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12 juillet 2016

AVERTISSEMENT - Les signaux d'alerte sont de plus en plus nombreux alors qu’une nouvelle catastrophe financière se prépare

Les marchés financiers mondiaux se dirigent vers un nouveau krach dont les conséquences seront encore plus graves que celles causées par l’effondrement de septembre 2008. La classe dirigeante elle-même a lancé une suite d’avertissements sévères que la politique monétaire pratiquée actuellement avait créé des bulles financières massives aux effets dévastateurs.

Dans une interview accordée au Financial Times, James Bullard, le patron de la Réserve fédérale américaine de St Louis et membre sans droit de vote du Federal Open Market Committee (FOMC), a dit que la Fed devait entamer le plus rapidement possible le processus de la normalisation des taux d’intérêt. Une poursuite des taux quasi nuls actuels alimenterait une bulle des prix des actifs qui « risque d’éclater hors de tout contrôle. »

Bullard, et d’autres, signalent ce qui est maintenant devenu une évidence, à savoir que les effets conjugués de l’assouplissement quantitatif (AQ, la planche à billets) et de la baisse des taux d’intérêts par les banques centrales sont en train de causer une frénésie autour du capital-investissement et des marchés obligataires.

La semaine passée, une analyse de l’indice S&P 500 par le Bureau de la recherche financière, rattaché au Département du Trésor américain, avait conclu que le marché boursier américain se trouvait dans une situation comparable à celle observée en 1929, en 2000 et en 2007. C’est-à-dire qu’une importante récession, sinon un krach, était imminente. L’auteur qui a intitulé son rapport « Quicksilver Markets » (Marchés vif-argent), remarque: « Les marchés vif-argent peuvent passer en rien de temps du calme à la turbulence. »

Les craintes se multiplient quant à une « crise de liquidités » si tous les principaux investisseurs et spéculateurs, qui opèrent selon des modèles pratiquement identiques, tentaient de sortir des actifs en même temps, pour constater ensuite qu’il n’y a pas d’acheteurs.

Selon un rapport publié mardi par le Financial Times, certains gestionnaires de fonds ont averti qu’il « n’y avait pas eu d’inquiétudes aussi répandues quant à la structure des marchés des titres à revenu fixe [c’est-à-dire, des obligations] depuis l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008 et le gel des marchés financiers en août 2007. » Le rapport précise que les cours des obligations avaient sensiblement augmenté car les investisseurs s’étaient « gavés » d’argent bon marché dû aux taux d’intérêt faibles des banques centrales et prévient qu’il pourrait y avoir une « crise de liquidités » s’ils se ruaient « tous ensemble vers un retrait. »

La même situation s’est développée sur les marchés des obligations privées et gouvernementales qui ont fortement augmenté grâce à l’argent bon marché et ont banalisé le phénomène autrefois extrêmement rare du rendement négatif (le prix d’une action évolue dans la direction opposée à son rendement).

Les rendements négatifs signifient que les investisseurs payent effectivement les gouvernements pour le privilège de leur prêter de l’argent. Le phénomène est dû à une situation où en dépit du fait que les actionnaires feraient des pertes s’ils détenaient jusqu’à leur maturité les obligations chères, ils sont tout de même en mesure de réaliser un gain en capital parce que les sorties de liquidités de la banque centrale fera grimper davantage le cours des obligations. Ils peuvent tout simplement vendre les obligations à un autre investisseur qui lui aussi s’appuie sur l’hypothèse qu’il peut en faire autant.

En effet, les marchés des affaires et des obligations se sont transformés en une énorme chaîne de Ponzi où des profits pourront continuer d’être faits tant que l’argent continue d’arriver. En d’autres termes, le mode opératoire de ce qui avait débuté comme une activité criminelle aux Etats-Unis durant les années 1920 est actuellement devenu le premier principe opératoire des marchés financiers mondiaux, évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars.

La justification officielle présentée pour ce système par ses promoteurs est que ces mesures sont nécessaires afin de stimuler la croissance économique. De telles affirmations sont réfutées à la fois par les faits et les chiffres. L’économie mondiale en général est caractérisée par des tendances déflationnistes croissantes combinées à des taux de croissance faibles ou en stagnation.

