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10 décembre 2015

FLASH - A force de jouer avec le peuple français, voilà le résultat !

C'est ce qu'on appelle : le retour de flamme. Vu que les Français en ont marre de cette politique à puer de la gueule : ils sanctionnent le gouvernement par les urnes et le Front National est bien présent (3 Français sur 10 ont voté FN au premier tour des Régionales et 1 sur 2 n'a pas été voter). 2017, ça va valser !

- La magie du « total gauche » selon Le Figaro

Embrassons-nous, Folleville ! À la veille du second tour des élections régionales, ce dimanche, la gauche rejoue la énième scène de l’union, comme par enchantement. Le vaudeville de ces retrouvailles est aussi ridicule que pitoyable. PS, Europe Écologie-Les Verts, Front de gauche et autres groupuscules dits « de progrès », selon la formule consacrée et dénuée de tout sens, vont donc faire cause commune. Leur mot d’ordre: « Faire barrage au Front national ». Comme si cela suffisait à faire une politique !

Que vociférait Jean-Luc Mélenchon en septembre dernier ? Hollande est « pire » que Sarkozy, son action est un « massacre ». Qu’affirmait le communiste Pierre Laurent en octobre? « Avec Hollande, la gauche est sûre de perdre. » Qu’assénait Cécile Duflot, deux jours avant le premier tour ? Hollande « fait mal à la démocratie ». Quant au frondeur Christian Paul, il s’en prenait au premier ministre : Valls était un « danger ».

Les scènes de ménage, de rupture, de divorce seraient donc à jeter aux oubliettes. Des accords de mandature, assure-t-on, ont été trouvés. Un remariage de la carpe et du lapin, comme on en a souvent vu au sein de cette gauche kyrielle, où les batailles de chiffonniers sont légendaires. Sur le nucléaire, la sécurité, le temps de travail, le pouvoir d’achat… Sans oublier les projets d’aménagement du territoire qui déchaînent la violence des zadistes de Cécile Duflot contre les forces de l’ordre de Bernard Cazeneuve.

Victorieux, le « total gauche » ne serait qu’un éphémère tour de magie électoral. Annonciateur de lendemains qui déchantent pour les électeurs qu’il aura trompés.

Nicolas Beytout, dans l’Opinion,  enfonce le même clou :

- Gauche : de touchantes retrouvailles !

Qu’y a-t-il de commun entre un socialiste tendance Macron et un militant communiste ? Entre un Valls relançant les travaux de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes et un écolo tendance croissance zéro ? Rien, comme le prouve la chronique des déchirements et des couacs qui ont émaillé jusqu’ici le quinquennat de François Hollande.

Rien, sauf la crainte d’être balayés au deuxième tour des élections régionales. Alors, on signe à la va-vite un accord pour se présenter « unis » aux électeurs et sauver les places. Quelques petites heures de négociations entre états-majors et tout redevient limpide.

On objectera que ce spectacle, peu valorisant pour la bataille des idées, est un grand classique des entre-deux tours : c’est la loi des majorités. A ceci près que ces touchantes retrouvailles se déroulent entre des familles qui ont bien plus que des divergences : des oppositions. Depuis bientôt quatre ans, cette gauche diverse qui allait du MoDem à la gauche de la gauche s’est déchirée. Les communistes et le Front de gauche sont en opposition ouverte, les Verts sont passés de la méfiance à la franche hostilité, et une frange du Parti socialiste est entrée en dissidence après le limogeage ministériel d’Arnaud Montebourg et les multiples virages économiques du chef de l’Etat.

Une entaille de plus dans la crédibilité des politiques.

  • Vent de colère

C'est une colère qui vient de loin. Une colère froide, brutale, sans nuance ni merci. Elle a mijoté 30 ans au feu de l'impuissance publique et des échecs gouvernementaux. Pour s'exprimer, elle a emprunté tour à tour le chemin d'une abstention galopante et celui du désaveu systématique de toutes les majorités sortantes, mais le vote Front national est depuis toujours sa plus spectaculaire expression. Elle est née, cette colère, sous François Mitterrand (1984, premier succès électoral du FN) ; elle a grossi sous Jacques Chirac et Lionel Jospin (et ce fut le 21 avril 2002) ; elle a décru puis enflé à nouveau du temps de Nicolas Sarkozy, au rythme de l'espoir et de la désillusion ; mais c'est François Hollande qui détiendra devant l'Histoire le triste privilège de l'avoir fait exploser.

