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10 mai 2013

L'abus de sucre est dangereux pour la santé

La consommation de sucre raffiné a explosé ces dernières années, entraînant un véritable problème de santé publique. Longtemps passée sous silence, en raison des intérêts industriels et de la passivité des pouvoirs publics, cette réalité mobilise aujourd’hui les scientifiques. Certains parlant d’une addiction.

Le sucre peut-il devenir une drogue ? Alors que les témoignages de personnes atteintes se multiplient, la science aussi fait des découvertes surprenantes. En étudiant la neurobiologie de l’addiction à la cocaïne, des scientifiques ont découvert que les rats de laboratoire développaient une forte dépendance aux boissons sucrées.

L’attrait pour le sucre semble profond, primitif. Il précède l’apprentissage. Tout se passe comme s’il existait un pré-câblage neuronal génétiquement programmé entre les cellules du goût sucré et le circuit cérébral de la récompense et de la motivation.

Le sucre raffiné pose encore un autre problème dans notre alimentation: le cerveau n’enregistre pas les calories liquides. Des cellules spécifiques du tube digestif déclenchent le sentiment de satiété une fois une certaine quantité d’aliment décelé. Mais ces cellules ne sont pas sensibles aux aliments trop petits. Les calories des boissons sucrées, par exemple, s’ajoutent donc à notre consommation journalière sans que notre corps en soit conscient.

Quid du type de sucre consommé ? Après ingestion, le fructose est métabolisé uniquement dans le foie par des voies différentes du glucose et ne nécessite pas de sécrétion d’insuline. On a un temps pensé que c’était le sucre idéal pour les diabétiques. En réalité, trop de fructose stresse l’organisme. Il fait augmenter le taux de lipides dans le sang, ce qui fait augmenter les risques de maladie cardio-vasculaire à long terme. A quoi s’ajoute l’augmentation de la concentration de graisse dans le foie, qui devient ensuite résistant à l’insuline, résistance qui est un signe avant-coureur du diabète.

La monoculture de maïs n’est pas innocente dans cette consommation. Pour écouler les excédents, les Américains ont tiré de ces épis du sirop de maïs enrichi en fructose. Dans la liste des ingrédients, le terme isoglucose, ou HFCS (High Fructose Corn Syrup) signe la présence de ce sirop à haute teneur en fructose. Comme il est meilleur marché que le sucre de la canne ou de la betterave, et qu’il améliore la texture et l’onctuosité des aliments, il a envahi la planète.

Depuis les années 70, la consommation de sirop de maïs a centuplé. Dans le même temps, l’épidémie de diabète et d’obésité a flambé. Coïncidence ? En tout cas, les scientifiques s’interrogent : à calories égales, le sirop de maïs favorise-t-il plus l’obésité, le diabète et l’addiction que le sucre blanc? Il est possible que le sucre tiré du maïs stimule plus la production de cellules graisseuses. Autre hypothèse, il agirait différemment sur le cerveau. Peut-être aussi que c’est simplement parce qu’on en consomme beaucoup plus. Son bas prix, sa facilité de stockage et son utilisation, pas seulement pour son pouvoir édulcorant, mais comme accessoire technologique dans les aliments préfabriqués, a provoqué une overdose planétaire. Une overdose dont les premières victimes sont les enfants.

Actuellement, un enfant sur cinq est en surpoids en Suisse. Un problème de santé publique, puisque l’obésité est à l’origine du diabète de type 2. Dans l’organisme, le sucre en excès se transforme en gras. Le surpoids provoque des dégâts mesurables, comme des altérations au niveau des artères ou une résistance à l’insuline. Et ces phénomènes, qui apparaissent normalement avec le vieillissement, touchent des enfants de plus en plus jeunes.

Actuellement il y a du sucre dans presque tous les aliments qui sont transformés par l’industrie. Et les consommateurs ont du mal à en prendre conscience, en raison de l’étiquetage. Le sucre est bien affiché, mais pas le type de sucre. Et les industriels luttent contre tous les projets d’information simplifiée qui permettraient d’identifier d’un coup d’œil les aliments à éviter.

La responsabilité individuelle, c’est LE grand argument des industriels. Mais comment l’exercer si l’on nous refuse aussi bien un étiquetage simplifié qu’un étiquetage complet ?

Même si Bruxelles imposait une vraie information nutritionnelle obligatoire, il n’en reste pas moins que les taux de sucre dans les aliments augmentent sans cesse, que tout pousse à l’addiction dès le petit pot pour bébé. Peut-être faudra-t-il fixer des limites par des lois, pour protéger les millions de diabétiques en devenir.

La solution pourrait-elle venir des édulcorants ? Selon certaines études, ces produits ne pourraient pas régler le problème de l’addiction au sucre. Ils sont eux-mêmes à l’origine d’autres inconvénients au niveau de l’organisme, notamment une stimulation plus importante de l’insuline. Une autre problématique est lié à la compensation. Une personne qui consomme des édulcorants pensera à tort qu’elle peut consommer plus ! L’effet positif de l’édulcorant est ainsi progressivement perdu.

Enfin, selon l’OMS, il ne faudrait pas dépasser les 18 kilos de sucre par an et par habitant. On en est à plus de 42 kilos et ça continue d’augmenter !

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