Hier, on a annoncé qu’en février, en Grande-Bretagne, les prix à la consommation n’avaient pas enregistré d’augmentation pour la première fois depuis 55 ans, le signe certain d’une contraction économique. Parallèlement, un indicateur clé de l’activité manufacturière en Chine a chuté à son niveau le plus bas depuis 11 mois. Des baisses se sont produites dans les secteurs clé des nouvelles commandes, des commandes à l’exportation, de l’emploi et des prix à la production.

La veille, en Europe, des prévisions de la Banque centrale européenne avaient établi que son programme d’assouplissement quantitatif, visant à injecter plus d’un millier de milliards d’euros dans les marchés financiers au cours des 18 prochains mois, n’allait pratiquement pas encourager l’emploi. Le taux de chômage restera au-dessus de 10 pour cent même après la fin du programme.

Le principal effet de l’AQ a été de stimuler les marchés obligataires européens qui ont augmenté cette année à un rythme plus élevé qu’aux Etats-Unis, alors même que le rendement économique européen reste inférieur à son niveau de 2007 et que les investissements dans l’économie réelle ont diminué de plus de 25 pour cent par rapport aux niveaux d’avant la crise.

Alors que l’aristocratie patronale et financière continue de s’enrichir, les conditions de vie de la classe ouvrière sont soumises à une campagne d’austérité sans fin. Les dictats de l’oligarchie financière relatifs à la Grèce sont l’expression consommée de ce qui est un programme mondial: l’appauvrissement et la famine forcés de secteurs de plus en plus importants de la population.

Après la catastrophe de la Grande dépression des années 1930, les représentants politiques des classes dirigeantes – craignant la révolution socialiste au-dessus de tout – affirmaient pouvoir réglementer les pires effets du système de profit grâce à des mesures dites keynésiennes, basées sur les dépenses publiques, dans le but de favoriser la croissance et de garantir un retour à la « normalité. »

Durant un court laps de temps, en termes historiques, cette politique avait semblé avoir du succès. Elle reposait, cependant, sur le capitalisme américain et l’élan que ses méthodes plus productives ont fourni à l’économie mondiale en général.

De nos jours, la situation est tout autre. L’économie américaine n’est plus le centre de l’expansion économique mais le siège du parasitisme mondial. La position centrale de l’économie mondiale n’est plus occupée par des entreprises comme Ford et General Motors, mais par Goldman Sachs, JPMorgan Chase et leurs homologues, tout aussi parasitaires au plan international, qui ne s’occupent pas de créer de nouvelles richesses mais de se les approprier et ce, souvent par des méthodes tout à fait criminelles.

La faillite absolue de l’ensemble du système de profit est illustrée par le débat politique ayant actuellement lieu dans les milieux financiers et économiques. Il se déroule entre ceux qui soutiennent que la politique de l’argent bon marché pratiquée par les banques centrales doit continuer, par crainte des conséquences catastrophiques, et ceux qui insistent pour dire que les robinets doivent être fermés, et le système purgé, si nécessaire grâce à des faillites et des effondrements financiers, dans le but de prévenir une catastrophe encore plus grande.

Les divers défenseurs du système de profit, au sein des médias, des milieux universitaires et des organisations de la pseudo-gauche comme Syriza en Grèce, soutiennent que la perspective d’une économie mondiale planifiée est impossible et que la seule alternative est donc d’essayer de « sauver le capitalisme de lui-même. »

En fait, la perspective du socialisme international est la seule réponse viable et réaliste à la crise historique du capitalisme. Pour être réalisée, elle doit devenir la base du programme politique pour lequel la classe ouvrière internationale commence à lutter.
Les marchés financiers mondiaux se dirigent vers un nouveau krach dont les conséquences seront encore plus graves que celles causées par l’effondrement de septembre 2008...

