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28 novembre 2015

FLASH - L'état d'urgence, un bon prétexte pour instaurer la dictature en France



État d'urgence et totalitarisme : un exemple flagrant d'abus et de violation des droits par une assignation à résidence et des persécutions de tous types, y compris physiques

Le Journal Officiel n° 0271 du 22 novembre 2015 nous apprend une nouvelle intéressante après les déclarations de notre Premier ministre qui avait fièrement annoncé à la suite des attentats du vendredi 13 que pour défendre le territoire et ses citoyens, il allait débloquer des crédits.

Je dois avouer que nous étions enchantés d’apprendre cette nouvelle en nous disant que celui qui affirmait que le Qatar et l’Arabie Saoudite n’étaient pour rien dans l’organisation et le financement du terrorisme, était le même qui affirmait renforcer le pouvoir de la police et de la gendarmerie, nous enfumait en vérité, une fois de plus.

Car chez M. Valls, l’enfumage est une déformation professionnelle, déjà cette affaire de jet privé pour aller voir un match de foot avec ses enfants en Allemagne aux frais du contribuable ne lui aurait posé aucun problème, si des malveillants ne l’avaient pas dénoncé. Ah ! Ces démocrates qui veulent l’égalité pour tous, quelle plaie.

Lorsqu’il parlait de la France comme d’une terre d’accueil pour les migrants, et qu’il faisait en sorte de condamner tout acte ou parole à caractère raciste et qui, aujourd’hui, comme disait J. Dutronc, « moi je retourne ma veste » :

"Nous ne pouvons accueillir encore plus de réfugiés en Europe, ce n’est pas possible", a déclaré M. Valls, selon la Süddeutsche Zeitung…

"L'Europe doit trouver des solutions pour que les migrants soient pris en charge dans les pays voisins de la Syrie. Sinon, l'Europe met en question sa capacité de contrôler efficacement ses frontières", a encore jugé M. Valls.

Sans oublier la menace de la culture européenne dans son ensemble et de ses valeurs judéo-chrétiennes qui deviendront ipso facto, minoritaires en une génération à peine, mais nous devrons remercier M. Valls et ses amis ancrés à gauche qui défendent comme de bons laquais des intérêts politiques bien éloignés de ceux du peuple français dans son ensemble.

Bientôt, Victor Hugo, Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, et toute notre culture aura autant de valeur que des antiquités égyptiennes à cause de la religion du démon que vénèrent nos politiques francs-maçons et vendus aux pratiques des messes noires.

Mais quel homme remarquable ce M. Valls, il déclare comme une vérité fondamentale, exactement ce que nous disons depuis le début, et il a eu le culot de nous traiter de racistes ?

De deux choses l’une, soit il est victime du syndrome du vide sidéral, soit de celui de l’hypocrisie ou de l’enfumage.

Au fait, a-t-il des diplômes pour diriger notre pays, et lesquels ?

Une licence d’histoire ! Mazette, je suis plus diplômé que lui, mais il a plus de pouvoir que moi qui n’en ai aucun… je pourrais être Premier ministre… quel malheur, Premier ministre d’un tel gouvernement fasciste de gauche, la honte ! Enfin, il serait préférable de ne pas évoquer la question des diplômes au PS, cela sentirait le soufre, paraît-il, jusqu’au ministère de la Justice.

Revenons à ce verbe qui porte en lui la définition sordide d’une escroquerie intellectuelle.

Il est vrai que le verbe : enfumer est à la fois une technique de céramique, et un terme idéologique peu courtois, mais davantage encore que son verbe homonyme qui passerait en douce par derrière pour visiter une partie plus intime du corps humain par traîtrise, en fait, enfumer, c’est faire la même chose qu’enculer avec plus de délicatesse, si l’on peut appeler cela de la délicatesse.

Enfumer le peuple, c’est craqueler la vérité sous ses yeux en lui faisant croire que c’est de l’art.

Et le peuple applaudit bêtement en restant persuadé que la langue fourchue du serpent politique est une absolue vérité ?

L’état d’urgence justifie les pleins pouvoirs d'un gouvernement en perte de vitesse que plus personne ne veut ; plus aucune manifestation, ni contestation n’est autorisée, les forces gouvernementales de police peuvent rentrer chez vous quand elles veulent, comme elles veulent, elles ont les pleins pouvoirs, pour peu que vous soyez dénoncés comme terroriste, ils viennent vous terroriser, vous menacer et même vous tuer, comme aux États-Unis, ils ont désormais les pleins pouvoirs.