Dimanche, sur son passage, elle a tout emporté. Désormais sans conteste premier parti de France, le Front national - dont le score a triplé d'une élection régionale à l'autre, du jamais-vu! - s'installe avec fracas au cœur de notre paysage politique. Pour la gauche comme pour la droite, c'est un échec cinglant. Pour la France, un saut dans l'inconnu, dont les conséquences politiques, quels que soient les gains régionaux éventuels du FN, porteront bien au-delà du second tour. Après le double avertissement des européennes et des départementales, l'évidence est là: la France politique est désormais divisée en trois tiers, et l'avènement de cette «tripartition» - forcément instable dans un système présidentiel où le tour décisif se joue entre deux concurrents - va bouleverser la donne. Et durablement déstabiliser les partis traditionnels, qui, en vérité, n'ont jamais paru si désemparés.

Dimanche, sur son passage, la colère a tout emporté !

Les socialistes? Ils affichaient dimanche soir une mine soucieuse. Il y a de quoi! La participation est meilleure, mais le « sursaut citoyen » tant espéré n'a pas eu lieu. La toute fraîche popularité de François Hollande ne leur aura pas été d'une grande utilité.

Si le PS peut nourrir ici où là quelques espérances de gain, il le doit surtout à la percée du Front national, qui affaiblit mécaniquement la droite. Triste succès ! Derrière cette façade trompeuse, la descente aux enfers continue. Épuisé idéologiquement, effondré électoralement, le PS, syndicat d'élus sans élus, est plus que jamais un astre mort guetté par la « pasokisation ». Contraints avec Macron et Cazeneuve d'abjurer sous la pression des événements les valeurs emblématiques de la gauche, obligés d'organiser eux-mêmes leur propre disparition pour tenter de « barrer la route » au FN, les socialistes ne savent plus à quel saint se vouer. Les coups de menton de Manuel Valls ou le nouveau panache tricolore de François Hollande suffiront-ils à relever ce champ de ruines ? Devant l'ampleur du désaveu populaire, il est permis d'en douter.

Mais la droite, elle non plus, n'a guère de raisons de pavoiser. Logiquement, vu l'état de la gauche, elle devrait voler de triomphe en triomphe : elle sauve les meubles, mais, sauf exception, sans susciter de véritable élan. Aux départementales, l'implantation de ses « notables » avait permis aux Républicains d'amortir le choc du Front national ; cette fois, ils l'encaissent de plein fouet. Pris en tenaille entre un FN dont la progression s'exerce principalement à leurs dépens et une gauche qui, dans son ensemble, s'affaisse sans s'effondrer, les candidats Républicains font dans nombre de régions un premier tour décevant. Raison de plus pour ne pas commettre d'erreur avant le second.

Rien ne serait pire qu'une droite donnant aux Français l'impression de mitonner avec la gauche sa « soupe à l'union » pour sauver des places et des postes
Accord, retrait, fusion…: à la tentation folle des «petits arrangements entre amis», Nicolas Sarkozy a eu le bon sens d'opposer un « ni-ni » ferme et définitif. Sera-t-il entendu, et obéi ? Il faut le souhaiter. Rien ne serait pire qu'une droite donnant aux Français l'impression de mitonner avec la gauche sa «soupe à l'union» pour sauver des places et des postes. L'« UMPS » pris en flagrant délit ! C'est Marine Le Pen, pour le coup, qui pourrait triompher ! Dans l'hypothétique espoir de priver le FN de telle ou telle présidence de région, ce serait à coup sûr lui fournir sur un plateau le meilleur des arguments pour la bataille de 2017 - où tout indique que Marine Le Pen ne se contentera pas de faire de la figuration

On aurait tort, en effet, de voir dans le résultat de dimanche un épiphénomène ou un accident. Si la terrible actualité des semaines écoulées a évidemment contribué à la dynamique FN en apportant aux yeux de beaucoup la confirmation de ses sombres prophéties, la colère qui l'alimente en profondeur se nourrit d'une angoisse, ancienne et profonde: celle d'un pays qui ne se sent plus protégé par ses gouvernants contre les malheurs qui l'assaillent. À l'insécurité économique, dont le chômage endémique est la manifestation la plus éclatante, à l'insécurité culturelle liée aux conséquences sur notre mode de vie d'une immigration incontrôlée, voilà que vient s'ajouter, depuis le carnage du 13 novembre, une insécurité existentielle: celle que le radicalisme islamiste a fait advenir en frappant en plein Paris. Ces menaces-là, assurément, ne se laisseront pas aisément congédier !

