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28 février 2017

Pratiquement tout le monde s'accorde à dire que les valorisations actuelles du marché boursier ne sont pas durables et qu'un krach arrive

Les valorisations boursières actuelles ne sont pas durables. S’il y a bien une chose que je tiens à vous rappeler dans cet article, ce sont les faits, la dure réalité du moment. En 1929, 2000 et 2008, les cours des actions avaient grimpé à des niveaux sans précédent juste avant l’effondrement financier. Tout ce qui monte finit toujours par se vautrer, et l’énorme bulle actuelle sur les marchés boursiers ne fera pas exception. En fait, pratiquement l’ensemble de la communauté financière reconnaît actuellement que les cours des actions sont à des niveaux excessifs. Certains pensent qu’on peut encore attendre et continuer à dégager des profits avant que l’effondrement arrive, tandis que d’autres recommandent une approche beaucoup plus prudente. Mais ce que presque tout le monde s’accorde à dire, c’est que les actions ne peuvent pas continuer à monter ainsi indéfiniment.

Mardi 21 février 2016, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous les trois franchi de nouveaux records. L’ensemble des actions américaines ont gagné plus de 10% depuis l’élection présidentielle américaine, ce qui équivaut probablement au plus important rallye haussier post-électoral de toute l’histoire américaine.

Et alors que les actions étaient déjà super-surévalués avant l’élection, elles viennent de franchir de nouveaux records historiques qui n’ont été atteints seulement à deux ou trois reprises au cours des 100 dernières années.

Seuls les plus optimistes essaieront de vous expliquer que les cours des actions peuvent rester déconnectés indéfiniment des réalités économiques. Nous sommes au milieu de l’une des plus énormes bulles de tous les temps sur les marchés boursiers, et comme l’a signalé Market Watch, toutes les bulles boursières finissent par péter…
Le niveau du marché boursier américain, reflète la combinaison insatiable d’une forte demande, d’une soif inassouvissable et d’une arrogance inégalée. Les actions évoluent clairement au sein d’une énorme bulle, et comme toutes les bulles, celle-ci est sur le point d’éclater.
Si les entreprises dégageaient d’énormes quantités monétaires, cette augmentation soudaine et rapide des actions pourrait s’expliquer.

Mais ce n’est absolument pas le cas. Les bénéfices des entreprises pour le 4e trimestre 2016 étaient assez mauvais, et cette déconnexion entre Wall Street et la réalité économique commence vraiment à interpeller les analystes financiers comme pour Brian Sozzi…
Le S&P 500 a augmenté 89 jours en continu sans même avoir connu une seule baisse de 1%. Si l’on considère que les bénéfices des entreprises américaines n’ont pas été à la hauteur de ce que l’on attendait, une telle série de hausses est plutôt inquiétante. Certes, le marché boursier cherche à anticiper les retombés et l’espoir que pourraient présenter les plans de relance et les mesures fiscales de Donald Trump pour la croissance économique américaine en 2018. Néanmoins, les investisseurs commencent à trouver la situation inquiétante entre les mauvais résultats des entreprises et le chaos actuel à Washington.
Il y a un principe fondamental en économie, le cours des actions devraient normalement refléter les gains actuels et futurs.

Or, si les bénéfices des entreprises sont au même niveau aujourd’hui qu’en 2011, alors pourquoi le S&P500 a presque doublé depuis ? Ce qui suit provient du site de Wolf Richter…
L’indice S&P 500 a légèrement augmenté vendredi dernier, atteignant un nouveau sommet historique à 2.351 points. La capitalisation boursière totale des entreprises qui composent cet l’indice est supérieur à 20.000 milliards de dollars. Cette capitalisation boursière du S&P500 équivaut à 106% du PIB américain, pour seulement 500 entreprises ! A la fin de l’année 2011, l’indice S&P 500 se situait à 1.257 points. Or depuis 5 ans, l’indice S&P500 a progressé de 87% ! C’est tout simplement… du délire !!

