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7 janvier 2016

FLASH - Les principaux risques pour l'économie mondiale en 2016

Effondrement de l'économie chinoise entraînant les émergents dans son sillage, crise déflationniste en Europe, conflits régionaux ou encore bulles financières : les risques sur l'économie mondiale en ce début d'année font réapparaître le spectre d'une crise qui pourrait rappeler celle de 2008.

Le financier milliardaire appelle les investisseurs à la plus grande prudence face à un environnement qui lui rappelle la crise que nous avons connue en 2008.

Alors que les marchés financiers connaissent un début d’année très agité, dans le sillage du krach de la Bourse chinoise, le message envoyé par Georges Soros n’a rien de rassurant. C’est à l’occasion d’un forum économique à Colombo, au Sri Lanka, que le milliardaire américain a fait part de son inquiétude quant à l’environnement financier actuel.

Selon Soros, les marchés internationaux font face à une crise et les investisseurs doivent être très prudents, rapporte le Sunday Times. La situation actuelle "me rappelle la crise que nous avons connue en 2008", celle déclenchée par l’explosion de la bulle des crédits subprimes aux Etats-Unis qui s’était propagée à toute la planète, s'inquiète l'homme d'affaires.

Il explique que la Chine peine à trouver un nouveau modèle de croissance et que la dévaluation de sa monnaie transfère ses problèmes au reste du monde. Par ailleurs, il indique que le retour à des taux d’intérêts positifs est un gros problème pour les économies émergentes.

Reste alors à espérer que ce gourou de la finance, qui a amassé des milliards de dollars depuis 40 ans en spéculant sur les actions et les devises et qui connait très bien les marchés internationaux, ait un peu perdu la main.

Ce matin, réagissant à une nouvelle dévaluation du yuan, les nouveaux "coupe-circuits" mis en place sur les places chinoises ont de nouveau été activés après un plongeon des cours de plus de 7% , en moins d'une demi-heure d’échanges. C’était la deuxième fois cette semaine, les Bourses de Shanghai et Shenzhen avaient déjà chuté de 7% lundi.

Voici une revue des facteurs de risques - tous imbriqués - en ce début 2016.

- Atterrissage brutal de l'économie chinoise

La déroute boursière chinoise fait craindre un atterrissage brutal de l'un des principaux moteurs de la croissance mondiale depuis plus d'une dizaine d'années. "La croissance de la vieille économie industrielle chinoise est quasiment proche de 0. Elle est déjà en situation de hard landing (atterrissage brutal)", affirme à l'AFP, Olivier Garnier, chef économiste groupe à la Société générale, qui estime toutefois que le secteur des services soutient encore l'économie chinoise.

Les marchés boursiers ne seront pas les seuls touchés. Les économies des partenaires commerciaux de la Chine pourraient l'être aussi. Aux Etats-Unis, par exemple, "les marchés anticipent les effets du ralentissement chinois sur l'activité économique américaine, la chute brutale de la richesse financière étant un risque qui pèse sur la consommation des ménages", explique Xavier Ragot, président de l'OFCE. En Europe, la Bourse de Francfort a subi les plus forts contrecoups de l'effondrement boursier chinois, l'Allemagne étant le pays européen le plus dépendant des exportations vers la Chine. "La question est de connaître l'impact du ralentissement chinois sur le commerce allemand", signale M. Ragot.

- La chute des matières premières

Depuis plus d'une dizaine d'années, la Chine a servi de locomotive économique pour les pays émergents avec une forte demande de matières premières. Les prix ont commencé à s'effondrer à partir de 2014 au fur et à mesure que le géant asiatique donnait des signes de ralentissement de son activité industrielle. La chute de la bourse chinoise en ce début d'année complique encore plus l'équation pour redresser les économies des émergents. Parfois en forte récession, à l'image du Brésil, ils se retrouvent coincés à la fois par la baisse de leurs revenus et la reprise de la hausse des taux aux Etats-Unis.

- La chute du cours du pétrole

Le ralentissement chinois contribue également à la baisse du prix du pétrole, dont la surproduction inonde les marchés. Face à l'effondrement brutal des cours, les pays producteurs augmentent leur déficit public. "Pour maintenir la paix sociale et les dépenses en armement, ils ne sont pas en mesure de couper fortement dans les dépenses publiques. C'est une source de risque", prévient M. Garnier.

- Une crise déflationniste

La baisse du prix du pétrole engendre à son tour un risque déflationniste dans les pays importateurs. "Les prix des matières premières et l'activité chutent: il y a un risque déflationniste très fort qui va se manifester", observe M. Ragot. De quoi compliquer la mission de la BCE, l'inflation étant actuellement inférieure à son objectif d'un peu moins de 2%. Cette pression sur les prix à la baisse pourrait être renforcée par l'arrivée de produits chinois à bas prix. "Avec ses surcapacités, la tentation existe pour le géant asiatique de vouloir vendre davantage de produits à l'étranger. C'est un risque déflationniste sur le reste du monde", assure M. Garnier.

- La dette

Certains experts évoquent le danger d'une bulle sur les marchés obligataires. Avec les taux bas, l'argent a coulé à flots ces dernières années vers les pays émergents en pleine croissance et vers des titres privés ou publics offrant de hauts rendements. Avec les incertitudes et la remontée des taux aux Etats-Unis, ces capitaux reviennent sur des placements plus sûrs, entraînant des conditions de financement plus difficiles pour les émergents. "Dans la mesure où les pays pourront convaincre qu'il n'y a aucun risque de défaut, leurs dettes seront encore demandées par les investisseurs. Mais les autres vont subir la fuite des liquidités qui va se répercuter sur leur dette publique", affirme M. Ragot.

- Les conflits régionaux

Enfin, la reprise des tensions géopolitiques constitue elle aussi une menace pour l'économie mondiale. La récente rupture des relations diplomatiques entre l'Iran et l'Arabie saoudite ou encore l'essai de bombe H de la Corée du nord sont des "facteurs massifs d'augmentation d'incertitudes", regrette M. Ragot. "Il y a un risque et d'ores et déjà un impact négatif sur les investissements et les prises de risque", constate-t-il.

Sources : Boursorama et Capital
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