs essentiels au chef de l'exécutif, libéré des chaînes de la démocratie libérale. Ces dictatures semi-constitutionnelles sont plus susceptibles d'apparaître lors d'une crise grave.

Ainsi, dans les démocraties modernes, un nouveau risque est apparu: le risque de produire légalement un dictateur.

Il convient de se concentrer d’abord sur la forme de l’exécutif dans ces trois États. La République française est fondée sur la Constitution du 4 octobre 1958 qui a établi un système parlementaire (même si certains universitaires pensaient qu'il était devenu un système semi-présidentiel en raison de pratiques politiques). L'exécutif français est à double-tranchant, il y a un président de la République et un Premier ministre. Dans la pratique, il apparaît clairement que, sauf en cas de cohabitation, le président exerce la fonction exécutive même s’il doit partager certains pouvoirs avec son Premier ministre.

L’Allemagne est caractérisée par un régime parlementaire rationalisé établi par la loi fondamentale entrée en vigueur le 23 mai 1949. À la tête du pouvoir exécutif allemand, se trouvent un président ayant un rôle symbolique et un chancelier véritablement le pouvoir exécutif.

Enfin, les États-Unis ont un régime présidentiel établi par la Constitution ratifiée le 21 juin 1788 et qui a à la tête de son pouvoir exécutif un président, qui est le seul autorisé à exercer la fonction exécutive.

Les trois États appliquent différemment le principe de Montesquieu. Si, en France et en Allemagne, règne une faible séparation des pouvoirs, qui implique une collaboration des pouvoirs exécutif et législatif et l'existence de moyens de pression mutuels. Les États-Unis ont opté pour une séparation stricte du pouvoir, les pouvoirs ne collaborent pas directement mais il y a des empiétements et des freins et contrepoids.

Ces États sont a priori démocratiques, mais la démocratie peut dégénérer en dictature s’il n’existe pas de garanties constitutionnelles suffisantes. Un des exemples historiques majeurs est Napoléon, qui a obtenu son pouvoir en utilisant des moyens légaux.

Ainsi, la France, l'Allemagne et les États-Unis sont-ils suffisamment protégés par des garanties constitutionnelles pour empêcher la montée d'un dictateur produit légalement ?

Même en temps de paix, le chef du pouvoir exécutif semble jouir d'un nombre impressionnant de pouvoirs (I), le pouvoir exécutif est renforcé et atteint son apogée lors d'une crise ou d'un état d'urgence où ses pouvoirs sont considérablement étendus (II), néanmoins les Constitutions Les Etats-Unis, la France et la France tentent tous de fixer des frontières pour empêcher la montée d'un dictateur (III).

I - Le risque d'une concentration du pouvoir entre les mains de l'exécutif en temps de paix

L'histoire de chaque Etat affecte son organisation constitutionnelle:

La France a été marquée par de fortes instabilités en raison de la faiblesse du pouvoir exécutif au cours des 3e et 4e Républiques. La Constitution de 1958 renforce donc le rôle du Président en le transformant en une clé de voûte des institutions. Le Président gagna en légitimité par le suffrage universel direct (depuis le référendum du 28 octobre 1982). Le Premier ministre lui-même est simplement nommé par le président et le président a, en pratique, le dernier mot, c'est encore plus vrai depuis la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, qui permet d'éviter les cas de cohabitation.

Le président français a les traits classiques du chef d'État, mais il cumule également les fonctions de chef du gouvernement. Par conséquent, le président français n'est pas un président doté de pouvoirs essentiellement symboliques, comme en Allemagne.

Étonnamment, si le président doit obtenir tous ses actes contresignés et ne rend pas de comptes, contrairement au gouvernement, il a toujours le pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale. Il s’agit d’une véritable dissolution royale selon Prévost-Paradol, le Président pouvant utiliser à sa discrétion. En outre, le contrôle juridictionnel fait totalement défaut.

Certains universitaires détectent dans certains des pouvoirs du président français une confusion des pouvoirs. En effet, le gouvernement a le pouvoir d'initiative législative et il convient de noter que la plupart des lois votées chaque année émanent de l'exécutif. Il existe un véritable monopole sur l'initiative des projets de loi par le gouvernement. En outre, le fait majeur conduit à une confusion des pouvoirs en faveur d'un parti unique. Au contraire, le président des États-Unis est souvent confronté à un congrès réticent et le chancelier allemand doit souvent compter sur la coalition de plusieurs partis politiques, ce qui limite les risques.