Ces chiffres sont extraordinaires, et l’on s’attend à ce que les résultats de ces entreprises soient tout autant extraordinaires. Mais il s’avère que la réalité ne l’est pas du tout. A la place, le bénéfice de l’indice S&P500 est maintenant revenu là où il était à la fin de l’année 2011.
Le CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings), dit aussi PER de Shiller du nom du prix Nobel "Robert Shiller", qui correspond à la capitalisation boursière rapportée aux bénéfices, ajustés de l’impact du cycle économique est aujourd’hui largement considéré comme l’une des meilleures mesures de la cherté ou non des actions. Selon Guardian, cet indicateur n’a été plus haut qu’à 2 reprises dans toute notre histoire. La première fois, ce fut juste avant le krach boursier de 1929, et la seconde fois, c’était juste avant l’éclatement de la bulle Internet en 2000...
Généralement, l’un des meilleurs indicateurs qui permet de savoir si les actions sont surévaluées ou sous-évaluées est le PER de Shiller, qui correspond à la capitalisation boursière rapportée aux bénéfices, ajustés de l’impact du cycle économique. Cet indicateur se situe actuellement autour des 29 points, or ce seuil n’a été franchi à la hausse qu’à 2 reprises : en 1929, juste avant le krach de Wall Street, et dans les derniers mois de l’euphorie de la bulle Internet à la fin des années 1990.
Souhaitons que l’euphorie actuelle à Wall Sreet puisse continuer aussi longtemps que possible, mais il ne fait aucun doute que cela finira par s’arrêtera à un moment donné.

Il faudrait que nous assistions à une division par 2 environ des marchés afin de retrouver une capitalisation boursière rapportée aux bénéfices qui fait sens économiquement. Espérons que le marché ne vive pas un mouvement aussi violent d’ici peu, parce que ce serait probablement absolument rédhibitoire pour notre système financier.

Les marchés ont tendance à chuter brutalement qu’ils ne montent, et cela s’est toujours très mal terminé à chaque fois que l’on avait observé une énorme bulle sur les marchés boursiers américains.

Et cette bulle n’a que trop tardé à éclater. Le marché haussier qui avait conduit à la grande crise de 1929 avait duré 5 à 6 ans, et cette semaine, le marché haussier actuel va enfin dépasser cette durée record.

Essayer de déterminer le moment où cette bulle éclatera ou quand le marché va finir par s’effondrer ne sert pas à grand chose, mais en revanche, ceux qui scrutent de très près les marchés s’inquiètent de plus en plus de certains signaux comme ceux que nous pouvons observer actuellement. Par exemple, l’indicateur CCT montre actuellement la plus faible énergie haussière qu’on ait jamais vu…
Le premier signal inquiétant, c’est l’indicateur CCT. Il mesure le volume général de la Bourse de New York. Les mesures tiennent compte de la participation institutionnelle en tant que ratio de l’ensemble des volumes. Autre chose qui est aussi mesurée, c’est le temps que dure les gros achats durant des épisodes haussiers.
Et l’ensemble de ces mesures montrent aujourd’hui que l’élan haussier n’a jamais été aussi faible – encore plus bas qu’en 2008, juste avant l’effondrement financier.

En d’autres termes, ce marché haussier actuel semble être complètement et totalement épuisé.

Les lois de l’économie ne peuvent pas être défiées continuellement. En général, les cours des matières premières comme ceux des actions ont tendance à osciller en même temps. Et c’est parfaitement compréhensible, puisque les cours des matières premières ont tendance à augmenter lorsque les conditions économiques sont bonnes, et dans un tel environnement les cours des actions suivent en augmentant à leur tour.

Mais aujourd’hui, nous sommes dans une période où les cours des matières premières comme ceux des actions sont devenus complètement décorrélés des fondamentaux. Afin d’avoir des cours en ligne avec les réalités économiques, le S&P 500 aurait besoin de baisser d’environ 1000 points, mais une telle baisse engendrerait un niveau de chaos financier absolument sans précédent.

Cette bulle actuelle sur les marchés boursiers a duré beaucoup plus longtemps que ne l’avaient prévu la plupart des experts financiers, mais cela signifie simplement que l’éventuel crash sera probablement bien plus dévastateur.

En fin de compte, vous n’avez pas besoin de connaître tous les détails techniques dans cet article.

Mais tout ce dont vous avez besoin de savoir, c’est que les valorisations actuelles des marchés boursiers ne sont plus soutenables et qu’un énorme effondrement se profile.

Personne ne sait lorsqu’il interviendra. Ca peut se passer demain, la semaine prochaine, le mois prochain ou même plus tard, mais peu importe, le krach finira par arriver et il sera violent. Et lorsque cela arrivera, croyez moi ou pas mais le krach de 2008 passera pour pique-nique à côté de ce que nous allons vivre.

Article traduit sur The Economy Collapse
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