Bill Bonner a écrit:
(...) A présent, les profits chutent. Les ventes sont moroses. La croissance est paresseuse, les Etats-Unis risquant d’entrer en récession plus tard dans l’année. Et puis des krachs et des marchés baissiers, ça arrive ; pourquoi pas maintenant ?  Lorsque la prochaine crise arrivera, les Etats-Unis auront le choix. Soit la Fed pourra admettre que ses politiques n’ont pas fonctionné, les éliminer, ramener les taux à la normale et laisser le marché faire le ménage. Ou bien elle peut emboîter le pas aux Européens et aux Japonais et mettre en place des interventions plus agressives, y compris un QE massif et des rachats directs d’actions. Il y a peu de doutes sur ce que la Fed choisira. Elle s’enfoncera plus avant au coeur de ces ténèbres. En fait, nous pensons que les banques centrales et les gouvernements ont désormais révélé toute la folie de leurs intentions. Enfin, peut-être pas l’intégralité… ils n’ont pas encore largué d’argent par hélicoptère… mais ça viendra probablement. (...)
Lorsqu’on dit que la banque centrale "crée" de l’argent, ce qu’elle crée en fait, c’est du crédit. A partir de rien. Et contrairement à la devise papier traditionnelle elle-même, ce crédit peut disparaître aussi rapidement et facilement qu’il est apparu. On ne peut pas le stocker. On ne peut pas le mettre dans un coffre-fort. On ne peut pas l’amener par pleines brouettées pour acheter une baguette de pain. Le crédit dépend de la confiance. Lorsqu’un système financier implose, ce qui arrive toujours lorsqu’il y a trop de dette, la machinerie de l’emprunt et du prêt tombe en panne. Plus personne ne croit pouvoir être payé un jour. Le crédit disparaîtra simplement, par milliers de milliards de dollars, du jour au lendemain. Ceci n’est pas, bien entendu, la fin du monde. Ni même le début de la fin. Mais ce sera la fin du début du monde monétaire 1971-2015. Ensuite, la fin pourra commencer…

Le crédit, le maillon faible des banques centrales (La Chronique Agora)

La classe dirigeante elle-même a lancé une suite d’avertissements sévères que la politique monétaire pratiquée actuellement avait créé des bulles financières massives aux effets dévastateurs. Dans une interview accordée au Financial Times, James Bullard, le patron de la Réserve fédérale américaine de St Louis et membre sans droit de vote du Federal Open Market Committee (FOMC), a dit que la Fed devait entamer le plus rapidement possible le processus de la normalisation des taux d’intérêt. Une poursuite des taux quasi nuls actuels alimenterait une bulle des prix des actifs qui « risque d’éclater hors de tout contrôle. » Bullard, et d’autres, signalent ce qui est maintenant devenu une évidence, à savoir que les effets conjugués de l’assouplissement quantitatif (AQ, la planche à billets) et de la baisse des taux d’intérêts par les banques centrales sont en train de causer une frénésie autour du capital-investissement et des marchés obligataires.

La semaine passée, une analyse de l’indice S&P 500 par le Bureau de la recherche financière, rattaché au Département du Trésor américain, avait conclu que le marché boursier américain se trouvait dans une situation comparable à celle observée en 1929, en 2000 et en 2007. C’est-à-dire qu’une importante récession, sinon un krach, était imminente. L’auteur qui a intitulé son rapport « Quicksilver Markets » (Marchés vif-argent), remarque: « Les marchés vif-argent peuvent passer en rien de temps du calme à la turbulence. » Les craintes se multiplient quant à une « crise de liquidités » si tous les principaux investisseurs et spéculateurs, qui opèrent selon des modèles pratiquement identiques, tentaient de sortir des actifs en même temps, pour constater ensuite qu’il n’y a pas d’acheteurs. Selon un rapport publié mardi par le Financial Times, certains gestionnaires de fonds ont averti qu’il « n’y avait pas eu d’inquiétudes aussi répandues quant à la structure des marchés des titres à revenu fixe (c’est-à-dire, des obligations) depuis l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008 et le gel des marchés financiers en août 2007. » Le rapport précise que les cours des obligations avaient sensiblement augmenté car les investisseurs s’étaient « gavés » d’argent bon marché dû aux taux d’intérêt faibles des banques centrales et prévient qu’il pourrait y avoir une « crise de liquidités » s’ils se ruaient « tous ensemble vers un retrait. »

