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29 avril 2017

FLASH - Les inégalités à l’origine du malaise social et ça finira par péter !

En Mai 68, des ouvriers grévistes des usines Renault de Billancourt revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail et des augmentations de salaire, moment intense de la vie socio-politique française.....dont, malheureusement, les revendications sont à peu près identiques de nos jours dans un tout autre contexte...

La montée des populismes est la résultante de nos échecs économiques. Le travail se retrouve de plus en plus exclu du partage des richesses créées au profit du capital. Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes. Un effondrement historique depuis l’avènement de l’ère industrielle.

Il est parfois des graphiques qui disent plus que des milliers d’analyses, aussi bonnes et éclairées soient-elles. Début avril, le Fonds monétaire international a publié sur son blog l’évolution de la part du revenu national versée aux travailleurs depuis 1970. Ce seul graphique résume à lui seul l’origine du malaise social et sociétal qui secoue toutes les économies avancées, voire toutes les économies du monde. C’est l’effondrement. Un effondrement historique dont on peine trouver des comparaisons depuis l’avènement de l’ère industrielle. En 45 ans, la part des revenus du travail a baissé de plus de 5 points pour tomber à 50 % à peine dans les économies avancées. Dans les pays en développement, elle atteint désormais à peine 36 %.

Là se trouve sans nul doute la source de tout le malaise occidental, de cette colère des laissés-pour-compte, de ce sentiment d’exclusion, de ce pessimisme de parents persuadés que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, de cette montée des populismes qui ébranlent les uns après les autres les pays avancés : de ces échecs économiques évidents. Alors que le PIB mondial a été multiplié par plus de 25 fois sur la période (de 2 900 milliards de dollars à 74 100 milliards de dollars selon la Banque mondiale), que la productivité a été multipliée par 30, les personnes tirant leurs revenus de leur seul travail sont de moins en moins associées à l’augmentation des richesses produites.

Cette baisse tendancielle a été engagée dès les années 1970. Les entreprises ont commencé à peser sur les salaires pour reconstituer les marges. Mais le mouvement n’a cessé de s’amplifier et de s’accélérer au fil des décennies. L’âge de la grande compression, documentée par des économistes comme Thomas Piketty, Joseph Stiglitz ou Paul Krugman, a commencé, amenant à réduire tant et plus la part du travail dans le partage de la valeur ajoutée ou des PIB. Les salaires moyens en monnaie constante aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe n’ont quasiment pas bougé depuis 1980. Au Royaume-Uni, la croissance des revenus réels durant la dernière décennie a été la plus faible depuis l’époque des guerres napoléoniennes.

La mesure de ce choc se dit en quelques chiffres. Pendant les années 1960, les 90 % des ménages américains les moins aisés recueillaient 67 % des gains réalisés dans un cycle économique. Durant les années Reagan, ils n’en obtenaient que 20 %. Depuis les années 2000, cette part est tombée à 2 %, les 10 % les plus riches raflant tout le reste. Pour l’économiste américain Thomas Palley, le cercle vertueux de la croissance économique, « où les bénéfices de la productivité étaient reconvertis en salaires alimentant la croissance de la demande », s’est cassé dans cette période des années 1970.

Les causes de cette rupture sont multiples, insiste le FMI. Pour l'organisme, les technologies sont le facteur premier de ce divorce. « Dans les pays avancés, près dela moitié du déclin de la part du travail est due à l’impact de la technologie. La diminution s’explique à la fois par la propagation rapide de l’information et des télécommunications et par la proportion élevée d’occupations qu’il était facile d’automatiser », assure-t-il.

Cette révolution technologique qui bouscule les frontières classiques de l’espace et du temps a sans aucun doute amplifié le mouvement de mondialisation à l’œuvre. Une nouvelle organisation de la production s’est mise en place, conduisant à la recherche des coûts toujours plus bas. Les tâches demandant le plus de main-d’œuvre ont été délocalisées vers les pays toujours moins chers, d’abord vers l’Europe du Sud pour les entreprises européennes, puis vers le bassin méditerranéen, puis vers la Chine, etc. « La conjonction de la technologie et de l’intégration internationale explique pour près de 75 % le déclin de la part du revenu qui échoit aux travailleurs en Allemagne et en Italie et 50 % aux États-Unis », analyse le FMI. Avant d’ajouter : « Le progrès technologique et l’intégration économique internationale ont certes été des moteurs essentiels de la prospérité mondiale, mais leurs effets sur les revenus des travailleurs compliquent la tâche des gouvernants. »

Mais peut-on parler de cette grande rupture, en évitant de mentionner la financiarisation de l’économie, avec en fond de décor le néolibéralisme qui la sous-tend, comme le fait le FMI ? Impossible, répond l’économiste Petra Dünhaupt dans une étude sur les effets de la financiarisation dans le partage des revenus du travail. La financiarisation a, selon elle, était le principal moteur de la captation au profit du capital.

La prééminence donnée à partir des années 1980 à un management à court terme, dont le but unique est de satisfaire les actionnaires, en augmentant les dividendes, les salaires des dirigeants « au nom de l’alignement des intérêts », en multipliant les opérations financières (fusion-acquisition), a provoqué un prélèvement croissant sur les richesses. Le mouvement a été poussé si loin que les grands groupes qui auparavant étaient emprunteurs de capitaux sont désormais prêteurs. Ils préfèrent racheter leurs actions plutôt que d’investir. Quant à la bourse, elle n’est plus le lieu de financement de l’économie – moins de 10 milliards d’euros ont été levés sur la place de Paris en 2015 – mais celui du recyclage en circuit fermé des profits et de la spéculation.

Tout cela s’est fait au détriment des salariés dont le pouvoir de négociation dans l’entreprise et même plus simplement l’apport sont de plus en plus contestés. Partant du principe que plus le travail est dérégulé, plus le pouvoir des négociations sur les salaires est amoindri, voire réduit à néant, plus l’efficacité économique est grande.

La réalité vient de rattraper la théorie. Aujourd’hui, c’est la machine économique, sociale et politique tout entière qui est en train de se briser, avec l’application aveugle de ces principes. Les perdants du néolibéralisme se comptent en millions, en centaines de millions. Les inégalités ont atteint des sommets, la concentration des richesses entre quelques mains est à des niveaux sans précédent.

« La part des revenus nationaux allant aux détenteurs de capitaux à travers les profits des entreprises ne cesse de monter. La part allant au travail est en baisse. Ce n’est pas de cette façon qu’une démocratie est supposée fonctionner », prévenait l’économiste Stephen Roach, ancien président de Morgan Stanley en Asie – inventeur du concept sur les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) – à la fin des années 1990. Oui, ce n’est pas comme cela qu’une démocratie est supposée fonctionner. Les erreurs économiques commises nous ramènent aujourd’hui à cette question politique essentielle.

Source : Mediapart

26 avril 2017

FLASH - La guerre des monnaies


"Le boom économique chinois qui ébranle la planète ne va pas sans susciter une profonde angoisse au sein même des milieux d'affaires de Pékin. Pour preuve, le succès fracassant d'un bien étrange livre... Quand vous apprenez que : le monde n'est pas tel que vous croyez ni tel que vous le voyez ; la banque centrale américaine, c'est-à-dire la Federal Reserve Bank (Fed), a échappé au contrôle de son gouvernement pour devenir une marionnette aux mains de la finance internationale ; des catastrophes, des crises, des meurtres, jusqu'à l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler et la mort de six présidents américains résultent bel et bien d'un complot international ; une guerre mondiale est en cours, qui a des monnaies pour armes et pour munitions, une guerre aussi meurtrière qu'elle est, à ce jour, invisible..." - Marianne, le 17 février 2008

Qu’est-ce que la monnaie ? Qu’est-ce que le dollar, l’euro, le yuan, et les autres monnaies en circulation de par le monde ? Ces devises servent aussi bien aux échanges quotidiens dans les magasins, que, sous d’autres formes, à la spéculation boursière et au commerce international dans une économie capitaliste mondialisée, incontrôlée et anarchique.

Incontrôlée, disions-nous, car les capitalistes financiers qui sévissent sur les bourses du monde ; de Wall Street à la City de Londres, en passant par Paris, Francfort et Shanghai ; gonflent la masse monétaire représentant les marchandises, les moyens de production, les biens et les services produits dans les économies nationales, et ils surmultiplient ainsi de façon tout à fait factice la monnaie disponible sur les marchés boursiers, engendrant ce que les économistes appellent des bulles financières. Ce phénomène entraîne en fait la création de monnaies de singe ne correspondant à aucune richesse, à aucune valeur réelle, qu’à du vent spéculatif servant à donner l’impression aux pecnots qu’ils s’enrichissent de cet argent de Monopoly Passe Go et collecte tout le pognon qu’il te faut.

Quand une bulle financière éclate, comme en 2008 à propos des subprimes, c’est-à-dire la revente, par paquets, de milliers d’emprunts hypothécaires non solvables, ce sont alors des millions de propriétaires d’habitations qui sont saisis, et leurs familles qui les occupent à crédit, qui sont expulsées – jetées à la rue manu militari – dans la plus grande démocratie bourgeoise de tous les temps.

Nous invitons les bigots bourgeois férus de démocratie électorale, comptabilisant chaque bulletin de vote jeté dans la crécelle des urnes qu’ils chérissent tant, prouvant croit-il la nature démocratique de ce système capitaliste pourri jusqu’à la moelle ; nous les invitons à réfléchir à ce paradoxe où une démocratie bourgeoise expulse ses commettants de leur résidence alors que leur gouvernement verse, à même les impôts de ces expulsés, des milliards de dollars en subvention à des banquiers pour qu’ils chassent ces payeurs de créances et ces payeurs d’impôts de leur maison ! C’est la loi du système, diront-ils, alors je demande, qui a besoin de ce système inhumain ?