En vérité, cette inquiétude multiforme n'est pas propre à la France. Toute l'Europe (en témoignent, quasiment partout, les succès électoraux des partis nationalistes ou protestataires) est travaillée par cette angoisse sourde, identitaire, collective et personnelle, celle des vieilles nations, hantées par le sentiment de leur déclin et terrifiées par la perspective de passer au laminoir de la mondialisation. Mais en France, peut-être parce que notre pays a subi plus tôt le choc migratoire, peut-être parce que la faillite des politiques publiques y est plus criante qu'ailleurs, l'expression de cette angoisse est à la fois plus massive et plus tonitruante .

Chez nous, tout nourrit la colère. Le chômage, l'immigration et l'insécurité, bien sûr, mais aussi la paupérisation de la France « périphérique », le matraquage fiscal, l'asphyxie des classes moyennes ou la faillite de l'école… Elle s'alimente à gauche du ressentiment des « petits » contre les « gros », à droite du ras-le-bol contre les « assistés ». Rien ne l'endigue: ni les envolées moralisatrices à la sauce Vichy (Marine Le Pen n'est pas son père) ni les légitimes mises en garde contre un programme économique absurdement gauchisant, dont la mise en œuvre ferait courir de graves dangers au pays. La colère, c'est à cela qu'on la reconnaît, est mauvaise conseillère. Elle se rit des nuances, des objections et des arguments...

Il s'agit bien d'un «soulèvement contre le pouvoir», ou plutôt contre tous les pouvoirs - politiques, économiques, médiatiques - tous accusés pêle-mêle d'impuissance et, plus grave, d'indifférence aux malheurs des Français

Mais pour le citoyen qui veut dire sa colère, le vote FN est un vote « utile » : aucun choix ne fait plus de bruit que celui-là ; aucun bulletin ne permet de dire plus clairement à nos gouvernants ou à ceux qui veulent leur succéder: protégez-nous ou nous demanderons à d'autres de le faire! C'est aussi un vote par défaut: son objet premier n'est pas d'élire une personne ou de valider un programme, mais plutôt de se débarrasser de ceux qui ont échoué.

Vote d'adhésion? Vote de protestation? À l'aune des résultats du premier tour, la querelle, qui a fait les beaux jours de l'analyse politique, semble aujourd'hui un peu vaine. Vote d'insurrection serait sans doute plus juste, avec ce que ce mot comporte d'incertitudes et de risques vertigineux. Insurrection «républicaine», n'en déplaise aux lanceurs d'anathèmes, mais insurrection tout de même: il s'agit bien d'un «soulèvement contre le pouvoir», ou plutôt contre tous les pouvoirs - politique, économique, médiatique -, tous accusés pêle-mêle d'impuissance et, plus grave, d'indifférence aux malheurs des Français.

Parce que la déconfiture des socialistes la place en situation, demain, de conduire le pays, la droite est tenue à une responsabilité particulière. Elle a le devoir non pas d'opposer des imprécations à d'autres imprécations, mais de démontrer, arguments à l'appui, l'inanité du programme économique du FN, de la sortie de l'euro à la retraite à 60 ans. Le devoir aussi, par-delà les excès et les caricatures, d'entendre cette demande implicite qui sourd du vote Front national. Demande d'autorité, de courage, de constance, de cohérence et, pour tout dire, de dignité. Bref, de tout ce dont la politique s'est trop souvent dépouillée depuis des années.

Elle doit, sans fausse pudeur, revenir à ses fondements: l'autorité dans les fonctions régaliennes, la liberté dans le domaine économique, la protection dans le domaine social et culturel. Faire non pas de Marine Le Pen mais de la France son unique obsession. La considérer dans son âme, sa culture, son identité. Elle doit remonter aux sources de la démocratie, c'est-à-dire entendre la voix du peuple plutôt que celle des experts. Au moment où l'Histoire revient dans sa force tragique, la droite doit, en somme, se hisser à la hauteur de ce que fut notre récit national. «Soyez ce que vous devez être!», ont hurlé dimanche les électeurs. Que ceux qui ont des oreilles entendent. Demain, il sera peut-être trop tard…

Sources : Figaro et L'Opignon
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