D’une crise à l’autre : Des subprimes à la crise mondiale

La même situation s’est développée sur les marchés des obligations privées et gouvernementales qui ont fortement augmenté grâce à l’argent bon marché et ont banalisé le phénomène autrefois extrêmement rare du rendement négatif (le prix d’une action évolue dans la direction opposée à son rendement). Les rendements négatifs signifient que les investisseurs payent effectivement les gouvernements pour le privilège de leur prêter de l’argent. Le phénomène est dû à une situation où en dépit du fait que les actionnaires feraient des pertes s’ils détenaient jusqu’à leur maturité les obligations chères, ils sont tout de même en mesure de réaliser un gain en capital parce que les sorties de liquidités de la banque centrale fera grimper davantage le cours des obligations. Ils peuvent tout simplement vendre les obligations à un autre investisseur qui lui aussi s’appuie sur l’hypothèse qu’il peut en faire autant. En effet, les marchés des affaires et des obligations se sont transformés en une énorme chaîne de Ponzi où des profits pourront continuer d’être faits tant que l’argent continue d’arriver. En d’autres termes, le mode opératoire de ce qui avait débuté comme une activité criminelle aux Etats-Unis durant les années 1920 est actuellement devenu le premier principe opératoire des marchés financiers mondiaux, évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars.

La justification officielle présentée pour ce système par ses promoteurs est que ces mesures sont nécessaires afin de stimuler la croissance économique. De telles affirmations sont réfutées à la fois par les faits et les chiffres. L’économie mondiale en général est caractérisée par des tendances déflationnistes croissantes combinées à des taux de croissance faibles ou en stagnation. Hier, on a annoncé qu’en février, en Grande-Bretagne, les prix à la consommation n’avaient pas enregistré d’augmentation pour la première fois depuis 55 ans, le signe certain d’une contraction économique. Parallèlement, un indicateur clé de l’activité manufacturière en Chine a chuté à son niveau le plus bas depuis 11 mois. Des baisses se sont produites dans les secteurs clé des nouvelles commandes, des commandes à l’exportation, de l’emploi et des prix à la production. La veille, en Europe, des prévisions de la Banque centrale européenne avaient établi que son programme d’assouplissement quantitatif, visant à injecter plus d’un millier de milliards d’euros dans les marchés financiers au cours des 18 prochains mois, n’allait pratiquement pas encourager l’emploi. Le taux de chômage restera au-dessus de 10 pour cent même après la fin du programme.

Rémi Barroux a écrit:
(...) Le chômage va continuer sa progression dans le monde dans les cinq années à venir, prévient l’Organisation internationale du travail (OIT) dans son rapport annuel, intitulé « Perspectives emploi social monde » 2015, publié mardi 20 janvier. La planète devrait compter plus de 212 millions de chômeurs à l’horizon 2019, soit onze millions de plus qu’aujourd’hui, anticipe l’organisation, qui rappelle que « plus de 61 millions d’emplois ont été perdus depuis le début de la crise mondiale, en 2008. » « La crise de l’emploi est donc loin d’être terminée », relève, dans un entretien au Monde, le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, qui prévient : « Si nous continuons ainsi, les inégalités mondiales vont encore se creuser. » (...) Soulignant que « le redressement des finances publiques, ces dernières années, a été la priorité » dans bon nombre de pays, tout particulièrement en Europe, mais que « cela n’a pas marché », M. Ryder estime qu’« il faut se rendre à l’évidence : il est illusoire de croire que le même remède permettra de guérir la maladie. » « La prise en compte des seuls impératifs budgétaires ne marche pas, il faut un équilibre plus juste entre les objectifs financiers et les politiques de l’emploi, investir dans la formation professionnelle, les services de l’emploi », prône le dirigeant de l’OIT. (...)
Le monde « fabrique » toujours plus de chômeurs (Le Monde)