Revenons à la question posée en début d’article. Qu’est-ce qu’une devise ? Une devise est un instrument économique national qui, à l’origine du capitalisme (concentrons-nous sur ce système économique tout en sachant que la monnaie existait bien avant le capitalisme) représentait la quantité de richesse, de biens et de services échangeables (commercialisables) dans une économie nationale. Au début du capitalisme, il existait alors une adéquation assez stricte entre la quantité de monnaie (non seulement sous forme de billets de banque mais sous toutes autres formes) en circulation et la puissance commerciale relative du pays qui émettait cette monnaie.

S’il y avait distorsion, comme par exemple martingale d’impression d’une trop grande quantité de monnaie nationale par rapport à la richesse (marchandise) échangeable dans ce pays, la sanction des marchés était sans équivoque, la valeur de cette monnaie nationale chutait rapidement et tous ceux qui faisaient commerce avec ce pays inflationniste refusaient de libeller leurs échanges en cette devise nationale et exigeaient plutôt d’être payés dans une devise forte. C’est le rôle que jouait le dollar américain jusqu’à la dernière crise (2008), le franc suisse servait également de monnaie refuge, ou encore l’or, cette quasi devise acceptée par tous à un point tel que l’on exigea pendant longtemps que chaque banque nationale, émettrice d’une devise, conserve dans ses coffres une certaine proportion d’or (environ 10 %) correspondant à une portion de la valeur de sa monnaie en circulation. Cette règle fut abolie lors de la répudiation des Accords de Bretton Woods (USA – 1944-1971).

LES ACCORDS DE BRETTON WOODS

À la suite de la seconde guerre mondiale, les États-Unis d’Amérique ayant pris une place prépondérante comme super puissance militaire, économique et financière impérialiste, il fut décidé que la devise américaine, le dollar US, servirait de monnaie d’échange dans les transactions internationales et donc de valeur refuge en cas de difficulté commerciale ou financière entre deux ou plusieurs pays commerçants. C’est-à-dire, qu’à compter de 1944, une banque ou un trust qui souhaitait s’assurer que le fruit de ses transactions monétaires, commerciales, ou boursières spéculatives, soient à l’abri de toutes dévaluations intempestives d’une monnaie nationale fragile, effectuait ses transactions en monnaies fortes américaines – le dollar US – monnaie de réserve.

À partir de 1971, les États-Unis refusèrent de rembourser en or les dollars US excédentaires mis en circulation de par le monde (fin de la convertibilité OR) d’où aucune réserve d’or ne garantissait plus la totalité ou une partie des dollars en circulation. Puis, ils proposèrent que les monnaies soient à conversion flexible selon le cours des marchés. Les autres pays impérialistes, solidement arrimés et assujettis au leader américain, ne dirent mot, pensant que l’économie américaine serait toujours prospère et l’impérialisme florissant. Le système impérialiste était alors dans la dernière décennie de ses 30 glorieuses.

Par la répudiation des Accords de Bretton Woods (1971), les traders et les banquiers internationaux obtenaient un sauf conduit spéculatif – un blanc-seing – illimité pour spéculer. Les différentes puissances impérialistes du globe crurent alors qu’elles pourraient s’en sortir et s’échapper avec la caisse alors que tous leurs amis, alliés et concurrents impérialistes se casseraient le nez avec un trop plein de dollars dévalués. Mais voilà, chacun de ces cupides croyait son concurrent plus stupide que lui-même et chacun se présentera à la caisse au même moment comme en Argentine quand les petits bourgeois s’alignèrent aux portes des banques cadenassées, incapables d’honorer leurs créances devant leurs clients déboutés. Évidemment, les milliardaires argentins avaient depuis longtemps transformé leurs avoirs en francs suisses anticipant l’effondrement du Peso – en parité dollar – contrairement aux prolétaires de Buenos Aires floués par ces pesos dévalués.

Imaginez la même dramatique, mais cette fois au lieu d’être l’Argentine aux prises avec le piège spéculatif, l’effondrement du Peso, et la perte de confiance des investisseurs, des spéculateurs et des épargnants dans l’économie du pays, ce sont tous les grands banquiers et les boursicoteurs internationaux, ces génies de la finance, nous dit-on, qui sont pris au piège américain, le peuple américain étant lui-même la première victime du fonctionnement de ce système économique anarchique, incontrôlé et inhumain.

Évidemment, cette confiance des acheteurs, des vendeurs, des spéculateurs, des banquiers et des boursicoteurs était fondée sur l’assurance que la monnaie internationalisée – le dollar US –, représentait bien une valeur forte, reflet d’une économie prospère, et qu’en tout temps chacun d’entre eux pourrait échanger ses dollars pour de vraies marchandises, de vrais biens ou de réels services concrets et tangibles. Que cette condition incontournable vienne à faire défaut et c’est tout l’édifice spéculatif impérialiste qui s’écroule. Le monde capitaliste en est là. La réalité c’est que depuis le début du XXe siècle le dollar américain a perdue 97 % de sa valeur. La dette souveraine américaine est de 15 000 milliards de dollars soit 100 % du PIB américain. Si on y ajoute l’endettement des ménages et celui des entreprises et la dette américaine passe à 50 000 milliards de dollars US, soit 360 % de son PIB. Tout compris les États-Unis affiche un trou de 200 000 milliards de dollars US. Ce n’est pas la Grèce qui est en faillite ce sont les États-Unis d’Amérique.

PROCHAIN SOUBRESAUT DE LA CRISE MONÉTAIRE

Si tous les spéculateurs n’ont pas abandonné le dollar au moment où nous écrivons ces lignes, c’est pour la simple raison que si chacun des voleurs – spéculateurs – (pas les fraudeurs de l’assistance sociale mais bien les spoliateurs milliardaires) réclamait son dû, chacun d’entre eux se retrouverait propriétaire d’une montagne de dollars de singes n’ayant absolument aucune valeur réelle comme il en fut dans les années vingt (1920) avec l’ancien Mark allemand que les capitalistes germaniques acheminaient par wagon entier aux capitalistes français à titre de réparation de guerre (1914-1918).

De fait, lors de la prochaine convergence des crises monétaire et financière, au premier semestre de 2012, des milliers de milliards d’actifs-boursiers-fantômes s’évanouiront et entraîneront dans la décimation au moins 10 % des banques occidentales édifiées sur ces actifs bidons et frauduleux. L’Euro et la dette souveraine grecque ainsi que celle des autres pays européens surendettés seront les déclencheurs mais pas les responsables de cette débandade boursière-bancaire qui frappera même les banques "too big to fail" (trop gosses pour tomber). Elles tomberont elles aussi.

Chaque État national sera tenté de voler au secours de ses banques et de sa monnaie nationale en décrépitude car même les hedge-funds et les fonds de pension – segments du capital financier – seront menacés d’effondrement. Mais les banques sont maintenant trop grosses pour être sauvées et un État qui songerait à prendre ces faillites à charge connaîtrait la décote Moody’s et la hausse de ses frais d’emprunts. La France, par exemple, consacre déjà 45,4 Milliards d’euros par an au remboursement de sa dette souveraine soit 16,5 % de ses revenus ou 80 % de ses revenus d’impôts.

LA NOUVELLE SUPERPUISSANCE IMPÉRIALISTE

Pourquoi une économie solide à la monnaie vigoureuse suscitant l’envie de tous les spéculateurs se retrouve-t-elle en si fâcheuse posture que chacun s’en contente faute de mieux, sachant qu’il n’a tout simplement pas le choix, s’il retire ses billes, son client et son fournisseur feront faillite, tout comme lui ? C’est la seule raison qui explique pourquoi le dollar poursuit sa triste destinée internationale – c’est que refuser le dollar revient à scier la branche sur laquelle chacun des grands capitalistes s’est reposé pour spéculer.

Au cours de la décennie quatre-vingt dix et de la première décennie des années deux mille, les entreprises multinationales occidentales ont délocalisé leurs usines ou encore leur production vers les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Corée, Taiwan, etc.) provoquant un chômage endémique et une baisse de revenu chez les consommateurs occidentaux. Les revenus fiscaux des États ont alors périclité et les commerçants ont tenté de compenser cette chute de pouvoir d’achat en offrant un crédit quasi illimité aux consommateurs occidentaux. Les entreprises improductives du tertiaire se sont concentrées dans les pays capitalistes avancés, en déclin, alors que les entreprises productrices de plus value des secteurs secondaire et primaire se sont concentrées dans les pays capitalistes émergents dont la Chine, première puissance industrielle du monde dont la monnaie, sous évaluée, offre maintenant les garanties recherchées.

Bref, un nouvel acteur économique s’est pointé sur la scène industrielle et commerciale mondiale. L’immense Chine avec ses 1,3 milliards de travailleurs à exploiter et de consommateurs à dévaliser. Depuis 1978 environ – prise du pouvoir par Deng Xiaoping en Chine – l’économie mondiale est entrée dans un nouveau cycle. Il ne s’agit pas ici de la crise de la dette grecque, et de ses 11 millions de producteurs – consommateurs (représentant à peine 0,01 % de l’économie mondiale) mais d’une super puissance industrielle et commerciale qui en trente cinq ans est devenue la seconde économie du globe et la première puissance industrielle de la planète, produisant, contrairement aux américains, de vraies marchandises, échangeables (téléviseurs, ordinateurs, automobiles, vêtements, navires, armements, raffineries, trains, fusées, etc.) garantissant toute transaction commerciale bien davantage que des dollars dévalués. Ce sont 20 % des consommateurs du globe qui se sont joints d’une venue à la confrérie mondiale des exploités de l’impérialisme.