La loi fondamentale allemande s'est développée sur un modèle historique complètement opposé à la française à cause du nazisme. En effet, la constitution de 1949 a succédé à la République de Weimar. De 1930 à 1933, l'Allemagne avait un exécutif permanent utilisant le pouvoir d'urgence pour légiférer en dehors du Bundestag.

Il y a une méfiance envers l'exécutif , qui apparaît clairement dans la Loi fondamentale, le gouvernement vient en dernier dans la constitution allemande, à la partie 6, section 62 , alors qu'en France le président vient en premier, c'est une preuve symbolique du désir d'éviter un exécutif de grande puissance.

Cette méfiance a même influencé l'élection du chancelier; il est nommé par le président et élu par le Bundestag. Le chancelier doit également prêter serment et respecter la constitution.

Le chancelier est le chef du gouvernement fédéral. Le chancelier fédéral, à l'instar de l'exécutif français, définit les grandes orientations de la politique de la nation, mais contrairement au président français, il est responsable devant le Bundestag et peut donc être écarté. Tout comme le président français, le chancelier peut dissoudre le Bundestag s'il rejette son vote de censure. Il est clair que le chancelier partage, au moins symboliquement, le pouvoir exécutif avec le président fédéral.

La chancelière, cependant, n'est pas soumise à une limite de durée, contrairement à ses homologues, Angela Merkel est chancelière depuis 10 ans. Le président français ne peut être élu que deux fois de suite, et le président américain deux fois dans sa vie.

Cette absence de limite de mandat est souvent considérée comme un risque important pour le développement d'une dictature. En outre, il est très difficile de renvoyer le chancelier allemand en raison de la rationalisation. Pour ce faire, le Bundestag doit trouver un remplaçant très rapidement.

Le gouvernement fédéral peut également, avec l'aide du Bundesrat, adopter des instruments statutaires afin de pouvoir légiférer, qui ressemble au système des ordonnances de la constitution française. Constitution française). Cela n'existe pas dans les États-Unis, où seul le Congrès a le pouvoir de légiférer.

La Constitution des États-Unis a été inspirée par les idées des Lumières et de Montesquieu. Elle impose donc une séparation stricte des pouvoirs avec méfiance vis-à-vis de l'exécutif fédéral. Si la séparation n'est pas absolue, il est clairement difficile pour un pouvoir d'absorber l'autre.

Le président des États-Unis comme en France a une grande légitimité en raison de la manière dont il est élu. Il combine également les fonctions de chef d'État avec les fonctions de chef de gouvernement. Dans la Constitution des États-Unis, contrairement à l'Allemagne et à la France, le président apparaît véritablement comme l'unique personnalité de l'exécutif. Les pouvoirs du vice-président et d'un gouvernement éventuel ne sont jamais mentionnés.

Le président est le commandant en chef de l'armée et de la marine des États-Unis, et décide d'utiliser ou non des forces armées. Cependant, l'autorisation d'utiliser des forces armées pendant une longue période doit être donnée par le Congrès. La loi sur les pouvoirs de guerre du 24 octobre 1973 impose au président de faire rapport au Congrès de tout engagement militaire à long terme dans les 48 heures, faute de quoi les troupes seront retirées dans les 60 prochains jours.

Le Président a également le pouvoir de conclure des traités avec l’approbation des 2/3 du Sénat.

Le président américain a le monopole de la fonction exécutive, mais il ne peut pas présenter de projet de loi au Congrès. Néanmoins, le problème est que les présidents américains ont développé la pratique du veto et du veto de poche, devenant en quelque sorte un co-législateur. Ce système a conduit à des dérives, Roosevelt a utilisé le droit de veto 635 fois. En outre, un autre type de veto allait être créé en matière financière, mais il a été jugé inconstitutionnel par la Cour suprême.

Si, dans la pratique, le président est aidé par les agences gouvernementales, le Cabinet, le Bureau et le bureau de la Maison Blanche, il est véritablement seul à la tête du pouvoir exécutif, contrairement à la chancelière allemande et au président français.

II - Le risque d'une augmentation incontrôlée des pouvoirs de l'exécutif en temps de crise

L’état d’urgence est un état de gouvernement exécutif qui, par définition, mine l’équilibre constitutionnel des pouvoirs dans une démocratie; il peut donner aux cadres nationaux les outils nécessaires pour sortir leur pays des crises

La gestion de crise impose des pouvoirs d’urgence, ces pouvoirs plus larges confiés à l’exécutif se retrouvent sous différentes formes dans les trois États. Ces pouvoirs sont inspirés de la dictature temporaire de la République romaine , qui a conféré à un homme tous les pouvoirs pendant une période limitée.

