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22 avril 2017

FLASH - 2017, Le coup d'Etat

EDITO AU VITRIOL - Pour ceux qui n’auraient pas compris.... Qui complote dans le réel ?

« Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance » - Louis Calaferte.

AVERTISSEMENT : Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le sérieux de leurs publications. Préférez les sites de recherches universitaires. A ceux qui disent que cet article est complotiste, il s’agit, tout simplement, d’un propos irresponsable qui a pour objectif de discréditer toutes critiques à l’égard de pratiques qui mettent en danger la démocratie. Mais plus grave encore cela permet de les avaliser. Il est urgent de cesser ce genre d’accusation un peu simpliste et de poser les vraies questions. En l’occurence a-t-on oui ou non utilisé l’appareil d’État à des fins de stratégies politiques? Les relais d’influence sont -ils réels ? Les media et les instituts de sondage sont ils indépendants? etc. Ce sont les questions centrales du débat.
  • Propos liminaires.
Une fois de plus, cet article est long. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie
  • L’heure est grave.
1) Avant-propos.

En 2005, vous avez, pour certains d’entre vous, participé au referendum du TCE (Traité pour une Constitution Européenne) vous avez détesté le battage médiatique outrancier pour le « oui » ? Vous avez applaudi son rejet par 55% des Français ? Vous avez protesté contre la transformation du TCE en Traité de Lisbonne adopté par le Parlement réuni en Congrès en 2012 ? Vous avez hurlé au déni de démocratie ? Un coup porté à la voix du peuple…un véritable coup d’État ?

Eh bien c’est, à peu de chose près, ce qui se passe aujourd’hui pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron.

Dans « Macron ciblé par la CIA » publié sur ce même blog (que je vous conseille de lire avant cette publication) il a été démontré comment ce jeune banquier-énarque a été porté au cœur de l’appareil d’État par des apparatchiks européistes et atlantistes.

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.
  • Lisez attentivement ce qui est écrit. C’est édifiant !
EN GUISE D’INTRODUCTION

La candidature de Macron : un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

Un article signé Bruno Roger Petit, dans le numéro de « Challenges » du 15 mars 2017 et titré : "Mélenchon et sa constituante : l’inquiétante promesse d’un coup d’état permanent"… » raconte : « Depuis des mois, sous prétexte de renouveau démocratique, Jean-Luc Mélenchon promet une assemblée constituante pour aller à la VIe République. En apparence, c’est démocratique, mais si l’on y regarde de plus près, ce projet du futur Mélenchon s’apparente à un coup d’État populiste ».

Cet article est, en vérité, un contre feu. Il est l’arbre qui cache la forêt.

Après s’en être pris, sur le même registre, à Fillon et à Le Pen, Bruno Roger Petit qualifie, avec une mansuétude consternante, la candidature de Macron de « 18 Brumaire de la bienveillance ». Mansuétude ? Pas tant que ça. L’employeur de ce journaliste n’est autre que Claude Perdriel, patron de presse et… soutien actif de Macron.

L’observation est cocasse dans la mesure où c’est en France, à l’occasion du 18 Brumaire, que nait l’expression « coup d’État », celui de Bonaparte…

Ce journaliste serait-il assez pervers pour nous suggérer de façon subliminale ce qui en train de se tramer dans cette élection ? Après l’analyse, pour le moins farfelue, de la constituante de Mélenchon (que dire alors de la Constitution de 1958 !?!), voyons si la candidature de Macron est un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

AUTOPSIE D’UN COUP D’ÉTAT

D’un point de vue historique – y compris dans l’époque contemporaine – le coup d’État a été l’un des moyens les plus fréquemment utilisés pour accéder au pouvoir. D’ailleurs selon les spécialistes plus de la moitié des gouvernements du monde le seraient devenus grâce à ce procédé.

On peut décrire de manière assez précise les techniques opératoires, violentes ou non, de la prise de pouvoir. Ainsi, on observe qu’il s’agit d’abord, pour les auteurs, de s’emparer des structures de l’État, de s’assurer de la maitrise de l’opinion publique, de veiller à une synergie avec le contexte international avant de légitimer le processus, soit par la force, soit par des élections.

Nous allons dans cette publication analyser tous ces points, un par un, en cherchant, à chaque fois, à valider l’hypothèse avant de conclure sur la dangerosité de l’avènement de ce pouvoir en France.
  • S’emparer de l’appareil d’État
La technique de base du coup d’État consiste à s’emparer des organes centraux de l’administration et en l’occurrence, des institutions de la République. Les auteurs, nous disent les spécialistes, appartiennent le plus souvent eux-mêmes, aux structures étatiques. Nous y sommes.

Qui sont les commanditaires ?

Il ne fait plus de doute maintenant que c’est François Hollande et son homme de confiance, Jean Pierre Jouyet, le Secrétaire Général de l’Élysée, qui sont à l’origine du projet qu’il faut bien définir comme un véritable coup d’État.

Hollande et Jouyet sont amis depuis 35 ans, des bancs de l’ENA jusqu’à l’Élysée. Les deux hommes se rencontrent à 23 ans. Ils viennent de réussir le concours de l’École Nationale d’Administration et doivent effectuer leur service militaire ensemble, à Coëtquidan, où ils partagent leur chambre avec Michel Sapin. Les trois jeunes hommes se lient d’une forte amitié qu’ils entretiennent sur les bancs de l’ENA (la promotion Voltaire). Hollande déborde d’initiatives, et souvent, Jouyet accepte de le seconder dans ses projets. À la sortie de l’ENA, lors des affectations, François Hollande, classé 8e, laisse le dernier poste accessible à l’Inspection générale des Finances à Jean-Pierre Jouyet.

Leur amitié n’a jamais été mise à mal. Quand en 2014, Jouyet prend les fonctions de secrétaire général de l’Élysée, il déclare : « c’est l’aboutissement de ma vie publique et d’une vie avec lui. Et de préciser : Pendant les réunions, je suis secrétaire général, après je redeviens le copain, on sépare ce qui est public et privé de façon plus simple que ce que je croyais» Il promettait alors pour conclure: Je suis là pour le servir, pas pour le gêner. Je l’ai gêné une fois, cela n’arrivera plus ».

La gêne dont parle Jouyet, c’est quand il a accepté d’entrer dans le gouvernement de François Fillon, au poste de secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. François Hollande l’aurait très mal pris. « Mal pris » étant sans doute un peu fort…

Pour quel scénario ?

Hollande et Jouyet sont loin d’être des tendres, il faut que ce soit bien clair pour tous les lecteurs. Ce sont de fins observateurs – et acteurs – de la vie politique. Ils en connaissent les rouages, les stratégies, les us et coutumes, les trahisons et les fidélités.

Media et journalistes sont les instruments de leurs stratégies politiques et ils ont fait l’objet de manipulations constantes qu’ils ont parfois du mal à déjouer, tant leur connivence est forte et parfois incestueuse avec le pouvoir. C’est un jeu que maitrisent parfaitement les deux amis.

Pour Hollande et Jouyet (et d’autres qui leurs sont proches) ce n’est pas l’économie qui est en crise, mais le système politique.

Chez nos concitoyens, la rancœur est à son comble. « Cela fait plus de 40 ans que le libéralisme est au pouvoir, plus de 40 ans qu’on leurs demande de se serrer la ceinture, ceux là promettant des jours enchanteurs sans jamais qu’ils arrivent. 1000 milliards de déficit public en 10 ans (Sarkozy/ Hollande cumulé) disent-il, 10 millions de chômeurs et précaires, des pauvres de plus en plus pauvres, des riches de plus en plus riches ». Ils sont au bord de l’explosion et ne trouvent leur salut que dans des discours qui consistent à tirer un grand trait sur le passé. Force est de constater que nous sommes arrivés, aujourd’hui, à un point de rupture.

Les deux amis en sont , évidemment, conscients et pour eux, l’heure est grave. Il apparait, dès lors, trop dangereux de ne pas intervenir sous peine de laisser les « populismes renverser la table ». Il faut agir vite, trouver l’antidote et résoudre la crise.

Ils font, assez tôt, le constat qui s’impose : il faut à tout prix poursuivre la politique économique engagée depuis plus de 5 ans et continuer l’intégration du pays dans l’Europe et dans l’économie mondiale. Mais ni François Hollande, ni Manuel Valls ne sont en capacité de le faire. Ils sont, l’un et l’autre, rejetés par l’opinion publique. Pour eux, ils agissent dans l’intérêt du pays et c’est dans l’intérêt du pays qu’ils doivent s’effacer pour pérenniser « l’œuvre » qu’ils ont entreprise.

La solution, c’est Jouyet qui l’a dans sa manche depuis un certain temps: c’est Emmanuel Macron! Hollande n’est pas chaud. Il doute de la fiabilité du jeune banquier.