Le Yuan, la monnaie chinoise, est aujourd’hui en confrontation directe avec le dollar US. Dans cette guerre à finir entre l’Alliance Atlantique (OTAN) regroupant les puissances impérialistes en déclin dont les économies non performantes et non concurrentielles ne sont pas suffisamment profitables parce que leur aristocratie ouvrière a bénéficié de trop davantage que les capitalistes occidentaux tentent aujourd’hui à grand peine de leur retirer – lutte et résistance sur le front économique –, dans cette guerre titanesque, contre l’Alliance de Shanghai (Chine – Russie – États de l’ancienne Union Soviétique, Iran, Corée du Nord, etc.) l’une des deux superpuissances devra assujettir l’autre à sa domination et ça ne peut être l’Amérique décadente.

Sur le plan militaire, les États-Unis et l’OTAN détiennent une suprématie indéniable dont la résultante est une suite de guerres et d’occupations ruineuses pour leurs économies déjà en difficulté ; pendant ce temps la Chine investit ses capitaux impérialistes en Afrique, en Amérique latine, au Canada, en Australie et noue des liens commerciaux avec les anciens alliés de la puissance états-unienne en déclin accéléré. L’ancien et le décadent devront un jour laisser place à la nouvelle superpuissance économique mondiale qui a nom la Chine et à sa devise le Yuan, que la Chine réévaluera quand bon lui semblera, sans tenir compte des pressions américaines. La Chine, en refusant de réévaluer sa monnaie, évite une hausse de prix inflationniste à l’économie américaine dépendante. D’ici là, les banques occidentales connaîtront tous les affres de la dévaluation monétaire et de la crise financière entraînant les épargnes des petits bourgeois dans le gouffre des crises monétaires impérialistes. Le dollar a terminé son cycle de vie, voyez poindre l’aurore du Yuan.

La crise capitaliste est inéluctable et si chacun d’entre vous décide de sauver ce système économique et monétaire parasitaire, alors, il survivra ce système par l’addition de vos sacrifices collectifs et par la somme de vos efforts individuels mais dans moins de dix ans une nouvelle crise systémique encore plus profonde, plus terrible et plus dévastatrice s’abattra sur ce monde impérialiste et on réclamera de chacun d’entre vous que vous fassiez comme ces petits bourgeois argentins, égyptiens, marocains, tunisiens, que vous vous rendiez aux urnes choisir le larbin ou la démagogue qui vous vendra sa salade nationaliste surannée contre quelques heures d’illusion, de rêve, jusqu’au lendemain qui déchante et vous confronte à la dure réalité de la nouvelle faillite des monnaies et du système impérialiste.

Source : Global Research (2011)

25 avril 2017

La réunion du FMI signe une descente vers la guerre commerciale à l'échelle mondiale

Dans un autre pas vers la guerre commerciale mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) au cours du week-end est devenu la seconde grande organisation économique mondiale à s’écarter de l’engagement à résister à toutes les formes de protectionnisme.

À la suite de la décision lors de la réunion du mois dernier des ministres des Finances du G20 de supprimer cette phrase de son communiqué, le FMI a adopté la même ligne de conduite lors de sa réunion de printemps à Washington. Dans les deux cas, l’engagement au libre échange a été supprimé à la suite de la pression exercée par le gouvernement Trump, conformément à sa politique de l’Amérique d’abord.

La déclaration publiée par le Comité monétaire et financier international du FMI (CMFI) affirme qu’elle cherchait à promouvoir des règles de jeu équitables dans le commerce international, en supprimant le texte précédent.

Le président actuel du comité, Agustin Carstens, le gouverneur de la Banque du Mexique, a cherché à masquer l’importance de la décision en suggérant que le texte précédent avait été supprimé parce que l’utilisation du mot protectionnisme est très ambiguë.

En réalité, l’omission d’un désaveu du protectionnisme est une expression manifeste de tensions commerciales croissantes, fomentées avant tout par le gouvernement Trump.

Ces conflits ne pouvaient pas être complètement aplanis lors de la réunion. Dans sa déclaration au CMFI, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré que l’Allemagne s’engage à maintenir l’économie mondiale ouverte, à résister au protectionnisme et à maintenir la coopération économique et financière mondiale sur la bonne voie.

Cette déclaration tranche nettement avec les remarques du secrétaire du Trésor américain Steven Mnuchin. Il a déclaré que les États-Unis favoriseront une expansion du commerce avec les partenaires engagés dans la concurrence fondée sur le marché, tout en nous protégeant plus rigoureusement contre les pratiques commerciales déloyales.

Son commentaire visait en particulier les deux principaux pays, la Chine et l’Allemagne, qui ont les excédents commerciaux les plus importants avec les États-Unis. Washington insiste sur le fait que l’économie chinoise n’est pas fondée sur le marché, tandis que les membres du gouvernement Trump ont affirmé que l’Allemagne bénéficie d’avantages injustes parce que la valeur de l’euro est inférieure à celle de l’ancienne monnaie, le deutschemark.

Sans nommer directement l’Allemagne, qui a enregistré un excédent commercial record l’année dernière, Mnuchin a déclaré que les pays dotés d’importants excédents extérieurs et de finances publiques saines ont une responsabilité particulière pour contribuer à une économie mondiale plus solide.

La décision du FMI de se plier à la pression américaine est intervenue quelques jours seulement après que le gouvernement Trump a annoncé une initiative majeure visant à imposer des restrictions radicales sur les importations d’acier qui, si elles sont réalisées, auront des répercussions profondes sur le marché mondial de ce produit de base.

En vertu d’une loi peu utilisée datant de 1962, Trump a signé un décret qui lance une enquête sur l’effet des importations d’acier sur la sécurité nationale américaine. Traitant cette décision comme un jour historique pour l’Amérique, il a déclaré que l’acier était essentiel pour notre économie et notre armée, et que ce n’était pas un domaine où nous pouvons nous permettre de devenir dépendants de pays étrangers.

L’invocation de la sécurité nationale est clairement liée à la volonté militariste du gouvernement. Mais l’utilisation de ce texte fait également partie d’une stratégie plus large sur le protectionnisme exposée devant le Congrès plus tôt cette année par deux membres du gouvernement de Trump : Wilbur Ross, secrétaire au commerce, et Peter Navarro, chef du Conseil national du commerce.

Elle s’appuie sur l’utilisation de précédentes lois américaines pour contourner les règles commerciales internationales mises en vigueur par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui permet aux États-Unis d’imposer des mesures protectionnistes en toute impunité. Il est remarquable que dans leur contribution Ross et Navarro ont invoqué l’infâme loi Smoot-Hawley de 1930, largement reconnue comme responsable des conflits commerciaux des années 1930 qui ont contribué au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Dans un commentaire paru dans le Financial Times sur cette dernière initiative de Trump, le chercheur Chad Brown de l’Institut Peterson et ancien conseiller économique du président Obama, a déclaré que citer la sécurité nationale pour justifier des restrictions sur les importations d’acier était synonyme d’engager l’option nucléaire sur le commerce.

"C’est une preuve de plus dans la tendance inquiétante où Trump semble vouloir essayer absolument toutes les possibilités offertes par la loi américaine pour arrêter le commerce", a-t-il déclaré.

Au cours des dernières années, les États-Unis ont lancé 152 procédures anti-dumping sur l’acier et 25 autres sont en préparation. Mais cette dernière initiative représente une escalade majeure. Selon le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, le système actuel est trop poreux et ne permet que des plaintes limitées contre des pays particuliers, qui peuvent être facilement contournées.

Les nouvelles mesures visent à proposer une solution plus complète sur une très large gamme de produits en acier et un très large éventail de pays, ce qui pourrait entraîner de façon concevable une recommandation pour agir contre toutes les importations d’acier.

Cela entraînerait un chaos sur les marchés internationaux, à mesure que les exportateurs d’acier chercheraient à écouler leur production sur d’autres marchés, entraînant des accusations de dumping, l’imposition de tarifs douaniers et d’autres restrictions, bref, une guerre commerciale généralisée.

Il y a deux forces motrices essentielles derrière les actions du gouvernement américain : d’abord, le déclin économique continu des États-Unis, qu’ils cherchent maintenant à surmonter par des moyens politiques et militaires – un processus qui s’est accéléré à la suite de la crise financière de 2008, avec la baisse consécutive de la croissance économique mondiale et la contraction des marchés mondiaux.

Deuxièmement, les efforts du gouvernement Trump pour détourner les tensions sociales croissantes créées par les bas salaires et les difficultés économiques accrues, et pour les canaliser vers un nationalisme économique réactionnaire. Dans ce but, Trump a pleinement reçu le soutien de la bureaucratie syndicale, dont les dirigeants de premier plan se trouvaient aux côtés de Trump lorsqu’il signait le décret sur l’acier. Ce dernier est également soutenu par les nationalistes économiques du Parti démocrate, dont le représentant le plus important est Bernie Sanders, qui se prétends socialiste.

La logique inhérente et objective de ces processus est la guerre économique et militaire, à laquelle les politiciens capitalistes ne peuvent proposer aucune alternative progressiste, comme en atteste encore une fois l’impuissance manifestée par le FMI face à ce qu’il reconnaît comme un grand danger. Cela s’explique du fait que la montée du nationalisme économique et du protectionnisme sont ancrés dans les fondements mêmes du système socio-économique basé sur le profit privé et la division du monde en États-nations rivaux.