Le principal effet de l’AQ a été de stimuler les marchés obligataires européens qui ont augmenté cette année à un rythme plus élevé qu’aux Etats-Unis, alors même que le rendement économique européen reste inférieur à son niveau de 2007 et que les investissements dans l’économie réelle ont diminué de plus de 25 pour cent par rapport aux niveaux d’avant la crise. Les dictats de l’oligarchie financière relatifs à la Grèce sont l’expression consommée de ce qui est un programme mondial: l’appauvrissement et la famine forcés de secteurs de plus en plus importants de la population. Après la catastrophe de la Grande dépression des années 1930, les représentants politiques des classes dirigeantes, craignant la révolution socialiste au-dessus de tout, affirmaient pouvoir réglementer les pires effets du système de profit grâce à des mesures dites keynésiennes, basées sur les dépenses publiques, dans le but de favoriser la croissance et de garantir un retour à la « normalité. »

Durant un court laps de temps, en termes historiques, cette politique avait semblé avoir du succès. Elle reposait, cependant, sur le capitalisme américain et l’élan que ses méthodes plus productives ont fourni à l’économie mondiale en général. De nos jours, la situation est tout autre. L’économie américaine n’est plus le centre de l’expansion économique mais le siège du parasitisme mondial. La position centrale de l’économie mondiale n’est plus occupée par des entreprises comme Ford et General Motors, mais par Goldman Sachs, JPMorgan Chase et leurs homologues, tout aussi parasitaires au plan international, qui ne s’occupent pas de créer de nouvelles richesses mais de se les approprier et ce, souvent par des méthodes tout à fait criminelles.

La faillite absolue de l’ensemble du système de profit est illustrée par le débat politique ayant actuellement lieu dans les milieux financiers et économiques. Il se déroule entre ceux qui soutiennent que la politique de l’argent bon marché pratiquée par les banques centrales doit continuer, par crainte des conséquences catastrophiques, et ceux qui insistent pour dire que les robinets doivent être fermés, et le système purgé, si nécessaire grâce à des faillites et des effondrements financiers, dans le but de prévenir une catastrophe encore plus grande. Les divers défenseurs du système de profit, au sein des médias, des milieux universitaires et des organisations de la pseudo-gauche comme Syriza en Grèce, soutiennent que la perspective d’une économie mondiale planifiée est impossible et que la seule alternative est donc d’essayer de « sauver le capitalisme de lui-même. »

  • Les signes montent d’une crise financière post-Brexit

Trois fonds immobiliers de plus en Grande-Bretagne ont fermé la porte aux rachats mercredi suivant la décision antérieure par trois autres grands fonds lundi et mardi d’arrêter les retraits d’argent.
Un total de plus de 15 milliards de livres sur le marché de l’immobilier commercial est maintenant gelé, menaçant de faire boule de neige pour produire la plus grande paralysie des marchés financiers depuis la crise financière de 2008.

Les six fonds ont été contraints de fermer la porte aux retraits après qu’un nombre croissant des investisseurs ont cherché à retirer leur argent craignant un effondrement du marché de l’immobilier commercial britannique à la suite du vote du 23 juin pour le Brexit.

Le gel du marché a commencé quand M & G Investments, Aviva Investors et Standard Life Investments ont suspendu les retraits lundi et mardi. Ils ont été suivis par Henderson Global Investors, de la Colombie Threadneedle et Canada-Vie mercredi. Selon une déclaration de la Canada-Vie, le gel pourrait durer jusqu’à six mois.

Dans une note aux clients, Laith Khalaf, analyste principal au sein du cabinet d’investissement Hargreaves Lansdown, a déclaré que « plus de la moitié du secteur des fonds de propriété est maintenant figée » et le restera jusqu’à ce que les gestionnaires puissent amasser suffisamment d’argent pour répondre à des rachats. Les fonds seraient probablement fermés pendant des semaines ou des mois plutôt que des jours, a-t-elle ajouté.

Il y a un risque important que les fonds soient obligés de vendre l’immobilier commercial pour répondre aux exigences de trésorerie. Cela risque de faire baisser encore les prix de l’immobilier, ce qui stimulera plus de commandes de retrait et déclenchera une réaction en chaîne conduisant à la catastrophe.

