Recherche

30 mai 2017

FLASH - Le "gas-run", quand les stations-services sont prises d'assaut !

A l'instar du "bank-run" qui consistait de vider les comptes bancaires, voici le "gas-run". Suite aux grèves et blocages des chauffeurs poids-lourds, les automobilistes paniqués prennent d'assaut les stations-services pour faire le plein de leurs véhicules et même la CGT conseille à tous de le faire, déclenchant le "gas-run". En 2010 et 2016, les raffineries étaient bloquées et la France était presque à sec.

Par le passé, les pénuries ont été provoquées par des mouvements qui concernaient beaucoup plus d'acteurs. En 1996 et 1997, c'était les chauffeurs routiers dans leur ensemble (et pas seulement ceux qui transportent des matières dangereuses) qui bloquaient les dépôts. Ils ont ensuite été rejoints en l'an 2000 par les agriculteurs, pour réclamer ensemble une baisse de la fameuse TIPP, la taxe intérieure sur les produits pétroliers. En 2010, cette fois, c'était à la source qu'il y avait le blocage, puisque c'étaient les employés des raffineries eux-mêmes qui opéraient le blocage, suite à la menace de la fermeture d'une raffinerie à Berre et pour défendre les retraites.

Pour provoquer une pénurie qui touche l'ensemble des automobilistes, il faudra donc que l'actuel blocage se généralise à tout l'Hexagone et se prolonge. Hier, la CGT annonçait qu'elle lançait une mobilisation, notamment sur le site de Fos, près de Marseille, un des points névralgiques de la distribution de pétrole dans le pays. Du côté de l'Union locale de la CGT du Nord de Toulouse où se trouvent les grands dépôts de Fenouillet, on indiquait que des réunions étaient prévues, mais que, en même temps, l'éclatement des sociétés de transports ne facilitait pas la mobilisation, du fait d'un émiettement des chauffeurs.

Une pénurie provoquée par les automobilistes eux-mêmes ?

C'est un phénomène bien connu ! Lorsque se profile à l'horizon le risque d'une pénurie d'essence, alors, les automobilistes ont tendance à se précipiter vers les stations-service... (le gas-run) et à provoquer une pénurie alors même qu'il n'y a pas de problème dans l'approvisionnement. Les gas-runs peuvent provoquer de gros bouchons sur les boulevards, départementales et autoroutes. Mais cet appel soudain déséquilibre toute la chaîne du ravitaillement et accentue ou amplifie les à-coups que peut subir la distribution, notamment en période « sensible ».

On a connu ainsi dans le passé des pénuries où la ruée sur les pompes était la seule explication, le reste de la mécanique fonctionnant parfaitement !

Des réserves pour plusieurs mois

Car de toute façon, la France ne manque absolument pas de pétrole et si tous les robinets extérieurs étaient fermés, il y aurait des réserves pour « tenir le coup » pendant trois mois ! C'est ce que l'on appelle les « stocks stratégiques » qui ont été accumulés pour éviter que notre pays, totalement dépendant de l'extérieur pour ce qui concerne les énergies fossiles, soit en mesure d'encaisser le choc en cas de crise pétrolière internationale, grève de la navigation, boycott politique, catastrophes naturelles, événements climatiques, imprévoyance dans la gestion des exportations, etc... Il s'agit de 15 à 20 millions de tonnes de pétrole, qui sont réparties sur l'ensemble du territoire dans une centaine de sites.

Toutefois, si les carburants venaient à manquer sérieusement : c'est le "food-run" garanti vu que les personnes prennent d'assaut les supermarchés pour faire des provisions alimentaires. Quand les armureries sont prises d'assaut, c'est le "gun-run".

Source : La Dépêche

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...