Il y a cent ans, le monde était empêtré dans le carnage de la Première Guerre mondiale. Ce ne fut pas la guerre pour mettre fin à toutes les guerres, mais seulement le début d’une lutte de plus de trois décennies pour décider quelle puissance impérialiste allait imposer sa domination mondiale.

Finalement, après des dizaines de millions de morts et des horreurs indicibles, dont l’Holocauste et le largage de deux bombes atomiques sur le Japon, les États-Unis ont émergé comme la puissance mondiale prééminente.

Maintenant, le monde est confronté aux conséquences encore plus explosives du déclin économique de l’Amérique.

Mais cette année marque aussi le centenaire du plus grand événement du XXe siècle, la Révolution russe, la conquête réussie du pouvoir politique par la classe ouvrière, menée par Lénine, Trotsky et le Parti bolchevique sur la base du programme de la révolution socialiste mondiale. Ce doit être la perspective qui anime la classe ouvrière internationale dans les luttes auxquelles elle est confrontée directement maintenant.

Article traduit sur WSWS

22 avril 2017

FLASH - 2017, Le coup d'Etat

EDITO AU VITRIOL - Pour ceux qui n’auraient pas compris.... Qui complote dans le réel ?

« Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance » - Louis Calaferte.

AVERTISSEMENT : Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le sérieux de leurs publications. Préférez les sites de recherches universitaires. A ceux qui disent que cet article est complotiste, il s’agit, tout simplement, d’un propos irresponsable qui a pour objectif de discréditer toutes critiques à l’égard de pratiques qui mettent en danger la démocratie. Mais plus grave encore cela permet de les avaliser. Il est urgent de cesser ce genre d’accusation un peu simpliste et de poser les vraies questions. En l’occurence a-t-on oui ou non utilisé l’appareil d’État à des fins de stratégies politiques? Les relais d’influence sont -ils réels ? Les media et les instituts de sondage sont ils indépendants? etc. Ce sont les questions centrales du débat.
  • Propos liminaires.
Une fois de plus, cet article est long. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie
  • L’heure est grave.
1) Avant-propos.

En 2005, vous avez, pour certains d’entre vous, participé au referendum du TCE (Traité pour une Constitution Européenne) vous avez détesté le battage médiatique outrancier pour le « oui » ? Vous avez applaudi son rejet par 55% des Français ? Vous avez protesté contre la transformation du TCE en Traité de Lisbonne adopté par le Parlement réuni en Congrès en 2012 ? Vous avez hurlé au déni de démocratie ? Un coup porté à la voix du peuple…un véritable coup d’État ?

Eh bien c’est, à peu de chose près, ce qui se passe aujourd’hui pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron.

Dans « Macron ciblé par la CIA » publié sur ce même blog (que je vous conseille de lire avant cette publication) il a été démontré comment ce jeune banquier-énarque a été porté au cœur de l’appareil d’État par des apparatchiks européistes et atlantistes.

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.
  • Lisez attentivement ce qui est écrit. C’est édifiant !
EN GUISE D’INTRODUCTION

La candidature de Macron : un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

Un article signé Bruno Roger Petit, dans le numéro de « Challenges » du 15 mars 2017 et titré : "Mélenchon et sa constituante : l’inquiétante promesse d’un coup d’état permanent"… » raconte : « Depuis des mois, sous prétexte de renouveau démocratique, Jean-Luc Mélenchon promet une assemblée constituante pour aller à la VIe République. En apparence, c’est démocratique, mais si l’on y regarde de plus près, ce projet du futur Mélenchon s’apparente à un coup d’État populiste ».

Cet article est, en vérité, un contre feu. Il est l’arbre qui cache la forêt.

Après s’en être pris, sur le même registre, à Fillon et à Le Pen, Bruno Roger Petit qualifie, avec une mansuétude consternante, la candidature de Macron de « 18 Brumaire de la bienveillance ». Mansuétude ? Pas tant que ça. L’employeur de ce journaliste n’est autre que Claude Perdriel, patron de presse et… soutien actif de Macron.

L’observation est cocasse dans la mesure où c’est en France, à l’occasion du 18 Brumaire, que nait l’expression « coup d’État », celui de Bonaparte…

Ce journaliste serait-il assez pervers pour nous suggérer de façon subliminale ce qui en train de se tramer dans cette élection ? Après l’analyse, pour le moins farfelue, de la constituante de Mélenchon (que dire alors de la Constitution de 1958 !?!), voyons si la candidature de Macron est un « 18 Brumaire de la bienveillance » ?

AUTOPSIE D’UN COUP D’ÉTAT

D’un point de vue historique – y compris dans l’époque contemporaine – le coup d’État a été l’un des moyens les plus fréquemment utilisés pour accéder au pouvoir. D’ailleurs selon les spécialistes plus de la moitié des gouvernements du monde le seraient devenus grâce à ce procédé.

On peut décrire de manière assez précise les techniques opératoires, violentes ou non, de la prise de pouvoir. Ainsi, on observe qu’il s’agit d’abord, pour les auteurs, de s’emparer des structures de l’État, de s’assurer de la maitrise de l’opinion publique, de veiller à une synergie avec le contexte international avant de légitimer le processus, soit par la force, soit par des élections.

Nous allons dans cette publication analyser tous ces points, un par un, en cherchant, à chaque fois, à valider l’hypothèse avant de conclure sur la dangerosité de l’avènement de ce pouvoir en France.
  • S’emparer de l’appareil d’État
La technique de base du coup d’État consiste à s’emparer des organes centraux de l’administration et en l’occurrence, des institutions de la République. Les auteurs, nous disent les spécialistes, appartiennent le plus souvent eux-mêmes, aux structures étatiques. Nous y sommes.

Qui sont les commanditaires ?

Il ne fait plus de doute maintenant que c’est François Hollande et son homme de confiance, Jean Pierre Jouyet, le Secrétaire Général de l’Élysée, qui sont à l’origine du projet qu’il faut bien définir comme un véritable coup d’État.

Hollande et Jouyet sont amis depuis 35 ans, des bancs de l’ENA jusqu’à l’Élysée. Les deux hommes se rencontrent à 23 ans. Ils viennent de réussir le concours de l’École Nationale d’Administration et doivent effectuer leur service militaire ensemble, à Coëtquidan, où ils partagent leur chambre avec Michel Sapin. Les trois jeunes hommes se lient d’une forte amitié qu’ils entretiennent sur les bancs de l’ENA (la promotion Voltaire). Hollande déborde d’initiatives, et souvent, Jouyet accepte de le seconder dans ses projets. À la sortie de l’ENA, lors des affectations, François Hollande, classé 8e, laisse le dernier poste accessible à l’Inspection générale des Finances à Jean-Pierre Jouyet.

Leur amitié n’a jamais été mise à mal. Quand en 2014, Jouyet prend les fonctions de secrétaire général de l’Élysée, il déclare : « c’est l’aboutissement de ma vie publique et d’une vie avec lui. Et de préciser : Pendant les réunions, je suis secrétaire général, après je redeviens le copain, on sépare ce qui est public et privé de façon plus simple que ce que je croyais» Il promettait alors pour conclure: Je suis là pour le servir, pas pour le gêner. Je l’ai gêné une fois, cela n’arrivera plus ».

La gêne dont parle Jouyet, c’est quand il a accepté d’entrer dans le gouvernement de François Fillon, au poste de secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. François Hollande l’aurait très mal pris. « Mal pris » étant sans doute un peu fort…

Pour quel scénario ?

Hollande et Jouyet sont loin d’être des tendres, il faut que ce soit bien clair pour tous les lecteurs. Ce sont de fins observateurs – et acteurs – de la vie politique. Ils en connaissent les rouages, les stratégies, les us et coutumes, les trahisons et les fidélités.

Media et journalistes sont les instruments de leurs stratégies politiques et ils ont fait l’objet de manipulations constantes qu’ils ont parfois du mal à déjouer, tant leur connivence est forte et parfois incestueuse avec le pouvoir. C’est un jeu que maitrisent parfaitement les deux amis.

Pour Hollande et Jouyet (et d’autres qui leurs sont proches) ce n’est pas l’économie qui est en crise, mais le système politique.

Chez nos concitoyens, la rancœur est à son comble. « Cela fait plus de 40 ans que le libéralisme est au pouvoir, plus de 40 ans qu’on leurs demande de se serrer la ceinture, ceux là promettant des jours enchanteurs sans jamais qu’ils arrivent. 1000 milliards de déficit public en 10 ans (Sarkozy/ Hollande cumulé) disent-il, 10 millions de chômeurs et précaires, des pauvres de plus en plus pauvres, des riches de plus en plus riches ». Ils sont au bord de l’explosion et ne trouvent leur salut que dans des discours qui consistent à tirer un grand trait sur le passé. Force est de constater que nous sommes arrivés, aujourd’hui, à un point de rupture.

Les deux amis en sont , évidemment, conscients et pour eux, l’heure est grave. Il apparait, dès lors, trop dangereux de ne pas intervenir sous peine de laisser les « populismes renverser la table ». Il faut agir vite, trouver l’antidote et résoudre la crise.

Ils font, assez tôt, le constat qui s’impose : il faut à tout prix poursuivre la politique économique engagée depuis plus de 5 ans et continuer l’intégration du pays dans l’Europe et dans l’économie mondiale. Mais ni François Hollande, ni Manuel Valls ne sont en capacité de le faire. Ils sont, l’un et l’autre, rejetés par l’opinion publique. Pour eux, ils agissent dans l’intérêt du pays et c’est dans l’intérêt du pays qu’ils doivent s’effacer pour pérenniser « l’œuvre » qu’ils ont entreprise.