Vous aviez cru être en démocratie ?

Vous vous êtes trompés, nous sommes dans une dictature décidée et mise en place sous prétexte de terrorisme, car les autorités n’ont plus le moindre compte à rendre aux citoyens, elles font ce qu’elles veulent et nous sommes soumis à leur volonté, est-ce cela une démocratie ?

Il sera bientôt temps pour fuir ce PS de malheur de demander un asile politique ailleurs pour respirer l’air librement, car, si le terrorisme a tué près de 150 victimes le vendredi 13 novembre 2015, le cancer, le Sida, les accidents de la route, l’ibuprofène, certains vaccins et j’en passe, en font bien davantage tous les ans sans pour autant qu’un état d’urgence soit prononcé et imposé aux Français, ni aucune démarche pour que cesse ces hécatombes.

Ne voyez pas ici un mépris pour nos victimes et leurs familles, bien au contraire, je compatis à la douleur des familles, j’ai écrit mon soutien, je mets une bougie tous les soirs pour accompagner les âmes des victimes, mais je relativise également et il faut penser à ceux qui restent et qui tentent de défendre la Démocratie des attaques monstrueuses qu’elle subie.

Désormais, le pouvoir a tous les droits, tous les opposants démocrates à ce régime dictatorial voté par nos députés, ceux que vous, citoyens avez voté pour qu’ils défendent vos intérêts, ces députés vous ont trahis, car ils servent avant tout leur parti, avant de servir les citoyens.

À présent, sur dénonciation, comme durant les périodes les plus sombres de notre république, la police d’intervention s’arroge le droit de vous attaquer chez vous, sans avoir à se justifier, à vous tirer dessus, à tirer sur vos enfants, à abattre vos animaux domestiques, c’est arrivé à Nice, c’est arrivé hier en Belgique, ils détruisent tout et s’en vont en vous laissant avec votre traumatisme et les dégâts sur vos biens, ils n’ont aucune responsabilité si ce n’est celle de défendre la nation ? Défendre la nation ? En attaquant des citoyens qui n’ont rien à se reprocher ?

Nous l’avons constaté depuis des années, les voyous qui se radicalisent dans les banlieues possèdent des armes de guerre et ne sont jamais embêtés, par contre, le citoyen inoffensif, on lui envoie les forces anti terroristes, c’est l’efficacité à la Française et c’est désormais ce que tous les contestataires de ce gouvernement risquent.

Valls attend de voter sa loi contre internet pour empêcher les démocrates de manifester leurs opinions comme je le fais, comme en Égypte, il est interdit en France de contester la version officielle de notre gouvernement. Et le pire, c’est que nous ne pouvons même plus manifester, il est interdit de manifester, c’est un crime.

- Comment osez-vous attaquer ainsi notre Premier des ministres ? hurlent déjà les socialistes peu convaincus par leurs cris geignards.

- Calmez-vous, je vous prie, socialistes intolérants à l’origine des plus terribles fascismes que l’Europe ait connus au XXe siècle ; en effet, pour ceux qui n’ont pas fait d’histoire comme notre Premier ministre, le « Nazional Socialismus » était fortement ancré à gauche, le communisme de Lénine à Staline était un fascisme de gauche. N’oublions pas que ce sont les socialistes qui ont donné les pleins pouvoirs à Pétain. De leur côté, les Occidentaux ont créé un fascisme de Droite, soyons objectifs, le pouvoir a toujours appliqué une autorité convenue, c’est à cet endroit que l’on peut se poser une question :

- A-t-on jamais été en démocratie ?

En tous les cas, pas en Europe de l’Ouest et encore moins dans notre démocratie socialiste où les libertés fondamentales de la démocratie nous sont retirées à la faveur d’attentats terroristes, qui restent encore à définir.

Enfin, revenons à ce qui nous occupe, la démocratie a mis à notre service un outil remarquable et consultable par chacun en France, juristes ou citoyens, juristes et citoyens, mais pour combien de temps encore, si les citoyens mettent leur nez là où il ne faut pas.

