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15 mai 2015

La finance, une route vers notre ruine

S'excuser et continuer, telle est la ruse utilisée par les sociétés trichant sur leurs impôts. Les banques ne font pas exception. Le scandale HSBC de 2007 où 106 000 clients de plus de 200 pays ont caché des centaines de millions d'impôts n'a entraîné la condamnation que d'une seule personne. Quand si peu est fait, est ce que cela vient d'une faiblesse des autorités face à des lois financières inextricables ou bien nous cache-t-on quelque chose ?

Le lanceur d'alerte Hervé Falciani a redéfini la compréhension britannique des forces en jeu. Qu'une banque puisse aider un client à frauder en lui proposant un compte secret en Suisse était, à l'époque, inconcevable. Mais cela allait plus loin. Falciani a aussi révélé que beaucoup d'autres banques proposaient les mêmes techniques de fraude.

C'est quelque chose de familier aux États-Unis. En 2012, la US Bank s'assurait que ses clients échappent aux taxes sur les profits boursiers tirés des fonds spéculatifs en utilisant une filiale de la banque en Europe, tout cela avec le soutien gouvernemental.

Ainsi, la US Bank a caché 17,2 milliards de dollars sur des comptes offshore. Entraînant environ 4,3 milliards de dollars d'évasion fiscale. Juste avant 2012, le géant bancaire venait de recevoir une subvention ahurissante de 1,3 trillion de dollars de la part de la Réserve fédérale et du Département du Trésor US.

Même histoire pour Citygroup. Plaçant 42,6 milliards de dollars sur des comptes offshore, provoquant des pertes fiscales de 11,5 milliards de dollars, alors qu'elle venait de percevoir 2,5 trillions de dollars de subventions de l'État. Cela reflète l'intime complicité de la relation de l'État avec les banques. Cela ne date pas d'aujourd'hui, mais le rapport de force tourne en défaveur de l'État.

L'industrie bancaire américaine a démarré à la suite d'un événement connu sous le nom de la Panique de 1907. Les initiateurs de cette panique bancaire furent quatre banquiers privés, J.D Rockefeller, J.P Morgan, Paul Warburg et le baron Rothschild qui ont entraîné la chute des principales banques et trusts. Ces banquiers décidèrent de rassembler leurs fortunes pour établir une banque privée, à 100%. Cette banque créerait l'argent et le prêterait au gouvernement, à ses conditions. Le Sénat s'est fermement opposé à cette idée mais, en 1910, les quatre banquiers ont écrit la loi sur la Reserve fédérale en secret et cette proposition de loi fut poussée au Congrès par leurs alliés. En 1913, grâce à un effort considérable de lobbying politique et financier auprès du président Woodrow Wilson, la loi a été votée et la Réserve fédérale voit le jour.

Pour bien comprendre les manipulations bancaires, il faut comprendre comment ils font tourner les planches à billets au maximum.

Un bon exemple est le compte rendu légal d'un procès dans le Minnesota en 1969. Dans ce cas, opposant la Première Banque nationale de Montgomery au défendant Jerome Daly, celui-ci, un avocat se représentant lui-même, s'est opposé à la saisie de sa maison hypothéquée selon le principe que la banque n'avait pas utilisé de l'argent réel pour son prêt. Quand le président de la banque, M.Morgan, prit la parole, il admit, à l'étonnement général, que la banque avait créé de l'argent à partir de rien pour le prêter mais que c'était une pratique bancaire normale.

Finalement, la cour a rejeté la demande de saisie et le défendant put garder sa maison. Mais cette décision n'était pas suffisante pour réformer cette pratique bancaire. Elle restait donc monnaie courante et l'on continue encore à se demander comment ce traitement privilégié est possible.

Au Royaume-Uni, la banque d'Angleterre confirme la mainmise des banques privées sur l'économie, sans contrôle. Dans son analyse de 2014 intitulée "La création d'argent dans l'économie moderne", elle confirme que la manière dont on enseigne la création de monnaie en économie est biaisée. C'est lorsque les banques prêtent qu'elle créent de la monnaie..

Cela est expliqué par Richard Werner, un économiste et professeur, dans son livre La création monétaire dans l'économie moderne. Il écrit : L'extension du crédit par les banques n'enlève aucun pouvoir d'achat ni ne ponctionne sur les ressources de qui que ce soit dans l'économie. Strictement parlant cela ne peut pas être décrit comme un prêt. Les banques ne prêtent pas l'argent qu'elles ont dans leurs coffres, elles le créent.