Il est intéressant de distinguer les Constitutions de la France et de l'Allemagne, qui attribuent des pouvoirs d'urgence au chef de l'exécutif, des Constitutions américaines qui restent muettes sur ce point.

En France, ce système est basé sur l'article 16 et sa loi d'application du 3 avril 1955, récemment modifiée le 21 novembre 2015. Cette procédure a été décrite comme une vraie dictature temporaire (Prosper Weil Pouyaud). a connu des abus depuis sa toute première utilisation en 1961. En 1961, cet article a été utilisé pour la première fois pour mettre fin au putsch des généraux. Même si le problème a été résolu en avril, le président De Gaulle a continué à utiliser l'article 16 jusqu'en septembre.

L'état d'urgence en France est déclaré par le président seul. Pour déclarer l'état d'urgence, le président doit établir une menace sérieuse et immédiate, mais il est le seul autorisé à évaluer la situation et, comme l'a récemment rappelé le Conseil d'État : il dispose d'une large marge d'appréciation.

De plus, la France a refusé de souffrir de toute tutelle internationale, notamment lorsque le gouvernement français a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (16 décembre 1966) ; il a formulé une réserve sur le paragraphe 1 de l'article 4 du traité. Cet article autorise les États à prendre des mesures dérogatoires dans la mesure strictement requise par les exigences de la situation. Cela montre clairement que la France n'a pas voulu fixer de nouvelles limites au pouvoir discrétionnaire de son président.

En Allemagne, le système est très différent. En effet, la loi fondamentale a été écrite après l'abus de l'article 48 de la constitution de Weimar, qui a entraîné plus de 250 suspensions présidentielles des droits.

Ce sont les articles suivants qui régissent l'état de la défense. Plusieurs conditions doivent être respectées, notamment une agression du territoire fédéral. Si la décision de déclarer l'état de la défense doit être prise rapidement, il y aura une commission mixte. En Allemagne, le Bundestag, avec l'accord du Bundesrat, à la demande du gouvernement fédéral, peut déclarer l'état de la défense. Ainsi, contrairement à la France, de nombreuses institutions sont réellement impliquées dans le processus, ce qui permet d’éviter les décisions discrétionnaires.

Cependant, les deux constitutions prévoient des garanties. En France, le Parlement ne peut être dissous et le Conseil constitutionnel doit être consulté. Depuis l’amendement constitutionnel du 23 juillet 2008 (basé sur la proposition 11 de la Commission Balladur), l’opposition a la possibilité de demander au Conseil constitutionnel de procéder à un contrôle juridictionnel, ce Le contrôle ne peut être effectué que par le Conseil constitutionnel, il est en effet en dehors du domaine de compétence du Conseil d'Etat.

Néanmoins, le président français est toujours le seul à prendre des décisions, il n’y a pas de collaboration officielle avec les autres institutions. Le Parlement français est impuissant et passif , contrairement au Bundestag, le rôle du Parlement français n’est pas défini par la Constitution et le Conseil constitutionnel a refusé de le définir. Le seul moyen pour que le Parlement puisse arrêter le président serait par le biais du système de la Haute Cour. En Allemagne, le Bundestag a un rôle actif tout au long de l'état de la défense, même si la loi fondamentale autorise le transfert du pouvoir de commandement des forces armées en faveur du chancelier, le président n'agissant pas seul.

De plus, en France, un amendement à la constitution n'est pas interdit lors de l'utilisation de pouvoirs d'urgence (sauf dans le cas où le territoire de la République est touché). En Allemagne, la loi fondamentale est protégée, elle ne peut être modifiée, suspendue, de même que la Cour constitutionnelle fédérale, il est impossible de modifier ou de suspendre son statut.

Aux États-Unis, les éléments sont différentes parce que la Constitution ne prévoit pas de pouvoirs élargis d'urgence.

Cependant, les États-Unis ont déjà connu des périodes de crise. Comme en France en 1961 et en Allemagne en 1930, les États-Unis ont connu une période de crise sous dictature constitutionnelle sous le président Lincoln (du 15 avril au 4 juillet), au terme de laquelle le Congrès avait pas d'autre choix que de valider les actes de Lincoln (le 6 août 1861) malgré les violations de la Constitution .

Les États-Unis ont comblé cette lacune constitutionnelle par une construction constitutionnelle. En effet, aucun pouvoir d'urgence n'étant explicitement mentionné, ces pouvoirs ont été interprétés à partir des pouvoirs présidentiels américains utilisés en temps de paix.