Cet outil, c’est le site : http://www.legifrance.gouv.fr/

Sur lequel tous les décrets, les lois de notre pays sont consignées, et dernièrement, le Journal Officiel n° 0271 du 22 novembre 2015 
texte n° 9 
Décret n° 2015-1514 du 20 novembre 2015 portant transfert de crédits nous annonce que le Premier ministre, Manuel Valls en personne, a annulé, “pour 2015, des crédits d'un montant de 850 000 € en autorisations d'engagement et en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret.”

Ces crédits étaient alloués à l’origine, pour 425 000 euros à la Police nationale et pour 425 000 euros à la Gendarmerie nationale, vont être redirigés vers la Direction de l'action du Gouvernement et plus précisément vers la Coordination du travail gouvernemental.

En clair, M. Valls supprime des budgets nécessaires qui auraient pu permettre à notre Police et à notre Gendarmerie de s’équiper, de payer des informateurs, de travailler dans des conditions honorables pour la sécurité du territoire et des citoyens de ce pays.

Ces 850 000 euros, seront donc redirigés vers l’organisation de réunions, avec des secrétaires d’État et des ministres, cela servira à financer des buffets, repas, frais de déplacement, d’hébergement, comptes rendu, primes, enfin, rien de bien utile pour lutter contre le terrorisme, surtout si on retire des moyens à ceux qui sont sensés faire ce travail indispensable.

Autant donner les clefs du pays aux assassins, et comme disait un philosophe de la « vérité si je mens », « C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ».

Comme nous l’avons constaté, Thomas Guénolé, politologue, enseignant à Sciences-Po et chroniqueur à RMC, limogé après son intervention par M. Valls le 20 novembre 2015, nous l’a très bien expliqué sur RTL, la chaine de commandement s’est montrée à la fois incompétente et parfaitement incapable dans la gestion du terrorisme sur notre territoire.

Thomas Guénolé a demandé à ce que les responsables démissionnent, comme le ministre de l’Intérieur, il a oublié de nommer M. Valls et son patron menteur pathologique qui, un jour, affirme que Bachar al Assad doit partir, le lendemain, il n’est plus notre ennemi et le surlendemain, il doit partir à nouveau ; le président qui joue à « plouf plouf », je pensais que ce n’était plus de son âge, mais voyez comme tout le monde peut se tromper.

En dehors de la gestion infantile de ce souhait, si Bachar doit partir, qui va le remplacer, DAESH ?

Car nos gouvernants si intelligents ont dit l’exacte même chose de Sadam Hussein, puis de Kadhafi, nous avons vu le résultat, deux pays à feu et à sang, et pillés par les USA, comme par hasard.

Pourquoi notre bon François ne dit pas aux Français que ceux à qui il a vendu notre pays ne supportent pas l’idée que Bachar al Assad ait signé un accord avec les Iraniens pour construire un pipeline qui transporterait des hydrocarbures en concurrençant les Saoudiens et les Qataris qui font leur fortune en nous vendant les leurs ?

Pourquoi ces millions d’animaux préhistoriques, et ces forets, avaient-ils à mourir dans le désert saoudien ?

Allez, nous n’allons pas blâmer les dinosaures pour les fautes des humains, mais nous pouvons blâmer nos élites pour faire le jeu d’assassins et de terroristes pour justifier leurs mauvaises actions.

Dernièrement, je lisais qu’Hilary Clinton, et qui ne doit pas rire souvent, déclarait que DAESH était une pure création des USA, nous savons que c’est vrai, seul M. Valls l’ignore encore ou feint de l’ignorer, quel historien...

Donc, lorsque notre François déclare faire la guerre à DAESH, déclare-t-il la guerre à l’Amérique ?

Si tel est le cas, pourquoi fait-il la guerre à la Syrie ?

Je suis un peu perdu, d’autant que la gestion de crise nous montre que les ennemis de la France ne sont pas les terroristes, mais les citoyens de ce pays auxquels on retire leurs droits fondamentaux, dont celui de l’expression, de la presse libre et officielle, leur droit de circulation, leur droit d’être français et d’exprimer un avis.