Jeune et avenant, une tête bien faite, cursus parfait, bien conditionné sous la férule de Jouyet et d’Attali, faisant consensus chez les patrons des multinationales et de la finance mondiale, adoubé par les américains, les anglais et les allemands, inculte politiquement et donc facilement contrôlable, un tantinet imbu de sa personne, il est le candidat idéal pour ce coup de force. Sa feuille de route est rédigée : appliquer une politique européenne libérale et atlantiste en matérialisant une alliance gauche/droite, poursuivre la politique économique engagée et l’inscrire durablement dans l’avenir du pays en créant un grand parti démocrate et « progressiste », à l’issue des élections. Gageons qu’il n’ a pas fallu longtemps pour convaincre Macron.

Ce fut un peu plus difficile pour Hollande. Mais après l’avoir rassuré, Jouyet met Macron sur les rails très vite afin d’éviter qu’il ne soit contraint de se présenter à la primaire de la gauche. Il lui conseille de créer un mouvement plutôt qu’un parti car « compte tenu de l’ambiance, c’est préférable »

Et Valls ?

Tout comme Hollande, Valls est, pour l’instant, mort politiquement. Il le sait, les sondages ont parlé. Sa désignation comme candidat ferait perdre le camp libéral. Sa mission est alors de représenter le courant libéral à la primaire de la gauche. Pourquoi ? Simplement pour calmer les libéraux du parti et éviter qu’on fasse pression sur Macron pour qu’il participe à la compétition. Car si ce dernier se présentait à la primaire, il serait battu et anéantirait, du même coup, les chances de réussite du projet. Mais pas seulement. La présence de Valls va aussi permettre d’estimer la force du camp libéral du parti et donc celle de la solidité de la colonne vertébrale du futur « mouvement centriste », car sans eux, le nouveau parti ne serait qu’une coquille vide.

Hollande et son ami sont parfaitement informés de l’état d’esprit de la majorité des militants socialistes, et du désamour profond qu’il règne à l’égard de la politique gouvernementale. Ils sont quasiment certains du résultat de la primaire et de l’éviction de Valls. Mais, dans le doute, ils vont miser sur Hamon. Pourquoi ? Encore une fois, l’élection de Valls serait contre productive. Hamon est celui qui cristallise l’aile gauche du PS et qui peut empêcher le « populisme » (cf. les objectifs de la NED) de gauche de progresser en le divisant. En langage clair : il s’agit de contenir Mélenchon dans son pré carré.

Comme prévu, c’est ce qui va se passer.

Hamon est élu candidat. Les soutiens de Valls rejoignent, officiellement ou pas, un à un, le camp Macron et Valls lui même ne tardera pas. Le PS sera réduit à sa plus simple expression et ne servira, à l’avenir, qu’à entretenir la division parmi les tenants de la gauche de transformation sociale, laissant ainsi le champ libre aux centristes pour mener à bien leurs desseins.

Le scénario à gauche et au centre est donc réglé. Il faut maintenant s’occuper des conservateurs.

La primaire de droite est incertaine. Une confrontation Sarkozy/ Juppé est pour Hollande et Jouyet du pain béni. Il y a des arguments pour les discréditer aux yeux de l’opinion publique. Et au besoin, on peut à en fournir d’autres. Mais le destin leur sourira. C’est Fillon qui sort vainqueur. Il suffit de lui porter l’estocade. Une « bonne âme » téléphone au Canard Enchainé. On connaît la suite. L’Histoire nous dira qui était à l’origine de cette affaire. Mais, avec un peu de perspicacité, si ce ne sont pas les deux dont il est question ici, puisqu’ils démentent, il ne fait nul doute qu’un de leurs aficionados, ayant compris le sens de l’Histoire, s’est chargé de la basse besogne.

L’affaire est réglée. Les conservateurs sont hors champs.

Reste l’extrême droite. Rien de plus simple. Depuis Mitterrand, les socialistes savent s’en servir. Il faut tout faire pour que Marine Le Pen atteigne des sommets. « On » fait ce qu’il faut pour minimiser ce qui peut l’atteindre (cf. les affaires financières) et « on » dose savamment sa diabolisation. C’est Hollande qui sera le chantre de la lutte contre le FN dans cette séquence.

Les socialistes et les « populistes » de gauche neutralisés, les conservateurs anesthésiés, une confrontation Le Pen/Macron est donc probable. Une fois encore, le réflexe républicain écartera l’extrême droite …c’est donc boulevard et tapis rouge pour Macron.

Hollande et Jouyet ont dû discrètement échafauder ce scénario, un soir, autour d’un verre de champagne (Taittinger, épouse de Jouyet oblige) au cours de leurs vacances d’été car depuis de nombreuses années les couples Hollande et Jouyet se fréquentent régulièrement et partent en vacances ensemble. Petite précision qui n’est pas sans intérêt parce qu’elle situe bien la proximité de ces deux personnages. On ne part pas en vacances avec n’importe qui.

Vous pensez que ce sont des élucubrations ? La réponse est contenue dans une autre question : peut-on naïvement penser que ces deux là n’ont pas mis en commun leurs cerveaux pour monter cette opération ? Pour ceux qui sont éloignés de ce milieu peut être, mais pour les autres, les acteurs et observateurs politiques avisés, eux, savent qu’ils en sont parfaitement capables et qu’ils l’ont fait.

Et pour ceux d’entre vous qui en doutent encore, la lecture des faits, présents et à venir, devra suffire à attester, à peu de chose près, la véracité du propos.
  • Les théoriciens
Qui sont ils ?

C’est Aquilino Morelle qui va dévoiler le pot aux roses. C’était en avril 2014, cet ex conseiller de François Hollande (il était l’une des plumes des discours présidentiels) venait de quitter l’Élysée après la révélation de ses liens présumés avec l’industrie pharmaceutique et de sa passion pour les chaussures bien cirées. Dans la presse, il accusait l’entourage du chef de l’État d’avoir monté toute l’affaire pour l’éliminer politiquement parce qu’il était trop à gauche. « Les Français ont voté pour le discours du Bourget, pas pour le programme des Gracques, dit il, ce sont leurs idées qui sont aux commandes tout simplement ! Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, en est membre. Emmanuel Macron, je n’en sais rien, peut-être. Mais il n’a pas besoin d’y adhérer ; il est totalement en symbiose avec eux ». Et de conclure : « Oui, c’est bien leur programme qui est appliqué aujourd’hui. Un programme pour lequel les Français n’ont pas voté ».

Mais qui sont ces gens dont parle Aquilino Morelle ?

Le nom « Gracques » a été donné à deux frères et hommes d’État romains Tiberius et Gaius Gracchus renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain (espérons que leurs contemporains aient le même succès !)

« Les Gracques » d’aujourd’hui, c’est un petit groupe d’hommes d’affaires, de hauts fonctionnaires et d’intellectuels qui s’activent depuis 2007 dans les coulisses du pouvoir pour convertir la gauche française au libéralisme. Pour la plupart, ils occupent des postes hauts placés, souvent dans des banques, des compagnies d’assurances, des fonds d’investissement. Tous ont fait au moins l’ENA ou HEC. Anciens du PS, pour beaucoup d’entre eux, ils ont peuplé les cabinets ministériels des années 1980 et 1990, servant les socialistes « modernes », Rocard surtout mais aussi Jospin, Fabius, Bérégovoy ou Strauss-Kahn. Quand la droite est revenue au pouvoir, ils ont déserté le service de l’État pour rejoindre (ah ! le pantouflage! ) le monde de l’entreprise. Ils y ont gagné beaucoup d’argent mais sans jamais abandonner tout à fait la politique. Aujourd’hui, ils sont dans les coulisses du pouvoir et ils ont des ramifications qui vont jusqu’au plus haut sommet de l’État.

Il est quasiment certain que c’est Jean-Pierre Jouyet qui a cofondé ce groupe semi-clandestin. L’ASPEN et la NED ont déterminé son cadre idéologique. Voici ce qu’il dit à propos de l’action des Gracques à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012 et ensuite. Lisez bien, car c’est tout simplement époustouflant :

« L’approche des Gracques entre les deux tours, celle d’un rapprochement des réformistes et des sociaux-démocrates, était préconisée aussi par Ségolène Royal. Elle n’a pas fait l’unanimité au PS. J’en ai pris acte. Nicolas Sarkozy m’a demandé de m’occuper de l’Europe. J’ai constaté que ce n’est un enjeu ni de droite ni de gauche, mais qu’il répond à un impératif national. J’observe qu’il s’est lancé dans une politique de réforme que les Gracques appelaient de leurs vœux. (!!!) Je remarque que l’homme a l’énergie nécessaire pour les mener à bien et qu’il est loin de la caricature de l’ultralibéral qu’on avait dessinée de lui ». Jouyet laudateur de Sarkozy ! Et maintenant Valls qui propose ses services à Fillon…No comment.

On y trouve des gens comme Roger Godino, Guillaume Hannezo, Gilles de Margerie, Ariane Obolenski, François Villeroy de Galha, Erik Orsena, Denis Olivennes directeur général d’Europe 1 et Lagardère Active (Paris-Match, JDD, Newsweb), Matthieu Pigasse, responsable monde des fusions acquisitions (fusac) et du conseil aux gouvernements de la Banque Lazard dont il est directeur général délégué en France. Il est propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendante qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post. Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l’Assurance regroupant la Fédération française des sociétés d’assurance et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance. Il préside également le Pôle International et Europe du MEDEF. Mathilde Lemoine, macro économiste Group Chief Economist chez Edmond de Rothschild Group et membre du Haut Conseil des Finances Publiques…et il y en a d’autres du même calibre.