La solution, c’est Jouyet qui l’a dans sa manche depuis un certain temps: c’est Emmanuel Macron! Hollande n’est pas chaud. Il doute de la fiabilité du jeune banquier.

Jeune et avenant, une tête bien faite, cursus parfait, bien conditionné sous la férule de Jouyet et d’Attali, faisant consensus chez les patrons des multinationales et de la finance mondiale, adoubé par les américains, les anglais et les allemands, inculte politiquement et donc facilement contrôlable, un tantinet imbu de sa personne, il est le candidat idéal pour ce coup de force. Sa feuille de route est rédigée : appliquer une politique européenne libérale et atlantiste en matérialisant une alliance gauche/droite, poursuivre la politique économique engagée et l’inscrire durablement dans l’avenir du pays en créant un grand parti démocrate et « progressiste », à l’issue des élections. Gageons qu’il n’ a pas fallu longtemps pour convaincre Macron.

Ce fut un peu plus difficile pour Hollande. Mais après l’avoir rassuré, Jouyet met Macron sur les rails très vite afin d’éviter qu’il ne soit contraint de se présenter à la primaire de la gauche. Il lui conseille de créer un mouvement plutôt qu’un parti car « compte tenu de l’ambiance, c’est préférable »

Et Valls ?

Tout comme Hollande, Valls est, pour l’instant, mort politiquement. Il le sait, les sondages ont parlé. Sa désignation comme candidat ferait perdre le camp libéral. Sa mission est alors de représenter le courant libéral à la primaire de la gauche. Pourquoi ? Simplement pour calmer les libéraux du parti et éviter qu’on fasse pression sur Macron pour qu’il participe à la compétition. Car si ce dernier se présentait à la primaire, il serait battu et anéantirait, du même coup, les chances de réussite du projet. Mais pas seulement. La présence de Valls va aussi permettre d’estimer la force du camp libéral du parti et donc celle de la solidité de la colonne vertébrale du futur « mouvement centriste », car sans eux, le nouveau parti ne serait qu’une coquille vide.

Hollande et son ami sont parfaitement informés de l’état d’esprit de la majorité des militants socialistes, et du désamour profond qu’il règne à l’égard de la politique gouvernementale. Ils sont quasiment certains du résultat de la primaire et de l’éviction de Valls. Mais, dans le doute, ils vont miser sur Hamon. Pourquoi ? Encore une fois, l’élection de Valls serait contre productive. Hamon est celui qui cristallise l’aile gauche du PS et qui peut empêcher le « populisme » (cf. les objectifs de la NED) de gauche de progresser en le divisant. En langage clair : il s’agit de contenir Mélenchon dans son pré carré.

Comme prévu, c’est ce qui va se passer.

Hamon est élu candidat. Les soutiens de Valls rejoignent, officiellement ou pas, un à un, le camp Macron et Valls lui même ne tardera pas. Le PS sera réduit à sa plus simple expression et ne servira, à l’avenir, qu’à entretenir la division parmi les tenants de la gauche de transformation sociale, laissant ainsi le champ libre aux centristes pour mener à bien leurs desseins.

Le scénario à gauche et au centre est donc réglé. Il faut maintenant s’occuper des conservateurs.

La primaire de droite est incertaine. Une confrontation Sarkozy/ Juppé est pour Hollande et Jouyet du pain béni. Il y a des arguments pour les discréditer aux yeux de l’opinion publique. Et au besoin, on peut à en fournir d’autres. Mais le destin leur sourira. C’est Fillon qui sort vainqueur. Il suffit de lui porter l’estocade. Une « bonne âme » téléphone au Canard Enchainé. On connaît la suite. L’Histoire nous dira qui était à l’origine de cette affaire. Mais, avec un peu de perspicacité, si ce ne sont pas les deux dont il est question ici, puisqu’ils démentent, il ne fait nul doute qu’un de leurs aficionados, ayant compris le sens de l’Histoire, s’est chargé de la basse besogne.

L’affaire est réglée. Les conservateurs sont hors champs.

Reste l’extrême droite. Rien de plus simple. Depuis Mitterrand, les socialistes savent s’en servir. Il faut tout faire pour que Marine Le Pen atteigne des sommets. « On » fait ce qu’il faut pour minimiser ce qui peut l’atteindre (cf. les affaires financières) et « on » dose savamment sa diabolisation. C’est Hollande qui sera le chantre de la lutte contre le FN dans cette séquence.

Les socialistes et les « populistes » de gauche neutralisés, les conservateurs anesthésiés, une confrontation Le Pen/Macron est donc probable. Une fois encore, le réflexe républicain écartera l’extrême droite …c’est donc boulevard et tapis rouge pour Macron.

Hollande et Jouyet ont dû discrètement échafauder ce scénario, un soir, autour d’un verre de champagne (Taittinger, épouse de Jouyet oblige) au cours de leurs vacances d’été car depuis de nombreuses années les couples Hollande et Jouyet se fréquentent régulièrement et partent en vacances ensemble. Petite précision qui n’est pas sans intérêt parce qu’elle situe bien la proximité de ces deux personnages. On ne part pas en vacances avec n’importe qui.

Vous pensez que ce sont des élucubrations ? La réponse est contenue dans une autre question : peut-on naïvement penser que ces deux là n’ont pas mis en commun leurs cerveaux pour monter cette opération ? Pour ceux qui sont éloignés de ce milieu peut être, mais pour les autres, les acteurs et observateurs politiques avisés, eux, savent qu’ils en sont parfaitement capables et qu’ils l’ont fait.

Et pour ceux d’entre vous qui en doutent encore, la lecture des faits, présents et à venir, devra suffire à attester, à peu de chose près, la véracité du propos.
  • Les théoriciens
Qui sont ils ?

C’est Aquilino Morelle qui va dévoiler le pot aux roses. C’était en avril 2014, cet ex conseiller de François Hollande (il était l’une des plumes des discours présidentiels) venait de quitter l’Élysée après la révélation de ses liens présumés avec l’industrie pharmaceutique et de sa passion pour les chaussures bien cirées. Dans la presse, il accusait l’entourage du chef de l’État d’avoir monté toute l’affaire pour l’éliminer politiquement parce qu’il était trop à gauche. « Les Français ont voté pour le discours du Bourget, pas pour le programme des Gracques, dit il, ce sont leurs idées qui sont aux commandes tout simplement ! Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, en est membre. Emmanuel Macron, je n’en sais rien, peut-être. Mais il n’a pas besoin d’y adhérer ; il est totalement en symbiose avec eux ». Et de conclure : « Oui, c’est bien leur programme qui est appliqué aujourd’hui. Un programme pour lequel les Français n’ont pas voté ».

Mais qui sont ces gens dont parle Aquilino Morelle ?

Le nom « Gracques » a été donné à deux frères et hommes d’État romains Tiberius et Gaius Gracchus renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain (espérons que leurs contemporains aient le même succès !)

« Les Gracques » d’aujourd’hui, c’est un petit groupe d’hommes d’affaires, de hauts fonctionnaires et d’intellectuels qui s’activent depuis 2007 dans les coulisses du pouvoir pour convertir la gauche française au libéralisme. Pour la plupart, ils occupent des postes hauts placés, souvent dans des banques, des compagnies d’assurances, des fonds d’investissement. Tous ont fait au moins l’ENA ou HEC. Anciens du PS, pour beaucoup d’entre eux, ils ont peuplé les cabinets ministériels des années 1980 et 1990, servant les socialistes « modernes », Rocard surtout mais aussi Jospin, Fabius, Bérégovoy ou Strauss-Kahn. Quand la droite est revenue au pouvoir, ils ont déserté le service de l’État pour rejoindre (ah ! le pantouflage! ) le monde de l’entreprise. Ils y ont gagné beaucoup d’argent mais sans jamais abandonner tout à fait la politique. Aujourd’hui, ils sont dans les coulisses du pouvoir et ils ont des ramifications qui vont jusqu’au plus haut sommet de l’État.

Il est quasiment certain que c’est Jean-Pierre Jouyet qui a cofondé ce groupe semi-clandestin. L’ASPEN et la NED ont déterminé son cadre idéologique. Voici ce qu’il dit à propos de l’action des Gracques à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012 et ensuite. Lisez bien, car c’est tout simplement époustouflant :

« L’approche des Gracques entre les deux tours, celle d’un rapprochement des réformistes et des sociaux-démocrates, était préconisée aussi par Ségolène Royal. Elle n’a pas fait l’unanimité au PS. J’en ai pris acte. Nicolas Sarkozy m’a demandé de m’occuper de l’Europe. J’ai constaté que ce n’est un enjeu ni de droite ni de gauche, mais qu’il répond à un impératif national. J’observe qu’il s’est lancé dans une politique de réforme que les Gracques appelaient de leurs vœux. (!!!) Je remarque que l’homme a l’énergie nécessaire pour les mener à bien et qu’il est loin de la caricature de l’ultralibéral qu’on avait dessinée de lui ». Jouyet laudateur de Sarkozy ! Et maintenant Valls qui propose ses services à Fillon…No comment.

On y trouve des gens comme Roger Godino, Guillaume Hannezo, Gilles de Margerie, Ariane Obolenski, François Villeroy de Galha, Erik Orsena, Denis Olivennes directeur général d’Europe 1 et Lagardère Active (Paris-Match, JDD, Newsweb), Matthieu Pigasse, responsable monde des fusions acquisitions (fusac) et du conseil aux gouvernements de la Banque Lazard dont il est directeur général délégué en France. Il est propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendante qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post. Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l’Assurance regroupant la Fédération française des sociétés d’assurance et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance. Il préside également le Pôle International et Europe du MEDEF. Mathilde Lemoine, macro économiste Group Chief Economist chez Edmond de Rothschild Group et membre du Haut Conseil des Finances Publiques…et il y en a d’autres du même calibre.