Un porte-parole du Service de l’Ombudsman financière de la Grande-Bretagne a déclaré que, bien que la décision de suspendre les rachats eût été prévue, l’échelle des suspensions jusqu’à présent avait été « assez troublante. »

Le marché de l’immobilier commercial s’est avéré être particulièrement vulnérable aux ondes de choc du vote Brexit en raison de l’afflux précédent de liquidités vers Londres et le sud-est de l’Angleterre alimentée depuis 2008 par les politiques de l’argent bon marché de la Banque d’Angleterre et des autres banques centrales. Les fonds prêtent à long terme pour financer des projets de développement de l’immobilier, mais empruntent à court terme, en offrant aux investisseurs la perspective d’être en mesure de retirer leur argent à court préavis. C’est le modèle d’entreprise même qui a conduit à l’effondrement de la banque Northern Rock en Grande-Bretagne en 2007.

La décision pour le Brexit a eu un impact immédiat sur le marché gonflé de l’immobilier commercial en raison des craintes que les entreprises financières et d’investissement seraient susceptible de délocaliser leur siège européen sur le continent de manière à conserver l’accès au marché de l’Union européenne. Le Financial Times a rapporté que des initiatives de grande échelle sur des propriétés commerciales d’une valeur d’au moins 650 millions de livres avaient été mises en veille dans la semaine suivante le vote pour le Brexit.

La turbulence pourrait rapidement se propager au-delà des biens commerciaux vers le système financier dans son ensemble. Selon Keenan Vyas, directeur au cabinet de conseil financier Duff & Phelps, les conséquences pourraient être profondes. « S’il continue d’avoir une pression énorme dans une courte période de temps, cela pourrait donner lieu à un grand nombre de ventes en dessous de leur valeur comptable invitant une correction globale éventuelle en matière de prix d’actifs immobiliers sur le marché britannique », a-t-il dit.

Les ventes en dessous de la valeur comptable signifieraient que les entreprises qui ont emprunté de l’argent sur l’hypothèse que les prix de l’immobilier continueraient d’augmenter seront incapables de rembourser leurs dettes, propageant ainsi la crise dans le système bancaire.

Lloyds Banking Group et la Royal Bank of Scotland pourraient être durement touchés. Selon Sandy Chen, analyste chez le courtier britannique Cenkos, « tous deux ont de grands portefeuilles de prêts de l’immobilier commercial, et les chutes à venir dans les indices de l’immobilier commercial se traduiront par des provisions pour dépréciation plus importantes exigées à leur égard. » En d’autres termes, ils devront faire plus de provisions pour créances douteuses, ayant une incidence sur leurs bilans.

Dans l’ensemble, les grandes banques britanniques ont prêté 69 milliards de livres au marché immobilier commercial Britannique qui vaut 800 milliards de livres.

La braderie va au-delà des biens et est un facteur clé dans la stabilité de la situation financière du Royaume-Uni. Dans son dernier rapport sur la stabilité financière, publié mardi, la Banque d’Angleterre (BoE) a noté que le financement du « grand déficit du compte courant » de la Grande-Bretagne tient grâce à la poursuite des entrées de capitaux.

Les biens commerciaux ont été une source importante de liquidités étrangères, mais, comme la BoE l’a rapporté, les flux étrangers vers l’immobilier commercial en Grande-Bretagne ont chuté près de 50 pour cent au premier trimestre. En outre, « les valorisations dans certains segments du marché étaient devenues tendues. » C’est un euphémisme désignant une bulle spéculative dans l’immobilier commercial, alimentée par la spéculation.

Le rapport de la BoE a signalé des niveaux élevés de l’endettement des ménages au Royaume-Uni et la vulnérabilité de ces ménages à la hausse du chômage, « fragilités dans le fonctionnement des marchés financiers, qui pourraient être testés dans une période d’activité de marché élevée et de la volatilité, et une croissance modérée dans l’économie mondiale, y compris la zone euro, qui pourrait être exacerbée par une période prolongée d’incertitude accrue. »

La turbulence financière croissante a vu la livre sterling continuer sa chute. D’un niveau de 1,50 dollar avant le vote Brexit, il a touché des niveaux inférieurs à 1,30 dollar, avec les prédictions qu’il pourrait descendre jusqu’à 1,15 dollar voire atteindre la parité avec l'euro.