Et qui participe aux travaux des Graques ? Cohn Bendit et…. Macron !
  • Les économistes.
Ce sont les mêmes que ceux de François Hollande !

Les économistes qui conseillent Macron aujourd’hui, sont les mêmes, exactement les mêmes, que ceux qui conseillaient Hollande en 2012. Ils faisaient partie du premier cercle et se nommaient le « groupe de la Rotonde ». Il y avait Jean Pisani-Ferry , le boss, Philippe Aghion, Elie Cohen, Gilbert Cette, Jean-Hervé Lorenzi, les porte flingues et ….Emmanuel Macron.

On ne change pas une équipe qui gagne. C’est tout naturellement que l’Eysée demande à Pisani – Ferry, en janvier 2017, de prendre en charge le programme et les idées du mouvement de Macron. Et ce sont les mêmes fantassins qui vont l’épauler : Cohen, Cette, Lorenzi, Aghion.

Mais, arrêtons nous, un instant, sur Pisani-Ferry, l’alpha du groupe, pour bien comprendre la doctrine et les enjeux.

Jean Pisani-Ferry n’est pas n’importe qui et son influence sociale libérale européiste est grande dans le milieu. Il est un fervent défenseur d’un gouvernement mondial de l’économie au même titre que Jacques Attali. Il a été commissaire général de France Stratégie (ex commissariat au Plan) de mai 2013 à janvier 2017. Auparavant il a été directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, conseiller économique de Dominique Strauss-Kahn et de Christian Sautter au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, président délégué du Conseil d’analyse économique mis en place par Jospin, expert pour la Commission européenne et …le FMI. Autant dire qu’il est calibré.

Cependant, on ne peut cerner correctement cet économiste sans citer le cercle de réflexion « Bruegel » qu’il a cofondé il y a quelques années…

Le think tank Bruegel (sis à Bruxelles) est un centre de recherche qui couvre l’ensemble du champ des politiques économiques. Il est dirigé et financé sur la base d’un système de gouvernance associant des États membres de l’Union Européenne et des multinationales dont Areva, Deutsche Bank, Deutsche Telekom, EDF, Ernst & Young, Erste Bank Group, GDF Suez, Goldman Sachs, Google, Microsoft, Novartis, Pfizer, Renault, Samsung, Syngenta etc.

Président actuel Jean-Claude Trichet ex président de la BCE. Membre d’honneur d’Aspen France (Jouyet en est le président d’honneur), membre du comité de direction du groupe Bilderberg et président en exercice du groupe européen de la commission Trilatérale . Il est membre du conseil d’administration de EADS où il représente… les actionnaires. Pour l’universitaire Frédéric Lebaron, Jean-Claude Trichet « est le plus célèbre et le plus influent d’entre tous » les experts issus de l’inspection des finances, le vivier de Jouyet.

Président d’Honneur Mario Monti, ex commissaire européen et ex président du groupe européen de la Commission Trilatérale.

La boucle est bouclée. Nous sommes ici au cœur du réacteur des idées que Hollande et Macron ont puisé pour définir leur politique économique.
  • Les soutiens.
Les grandes fortunes de France choisissent Macron.

« Je lui ai fait rencontrer des milieux d’affaires, on a eu des réunions en Angleterre et il y aura des contacts directs entre Emmanuel Macron et la présidence des États-Unis » disait son mentor le richissime rocardien feu Henry Hermand.

Mais Macron va aussi être présenté au « Tout Paris » par Jean-Pierre Jouyet, son parrain, qui dispose d’un carnet d’adresse aussi gros qu’un Larousse.

Jouyet a épousé en seconde noce Brigitte Taittinger (le champagne), ex- PDG des parfums Annick Goutal et actuellement directrice de la stratégie de Sciences Po. Les témoins du mariage furent François Hollande et feu Christophe de Margerie, le PDG de Total. 12ème patron du CAC 40. Quand on saura que Jouyet a été nommé en 2008, par Sarkozy, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et que tous les patrons du CAC 40 sont venus le voir dans son bureau, on aura tout dit…

Parmi les dix personnes les plus riches de France, quatre soutiennent officiellement Macron : Bernard Arnaud ( 1er fortune de France), François Pinault (4ème), Patrick Drahi (5ème ), Xavier Niel (9ème). Seul Serge Dassault (3ème) ne s’est pas prononcé officiellement mais il encense Macron et Le Drian, ministre de la défense. Et pour cause. Il a un business à faire tourner. A ceux là, il faut ajouter, Martin Bouygues, Vincent Bolloré, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Arnault Lagardère et ceux dont on ne connaît pas le nom car Macron ne souhaite pas publier la liste de ses donateurs. On comprend pourquoi.
  • Le choix du candidat
« Macron, c’est entre nous, non pas simplement une question de hiérarchie – il sait ce qu’il me doit – mais une question de loyauté personnelle et politique » François Hollande – avril 2016.

Dans une publication précédente (« Macron ciblé par la CIA ») il est décrit avec précision comment cet homme a été choisi et porté au cœur de l’appareil d’état par des membres de l’oligarchie politique et affairiste en moins d’une dizaine d’années. Mois après mois, il a été façonné pour répondre exactement au calibrage des idées politiques de ses parrains, des « sociaux libéraux internationalistes » disent – ils avec pudeur…en fait des néo conservateurs mondialistes conformes à l’idée que se font les Etats Unis de ce que doivent être les démocraties occidentales.

Macron a été amené à devenir secrétaire général adjoint de l’Élysée, l’un des plus proches conseillers du Chef de l’État. Puis Ministre de l’Économie. Son recruteur et mentor politique, Jean-Pierre Jouyet est aujourd’hui Secrétaire Général de l’Élysée, autant dire le cœur de l’appareil d’État

Cette ascension, pour le moins épique, rappelle étrangement la pièce de théâtre » La Résistible Ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht…(à voir ou à lire impérativement)

Macron, intelligent mais immature…

Le profil psychologique et physique du candidat est très important pour ce projet. Il faut qu’il soit présentable, malléable et qu’il reste sous influence. Une forte personnalité aurait été contre productive et impossible à gérer.

Feu Henry Hermand, son mentor, le connaît bien. C’est lui qui lui a mis le pied à l’étrier en politique. Voici ce qu’il en dit en septembre 2016, il y a donc 6 mois : « Il n’a jamais pris une décision importante sans m’en parler. Sur le plan politique, Emmanuel est trop jeune, il a besoin d’être recadré sur des connaissances historiques. Son épouse, est très présente à ses côtés. Elle a orienté ses lectures, joué un rôle dans ses cercles d’amis, veillé à ce qu’il ne se disperse pas ».

Hermand l’infantilise, et de façon anecdotique, il raconte un peu agacé : « Ce désir qu’il a de serrer toutes les mains qui se présentent à lui, même de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, est regrettable. Avec sa femme, on veut freiner ses tentatives de trop convaincre, on lui dit de se calmer ! ». Et il conclut en soulignant sa dépendance financière et psychologique ( ?!)

C’est ce qu’en pense aussi l’entourage de Hollande qui le connaît bien ; « Macron apparaît comme un homme sous influences multiples » disent-ils. Espérons qu’il ne se perde pas…

La description psychologique qu’en font ses proches correspond exactement à l’objectif de ses traitants. Ce qui prouve, s’il en est encore nécessaire, que Macron est un personnage créé de toute pièce pour servir des intérêts puissants. Cette personnalité ne pouvait pas habiter un physique ingrat. Dents blanches, bien coiffé, « tête de premier de la classe » dirait Coluche, costumes de bonne facture, séducteur et charmeur, Macron est l’image même du quarantenaire qui a réussi. Il a sa « Rolex » au poignet.

Pour conclure ce chapitre, écoutons encore une fois ce que dit Henry Hermand : « Il incarne une tendance, il ne faut pas que ce soit personnalisé, il ne faut pas que ce soit M. Macron, il n’a pas d’expérience politique. Je demande qu’on mette en place un comité politique et non pas un comité de parrainage. Macron ne sera candidat que s’il a un mouvement d’opinion suffisamment fort avec des appuis politiques important et il ne fera déclaration de candidature que s’il dispose d’appui suffisant »

2) Le contrôle des medias.

Justement. Le candidat dispose maintenant d’un bon encadrement politico-économique, il faut susciter un mouvement d’opinion autour de lui. D’aucuns vont s’attacher à le provoquer.

Si la quasi totalité des media est acquise à la cause, c’est bien sûr parce que la dizaine de milliardaires qui soutient Macron en est propriétaire à 90%.

Voici ce qu’en dit Daniel Schneidermann (Arrêt sur Image) : « S’agissant de Macron (…) Xavier Niel et Pierre Bergé, copropriétaires du groupe le Monde, lui ont plus ou moins publiquement déclaré leur flamme. Rien, dans ce que l’on sait de lui, et du peu que l’on sait de son programme, n’est de nature à effaroucher MM. Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré ou Drahi. Ce qui ne signifie pas que les oligarques français soient pendus au téléphone chaque matin pour commanditer des unes, des éditos, ou des sondages favorables. Simplement, par capillarité intellectuelle, ils ont nommé à la tête des rédactions de leurs médias des journalistes macrono-compatibles, éventuellement macrono-indifférents, en tout cas jamais macrono-opposés, encore moins macrono-hostiles ».