Il me semblait que notre bon François, dans le sens de « gentil », vous l’aviez compris, mais il est loin d’être gentil, avait invité ses camarades présidents assassins, terroristes, coupeurs de tête, enfin, une belle brochette de chefs qui haïssent la liberté d’expression, comme la liberté elle-même, et qui ont défilé ensemble en se serrant les coudes, dans une rue vide, en faisant croire qu’ils accompagnaient la foule de citoyens qui défilaient pour la liberté d’expression. Pris la main dans le sac par un photographe allemand qui a publié ce document compromettant et indiquant un nouveau mensonge de notre exécutif bien trop lâche pour affronter la foule pacifique, mais un pigeon a sauvé l’honneur des victimes de Charlie en s’oubliant sur l’épaule de François, pour lui montrer que sur plus de 4,5 millions citoyens présent ce jour-là, le seul à être bombardé de fiente était notre François. Voici en quelle haute estime le porte même Mère Nature, d’autres parleraient d’un signe de Dieu.

Mais où est-elle ?

Qui ça ?

Merkel ?

Non, la liberté d’expression ?

Elle a quitté la France…

C’est malheureusement ce que nous constatons avec beaucoup d’amertume, d’ailleurs, je me demande si cette note va rester sur mon blogue, dans combien de temps les sbires de Valls vont venir briser mon logis et me mettre une arme sur la tempe, enfin plutôt combien de temps faudra-t-il aux Trolls de la brigade Valls pour faire sauter cet article, parce qu’il n’est pas bon pour le pouvoir de se faire critiquer. Quand nous étions enfants, nous avions l’habitude de dire :

- Il n’y a que la vérité qui blesse !

M. Valls est-il si blessé qu’il censure dès à présent des sites internet de tribune libre ?

Comme je le signalais dans une précédente publication, bientôt celui qui a refusé la liste des terroristes présents sur notre territoire et qui devrait remettre sa démission immédiatement, va certainement mettre en place des camps de redressement pour intellectuels, artistes, rédacteurs, écrivains, en France, dont nous faisons, dont je fais partie pour oser écrire de tels articles.

Nous vivons une époque formid…Diable !

  • Un pouvoir hors la loi, un Etat hors contrôle

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la Ve République présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Cette fuite en avant sécuritaire est porteuse de nouvelles crises. Qu'un gouvernement socialiste en soit l'acteur renvoie aux pires jours de la IVeRépublique sous Guy Mollet.

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la Ve République a donc radicalement changé. La voici qui présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Qu’il est donc loin, « l’esprit du 11 janvier », célébré au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo puis de la tuerie antisémite au magasin HyperCasher de Vincennes !

Ce 11 janvier 2015, la société française se levait en masse, à l’occasion des plus grandes manifestations jamais survenues depuis l’après-guerre. Nous avions appelé à y participer(lire notre article ici), non pas pour célébrer une quelconque « union sacrée », dont l’histoire nous enseigne qu’elle mène à la catastrophe, mais pour rendre hommage aux victimes, en premier lieu, et pour être de cet immense réveil citoyen qui submergea alors la simple parole politique.

Les ambiguïtés, les dissonances, les contradictions de ces rassemblements furent relevées et débattues. Mais au moins la société était-elle là, en première ligne, dans sa force et sa diversité, mettant au défi l’ensemble de la classe politique d’élaborer des réponses radicalement nouvelles, qui ne répètent pas les erreurs tragiques du passé. Celles commises par l’administration Bush au lendemain du 11 septembre 2001. Erreurs d’ailleurs inspirées par un autre naufrage, français celui-là : les pouvoirs spéciaux accordés à Guy Mollet en 1956 et l’engloutissement de la IVe République dans la guerre d’Algérie (pour rappel, les conseillers de Rumsfeld, ministre de la défense de Bush, étudièrent de près la bataille d’Alger).

Ce pouvoir, qui semble se résumer depuis le 13 novembre à trois hommes, François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, n’a donc rien appris, rien retenu des crises passées qui aujourd’hui encore nous poursuivent. Le naufrage républicain de la guerre d’Algérie, le naufrage démocratique de l’après-11-Septembre : que faut-il donc de plus pour que ce pouvoir comprenne qu’il prend le risque de précipiter le pays dans une zone de risques où, à la crise politique, se surajouteraient des déflagrations sociales ?