Et qui participe aux travaux des Graques ? Cohn Bendit et…. Macron !
  • Les économistes.
Ce sont les mêmes que ceux de François Hollande !

Les économistes qui conseillent Macron aujourd’hui, sont les mêmes, exactement les mêmes, que ceux qui conseillaient Hollande en 2012. Ils faisaient partie du premier cercle et se nommaient le « groupe de la Rotonde ». Il y avait Jean Pisani-Ferry , le boss, Philippe Aghion, Elie Cohen, Gilbert Cette, Jean-Hervé Lorenzi, les porte flingues et ….Emmanuel Macron.

On ne change pas une équipe qui gagne. C’est tout naturellement que l’Eysée demande à Pisani – Ferry, en janvier 2017, de prendre en charge le programme et les idées du mouvement de Macron. Et ce sont les mêmes fantassins qui vont l’épauler : Cohen, Cette, Lorenzi, Aghion.

Mais, arrêtons nous, un instant, sur Pisani-Ferry, l’alpha du groupe, pour bien comprendre la doctrine et les enjeux.

Jean Pisani-Ferry n’est pas n’importe qui et son influence sociale libérale européiste est grande dans le milieu. Il est un fervent défenseur d’un gouvernement mondial de l’économie au même titre que Jacques Attali. Il a été commissaire général de France Stratégie (ex commissariat au Plan) de mai 2013 à janvier 2017. Auparavant il a été directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, conseiller économique de Dominique Strauss-Kahn et de Christian Sautter au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, président délégué du Conseil d’analyse économique mis en place par Jospin, expert pour la Commission européenne et …le FMI. Autant dire qu’il est calibré.

Cependant, on ne peut cerner correctement cet économiste sans citer le cercle de réflexion « Bruegel » qu’il a cofondé il y a quelques années…

Le think tank Bruegel (sis à Bruxelles) est un centre de recherche qui couvre l’ensemble du champ des politiques économiques. Il est dirigé et financé sur la base d’un système de gouvernance associant des États membres de l’Union Européenne et des multinationales dont Areva, Deutsche Bank, Deutsche Telekom, EDF, Ernst & Young, Erste Bank Group, GDF Suez, Goldman Sachs, Google, Microsoft, Novartis, Pfizer, Renault, Samsung, Syngenta etc.

Président actuel Jean-Claude Trichet ex président de la BCE. Membre d’honneur d’Aspen France (Jouyet en est le président d’honneur), membre du comité de direction du groupe Bilderberg et président en exercice du groupe européen de la commission Trilatérale . Il est membre du conseil d’administration de EADS où il représente… les actionnaires. Pour l’universitaire Frédéric Lebaron, Jean-Claude Trichet « est le plus célèbre et le plus influent d’entre tous » les experts issus de l’inspection des finances, le vivier de Jouyet.

Président d’Honneur Mario Monti, ex commissaire européen et ex président du groupe européen de la Commission Trilatérale.

La boucle est bouclée. Nous sommes ici au cœur du réacteur des idées que Hollande et Macron ont puisé pour définir leur politique économique.
  • Les soutiens.
Les grandes fortunes de France choisissent Macron.

« Je lui ai fait rencontrer des milieux d’affaires, on a eu des réunions en Angleterre et il y aura des contacts directs entre Emmanuel Macron et la présidence des États-Unis » disait son mentor le richissime rocardien feu Henry Hermand.

Mais Macron va aussi être présenté au « Tout Paris » par Jean-Pierre Jouyet, son parrain, qui dispose d’un carnet d’adresse aussi gros qu’un Larousse.

Jouyet a épousé en seconde noce Brigitte Taittinger (le champagne), ex- PDG des parfums Annick Goutal et actuellement directrice de la stratégie de Sciences Po. Les témoins du mariage furent François Hollande et feu Christophe de Margerie, le PDG de Total. 12ème patron du CAC 40. Quand on saura que Jouyet a été nommé en 2008, par Sarkozy, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et que tous les patrons du CAC 40 sont venus le voir dans son bureau, on aura tout dit…

Parmi les dix personnes les plus riches de France, quatre soutiennent officiellement Macron : Bernard Arnaud ( 1er fortune de France), François Pinault (4ème), Patrick Drahi (5ème ), Xavier Niel (9ème). Seul Serge Dassault (3ème) ne s’est pas prononcé officiellement mais il encense Macron et Le Drian, ministre de la défense. Et pour cause. Il a un business à faire tourner. A ceux là, il faut ajouter, Martin Bouygues, Vincent Bolloré, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Arnault Lagardère et ceux dont on ne connaît pas le nom car Macron ne souhaite pas publier la liste de ses donateurs. On comprend pourquoi.
  • Le choix du candidat
« Macron, c’est entre nous, non pas simplement une question de hiérarchie – il sait ce qu’il me doit – mais une question de loyauté personnelle et politique » François Hollande – avril 2016.

Dans une publication précédente (« Macron ciblé par la CIA ») il est décrit avec précision comment cet homme a été choisi et porté au cœur de l’appareil d’état par des membres de l’oligarchie politique et affairiste en moins d’une dizaine d’années. Mois après mois, il a été façonné pour répondre exactement au calibrage des idées politiques de ses parrains, des « sociaux libéraux internationalistes » disent – ils avec pudeur…en fait des néo conservateurs mondialistes conformes à l’idée que se font les Etats Unis de ce que doivent être les démocraties occidentales.

Macron a été amené à devenir secrétaire général adjoint de l’Élysée, l’un des plus proches conseillers du Chef de l’État. Puis Ministre de l’Économie. Son recruteur et mentor politique, Jean-Pierre Jouyet est aujourd’hui Secrétaire Général de l’Élysée, autant dire le cœur de l’appareil d’État

Cette ascension, pour le moins épique, rappelle étrangement la pièce de théâtre » La Résistible Ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht…(à voir ou à lire impérativement)

Macron, intelligent mais immature…

Le profil psychologique et physique du candidat est très important pour ce projet. Il faut qu’il soit présentable, malléable et qu’il reste sous influence. Une forte personnalité aurait été contre productive et impossible à gérer.

Feu Henry Hermand, son mentor, le connaît bien. C’est lui qui lui a mis le pied à l’étrier en politique. Voici ce qu’il en dit en septembre 2016, il y a donc 6 mois : « Il n’a jamais pris une décision importante sans m’en parler. Sur le plan politique, Emmanuel est trop jeune, il a besoin d’être recadré sur des connaissances historiques. Son épouse, est très présente à ses côtés. Elle a orienté ses lectures, joué un rôle dans ses cercles d’amis, veillé à ce qu’il ne se disperse pas ».

Hermand l’infantilise, et de façon anecdotique, il raconte un peu agacé : « Ce désir qu’il a de serrer toutes les mains qui se présentent à lui, même de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, est regrettable. Avec sa femme, on veut freiner ses tentatives de trop convaincre, on lui dit de se calmer ! ». Et il conclut en soulignant sa dépendance financière et psychologique ( ?!)

C’est ce qu’en pense aussi l’entourage de Hollande qui le connaît bien ; « Macron apparaît comme un homme sous influences multiples » disent-ils. Espérons qu’il ne se perde pas…

La description psychologique qu’en font ses proches correspond exactement à l’objectif de ses traitants. Ce qui prouve, s’il en est encore nécessaire, que Macron est un personnage créé de toute pièce pour servir des intérêts puissants. Cette personnalité ne pouvait pas habiter un physique ingrat. Dents blanches, bien coiffé, « tête de premier de la classe » dirait Coluche, costumes de bonne facture, séducteur et charmeur, Macron est l’image même du quarantenaire qui a réussi. Il a sa « Rolex » au poignet.

Pour conclure ce chapitre, écoutons encore une fois ce que dit Henry Hermand : « Il incarne une tendance, il ne faut pas que ce soit personnalisé, il ne faut pas que ce soit M. Macron, il n’a pas d’expérience politique. Je demande qu’on mette en place un comité politique et non pas un comité de parrainage. Macron ne sera candidat que s’il a un mouvement d’opinion suffisamment fort avec des appuis politiques important et il ne fera déclaration de candidature que s’il dispose d’appui suffisant »

2) Le contrôle des medias.

Justement. Le candidat dispose maintenant d’un bon encadrement politico-économique, il faut susciter un mouvement d’opinion autour de lui. D’aucuns vont s’attacher à le provoquer.

Si la quasi totalité des media est acquise à la cause, c’est bien sûr parce que la dizaine de milliardaires qui soutient Macron en est propriétaire à 90%.

Voici ce qu’en dit Daniel Schneidermann (Arrêt sur Image) : « S’agissant de Macron (…) Xavier Niel et Pierre Bergé, copropriétaires du groupe le Monde, lui ont plus ou moins publiquement déclaré leur flamme. Rien, dans ce que l’on sait de lui, et du peu que l’on sait de son programme, n’est de nature à effaroucher MM. Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré ou Drahi. Ce qui ne signifie pas que les oligarques français soient pendus au téléphone chaque matin pour commanditer des unes, des éditos, ou des sondages favorables. Simplement, par capillarité intellectuelle, ils ont nommé à la tête des rédactions de leurs médias des journalistes macrono-compatibles, éventuellement macrono-indifférents, en tout cas jamais macrono-opposés, encore moins macrono-hostiles ».