Macron ne laisse rien au hasard. Il a organisé sa communication privée.

« Les politiques sont devenus un bon filon pour la presse people », analyse Marion Alombert, rédactrice en chef de ‘Voici’. « En ce moment, les Macron ont le vent en poupe. Leur couple intrigue, accroche. Et ils ont compris qu’une exposition bien gérée est une publicité efficace. »

Et Sylvain Fort, un porte parole « d’En Marche », de rajouter : « Il y a un contrat d’exclusivité moral avec Bestimage ( agence people des stars). Cela permet de mieux maîtriser leur image, le choix des photos qui circulent sur eux. Quand ils sont victimes de paparazzi, ils font appel à un photographe de l’agence, ils sont sûrs, ainsi, d’avoir des clichés plus avantageux. »

Résultat : en un an, dix couvertures de « VSD », quatre de « Paris Match », deux de « Closer » une de « Voici ». Quand on constate un tel matraquage médiatique autour de ce candidat, Il n’y a plus rien à ajouter.

Petite précision: Michèle Marchand la directrice de Bestimage, fait partir du staff communication de la campagne….

3) Contrôle de l’opinion publique.

Il est utile de rappeler ici les recherches du sociologue Patrick Champagne sur les sondages. Son travail s’est articulé autour du problème central, en science politique, de l’analyse des formes de légitimation de la représentation politique.

D’une critique des logiques qui sont au principe de la mesure de l’opinion publique par les sondages, on est passé à une réflexion qui tente d’appréhender les effets, sur le champ politique, de la croyance en ces instruments. Cette évolution, qui se veut proche de l’évolution même de l’influence des sondages d’opinion sur les pratiques politiques, constitue le centre de la problématique du sociologue qui prend au sérieux les professionnels des sondages, même ceux qui sont peu sérieux scientifiquement, en les prenant au moins comme objet.

Champagne démontre que la croyance dans l’efficacité des sondages à exprimer « l’opinion publique » est indissociable d’une transformation des règles du jeu politique et particulièrement de l’importance croissante qu’on prit les journalistes et les spécialistes en communication. Ainsi, s’est mise en place la croyance selon laquelle « faire de la politique » c’est, notamment grâce à « une bonne communication », se situer le plus haut possible dans les cotes de popularités ».

On y est quand Macron ne déclare avoir nul besoin d’expérience politique et encore moins de programme pour être candidat. Il suffira pour lui d’avoir une bonne côte de popularité. Jouyet et Hollande l’ont bien compris. Ce sont eux et les économistes qui réfléchissent pour lui. Seule l’image compte, car si on entre dans le dur du programme, on s’apercevra rapidement de quels ventriloques Macron est le nom.

Et en voici la parfaite illustration :

Macron est intégré pour la première fois dans un sondage pour les élections présidentielles en janvier 2016. Le Monde titre : « Sondage : Emmanuel Macron préféré à Manuel Valls ou François Hollande pour 2017 » et en sous titre « Un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France estime que le ministre de l’économie pourrait devancer le premier ministre et même le président ». Il est placé d’entrée de jeu à 22%.

Mais qui sont les commanditaires de ce sondage – test ?

Sans aucun doute le staff de Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire du « Parisien/ Aujourd’hui en France ». Signalons que Nicolas Bazire, proche de Sarkozy, est l’un des administrateurs de LVMH en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS. Mais ce qui est le plus intéressant ici, c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild…Il connaît très bien Macron avec qui il a travaillé dans la même banque. Quant à Odoxa, les deux fondateurs sont d’anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et… le fond d’investissement Rothschild ont été actionnaires.

Ce sont donc des proches de Macron qui l’ont mis en selle. On se doute bien à la demande de qui.

Curieusement sa côte moyenne était de 17% dans les sondages tout au long de l’année 2016. Elle a bondi de 7 points en janvier 2017, à 24% pour arriver à 26% des intentions de vote en mars, le plaçant en tête de tous les sondages. Et comme on sait que les élections se jouent dans les trois mois qui précédent les élections, on comprend mieux ces scores…

Il en sera de même, bien sûr, pour Marine Le Pen, challenger indispensable à la réussite du coup d’État. Elle est créditée de 25% des intentions de vote. Normal.

En cherchant un peu on constate que plus de 80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Autant vous dire que, celui là, il connaît la musique.

Dans un article de l’inénarrable « Décodeur » du quotidien le « Monde », soutien inconditionnel de Macron, des journalistes dénoncent les accusations qui sont portées à l’encontre de Macron quant à sa proximité avec les instituts de sondage. Selon eux, les informations publiées sur le sujet sont fausses, erronées ou ne sont plus d’actualité. C’est possible, mais la majorité des instituts de sondage appartient à des milieux financiers (fonds d’investissement, grandes entreprises, publicitaires etc…) dont est issu Macron et dont la proximité politique, elle, ne fait pas de doute.

4) Le contexte international

L’important, pour s’assurer de la réussite d’une prise de pouvoir c’est de ne pas froisser ses alliés. En tous les cas, il faut leur donner des gages de non agression. Dans le cas contraire les auteurs s’exposent à une déstabilisation. Il faut donc que les planètes soient alignées. Pour Macron, ses parrains ont rassuré tout le monde. Le candidat reste bien dans l’orbite assignée : atlantiste et européiste, deux points d’un équilibre indispensable.

5) La régularisation du coup d’État

Enfin, il s’agira de valider la démarche par les élections. Ce sera relativement simple. Si le scénario arrive à son terme, Marine Le Pen sera en face d’Emmanuel Macron. Les commanditaires joueront sur la fibre républicaine et rafleront la mise.

CONCLUSION PROVISOIRE

En analysant chaque phase, nous pouvons dire maintenant, sans l’ombre d’une hésitation, si l’on s’appuie sur les paramètres donnés par les experts, qu’il s’agit bien d’un coup d’État, ou pour l’heure, d’une tentative de Coup d’État…Dans l’intérêt de nos concitoyens et celui de notre pays, il vaut mieux qu’elle n’arrive pas à son terme…

Il est essentiel de laisser la parole à Hervé Kempf, le rédacteur en chef de Reporterre qui est l’auteur d’un ouvrage remarquable sur l’oligarchie et qui connaît donc bien le sujet.

« Les conditions d’un bon exercice de la démocratie sont largement altérées. La délibération libre est viciée par le fait que les médias sont massivement contrôlés par l’oligarchie. Le choix majoritaire est tronqué par le poids des lobbies voire, parfois, par le déni pur et simple du choix populaire, comme lors du référendum de 2005 sur l’Europe. Mais aujourd’hui, le capitalisme ne considère plus la démocratie comme indispensable à son existence, il la rejette même de plus en plus nettement puisqu’elle conduit logiquement à la remise en cause des pouvoirs en place.

Le respect des droits de l’homme et des libertés publiques est bafoué au nom des politiques anti migratoires. Le pouvoir politique est subordonné aux puissances financières.

En fait, les classes dirigeantes nous font entrer dans un régime oligarchique, où un groupe de personnes contrôlant les pouvoirs politique, économique et médiatique, délibèrent entre eux puis imposent leurs choix à la société.

Or l’oligarchie actuelle cherche avant tout à maintenir sa position privilégiée. A cette fin, elle maintient obstinément le système de valeurs organisé autour de la croissance matérielle et de la surconsommation – un système qui accélère notre entrée dans la crise écologique. »

Source : NPZ

19 avril 2017

Gendarmes : à la poursuite des chauffards et délinquants de la route

Excès de vitesse, comportement à risque, imprudence, alcoolémie... entraînent la plupart des accidents de la circulation. Pour assurer la sécurité des automobilistes, les forces de l'ordre mènent une lutte sans relâche contre les chauffards. Elles interviennent contre les actes de délinquance, de fraude ou les vols qui peuvent se produire sur les aires d'autoroute, les stations-service ou les péages. A Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, le quotidien de Christophe, Jennifer, Vincent et de Robin, membres d'un peloton de gendarmerie autoroutier, a été suivi.

17 avril 2017

Vitesse, drogue, alcool : les dommages collatéraux

Les fous du volant ne sont pas toujours conscients des risques qu'ils font prendre aux autres sur la route.

Urgentistes, pompiers : à votre secours

Situations de détresse, urgences vitales, accouchements... les médecins urgentistes doivent être sur tous les fronts. Près de 16 millions de Français sont admis dans les services d'urgences des hôpitaux chaque année. Le chiffre a doublé en 20 ans. De leur côté, les sapeurs-pompiers interviennent partout en France, parfois au péril de leur vie. Incendies, accidents de la circulation, aide à la personne... qu'ils soient volontaires ou professionnels, les soldats du feu sont très sollicités : en moyenne toutes les 7 secondes.

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16 avril 2017

FLASH - Les ravages sociaux de l’euro

L’idée selon laquelle l’euro aurait échoué est dangereusement naïve. L’euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l’euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu’il fasse.