Toutefois, comme en France, seul le président de la République est chargé d'évaluer la situation et de décider de déclarer l'état d'urgence, ce qui permet de faire pression sur le Congrès. En effet, si la situation est évaluée uniquement par le président, une fois l'état d'urgence déclaré, le Congrès doit suivre le président en raison de pressions politiques et, généralement, il dit oui à toutes les demandes du président. Par exemple, en 2001, avec le USA Patriot Act, le président Bush a déclaré : "Je suis le commandant, je n'ai pas besoin d'expliquer." Le président s'est retrouvé dans la position d'un dictateur légitime, ce qui menace clairement les libertés civiles.

Les limites que le Congrès a essayé d'imposer au Président sont aussi faibles que les limites françaises mises en place par l'amendement de 2008. Pour limiter les abus, le Congrès a adopté peu de projets de loi, tels que les National Emergencies Acts de 1976 qui obligent le Président à respecter certaines formalités, mais ces limites sont généralement jugées insuffisantes.

Néanmoins, on peut toujours affirmer qu'aux États-Unis, le risque de dictature est moindre qu'en France. En effet, aux États-Unis, les pouvoirs d'urgence sont conférés au Président par le Congrès par le biais de statuts (la Constitution ne mentionnant pas clairement ces pouvoirs), afin que la Cour suprême des États-Unis puisse procéder à un contrôle juridictionnel et annuler ces pouvoirs. Cela n’est pas possible en France, les pouvoirs sont conférés par la Constitution et le contrôle juridictionnel du Conseil constitutionnel est limité à la norme d’urgence fixée à l’article 16, mais il ne contrôle pas directement ces pouvoirs et les décisions prises par le Président. .

Il est intéressant de noter qu'aux États-Unis, des pouvoirs extraordinaires sont également conférés au président en temps de grave crise économique. De tels pouvoirs n'existent pas officiellement en France ni en Allemagne.

Enfin, les universitaires ne critiquent pas les pouvoirs d’urgence de plus en plus importants. En effet, en cas de danger imminent, ces pouvoirs pourraient être plus efficaces que le processus démocratique traditionnel. Par conséquent, la question est davantage liée à la durée de la période pendant laquelle le chef de l'exécutif est autorisé à utiliser ces pouvoirs. Aucune définition précise de crise, d'état d'urgence ou d'état de défense n'a été donnée. Cette lacune constitutionnelle permet au chef de l’exécutif, notamment en France et aux États-Unis, d’être le seul à pouvoir évaluer, de manière discrétionnaire, l’existence d’une crise. Ainsi, l'exécutif pourrait parfois être en mesure d'utiliser ces pouvoirs d'urgence plus longtemps que nécessaire.

Néanmoins, la France, l'Allemagne et les États-Unis ont tous défini des limites afin d'éviter les abus en temps de paix ou en temps de crise.

III - Le besoin de frontières et de contre-pouvoirs contre les dirigeants français, allemands et américains

Un premier moyen de résistance aux risques de la dictature est l’existence de droits fondamentaux dotés d’une protection efficace. En France, il n'y a pas de droits fondamentaux dans la Constitution, les droits sont dans le bloc de constitutionnalité.

L'Allemagne est à nouveau moderne avec un long catalogue de droits fondamentaux dans la première partie de sa Constitution. Aux États-Unis, la liste des droits fondamentaux figure dans le Bill of Rights de 1789, entré en vigueur en 1791 et modifié à plusieurs reprises, principalement des droits classiques, aucun droit des la 3e génération dans la constitution américaine.

Aussi, pour éviter la naissance d'un dictateur, il est reconnu depuis longtemps qu'une démocratie doit pouvoir mettre en accusation le pouvoir exécutif.

La procédure la plus connue est la procédure de destitution américaine , qui associe la chambre des représentants et le Sénat : la Chambre des représentants et le sénat ont tous deux un rôle à jouer, mais seul le sénat peut juger le président et destituer Si elle atteint une majorité des 2/3, cette procédure a été utilisée par exemple contre le président Andrew Johnson en 1968 .

Les effets de la destitution sont toutefois limités, le président ne pouvant être démis de ses fonctions et empêché d’exercer des fonctions politiques ou civiles; même si, dans ce cas, il peut toujours être jugé devant une juridiction traditionnelle.

Une procédure similaire existe en France, si le président est irresponsable (le président n'est pas responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions officielles, il ne peut être poursuivi, ni tenu de témoigner, etc. au cours de son mandat), sauf exceptions.

La première concernant la Cour pénale internationale, la France a ratifié le traité de Rome portant création de la Cour pénale internationale. Cette nouvelle responsabilité a été introduite par l'amendement constitutionnel du 8 juillet 1999.

