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19 juillet 2016

FLASH - Les questions qui dérangent après le Brexit


Dix jours après le vote des Britanniques, le flou demeure. Le Royaume-Uni peut-il quand même rester dans l'Union Européenne ? Le Brexit peut-il provoquer un ralentissement mondial ? Met-il en danger les banques européennes ? L'analyse de Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE.



Steven Van Hecke, professeur en sciences politiques à la KuLeuven, formule dix questions et leurs réponses qui confrontent tant les partisans que les opposants du Brexit à leur choix.

Les jeunes sont-ils le dindon de la farce ?

Ils ont effectivement voté massivement pour le Remain, mais ils ont également brillé par leur absence. Il n'est pas certain que cette participation faible ait coûté des voix uniquement au camp du Remain. Il est possible que les plus jeunes parmi les abstentionnistes aient justement été les jeunes peu qualifiés qui ne voyaient pas d'avantages à l'adhésion et qui auraient voté contre. Ils auraient donc renforcé le camp du Leave, tout comme dans les autres tranches d'âge.

Un référendum est-il adapté pour décider de l'adhésion à l'UE ?

Depuis 1995, tous les pays candidats ont organisé un référendum au sujet de l'entrée dans l'UE. À l'époque, on n'a pas entendu les critiques actuelles sur l'organisation d'un référendum pour une question aussi importante.

Combien d'opposants au référendum se seraient-ils levés si les Britanniques avaient choisi de rester dans l'UE ?

Et le cas échéant, aurait-on osé suggérer au parlement d'ignorer le résultat d'un tel referendum consultatif ?

La démocratie à la Westminster est-elle supérieure à l'UE ?

Au Royaume-Uni les membres du parti conservateur vont choisir un nouveau leader qui deviendra automatiquement premier ministre. Là-bas, il n'est ni question d'élections parlementaires, ni de "spitzenkandidaten", comme c'est le cas pour l'élection pour la Commission européenne.

La vague de démissions dans le camp du Remain, de David Cameron à la majorité du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn, est-elle justifiée ?

Oui, mais le camp du Leave aurait-il été aussi conséquent en cas de défaite? Quand Nigel Farage a perdu les élections parlementaires de mai 2015, il a démissionné de son poste de président du UKIP... pour se rétracter aussi vite.

Les eurosceptiques de tous les autres états membres de l'UE ont-ils le vent en poupe ?

Si le Royaume-Uni sombre encore davantage sur le plan économico-financier, les Néerlandais et les Danois réfléchiront deux fois avant d'organiser un référendum sur une sortie. Et la situation peut faire baisser le ton aux eurosceptiques à la Geert Wilders. La débâcle britannique pourrait servir d'avertissement aux électeurs déçus : la recette de l'exit n'est pas une bonne réponse à la demande de changement.

Faut-il donner plus de pouvoir aux états membres au sein de l'UE ?

Très bien, mais concrétisez un peu cette proposition - dans quels domaines, à quel terme - et n'oubliez pas d'énumérer les pays qui soutiennent cette opération. Sans le soutien de la majorité des états membres, une intégration inversée n'a pas l'ombre d'une chance.

Faut-il donner plus de pouvoir à Bruxelles au sein de l'UE ?

Très bien, mais concrétisez un peu cette proposition - dans quels domaines, à quel terme - et n'oubliez pas d'énumérer les pays qui soutiennent cette opération. Sans le soutien de la majorité des états membres, une intégration plus poussée n'a pas l'ombre d'une chance.

Quel a été l'impact du meurtre tragique de la parlementaire Labour Jo Cox ?

Il n'y a pas eu d'effet Pim Fortuyn, car Cox a été - pardonnez-moi la formulation - assassinée trop tôt. Pendant une campagne, les émotions justifiées dominent 48 heures maximum. Elles sont suivies par la récupération d'un bord, qui ne peut laisser s'écraser par l'autre bord, ce qu'on a vu clairement au Royaume-Uni. Et les électeurs hésitants sont encore plus sur leurs gardes.

Finalement, qu'en est-il de la Belgique ?

Si la City est sur le point de plier bagage, on fait construire une école internationale supplémentaire dans la périphérie bruxelloise et installer un terrain de golf dans le Brabant wallon. Nous avons le ministre des Finances idéal pour convaincre les innombrables nouveaux expatriés de traverser la Manche pour rejoindre le coeur de l'Europe. Voilà une campagne d'image qui au moins serait efficace.
  • Les mensonges de la propagande euro-atlantiste éclatent au grand jour

Le cours des événements se charge de montrer que Christine Lagarde et les employés du FMI ne sont que des menteurs ou des incompétents, et dans tous les cas des larbins de l’oligarchie.

Comme je l’ai déjà souligné quelques jours après le référendum, il se confirme donc que ce qui se déroule sous nos yeux est un scénario très comparable à ce qui s’était passé en Suède au lendemain du référendum du 14 septembre 2003 sur l’adoption de l’euro.

Tous les « experts » européistes autoproclamés avaient assuré au peuple suédois que, si jamais il commettait la folie « populiste » de refuser l’adoption de l’euro, le sort de la Suède serait scellé : la couronne suédoise s’effondrerait, la bourse de Stockholm s’écroulerait et toutes les entreprises quitteraient le pays, révulsées par tant d’horreurs.

Les Suédois avaient néanmoins voté à 57% contre l’adoption de l’euro. Or, les jours, les mois et les années qui suivirent apportèrent le plus cinglant démenti à toutes ces histoires de Barbe-Bleue. Je renvoie ici à ma conférence « Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? ».

La situation économique et financière du Royaume-Uni et du monde, telle qu’elle apparaît dix-huit jours après la victoire du Brexit, révèle une nouvelle fois que les « experts » euro-atlantistes autoproclamés qui monopolisent les grands médias ont une nouvelle fois trompé les peuples, et notamment le peuple français.

S’il y a bien du souci à se faire en ce moment, ce n’est pas vers le Royaume-Uni qu’il faut regarder, mais :

vers l’Italie, où la situation des banques est plus préoccupante que jamais et où la zone euro est de nouveau au bord de l’explosion.

– vers Varsovie, où le dernier sommet de l’OTAN-UE ne laisse pas d’inquiéter quant à la dérive de plus en plus belliciste et démente des oligarques euro-atlantistes vis-à-vis de la Russie.

Tant que les Français accorderont encore le moindre crédit à des Attali, Macron, Juppé, BHL, Lagarde, Minc, Delors, Sarkozy, Bayrou, et autres escrocs de la fausse « expertise » sans cesse promus par les propriétaires de nos grands médias, la France continuera à sombrer dans le désastre économique et social, et à se laisser entraîner vers une guerre mondiale.

Libérer la France, c’est d’abord raisonner par soi-même, comparer TOUJOURS les prédictions aux résultats, et ne plus JAMAIS croire à la terreur et à l’intimidation des euro-dictateurs.

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