Le géniteur des principes de l’euro est l’ex-économiste de l’Université de Chicago : Robert Mundell. Le théoricien de « l’économie de l’offre » est maintenant professeur à l’Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l’Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l’union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m’a dit, exaspéré :
« Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »
Il se trouve que je ne peux pas l’imaginer. Mais comme je n’ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration du à des règlements régissant l’emplacement des pièces.

Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose : trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. (Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l’avaient empêché de déplacer son trône.)

« Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l’euro.

L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

« L’euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans la réduction des règles du commerce. »

Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l’euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l’avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l’économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

Pour lui, ce n’était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l’euro n’était pas de faire de l’Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.

« Ronald Reagan n’aurait pas été élu président sans l’influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L’économie de l’offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l’avait appelée : « l’économie vaudou » : la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.

Mundell m’a expliqué que, en fait, l’euro est fait d’une pièce avec les Reaganomics :
« La discipline monétaire s’imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »
Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d’Etat en masse, réduire les impôts et d’envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.

Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la "réforme" du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l’écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l’UE l’appliquent, cette « compétitivité » s’annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel.

Mais ils n’ont pas à expliquer leurs politiques ; ils n’ont qu’à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l’union monétaire est la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce ont produit la lueur chaleureuse de ce que les acolytes du « roi-philosophe » Joseph Schumpeter appelaient la« destruction créatrice ». L’acolyte de Schumpeter et apologiste du libre marché Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour visiter le « sanctuaire impromptu constitué par la banque incendiée où trois personnes sont mortes après avoir été brûlées par des manifestants anarchistes, et profité de l’occasion pour offrir une homélie sur la mondialisation et l’irresponsabilité grecque. »

Les incendies, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux, amènerait ce que Friedman a appelé une « régénération » de la Grèce et, en fin de compte, de toute la zone euro. Alors à ce moment-là, Mundell et les autres possesseurs de villas pourront mettre leurs sacrées toilettes partout où ils voudront.

Loin d’échouer, l’euro, qui était le bébé de Mundell, a réussi probablement au-delà rêves les plus fous de son géniteur.

Source : LLV (2012)

14 avril 2017

Sherifs US : au nom de la loi

Popularisés par les westerns et indissociables du mythe américain, les shérifs jouent un rôle déterminant dans la lutte contre le crime et la délinquance aux États-Unis. On en compte 3 000, répartis sur l'ensemble du territoire. Pour faire respecter la loi, ces représentants de l'ordre disposent de moyens conséquents : enquêteurs spécialisés, brigade scientifique, snipers, arsenal dernier cri, hélicoptères, prison particulière, etc. Certains shérifs ont même, sous leur autorité, des SWAT, les unités d'élite de la police américaine. Comment les shérifs travaillent-ils au quotidien ? Et qui sont ces hommes dont la mission est à la fois d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, mais aussi de leur rendre des comptes ? Car aux Etats-Unis, le shérif est élu ; il est donc jugé sur ses résultats.

Pendant plusieurs mois, nous avons suivi le shérif Anthony Wickersham et ses hommes. Leur territoire : Macomb County, l'un des comtés les plus peuplés de l'État du Michigan avec ses 800 000 habitants, et surtout l'un des plus touchés par la crise. Ici, dans cette région des grands lacs, le chômage a fait exploser la criminalité. Pour la combattre, les citoyens comptent sur leur shérif. L'année dernière, ses hommes ont arrêté 400 personnes, la plupart ayant été incarcérés dans la prison du comté, et saisi 100 kilos de drogue et 1 million et demi de dollars d'argent sale... De bons « chiffres » que le shérif Wickersham espère bien réitérer en 2015 pour assurer sa réélection dans deux ans. Et pour lui, la campagne est déjà bien lancée...


https://rutube.ru/video/ef262be1c79d19f942c262ae02744418/
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13 avril 2017

Police des transports : le metro parisien sous haute surveillance

Enquête dans les coulisses des trains, métro et RER. Empruntés chaque jour par des millions de voyageurs, ils sont le théâtre de nombreux actes d'incivilité. Les vols de téléphones portables sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Des bandes de tagueurs ont également investi les lieux. Parfois armées, elles causent des dégâts considérables. Pendant plusieurs mois, ce document a suivi des policiers de la brigade des réseaux franciliens (BRF) qui opèrent dans les transports en commun de Paris et d'Ile-de-France. Ils pourchassent non seulement les voleurs à la tire, mais également les « détrousseurs de l'aube », des pickpockets qui s'attaquent aux personnes endormies sur les quais en fin de soirée, ou encore aux « frotteurs », des délinquants sexuels. Pour les interpeller, les policiers doivent constater un flagrant délit et utilisent donc beaucoup l'important réseau de vidéosurveillances de la RATP.

https://rutube.ru/video/a859dbde781bd637ff8a9c8926acd900/

CARTON ROUGE - Quand le gouvernement français favorise les étrangers au détriment de son peuple !

Le constat est sans appel, les sans-abris français n'obtenant aucune aide alors que les migrants et étrangers ont tout les avantages et hébergés à nos frais sans oublier que les centres d'accueil dégagent sans ménagement les sans-abris français pour laisser place aux migrants. Selon Europe 1, la crise migratoire serait en train de priver les sans-abris de places en centre d'accueil...
"Alors que les Français sont toujours plus nombreux à être confrontés à la précarité, que certains sont contraints de dormir dans leur voiture ou même dans la rue – et y meurent parfois ! – il est absolument scandaleux que la maire de Paris Anne Hidalgo utilise l’argent des contribuables pour loger des immigrés illégaux", déclarait, récemment, Nicolas Bay, le secrétaire général du Front national, en réaction à l'annonce de l'ouverture prochaine d'un centre de transit à Paris.

L'an dernier, plusieurs associations s'étaient indignées de ces accusations de "mise en concurrence" de la précarité. "Nous voyons monter une polémique nationale sur une prétendue concurrence entre les précaires dans leur accès au logement et à l’hébergement.  […] Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux", dénonçait le Collectif des associations unies, il y a un an dans Libération.  Le collectif "Merci pour l'invi" avait, lui, fait le choix de l'ironie, avec un post Facebook qui a fait le tour de la toile. "Je m’appelle Antoine, je suis SDF depuis 10 mois. Mes amis SDF et moi sommes très touchés par la soudaine considération à notre égard, de la part des nombreux opposants à l’accueil des réfugiés. Nous nous engageons à venir camper chez vous, nos nouveaux amis. Merci encore pour votre invitation, et à très, très, très vite chez vous !", pouvait-on lire.
Jean-Pierre Pernault a déclaré lors de son JT, le 10 novembre 2016 selon Le Parisien
"Voilà, plus de place pour les sans-abri mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France," lance le présentateur. "L'ouverture aujourd'hui d'un centre humanitaire pour héberger 400 hommes porte de la Chapelle à Paris. La mairie prévoit de 50 à 80 arrivées par jour. Centre très provisoire pour les héberger quelques jours et les orienter ailleurs."
Les témoignages de Français excédés s'accumulent. La situation est aujourd'hui explosive, le ras-le-bol se généralise à toute vitesse et le Front National monte !

Carton rouge pour le gouvernement français socialo et certaines associations pour favoritisme car ils favorisent les migrants et clandestins au détriment des sans-abris français. A noter que parmi les migrants, des djihadistes se sont mêlés dans le flux migratoire pouvant mettre l'Europe à feu et à sang

11 avril 2017

Déchets : petites et grosses combines d'un business en or

En France, nous produisons près d'un milliard de tonnes d'ordures chaque année, l'équivalent de 28 tonnes par seconde ! Une source de profit considérable pour les industriels chargés de nous en débarrasser : collecte, tri, recyclage… Le marché des déchets est estimé à 10 milliards d'euros. Mais que deviennent nos déchets une fois jetés à la poubelle ?

On l'ignore souvent mais certains de ces déchets valent de l'or, à l'image des équipements électriques et électroniques hors d'usage (téléphones portables, ordinateurs, frigos, etc.). En Belgique, nous avons pu tourner en exclusivité dans les coulisses d'une étonnante société qui parvient, grâce à un procédé technologique révolutionnaire, à transformer nos vieux ordinateurs et nos téléphones portables en lingots d'or !

Nous nous sommes également intéressés aux filières de recyclage de ces déchets, notamment ceux de l'électroménager. Certains d'entre eux, extrêmement nocifs pour l'environnement, doivent impérativement être dépollués. Par appât du gain, nous avons découvert que des trafiquants n'hésitent pas à contourner la loi pour revendre ces déchets à bas prix, sans les avoir traités, cela au mépris de toutes les règles de santé publique.

À l'autre bout de la chaîne, nous avons suivi Bizza. Depuis 10 ans, ce Roumain d'origine gagne sa vie en récupérant nos encombrants ; ces déchets que nous abandonnons sur le trottoir (appareils électroménagers, mobilier, objets de ferraille) et qu'il revend au poids. Nous l'avons suivi pendant ces tournées nocturnes, qui se transforment parfois en combat de rue. Vu les profits réalisés, des bandes rivales n'hésitent pas à jouer des coudes pour s'approprier ces déchets.