Le marché obligataire mondial se caractérise par une fuite maniaque vers la sécurité, ce qui a poussé à la hausse les prix des obligations et a réduit des rendements considérablement (les deux se déplacent dans une relation inverse).

Mardi, le rendement des obligations d’État à 10 ans aux États-Unis a atteint un niveau record de 1,375%, avec des rendements sur les obligations allemandes et japonaises à long terme en territoire négatif. Les obligations du gouvernement australien, encore en territoire positif, sont également tombées à un niveau bas record. La valeur totale des obligations avec des rendements négatifs a grimpé en flèche, augmentant de plus d’un milliard de dollars au cours du mois passé. Il se dirige maintenant vers douze milliards de dollars.

Les retombées de Brexit ne se limitent pas à la Grande-Bretagne. Dans la braderie immédiate qui a suivi le référendum du 23 juin, les banques italiennes, qui ont une valeur d’environ 360 milliards d’euros de créances douteuses sur leurs comptes, ont été parmi les plus durement touchées. Le plus grand prêteur italien, UniCredito SpA, a perdu 60% de sa valeur de l’action jusqu’à présent cette année.

Dans une interview avec Bloomberg Television, mercredi, le président de la banque française Société Générale et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale européenne, Lorenzo Bini Smaghi, a averti que la crise bancaire du pays pourrait s’étendre au reste de l’Europe. Il a demandé que les règles empêchant l’aide directe de l’État aux banques soient reconsidérées afin d’empêcher une telle propagation.

« Le marché bancaire entier est sous pression », a-t-il dit. « Nous avons adopté des règles sur les fonds publics ; ces règles doivent être réévaluées dans un marché potentiellement en crise afin de décider si une certaine suspension doit être appliquée. »

En vertu des règlements de l’UE, les gouvernements nationaux ne peuvent pas utiliser directement des fonds publics pour soutenir leurs systèmes bancaires. Mais cela a été contesté par le Premier ministre italien, Matteo Renzi, qui a dit qu’il est prêt à intervenir si nécessaire avec un renflouement des contribuables de 40 milliards d’euros aux grandes banques du pays. Le principal adversaire d’une telle action est l’Allemagne. Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a souligné cela en insistant sur le fait lors d’une conférence de presse que son homologue italien se proposait de suivre strictement les règles du syndicat bancaire.

Mais Smaghi a dit qu’il y avait la possibilité d’une crise de l’ensemble du système à moins que le gouvernement intervienne. Il a dit qu’il y avait trop de banques en Italie et en Allemagne, et le gouvernement italien devrait prendre des mesures politiquement impopulaires, y compris des fusions, conduisant à des suppressions d’emplois.

Il a également averti que les propositions de la Grande-Bretagne de réduire davantage les taux d’imposition des sociétés, afin d’attirer les investissements, conduiraient à une concurrence sur les taux d’imposition à travers l’Europe.

De nouveaux plans de sauvetage des banques et des réductions concurrentielles dans les impôts des entreprises se traduiront par de nouvelles attaques contre la classe ouvrière, y compris des réductions plus importantes des services sociaux pour les financer.

Quelles que soient les évolutions immédiates découlant de la turbulence Brexit, deux choses sont claires à la lumière des expériences amères de la crise de 2008 et tout ce qui a suivi.

D’abord, ce n’est pas seulement que les élites dirigeantes n’ont pas de solution à la crise – leurs actions au cours des huit dernières années ont fini par créer les conditions d’un nouveau et plus grand effondrement financier – et finalement, les mesures qu’ils adopteront éventuellement apporteront des conditions qui aggraveront sans cesse la condition de la classe ouvrière en Grande-Bretagne et en Europe.

Article traduit sur WSWS
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