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28 janvier 2017

OGM, vers une alerte mondiale ?

Rendues publiques depuis quelques jours, les conclusions de la première étude indépendante sur les OGM, conduite par le chercheur français Gilles-Eric Séralini, provoquent un vrai choc sur une question hautement sensible.

Corinne Lepage est abasourdie : « C’est quand même terrifiant… » Invitée le 16 décembre 2011 dernier à découvrir les premiers résultats de l’étude du Pr Séralini sur l’éventuelle toxicité du maïs OGM NK603 sur la santé des mammifères, la députée européenne et ancienne ministre de l’Environnement ne devrait pas être la seule à s’inquiéter des conclusions de ce travail. Réalisée pendant deux ans par un laboratoire spécialisé agréé sous la direction du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), cofondé en 1999 par l’avocate et Gilles-Eric Séralini, aujourd’hui professeur en biologie moléculaire à l’université de Caen, cette étude, « une première mondiale, est la plus longue et la plus détaillée à ce jour sur un OGM », précise ce dernier. « Nous avons également réalisé dans le même temps une autre étude sur le principal pesticide utilisé dans le monde : le Roundup. »

Vers un moratoire planétaire ?

Durant l'expérimentation, l'équipe de chercheurs a constaté chez les sujets une multitude de pathologies lourdes.

Depuis une quinzaine d’années, la question des OGM suscite de très vives polémiques. Sur les centaines d’études publiées, nombreuses sont celles qui, jusqu’alors, concluent que les organismes génétiquement modifiés sont aussi sûrs que leurs contreparties non OGM. 

Mais comment être assuré de la fiabilité de ces travaux, alors que, comme le rappelle Catherine Geslain-Lanéelle, la directrice exécutive de l’EFSA (Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments), chargée de l’évaluation des OGM pour les vingt-sept pays européens, il revient à « celui qui veut commercialiser un produit d’apporter la preuve de son innocuité et de fournir les données » ?

Après s’être « heurté à la culture du secret » en tant que membre, neuf ans durant, de la Commission du génie biomoléculaire chargée d’évaluer les OGM en France, le Pr Séralini a bénéficié du soutien financier de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’Homme (FPH) et de celui de l’association Consommateurs et Entreprises responsables (Ceres). 

Selon une méthodologie « dépassant les normes internationales existantes », deux cents rats, mâles et femelles répartis en groupes de dix, ont été nourris avec trois types d’aliments : du maïs OGM, du maïs OGM associé au Roundup et du Roundup seul. 

Relevés sanguins, urinaires, hépatiques, hormonaux… : l’analyse des multiples données collectées se veut un outil pour éclairer la prise de décision des politiques partout sur la planète. Car si la plupart des Etats européens, dont la France, ont adopté un moratoire suspendant la culture des OGM, tous, loin de là, n’ont pas fait de même.

Ce qu’espère le Pr Séralini ? « Que d’autres études suivent et que l’on oblige tous les producteurs d’OGM à refaire ce type d’études avant d’exercer leur commerce. » Un vœu salutaire qui procède du simple principe de précaution.

Ainsi, parmi les inquiétantes observations mises en lumière par ce travail, l’apparition de lésions tumorales à partir du quatrième mois d’étude n’augure rien de bon pour des organismes humains.

D’autant plus alarmant que les études fournies par les agro-industriels portent uniquement sur des données recueillies pendant trois mois...
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