Si certains déchets ont de la valeur, il y en a d'autres dont personne ne veut, comme ceux du BTP. Pour les professionnels, chaque tonne à la déchetterie coûte environ 90 euros. Pour s'en débarrasser, des entrepreneurs ont recours à des pratiques illégales. Contre de grosses sommes d'argent liquide, de plus en plus d'agriculteurs transforment leur champ en décharge à ciel ouvert. Au milieu de vignes classées, nous avons même découvert des déchets de la Marine Nationale !

Enfin, nous avons suivi les agents de l'OCLAESP (Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique). Ce sont des gendarmes, spécialisés dans la lutte contre ces décharges illégales. Missions en hélicoptère, enquêtes, perquisitions… Nous avons remonté, à leurs côtés, la piste de réseaux criminels où l'argent sale coule à flot.

Une enquête dans les coulisses pas très propres du business très juteux des déchets.

https://rutube.ru/video/49e899b03fef54c5c741294a8327b947/
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10 avril 2017

Comment la France se protege contre le terrorisme ?

En France comme à l'étranger, l'armée française est mobilisée contre le terrorisme. L'Opération Sentinelle a renforcé son contingent pour atteindre 10 000 hommes sur le territoire national, l'équivalent de la moitié de l'infanterie. Depuis les attentats de 2015, l'armée croule sous les candidatures. Près de 2 000 par jour (contre à peine une centaine avant 2014). Dans le Sud-Ouest de la France, les forces spéciales s'adaptent et s'entraînent à balles réelles pour faire face à ces nouvelles menaces. À l'étranger, les soldats sont sur tous les fronts. Au Mali, au Tchad ou encore en Irak ; au total, plus de 7 000 militaires français sont déployés dans des opérations extérieures. Le porte-avions Charles de Gaulle est, lui aussi, engagé dans la guerre en Syrie et en Irak. Après 25 ans de diminution budgétaire le gouvernement fait à nouveau de la défense nationale une priorité. Mais ces efforts sont-ils suffisants pour faire face aux risques du futur ?

https://rutube.ru/video/c723ba6211a24ac9f91bb9a8e770b99b/
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FLASH - Le bouton "Hello" sur Facebook peut cacher des pièges !

Le 6 avril 2017, sur Facebook, nous avons remarqué une nouveauté : un bouton "Hello" est disponible sur tous les profils du réseau social. Un bouton qui permet d'envoyer simplement un "Hello" mais qui pourrait être la première étape pour Facebook pour devenir un site de rencontres. Car la fonction permet de contacter des inconnus qui ne sont pas vos amis mais attention aux pièges ! La preuve vue sur Le Parisien, une jeune fille violée après s'être faite piéger sur Facebook

La plupart des personnes sur Facebook, et des utilisateurs en couple, le savent bien. Facebook n’est pas seulement un réseau social permettant de communiquer avec ses amis, mais aussi un outil largement utilisé par de nombreuses personnes pour contacter des inconnu(e)s et tenter de nouer des liens surtout les célibataires. L’utilisateur qui reçoit un "Hello" peut décider de répondre par un message écrit ou bien d’ajouter la personne en ami mais aussi, ne pas donner suite et de le bloquer. Une nouvelle fonctionnalité qui risque de diviser les utilisateurs et certains pourraient même quitter Facebook.

L’initiative de Facebook est louable, mais risque de soulever une nouvelle polémique sur le harcèlement, chantage à la webcam et autres arnaques sentimentales. De nombreux utilisateurs du réseau social, et plus particulièrement les femmes, risquent rapidement de se retrouver bombardées de "Hello", d’autant qu’il est impossible de désactiver cette fonction pour le moment.

Impossible de désactiver les notifications quand on nous envoie un "Hello". Encore pire, rien ne permet de désactiver tout court cette option. Si votre profil est accessible par une recherche, alors vous serez potentiellement la cible d'un "Hello" sorti de nulle part. Seule solution dans ce cas : passer votre profil en privé et ne plus apparaître dans les résultats de recherche. Les paramètres de confidentialité doivent se présenter comme suit :


Si un(e) inconnu(e) se met à vous harceler ou vous draguer lorsque vous êtes en couple, ne donnez plus suite et bloquez la personne en question. En cas d'abus, signalez immédiatement le profil.

Sources : Phonandroid, LCI, France 24, Clubic

9 avril 2017

Libérons les économies

Alors que nous sommes en période électorale, les candidats usent de promesses encore et toujours. Ils nous parlent (comme depuis 40 ans) de degrés de libéralisation des marchés, car selon eux, c’est une nécessité à la juste confiance, à l’emploi, en bref un coup de pouce à la croissance qui ferait l’économie. Elle nous permettrait également de gagner notre vie et peut être même de créer notre bonheur à l’instar des licornes.

Et si pour une fois, nous constations leurs prétentions en démontrant que libérer vraiment l’économie nous affranchirait de tout, y compris des candidats eux-mêmes. Oui, au libre marché !

Ce document traite des économies (oui il en existe d’autres que celle qui est décrite sur BFM business !).

Il établit un constat notamment sur l’outil principal qui nous enferme dans une économie restrictive, la monnaie. Ainsi, celle-ci est observée au travers de ses fonctions afin de proposer un éventail de solutions.

Et si regarder ce film vous permettez de changer de dimension, de prendre de la hauteur et surtout de vous donner des outils pour faire société et sûrement d’améliorer votre vie !!!



NOTE : En raison de la mauvaise qualité sonore, le sous-titrage FR est à activer via le bouton situé en bas de la vidéo

7 avril 2017

Usurpation d'identité et pièges sur Internet : enquête sur les nouveaux escrocs

Depuis quelques années, les escrocs ont trouvé un moyen d'agir au niveau mondial grâce à Internet. Héritage inattendu d'un pays lointain, combine soi-disant sans faille pour gagner en Bourse ou lettre d'amour venue d'une nouvelle amie sur Facebook*... les ficelles sont parfois très grosses, mais efficaces. Ces petites arnaques coûtent certes cher, mais il y a plus ambitieux. Certains n'hésitent pas à profiter de la crise et des mécanismes financiers pour empocher des millions d'euros, engendrant ainsi de véritables drames...



* : La règle d'or sur Facebook, VIGILANCE, ne JAMAIS ajouter dans votre liste d'amis quand vous ne connaissez pas la personne sinon bonjour les emmerdes ! Pourquoi cette mise en garde ? En effet, de nombreuses personnes ont été piégées (chantage à la webcam, menaces en tout genre, harcèlement sexuel, arnaques sentimentales,....). En cas d'abus, signalez la personne en question et bloquez-le !

6 avril 2017

FLASH - Le CSA interdit les drapeaux français et la Marseille pendant la campagne électorale !

VA - Le Web français en feu suite à la décision à la con prise par le CSA qui a fixé des règles très strictes pour les clips de campagne des candidats à l'élection présidentielle...

Des règles toujours plus contraignantes. Le CSA a communiqué hier aux 11 candidats à l'élection présidentielle les nouvelles règles qui devront s'appliquer pour leurs clips de campagne qui seront diffusés à la télévision à partir du 10 avril prochain, début de la campagne “officielle”.

D'après des informations de nos confrères de l'Opinion, les règles drastiques comprendraient l'interdiction “de faire apparaître tout emblème national ou européen” ainsi que la Marseillaise, qui n'aura pas le droit d'être diffusée dans les clips de campagne.
  • Crainte du nationalisme
Le CSA justifie ces interdictions par la peur que les candidats ne “misent sur un nationalisme délirant”, selon une source citée par le quotidien.



5 avril 2017

Escroqueries, agressions, delits routiers : que risquent vraiment les coupables ?

Pendant près d'un, ce document a pu suivre victimes, coupables et juges au Tribunal de Grande Instance de Dijon. Escroqueries, violences ou encore délinquance routière : 41 magistrats traitent plus de 26 000 affaires chaque année. Une justice du quotidien, à laquelle chaque Français peut un jour être confronté.

De l'interpellation du suspect jusqu'à son procès et même ses premiers jours en maison d'arrêt, nous avons suivi, pas à pas, toutes les étapes de la justice pénale pour comprendre ce que risquent vraiment les coupables. Par quels moyens juges et procureurs déterminent-ils ce qu'ils estiment être une peine adaptée ? Comment la justice prend-elle en considération les victimes ? Elles attendent souvent durant des mois et parfois des années le procès de la personne qui a bouleversé leur vie.

La justice est souvent lente : la France compte autant de magistrats qu'il y a un siècle alors que la population a augmenté de près de 70%. Aujourd'hui, de nouvelles procédures expresses permettent aux coupables de négocier directement leur peine, dans le bureau du procureur, sans passer par la case procès. C'est le « plaider coupable ». Nos caméras ont pu capter ces négociations étonnantes qui ont habituellement lieu à huis-clos. Il est fréquent qu'encourant de la prison ferme, des prévenus en ressortent avec du sursis, voire une simple amende.