Macron ne laisse rien au hasard. Il a organisé sa communication privée.

« Les politiques sont devenus un bon filon pour la presse people », analyse Marion Alombert, rédactrice en chef de ‘Voici’. « En ce moment, les Macron ont le vent en poupe. Leur couple intrigue, accroche. Et ils ont compris qu’une exposition bien gérée est une publicité efficace. »

Et Sylvain Fort, un porte parole « d’En Marche », de rajouter : « Il y a un contrat d’exclusivité moral avec Bestimage ( agence people des stars). Cela permet de mieux maîtriser leur image, le choix des photos qui circulent sur eux. Quand ils sont victimes de paparazzi, ils font appel à un photographe de l’agence, ils sont sûrs, ainsi, d’avoir des clichés plus avantageux. »

Résultat : en un an, dix couvertures de « VSD », quatre de « Paris Match », deux de « Closer » une de « Voici ». Quand on constate un tel matraquage médiatique autour de ce candidat, Il n’y a plus rien à ajouter.

Petite précision: Michèle Marchand la directrice de Bestimage, fait partir du staff communication de la campagne….

3) Contrôle de l’opinion publique.

Il est utile de rappeler ici les recherches du sociologue Patrick Champagne sur les sondages. Son travail s’est articulé autour du problème central, en science politique, de l’analyse des formes de légitimation de la représentation politique.

D’une critique des logiques qui sont au principe de la mesure de l’opinion publique par les sondages, on est passé à une réflexion qui tente d’appréhender les effets, sur le champ politique, de la croyance en ces instruments. Cette évolution, qui se veut proche de l’évolution même de l’influence des sondages d’opinion sur les pratiques politiques, constitue le centre de la problématique du sociologue qui prend au sérieux les professionnels des sondages, même ceux qui sont peu sérieux scientifiquement, en les prenant au moins comme objet.

Champagne démontre que la croyance dans l’efficacité des sondages à exprimer « l’opinion publique » est indissociable d’une transformation des règles du jeu politique et particulièrement de l’importance croissante qu’on prit les journalistes et les spécialistes en communication. Ainsi, s’est mise en place la croyance selon laquelle « faire de la politique » c’est, notamment grâce à « une bonne communication », se situer le plus haut possible dans les cotes de popularités ».

On y est quand Macron ne déclare avoir nul besoin d’expérience politique et encore moins de programme pour être candidat. Il suffira pour lui d’avoir une bonne côte de popularité. Jouyet et Hollande l’ont bien compris. Ce sont eux et les économistes qui réfléchissent pour lui. Seule l’image compte, car si on entre dans le dur du programme, on s’apercevra rapidement de quels ventriloques Macron est le nom.

Et en voici la parfaite illustration :

Macron est intégré pour la première fois dans un sondage pour les élections présidentielles en janvier 2016. Le Monde titre : « Sondage : Emmanuel Macron préféré à Manuel Valls ou François Hollande pour 2017 » et en sous titre « Un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France estime que le ministre de l’économie pourrait devancer le premier ministre et même le président ». Il est placé d’entrée de jeu à 22%.

Mais qui sont les commanditaires de ce sondage – test ?

Sans aucun doute le staff de Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire du « Parisien/ Aujourd’hui en France ». Signalons que Nicolas Bazire, proche de Sarkozy, est l’un des administrateurs de LVMH en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS. Mais ce qui est le plus intéressant ici, c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild…Il connaît très bien Macron avec qui il a travaillé dans la même banque. Quant à Odoxa, les deux fondateurs sont d’anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et… le fond d’investissement Rothschild ont été actionnaires.

Ce sont donc des proches de Macron qui l’ont mis en selle. On se doute bien à la demande de qui.

Curieusement sa côte moyenne était de 17% dans les sondages tout au long de l’année 2016. Elle a bondi de 7 points en janvier 2017, à 24% pour arriver à 26% des intentions de vote en mars, le plaçant en tête de tous les sondages. Et comme on sait que les élections se jouent dans les trois mois qui précédent les élections, on comprend mieux ces scores…

Il en sera de même, bien sûr, pour Marine Le Pen, challenger indispensable à la réussite du coup d’État. Elle est créditée de 25% des intentions de vote. Normal.

En cherchant un peu on constate que plus de 80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Autant vous dire que, celui là, il connaît la musique.

Dans un article de l’inénarrable « Décodeur » du quotidien le « Monde », soutien inconditionnel de Macron, des journalistes dénoncent les accusations qui sont portées à l’encontre de Macron quant à sa proximité avec les instituts de sondage. Selon eux, les informations publiées sur le sujet sont fausses, erronées ou ne sont plus d’actualité. C’est possible, mais la majorité des instituts de sondage appartient à des milieux financiers (fonds d’investissement, grandes entreprises, publicitaires etc…) dont est issu Macron et dont la proximité politique, elle, ne fait pas de doute.

4) Le contexte international

L’important, pour s’assurer de la réussite d’une prise de pouvoir c’est de ne pas froisser ses alliés. En tous les cas, il faut leur donner des gages de non agression. Dans le cas contraire les auteurs s’exposent à une déstabilisation. Il faut donc que les planètes soient alignées. Pour Macron, ses parrains ont rassuré tout le monde. Le candidat reste bien dans l’orbite assignée : atlantiste et européiste, deux points d’un équilibre indispensable.

5) La régularisation du coup d’État

Enfin, il s’agira de valider la démarche par les élections. Ce sera relativement simple. Si le scénario arrive à son terme, Marine Le Pen sera en face d’Emmanuel Macron. Les commanditaires joueront sur la fibre républicaine et rafleront la mise.

CONCLUSION PROVISOIRE

En analysant chaque phase, nous pouvons dire maintenant, sans l’ombre d’une hésitation, si l’on s’appuie sur les paramètres donnés par les experts, qu’il s’agit bien d’un coup d’État, ou pour l’heure, d’une tentative de Coup d’État…Dans l’intérêt de nos concitoyens et celui de notre pays, il vaut mieux qu’elle n’arrive pas à son terme…

Il est essentiel de laisser la parole à Hervé Kempf, le rédacteur en chef de Reporterre qui est l’auteur d’un ouvrage remarquable sur l’oligarchie et qui connaît donc bien le sujet.

« Les conditions d’un bon exercice de la démocratie sont largement altérées. La délibération libre est viciée par le fait que les médias sont massivement contrôlés par l’oligarchie. Le choix majoritaire est tronqué par le poids des lobbies voire, parfois, par le déni pur et simple du choix populaire, comme lors du référendum de 2005 sur l’Europe. Mais aujourd’hui, le capitalisme ne considère plus la démocratie comme indispensable à son existence, il la rejette même de plus en plus nettement puisqu’elle conduit logiquement à la remise en cause des pouvoirs en place.

Le respect des droits de l’homme et des libertés publiques est bafoué au nom des politiques anti migratoires. Le pouvoir politique est subordonné aux puissances financières.

En fait, les classes dirigeantes nous font entrer dans un régime oligarchique, où un groupe de personnes contrôlant les pouvoirs politique, économique et médiatique, délibèrent entre eux puis imposent leurs choix à la société.

Or l’oligarchie actuelle cherche avant tout à maintenir sa position privilégiée. A cette fin, elle maintient obstinément le système de valeurs organisé autour de la croissance matérielle et de la surconsommation – un système qui accélère notre entrée dans la crise écologique. »

NE VOTEZ PAS MACRON AU SECOND TOUR DES PRESIDENTIELLES !

Source : NPZ

19 avril 2017

Gendarmes : à la poursuite des chauffards et délinquants de la route

Excès de vitesse, comportement à risque, imprudence, alcoolémie... entraînent la plupart des accidents de la circulation. Pour assurer la sécurité des automobilistes, les forces de l'ordre mènent une lutte sans relâche contre les chauffards. Elles interviennent contre les actes de délinquance, de fraude ou les vols qui peuvent se produire sur les aires d'autoroute, les stations-service ou les péages. A Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, le quotidien de Christophe, Jennifer, Vincent et de Robin, membres d'un peloton de gendarmerie autoroutier, a été suivi.

17 avril 2017

Vitesse, drogue, alcool : les dommages collatéraux

Les fous du volant ne sont pas toujours conscients des risques qu'ils font prendre aux autres sur la route.

Urgentistes, pompiers : à votre secours

Situations de détresse, urgences vitales, accouchements... les médecins urgentistes doivent être sur tous les fronts. Près de 16 millions de Français sont admis dans les services d'urgences des hôpitaux chaque année. Le chiffre a doublé en 20 ans. De leur côté, les sapeurs-pompiers interviennent partout en France, parfois au péril de leur vie. Incendies, accidents de la circulation, aide à la personne... qu'ils soient volontaires ou professionnels, les soldats du feu sont très sollicités : en moyenne toutes les 7 secondes.

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16 avril 2017

FLASH - Les ravages sociaux de l’euro

L’idée selon laquelle l’euro aurait échoué est dangereusement naïve. L’euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l’euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu’il fasse.

Le géniteur des principes de l’euro est l’ex-économiste de l’Université de Chicago : Robert Mundell. Le théoricien de « l’économie de l’offre » est maintenant professeur à l’Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l’Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l’union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m’a dit, exaspéré :
« Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »
Il se trouve que je ne peux pas l’imaginer. Mais comme je n’ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration du à des règlements régissant l’emplacement des pièces.

Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose : trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. (Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l’avaient empêché de déplacer son trône.)

« Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l’euro.