La seconde est une procédure politique organisée par le Parlement réuni en haute cour. Le président est destitué de ses fonctions en cas de violation flagrante de ses fonctions, qui serait incompatible avec le maintien de ses fonctions.

Il convient toutefois de noter que la destitution par les États-Unis est plus efficace et plus spécifique que la procédure française. Le président américain peut être mis en accusation en cas de trahison, de corruption ou d'autres crimes graves et délits mineurs, il est donc beaucoup plus spécifique que l'article 68 de la constitution française

En Allemagne, les choses sont un peu différentes, le chancelier n'est pas mis en accusation, mais il peut toutefois, comme on l'a déjà dit, être licencié.

Il existe d'autres limitations diverses, telles que la protection des partis politiques pour éviter l'émergence d'une dictature, il faut une opposition politique. Il est également nécessaire de protéger les membres du Parlement.

En outre, les trois constitutions ont un système rigide de contrôle constitutionnel.

Ainsi, l'article 89 de la constitution française appelle plusieurs institutions et empêche le pouvoir exécutif d'agir seul. L'amendement de la constitution peut être initié par le président sur proposition du Premier ministre ou par les membres du Parlement. Ensuite, l'amendement peut être autorisé par référendum (lorsque l'initiative vient du président) ou par une majorité des 3/5 du Congrès. Il existe donc clairement une protection stricte, qui peut toutefois être affaiblie par le fait majoritaire permettant à un seul parti de modifier la Constitution.

L'article 79 de la constitution allemande requiert l'adoption d'un statut et de conditions rigoureuses, une majorité des deux tiers au Bundestag et au Bundesrat doit être obtenue.

Enfin, la Constitution des États-Unis prévoit la possibilité de modification dans son article V. L'amendement peut être validé par le Congrès ou par les États. Une majorité de 2/3 des deux chambres du Congrès ou des 2/3 des législatures des États doit être obtenue pour proposer des amendements à la Constitution. La ratification finale de l'amendement nécessite la majorité des.

Il semble que l'Allemagne et les États-Unis jouissent d'une protection de la démocratie qui n'existe pas en France. Outre la séparation horizontale des pouvoirs, ils disposent d'une séparation verticale du pouvoir en raison de leur organisation fédérale.

La constitution est également protégée par l’existence d’un contrôle juridictionnel effectif. Aux États-Unis, il existe un contrôle juridictionnel diffus depuis la décision de 1803 de Marbury Madison. Alors qu’en France l’existence d’un contrôle juridictionnel a posteriori est très nouvelle pour faire annuler les actes inconstitutionnels. En Allemagne, lorsque la loi fondamentale est violée, c'est également la Cour constitutionnelle fédérale qui effectue le contrôle juridictionnel.

Malgré ces protections, chacun de ces États a connu plusieurs amendements constitutionnels, mais certains articles ne peuvent pas être modifiés : la clause Eternity. Les clauses Eternity peuvent constituer des protections extrêmement importantes contre une dictature semi-constitutionnelle. Par exemple, en Allemagne, le principe de la dignité humaine ou l'organisation fédérale de la république ; En France, par exemple, il existe une forme de gouvernement républicain. Toutefois, ces clauses Eternity ne sont pas toujours respectées. En Allemagne, les articles 1 et 20 ont tous deux été modifiés, ce qui est théoriquement impossible.

La France et l'Allemagne jouissent également d'une protection de la part de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe. Elles peuvent toutes deux être contrôlées et sanctionnées par la Cour européenne de justice et la Cour européenne des droits de l'homme.

Dans les trois États démocratiques, les dispositions constitutionnelles ne sont pas toujours respectées. Cependant, l'Allemagne semble avoir suffisamment de garanties, une collaboration obligatoire des pouvoirs, notamment un rôle actif du Bundestag en temps de crise pour éviter la naissance d'un dictateur produit légalement.

Cependant, la France et les États-Unis sont dotés d'un exécutif particulièrement puissant, surtout en temps de crise, où il devient presque impossible d'arrêter le président.

Malgré toutes ces garanties constitutionnelles, il semble qu'une confusion des pouvoirs en faveur de l'exécutif n'est pas impossible dans ces États, en particulier en période de crise ou d'état d'urgence.

Les universitaires n’affirment pas que la France ou les États-Unis risquent de subir un coup d’État ou de dégénérer en de véritables dictatures; ils considèrent plutôt que même sans violer clairement la Constitution et sans recourir à la force, moyens juridiques, les présidents français et américain ont la capacité de se transformer temporairement en dictateurs semi-constitutionnels.

Article traduit sur LPJ

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