L'organisation Citoyens pour la justice fiscale a remarqué que 15 des 500 plus grandes sociétés n'ont payé aucun impôt sur leurs profits de 23 milliards de dollars pour 2014 seulement, et n'ont payé quasiment aucune taxe sur leurs bénéfices de 107 milliards de dollars en 5 ans. Parmi ces grands bénéficiaires fiscaux on trouve General Electric, le fabricant de jouets Mattel et les géants médiatiques Time Warner et CBS.

C'est en utilisant des failles légales que ces compagnies ne payent que 0 à 15% d'impôts au lieu du taux normal de 35%. Le FACT (Responsabilité financière et la transparence des entreprises) a estimé les pertes fiscales à 150 milliards de dollars par an, soit 1,5 trillion de dollars sur dix ans. L'influence des lobbys sape aussi la bonne gouvernance. Wells Fargo, par exemple, a investi des millions de dollars en lobbying pour influencer les lois en 2009 et 2012, au moment où les législateurs pensaient mettre en place des mesures sur les saisies immobilières et la réforme des impôts sur la propriété.

Une étude datant de 2014, de Martin Gilens, un professeur à l'université de Princeton, intitulée Analyse des théories de la politique américaine, conclut ainsi : les élites, les groupes d'intérêt et le citoyen moyen sont les facteurs d'influence de la réglementation publique. A partir de données récoltées de 1981 à 2002, le rapport étudie le système politique américain selon trois points de vue. Celui des citoyens moyens, celui de l'élite économique et celui des groupes de pression organisés, qu'ils soient basés sur l'économie ou sur le social. A la suite de l'étude de 1800 décisions politiques au cours de cette période, en fonction de chacun des groupes, la conclusion fut que la politique américaine est dominée par son élite économique.

Les chercheurs concluent : Le point central qui émerge de notre recherche est que les élites économiques et les groupes organisés représentant des intérêts commerciaux ont un impact important sur la politique gouvernementale alors que les groupes organisés basés sur le social ou les citoyens moyens n'ont que très peu ou pas du tout d'influence.

Les chercheurs en déduisent que les décisions gouvernementales rencontrent rarement les préférences de la majorité de la population et expriment par contre, et de manière très forte, les intérêts particuliers des groupes économiques : Quand une majorité de citoyens est en désaccord avec les élites économiques ou les groupes d'intérêt, en général, ils perdent. Et même, à cause du fort statu quo qui existe dans le système politique, lorsqu'une large majorité d'américains est en faveur d'un changement de politique, elle ne l'obtient pas.

L'ère Reagan des années 1980 est perçue comme celle de l'âge d'or de la libre entreprise capitaliste. En réalité, cette ère dure encore. Les banques débordent de leur sphère d'activité en saisissant des biens publics pendant que le gouvernement ferme les yeux. Morgan Stanley a importé 4 millions de barils de pétrole, rien qu'en juin 2012. Goldman Sachs a entreposé de l'aluminium dans des entrepôts de Détroit, continue à posséder et à gérer des aéroports dans de nombreux pays et à faire de vastes profits sur les routes à péage aux États-Unis, à Puerto Rico, en Inde et en Australie.

L'exemple de l'autoroute du Colorado est typique. Le contrat portant sur 50 ans, couvrant 18 miles (29 km), est approuvé par le Sénat du Colorado le 20 février 2014. Selon les termes du contrat les sénateurs et représentants du Colorado n'étaient pas autorisés à lire le contrat avant de le signer, ni à l'amender ni à le voter. Goldman Sachs ne mettra pas un rond dans cet investissement de 552 millions de dollars qui seront pris sur l'argent du contribuable alors que cette banque tirera tous les profits des droits de péage.

Les défis sont monumentaux mais vains, tant qu'il n'y aura pas de volonté politique pour empêcher ces multinationales d'échapper à la loi. Seulement alors pourrons-nous redonner un peu de crédibilité au mot démocratie, mot qui vient du grec et veut dire dirigé par le peuple.

Article traduit sur Counter Punch



Quand nous prenons des déclarations ou des évènements dispersés, nous n’y prêtons pas trop d’attention, car il a toujours un semblant d’explication officielle. Si on relie tous ce qui circule avec les dates, et le laps de temps, où ces évènements sont sensés survenir, on peut s’interroger. Donc une fois les points connus reliés, qu’avons nous? C’est ce que nous propose Merlin, qui s’est penché sur le sujet. Ça ne veut peut être rien dire, mais quand il y a un peu trop de coïncidences et d’avertissements, pouvons nous parler de hasard ? C’est à vous de voir….

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