Il y a quelques mois seulement, au lendemain des attentats du 7 janvier, deux hommes avaient cadré les enjeux, et sans doute – avec beaucoup d’autres – endigué les tentations de fuite en avant du pouvoir. Le premier est Robert Badinter, qui avertissait alors : « Les terroristes nous tendent un piège. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis. » Le second est Dominique de Villepin : « Résistons à l’esprit de guerre. La guerre contre le terrorisme ne peut pas être gagnée, il n’y a pas de contre-exemple. Il faut une stratégie politique et une capacité à penser au-delà. »

Parleraient-ils aujourd’hui que ces deux anciens responsables politiques seraient au mieux ignorés, au pire accusés de laxisme, angélisme, traîtrise, irresponsabilité… Toutes ces formules qui, quand elles ne sont pas formulées directement par le gouvernement, sont énoncées par des médias ayant aussitôt revêtu l’uniforme et brandi le drapeau tricolore.

N’en déplaise à Robert Badinter et Dominique de Villepin, voilà donc la France précipitée et dans la guerre, et sous un régime d’exception. C’est le choix d’un pouvoir faible, inquiet, qui par cette violente fuite en avant tente de se sauver en se barricadant derrière l’état d’urgence. L’état d’urgence de douze jours (tel que limité par la loi de 1955) aurait pu être exclusivement motivé par des impératifs sécuritaires. Complété, renforcé et prolongé de trois mois (voire plus, disent déjà des responsables), le voilà destiné à deux autres fonctions : museler la société en installant durablement cet état de peur qui tétanise ; interdire ou à tout le moins limiter les indispensables questionnements sur les choix politiques faits depuis des années.

Au-delà de l’engagement du pays dans une guerre – choix jamais véritablement discuté et expliqué –, la réponse au terrorisme est donc la mise entre parenthèses de notre démocratie. Après l’État de droit, voici l’État hors la loi. C’est un choix revendiqué par le Premier ministre. Se sentant sans doute à l’étroit entre François Hollande et Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a bruyamment défendu l’instauration de ce régime d’exception, tout à son rôle de « Monsieur + ».

Un abandon de l'Etat de droit signifié au Conseil de l'Europe

D’abord en demandant aux députés qui examinaient la nouvelle loi sur l’état d’urgence de « ne pas faire de juridisme ». « Avançons ! », a-t-il insisté pour faire taire les rares parlementaires qui s’inquiétaient de dispositions liberticides en rien liées à la lutte contre le terrorisme. Le premier ministre n’a pas eu à insister tant le parlement avait hâte de s’incliner, et ce jusqu’aux députés communistes qui ont voté sans rechigner l’état d’urgence comme ils avaient voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956. « Jamais dans un passé récent des décisions aussi graves n’auront été approuvées avec une telle célérité par les parlementaires de droite comme de gauche. Tous prétendent commander aux événements ; ils ne font que s’y soumettre car ils ont peur », note l'universitaire Olivier Le Cour Grandmaison.

Ensuite, Manuel Valls a pris soin de prévenir les mêmes parlementaires qu’ils devaient se garder de saisir le conseil constitutionnel, car cette loi d’exception ne passerait pas le filtre de la loi fondamentale. « Il y a des mesures qui ont été votées à l'Assemblée nationale qui ont une fragilité constitutionnelle », a-t-il expliqué aux sénateurs. « Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites. » Parmi ces points : la mise sous bracelet électronique d’une personne condamnée pour terrorisme et ayant purgé sa peine depuis moins de huit ans ; et la possibilité d’une dissolution administrative des associations…

Enfin, cet abandon de l’État de droit a été officialisé par la France auprès du Conseil de l’Europe. Dans une lettre à cette institution, le gouvernement annonce qu’il assume de s’affranchir de la Convention européenne des droits de l’homme. Une telle demande de dérogation est obligatoire pour pouvoir éviter d’éventuels procès devant la Cour européenne des droits de l’homme. Du coup, le pouvoir reconnaît que « certaines d’entre elles (les mesures liées à l’état d’urgence) sont susceptibles d’impliquer une dérogation aux obligations » de la convention européenne.

Cet état d’urgence installe un État hors contrôle. Au-delà des minces barrières de la justice administrative, telles que définies dans le nouveau texte, l’appareil d’État est libéré de toute contrainte et tout contrepoids. Ces quinze derniers jours en ont déjà donné l’illustration. Confiées aux seuls préfets, les décisions de perquisitions administratives et d’assignations à résidence ont provoqué une surenchère zélée.