Pour les condamnations à moins de deux ans ferme, la plupart du temps les coupables bénéficient d'un aménagement de peine : bracelet électronique, travaux d'intérêt général. Comment sont-ils contrôlés ? En prison, nous avons également suivi le travail du juge d'application des peines, qui tient des audiences en détention pour octroyer ou non des libérations conditionnelles. Le juge a la lourde tâche de maintenir en détention ou libérer des condamnés potentiellement dangereux.

Si les juges rendent leurs décisions en toute indépendance, ils travaillent le plus souvent avec des moyens insuffisants car le budget de la justice française est l'un des plus faible d'Europe rapporté aux nombres d'habitants.



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Oubliés ou sacrifiés : la revolte des classes moyennes

À trois semaines de l'élection présidentielle, le vote des classes moyennes va être déterminant. Ces Français, dont les revenus oscillent entre 1 800 et 2 200 euros par mois, constituent les trois quarts de l'électorat. Et la révolte les guette.

Ce document a enquêté autour de ces familles sur le fil, dont le niveau de vie s'érode et parfois bascule. Soumises à la pression fiscale, bénéficiant de peu d'aides sociales, ces « forces vives » du pays ont le sentiment de s'appauvrir et de ne plus bénéficier d'une ascension sociale dans la société comme les générations précédentes. Ni riches, ni pauvres ce sont la grande masse des employés dans les entreprises mais aussi les fonctionnaires, les infirmières, les petits patrons qui vivent aujourd'hui dans l'angoisse du déclassement. Comment réagissent-ils à cette campagne électorale ? Comment font-ils pour maintenir la tête hors de l'eau ? Horaires à rallonge, économies tous azimuts, ce sont bien souvent les solidarités familiales qui leur permettent de s'en sortir.

Aux premières loges de la dégringolade des classes moyennes : les huissiers. Ils saisissent de plus en plus les biens de fonctionnaires et de professions libérales incapables de faire face à leurs traites : autrefois presque privilégiées, les classes moyennes sont aujourd'hui fragilisées.

Aux États-Unis, c'est la classe moyenne qui a été le moteur de l'élection de Donald Trump. De quel côté les Français pencheront-ils le 7 mai prochain ? Nous avons enquêté sur ces villes moyennes comme Montargis dans le Loiret où le vote Front National est passé de 14,03% en 2010 à 29,25% 2015.

2 avril 2017

FLASH - La crise politique expliquée par l’absence de « bloc social dominant »

Les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini proposent une grille de lecture à la décomposition de la scène politique française. Selon eux, la crise actuelle est l’aboutissement d’une vieille incapacité des gouvernants à forger des alliances majoritaires dans le corps social, en appui à la libéralisation du modèle social. 

Le scrutin présidentiel de 2017 est déjà pressenti comme historique, au moins dans le sens où les repères habituels ont disparu, dans un climat de « confusion généralisée » et dans l’attente d’une configuration politique probablement inédite au soir du 23 avril. Dans les enquêtes d’opinion, les deux candidats des partis piliers de la Ve République réunissent moins de 30 % des intentions de vote. C’est nettement moins que les 36 % obtenus par Chirac et Jospin en 2002, avec cette différence supplémentaire que l’un des deux avait accédé au second tour. Il n’y a rien de moins certain – c’est une litote – en ce qui concerne François Fillon et Benoît Hamon.

Cherchant à donner du sens à cette situation à première vue chaotique, les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini fournissent, avec L’Illusion du bloc bourgeois, une grille de lecture fondée sur plusieurs années de recherches en commun. Au cœur de cette grille de lecture, figurent les déterminations réciproques entre les attentes présentes dans le corps électoral, les stratégies poursuivies par les gouvernants dans la conquête et l’exercice du pouvoir, et les grandes dynamiques économiques. Issues de ces déterminations et pesant sur elles, les institutions, comprises au sens large comme les règles du jeu social, « cristallisent durablement certains compromis sociopolitiques ».

S’il y a toujours une sélection entre les intérêts en présence (certains sont satisfaits, d’autres sont subordonnés et mis « hors jeu » du conflit politique), la stabilité est assurée dès lors qu’une stratégie de médiation recueille la loyauté durable de groupes sociaux majoritaires. Lorsque les gouvernants n’arrivent plus à reproduire leur légitimité, et que les institutions en place ne les aident pas non plus à modifier les alliances traditionnelles sur lesquelles ils s’appuient, une situation de crise politique se développe. Le système se grippe en l’absence de « bloc social dominant [...] dont les attentes sont suffisamment satisfaites par les politiques publiques ». Il en résulte une instabilité aux manifestations plus ou moins spectaculaires. C’est précisément l’interprétation que font Amable et Palombarini du moment présent.

Selon eux, la campagne présidentielle de 2017 apparaît comme l’aboutissement, sinon la phase terminale, d’un processus de désagrégation des blocs traditionnels de droite et de gauche. Comme nous le soulignions lors des Départementales de 2015, les bouleversements de l’ordre électoral français ne peuvent en effet se comprendre sans remonter au délitement pluridécennal des cultures politiques de la gauche de classe et de la droite postgaulliste, impuissantes face au chômage de masse et aux nouvelles insécurités sociales. Amable et Palombarini, qui mettent également en avant l’intérêt d’une telle « perspective longue », font le récit d’un décrochage des composantes populaires des alliances de droite et de gauche à partir des années 1980.
  • Quarante années de délitement des blocs sociaux de droite et de gauche
À droite, indépendants et petits entrepreneurs ont attendu des politiques de libéralisation du marché du travail radicales, que les salariés du privé ont au contraire tenté d’empêcher, tout en restant hostiles à l’interventionnisme d’État. À gauche, le tournant de 1982-83 a creusé un fossé entre les fractions les plus diplômées et insérées sur le marché du travail, qui verront plutôt d’un bon œil la substitution de l’horizon européen à celui du socialisme, et les fractions les plus populaires subissant les restructurations industrielles et les conséquences de la désinflation compétitive sur l’emploi. Faute de répondre aux attentes contradictoires de leurs appuis traditionnels, les dirigeants français ont mené une politique correspondant dans son contenu à un « bloc bourgeois » minoritaire, auquel ils ont été incapables de donner une viabilité politique.

Les auteurs expliquent bien comment le capitalisme français, comme d’autres capitalismes continentaux marqués par des compromis capital-travail au plus haut niveau, s'est peu à peu aligné sur un modèle anglo-américain plus libéral, privilégiant davantage la centralité de la norme concurrentielle, la flexibilité du rapport salarial, la finance de marché et la rentabilité à court terme des entreprises. Si les responsables politiques n’ont touché qu’avec prudence aux équilibres existants, ce fut au prix d’une incohérence croissante de l’organisation générale de l’économie nationale, les auteurs évoquant un défaut de « complémentarité » entre des institutions gouvernées par des logiques différentes. Cette adaptation peu concluante du modèle social français à la compétition globale et aux impératifs de l’intégration européenne a eu pour prix « l’exclusion des classes populaires de l’échange politique entre soutien électoral et défense des intérêts socio-économiques ».

Les classes populaires, insistent les auteurs, ont été perdantes aussi bien sur le plan matériel, dans la mesure où leur situation a stagné ou s’est dégradée, que sur le plan symbolique, dans la mesure où leurs valeurs et attentes ont été disqualifiées par tout un pan du champ intellectuel et médiatique. Les auteurs voient cependant dans les progrès de l’abstention, qui aurait atténué les conséquences de la désaffection des classes populaires vis-à-vis du jeu politique, une des raisons de la survie des forces politiques traditionnelles depuis les années 1980. En même temps, l’alternance récurrente entre droite et gauche sur la même période constitue pour eux un indice de cette reproduction impossible de la légitimité des gouvernants. Si l’on filait une métaphore géologique à laquelle ils ne se risquent pas, les tensions se sont accumulées, comme autant de forces pouvant être libérées à l’occasion d’un séisme.

Ceux qui s’intéressent au déclin des grands partis de gouvernement en Europe, depuis la chute des taux de croissance de l’après-guerre, retrouveront dans le livre une périodisation familière. De fait, la politique du bloc bourgeois n’a nulle part permis de stabiliser des alliances majoritaires aussi bien que dans les décennies précédentes. En Italie, les compromis sauvegardés par l’appareil démocrate-chrétien jusqu’aux années 1980 ont fini par être liquidés, conduisant à la restructuration du champ politique à l’occasion des affaires de corruption soulevées par l’opération « Mains propres ». En Suède, les sociaux-démocrates avaient constamment élargi leur assise sociale des années 1930 aux années 1970, jouant un rôle de parti prédominant comme il y en eut peu d’équivalents dans le monde. Avec l’entrée en crise de ce modèle, le paysage politique est devenu plus fragmenté et concurrentiel. Même en Allemagne, davantage préservée que la France en raison de sa situation plus favorable dans la division internationale du travail, les soutiens cumulés au CDU et au SPD se sont réduits au fil du temps.
  • Macron-Le Pen : un bloc bourgeois pro-européen contre un bloc souverainiste ?
Au-delà du récit de la crise politique rampante qui éclate aujourd’hui en France, Amable et Palombarini fournissent des outils précieux de diagnostic sur les forces en présence. En particulier, leur généalogie du social-libéralisme mal assumé du PS est intéressante lorsqu’elle renvoie à la tradition du « modernisme », dont Emmanuel Macron apparaît comme un avatar tardif. S’appuyant sur les travaux de l’historien américain Richard Kuisel, les auteurs soulignent l’influence sous-estimée de cette sensibilité des années 1930, distincte du néolibéralisme mais qui partage avec cette doctrine l’ambition de s’écarter du vieux laissez-faire intégral, afin que l’État accompagne les initiatives privées dans le redressement productif du pays.