L’euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

« L’euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans la réduction des règles du commerce. »

Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l’euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l’avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l’économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

Pour lui, ce n’était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l’euro n’était pas de faire de l’Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.

« Ronald Reagan n’aurait pas été élu président sans l’influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L’économie de l’offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l’avait appelée : « l’économie vaudou » : la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.

Mundell m’a expliqué que, en fait, l’euro est fait d’une pièce avec les Reaganomics :
« La discipline monétaire s’imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »
Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d’Etat en masse, réduire les impôts et d’envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.

Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la "réforme" du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l’écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l’UE l’appliquent, cette « compétitivité » s’annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel.

Mais ils n’ont pas à expliquer leurs politiques ; ils n’ont qu’à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l’union monétaire est la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce ont produit la lueur chaleureuse de ce que les acolytes du « roi-philosophe » Joseph Schumpeter appelaient la« destruction créatrice ». L’acolyte de Schumpeter et apologiste du libre marché Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour visiter le « sanctuaire impromptu constitué par la banque incendiée où trois personnes sont mortes après avoir été brûlées par des manifestants anarchistes, et profité de l’occasion pour offrir une homélie sur la mondialisation et l’irresponsabilité grecque. »

Les incendies, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux, amènerait ce que Friedman a appelé une « régénération » de la Grèce et, en fin de compte, de toute la zone euro. Alors à ce moment-là, Mundell et les autres possesseurs de villas pourront mettre leurs sacrées toilettes partout où ils voudront.

Loin d’échouer, l’euro, qui était le bébé de Mundell, a réussi probablement au-delà rêves les plus fous de son géniteur.

Source : LLV (2012)

14 avril 2017

Sherifs US : au nom de la loi

Popularisés par les westerns et indissociables du mythe américain, les shérifs jouent un rôle déterminant dans la lutte contre le crime et la délinquance aux États-Unis. On en compte 3 000, répartis sur l'ensemble du territoire. Pour faire respecter la loi, ces représentants de l'ordre disposent de moyens conséquents : enquêteurs spécialisés, brigade scientifique, snipers, arsenal dernier cri, hélicoptères, prison particulière, etc. Certains shérifs ont même, sous leur autorité, des SWAT, les unités d'élite de la police américaine. Comment les shérifs travaillent-ils au quotidien ? Et qui sont ces hommes dont la mission est à la fois d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, mais aussi de leur rendre des comptes ? Car aux Etats-Unis, le shérif est élu ; il est donc jugé sur ses résultats.

Pendant plusieurs mois, nous avons suivi le shérif Anthony Wickersham et ses hommes. Leur territoire : Macomb County, l'un des comtés les plus peuplés de l'État du Michigan avec ses 800 000 habitants, et surtout l'un des plus touchés par la crise. Ici, dans cette région des grands lacs, le chômage a fait exploser la criminalité. Pour la combattre, les citoyens comptent sur leur shérif. L'année dernière, ses hommes ont arrêté 400 personnes, la plupart ayant été incarcérés dans la prison du comté, et saisi 100 kilos de drogue et 1 million et demi de dollars d'argent sale... De bons « chiffres » que le shérif Wickersham espère bien réitérer en 2015 pour assurer sa réélection dans deux ans. Et pour lui, la campagne est déjà bien lancée...


https://rutube.ru/video/ef262be1c79d19f942c262ae02744418/
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13 avril 2017

Police des transports : le metro parisien sous haute surveillance

Enquête dans les coulisses des trains, métro et RER. Empruntés chaque jour par des millions de voyageurs, ils sont le théâtre de nombreux actes d'incivilité. Les vols de téléphones portables sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Des bandes de tagueurs ont également investi les lieux. Parfois armées, elles causent des dégâts considérables. Pendant plusieurs mois, ce document a suivi des policiers de la brigade des réseaux franciliens (BRF) qui opèrent dans les transports en commun de Paris et d'Ile-de-France. Ils pourchassent non seulement les voleurs à la tire, mais également les « détrousseurs de l'aube », des pickpockets qui s'attaquent aux personnes endormies sur les quais en fin de soirée, ou encore aux « frotteurs », des délinquants sexuels. Pour les interpeller, les policiers doivent constater un flagrant délit et utilisent donc beaucoup l'important réseau de vidéosurveillances de la RATP.

https://rutube.ru/video/a859dbde781bd637ff8a9c8926acd900/

CARTON ROUGE - Quand le gouvernement français favorise les étrangers au détriment de son peuple !

Le constat est sans appel, les sans-abris français n'obtenant aucune aide alors que les migrants et étrangers ont tout les avantages et hébergés à nos frais sans oublier que les centres d'accueil dégagent sans ménagement les sans-abris français pour laisser place aux migrants. Selon Europe 1, la crise migratoire serait en train de priver les sans-abris de places en centre d'accueil...
"Alors que les Français sont toujours plus nombreux à être confrontés à la précarité, que certains sont contraints de dormir dans leur voiture ou même dans la rue – et y meurent parfois ! – il est absolument scandaleux que la maire de Paris Anne Hidalgo utilise l’argent des contribuables pour loger des immigrés illégaux", déclarait, récemment, Nicolas Bay, le secrétaire général du Front national, en réaction à l'annonce de l'ouverture prochaine d'un centre de transit à Paris.

L'an dernier, plusieurs associations s'étaient indignées de ces accusations de "mise en concurrence" de la précarité. "Nous voyons monter une polémique nationale sur une prétendue concurrence entre les précaires dans leur accès au logement et à l’hébergement.  […] Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux", dénonçait le Collectif des associations unies, il y a un an dans Libération.  Le collectif "Merci pour l'invi" avait, lui, fait le choix de l'ironie, avec un post Facebook qui a fait le tour de la toile. "Je m’appelle Antoine, je suis SDF depuis 10 mois. Mes amis SDF et moi sommes très touchés par la soudaine considération à notre égard, de la part des nombreux opposants à l’accueil des réfugiés. Nous nous engageons à venir camper chez vous, nos nouveaux amis. Merci encore pour votre invitation, et à très, très, très vite chez vous !", pouvait-on lire.
Jean-Pierre Pernault a déclaré lors de son JT, le 10 novembre 2016 selon Le Parisien
"Voilà, plus de place pour les sans-abri mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France," lance le présentateur. "L'ouverture aujourd'hui d'un centre humanitaire pour héberger 400 hommes porte de la Chapelle à Paris. La mairie prévoit de 50 à 80 arrivées par jour. Centre très provisoire pour les héberger quelques jours et les orienter ailleurs."
Les témoignages de Français excédés s'accumulent. La situation est aujourd'hui explosive, le ras-le-bol se généralise à toute vitesse et le Front National monte !

Carton rouge pour le gouvernement français socialo et certaines associations pour favoritisme car ils favorisent les migrants et clandestins au détriment des sans-abris français. A noter que parmi les migrants, des djihadistes se sont mêlés dans le flux migratoire pouvant mettre l'Europe à feu et à sang

11 avril 2017

Déchets : petites et grosses combines d'un business en or

En France, nous produisons près d'un milliard de tonnes d'ordures chaque année, l'équivalent de 28 tonnes par seconde ! Une source de profit considérable pour les industriels chargés de nous en débarrasser : collecte, tri, recyclage… Le marché des déchets est estimé à 10 milliards d'euros. Mais que deviennent nos déchets une fois jetés à la poubelle ?

On l'ignore souvent mais certains de ces déchets valent de l'or, à l'image des équipements électriques et électroniques hors d'usage (téléphones portables, ordinateurs, frigos, etc.). En Belgique, nous avons pu tourner en exclusivité dans les coulisses d'une étonnante société qui parvient, grâce à un procédé technologique révolutionnaire, à transformer nos vieux ordinateurs et nos téléphones portables en lingots d'or !

Nous nous sommes également intéressés aux filières de recyclage de ces déchets, notamment ceux de l'électroménager. Certains d'entre eux, extrêmement nocifs pour l'environnement, doivent impérativement être dépollués. Par appât du gain, nous avons découvert que des trafiquants n'hésitent pas à contourner la loi pour revendre ces déchets à bas prix, sans les avoir traités, cela au mépris de toutes les règles de santé publique.

À l'autre bout de la chaîne, nous avons suivi Bizza. Depuis 10 ans, ce Roumain d'origine gagne sa vie en récupérant nos encombrants ; ces déchets que nous abandonnons sur le trottoir (appareils électroménagers, mobilier, objets de ferraille) et qu'il revend au poids. Nous l'avons suivi pendant ces tournées nocturnes, qui se transforment parfois en combat de rue. Vu les profits réalisés, des bandes rivales n'hésitent pas à jouer des coudes pour s'approprier ces déchets.

Si certains déchets ont de la valeur, il y en a d'autres dont personne ne veut, comme ceux du BTP. Pour les professionnels, chaque tonne à la déchetterie coûte environ 90 euros. Pour s'en débarrasser, des entrepreneurs ont recours à des pratiques illégales. Contre de grosses sommes d'argent liquide, de plus en plus d'agriculteurs transforment leur champ en décharge à ciel ouvert. Au milieu de vignes classées, nous avons même découvert des déchets de la Marine Nationale !

Enfin, nous avons suivi les agents de l'OCLAESP (Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique). Ce sont des gendarmes, spécialisés dans la lutte contre ces décharges illégales. Missions en hélicoptère, enquêtes, perquisitions… Nous avons remonté, à leurs côtés, la piste de réseaux criminels où l'argent sale coule à flot.

Une enquête dans les coulisses pas très propres du business très juteux des déchets.

https://rutube.ru/video/49e899b03fef54c5c741294a8327b947/
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