« Oui, c’est une pêche au chalut ! », reconnaissait un préfet cité dans cette enquête de Mathilde Mathieu. Près de 300 personnes et plus de 1 600 perquisitions ont été conduites depuis le 13 novembre : des personnes enregistrées comme « fiches S », mais aussi des maraîchers bios, des squatteurs, des militants associatifs, des activistes du climat… Un ratissage large, permettant aussi aux forces de police de régler hors procédure judiciaire de vieilles affaires (stupéfiants, petite et grand délinquance) et aux renseignements de peaufiner la surveillance de tel ou tel groupe (lire ici notre observatoire « L’état d’urgence dans tous ses états »).

L’administration est très vite allée plus loin que ce que le texte d’exception autorise. Des mouvements sociaux ont été ciblés, des territoires entiers deviennent zones interdites (c’est le cas du plateau de Saclay – lire ici). « La lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante. Comme nous l’avions craint, l’état d’urgence s’accompagne de mesures de plus en plus arbitraires, note ce vendredi la Ligue des droits de l’homme. Le ministre de l’Intérieur perd ses nerfs, confond et assimile le mouvement associatif au terrorisme. »

Par une circulaire du 25 novembre révélée par l'AEF, le ministère de l’intérieur tente de freiner un zèle administratif et policier produisant des incidents en série. « C’est parce que la perquisition administrative porte particulièrement atteinte aux libertés individuelles des personnes que les policiers et gendarmes sont tenus d’être exemplaires », écrit Bernard Cazeneuve. Mais les motifs de perquisition demeurent aussi larges et flous : « des raisons sérieuses de penser que le lieu est fréquenté par une personne dont le comportement menace l’ordre ou la sécurité publics. » Tout comme le simple « comportement » d’une personne peut motiver son assignation à résidence.

Campagne caricaturale

Manuel Valls n’en a cure. Endossant le nouveau programme présidentiel énoncé devant le parlement réuni en congrès, et qui puise massivement dans les projets de la droite comme de l’extrême droite, le premier ministre est le metteur en scène de cette hystérie sécuritaire qui inquiète plus qu’elle ne rassure. « La France mènera une guerre implacable » ; « éradiquer »,« anéantir » Daech ; « ennemi intérieur » ; « nous sommes tous au front » ; « cette guerre sera longue » ;« extraordinaire travail des forces de l’ordre » : Manuel Valls chef de guerre écarte toute question ou hésitation.

Toute interrogation, par exemple sur la politique étrangère de la France ou encore sur la désorganisation profonde de notre appareil de renseignement (lire Un ex-directeur de la DGSE: «On a baissé la garde sur le renseignement humain»), est aussitôt disqualifiée : pas de « culture de l’excuse », pas de « culture de la repentance ». Quand le gouvernement, après les attentats de janvier, en appelait – non sans réserves – à la société, celle-ci est désormais sifflée pour se ranger dans le rang et sommée de s’adonner à la ferveur patriotique.

Le résultat ? Cette caricaturale campagne gouvernementale qui voudrait réduire notre participation à l’hommage à toutes les victimes du 13 novembre, à un drapeau bleu, blanc, rouge à télécharger et à accrocher à sa fenêtre, à un « Faites un selfie en bleu, blanc, rouge » et à une pensée Twitter en 140 signes sur le hashtag #FiersdelaFrance. Choquante, la soudaine nationalisation d’une douleur partagée par la société interroge sur les arrière-pensées politiques d’un pouvoir aux abois. « Je suis révulsé par l’étatisation de l’émotion, par son appropriation par ceux-là mêmes dont le destin politique ne tient plus qu’à son instrumentalisation permanente », note Philippe Aigrain, l’un desresponsables de la Quadrature du Net.

Cette construction dans l’urgence d’un régime d’exception ne réglera pas la question sécuritaire. Pas plus que ne l’ont réglée les dix lois visant à lutter contre le terrorisme adoptées depuis 2001. Nos libertés menacées par l’arbitraire de l’État, notre démocratie mise sous cloche, l’effacement des repères politiques dans un pays gangréné par l’extrême droite… Ces décisions sont porteuses d’autres crises. En 1955, l'état d'urgence fut rapidement jugé insuffisant. Il fallait encore et encore élargir les pouvoirs de la police et de l'armée : ce fut, un an plus tard, les pouvoirs spéciaux. Avec ces derniers, un président du conseil socialiste, Guy Mollet, donnait le signal du naufrage de la IVeRépublique et, avec elle, d’une gauche française déshonorée. François Hollande et Manuel Valls empruntent la même pente.

Source : Médiapart
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