La caractérisation du modernisme, dont les héritiers ont joué un rôle au sein de la « deuxième gauche » pour favoriser le basculement du PS vers des politiques pro-marché, colle à l’identité du candidat d’En Marche ! et renseigne peut-être sur son éventuelle pratique du pouvoir. Contre le déclin économique, une rationalisation doit être promue par des élites compétentes acculturées à la grammaire des milieux d’affaires. Les modernistes sont unis dans « le rejet des extrêmes » et la « défiance envers les mécanismes politiques démocratiques », comme le parlementarisme, qui peuvent détourner vers des intérêts particuliers de court terme. Le dialogue social n’est pas pensé comme « la recherche d’un compromis [mais comme un passage nécessaire pour] permettre l’acceptation unanime de la stratégie correspondant à l’intérêt général ».

On pense aussitôt à ce que les Italiens appellent le « décisionnisme », cette capacité d’un exécutif renforcé à mettre en œuvre des réformes n’ayant que trop tardé contre les « blocages » et les « rentes » d’un capitalisme national à la traîne de la compétition globale. Macron apparaît en tout cas comme une tentative de rendre politiquement viable un bloc bourgeois (libéral, pro-européen) élargi à d’anciennes fractions des blocs de droite et de gauche. À rebours, et avant même que sa candidature ne soit plombée par les affaires, Fillon incarnait un bloc de droite mutilé d’avance, son projet ultralibéral rappelant d’autres tentations ayant toujours abouti soit à des échecs électoraux, soit à des mobilisations sociales d’ampleur.

Plus que Benoît Hamon empêtré dans un appareil inamical et délabré, Jean-Luc Mélenchon incarne la volonté de redonner corps à un bloc de gauche profondément déstabilisé par le quinquennat Hollande. Les auteurs soulignent que la libéralisation du marché et du droit du travail, lancée tardivement de manière presque désinvolte, était l’initiative la plus explosive que pouvait prendre le pouvoir socialiste. Jusqu’alors, celui-ci s’était contenté de toucher à « des domaines qui n’étaient pas considérés comme prioritaires pour la solidification du bloc de gauche (système financier, marché des biens et services), tout en préservant autant que possible les domaines les plus essentiels à l’existence de ce bloc : relation salariale et protection sociale ». L’intégration européenne constitue cependant un obstacle à une telle réunification, Mélenchon rêvant par ailleurs de toucher des citoyens ne se reconnaissant plus dans les références traditionnelles de la gauche.

Reste le cas du Front national (FN). Amable et Palombarini prennent garde de ne pas lui donner de brevet « anti-bloc bourgeois », en rappelant que ce parti a défendu des politiques économiques d’inspiration néolibérale par le passé, et que son hostilité à l’intégration européenne ne s’est révélée que dans les années 1990, l’enjeu n’étant incorporé que de manière opportuniste à sa plate-forme xénophobe et autoritaire. Au bout du compte, la tentative du FN d’organiser un bloc souverainiste est selon eux pétrie de contradictions. De fait, la tripartition du jeu politique n'est pas annulée par la porosité nouvelle entre droite et extrême droite sur la question de l’universalisme, elle est plutôt renouvelée par les intérêts socio-économiques qui séparent les deux forces, et qui fracturent les soutiens du FN lui-même. Les équivoques du projet porté par Emmanuel Macron ne font donc pas face à un front social homogène représenté par le parti frontiste. C'est tout le paysage qui se retrouve fragmenté, aucune force politique n'apparaissant en mesure de nouer des alliances durablement majoritaires.
  • Une argumentation parfois trop mécanique
L’ouvrage de Bruno Amable et Stefano Palombarini, on l’a vu, offre une clé d’interprétation puissante des grandes évolutions politiques du pays sur plusieurs décennies. Au cours de 170 pages denses mais accessibles, les auteurs illustrent ce que peut apporter une économie véritablement politique à la compréhension du monde social. Le tableau du moment politique présent, et des facteurs qui y ont conduit, aurait cependant pu être complété ou nuancé à l’aide d’autres travaux, et en accordant davantage de place à des dynamiques non strictement économiques. Autrement dit, le livre pèche parfois par une argumentation trop mécanique, pourtant démentie par l’approche théorique plus subtile des auteurs.

D’une part, les auteurs nous semblent surestimer par endroits la rationalité et la propension au calcul des responsables politiques. Qu’elles soient plus fortes que chez les électeurs ordinaires est une chose, mais l’action de ces responsables est aussi le fruit de croyances, et de bricolages à partir d’un « déjà-là » institutionnel et d’un faisceau de contraintes et d’influences. Dès lors, même si certains ont eu ce projet, il est sans doute exagéré de présenter l’intégration européenne comme une stratégie « fonctionnelle non seulement à la “modernisation” du modèle français (...) mais aussi à une recomposition du paysage politique qui ferait sauter le clivage droite/gauche ».

Au demeurant, cette quête d’une recomposition est loin d’avoir été massive chez les responsables politiques. Beaucoup se sont satisfaits de la rente que constituait l’alternance régulière entre droite et gauche. Le renoncement de Delors en 1995 et l’abnégation de François Bayrou ont été des attitudes finalement peu répandues. Il est d’ailleurs difficile de comprendre l’échec du quinquennat Hollande sans son refus initial d’élargir sa majorité au centre, avant de perdre de plus en plus de soutiens sur sa gauche, le président socialiste semblant croire jusqu’au bout que les mécanismes de la Ve République lui permettraient d’être, quoi qu'il arrive, le principal candidat contre la droite et l’extrême droite.

D’autre part, la focalisation sur la dimension économique des intérêts et des conflits fait négliger aux auteurs d’autres dimensions de la compétition politique, même s’ils ont raison de ne pas séparer radicalement les aspects matériels et culturels. Certains de leurs arguments pourraient même être renforcés à cette aune. S’ils ont raison de pointer le tour de force de Nicolas Sarkozy en 2007, consistant à se présenter comme une alternative à son propre camp, il faudrait le rapporter au glissement durable de la droite sur les enjeux identitaires initié à cette époque. Or, ce glissement pose précisément problème aujourd’hui pour rebâtir un bloc social dominant, dans la mesure où il se fait au prix de l’aliénation d’une partie du bloc bourgeois, tout à fait à l’aise avec la dimension culturelle de la mondialisation.

Plus problématique, certains facteurs explicatifs des grands désalignements électoraux manquent au panorama offert aux lecteurs. Comme Florent Gougou l’a montré dans ses travaux, la fin du survote ouvrier pour la gauche s’est par exemple amorcée dès la fin des années 1970 en France, c’est-à-dire avant la déception provoquée par les politiques de la gauche au pouvoir, auxquelles les auteurs accordent pourtant une responsabilité centrale dans l’évacuation des classes populaires de « l’échange politique ». De plus, le désalignement des milieux populaires par rapport à la gauche estlargement à imputer au Parti communiste dans un premier temps, tandis que les pertes du PS ont été relativement homogènes lorsqu’il s’est fait sanctionner dans les urnes, ce parti réussissant d’ailleurs à recueillir le soutien massif de milieux populaires issus de l’immigration.

Pour comprendre le désalignement précoce mis en avant par Gougou, il faut convoquer les différences générationnelles dans la socialisation politique des ouvriers et leur expérience concrète du travail. Si ce désalignement s’est fait en défaveur de la gauche, sauf pour les fractions issues de l'immigration extra-européenne, il faut aussi le lier à la politisation réussie des enjeux liés à l’immigration et au multiculturalisme par l'extrême-droite, avant que Nicolas Sarkozy ne s’en empare, devenant notamment une figure repoussoir dans les quartiers populaires lors des derniers scrutins présidentiels.

Notons par ailleurs que si les auteurs ont raison de critiquer la description paresseuse d’une classe ouvrière devenue réactionnaire et xénophobe, il serait risqué de postuler que l’abstention massive en son sein soit un gage d’attentes progressistes non comblées. Enfin, si l’on regarde du côté du bloc de droite, on comprend mal sa cohérence et sa supériorité durables avant 1981, si l’on néglige la puissance du sentiment anticommuniste (lorsque le PCF était encore le premier parti de gauche) et l’influence interclassiste de la pratique religieuse avant qu’elle ne s’effondre – ce que les auteurs mentionnent seulement en passant.

S’il est toujours possible d’affiner un diagnostic, L’illusion du bloc bourgeois conserve l’immense mérite de donner du sens au moment présent. L’approche des auteurs alerte sur le fait que la situation actuelle n’est pas tenable, et débouchera très probablement sur « un élargissement progressif du conflit politique à des sphères auparavant “pacifiées” par des compromis institutionnalisés ».

Source : Mediapart
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