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31 mai 2015

FLASH - Un épuisement des ressources naturelles très préoccupant

L’exploitation des ressources naturelles comme les terres fertiles, l’eau, le bois, les minerais a augmenté de 50% dans le monde depuis 30 ans. Un seuil a été atteint en 1987, date depuis laquelle notre consommation s’élève à un niveau tel que les capacités de renouvellement des ressources sont compromises... Nous consommons trop, et la planète ne peut pas suivre. Pire, ces chiffres cachent de larges inégalités d’accès aux ressources et de consommation entre pays riches et pays pauvres et au sein d’un même pays.

Matières premières, énergie, réserves d’eau, forêts,… Les ressources naturelles s’épuisent malheureusement de plus en plus en raison de l’activité humaine et des dégradations qu’elle entraîne. Le risque de pénurie nous guette, mais il est encore temps d’agir. Nous vous proposons dans cet article de faire un bilan de l’état de nos ressources naturelles.

La demande de matières premières (métaux, minerais…) est particulièrement importante depuis l’émergence de pays comme la Chine ou l’Inde. Mais les réserves sont limitées ce qui annonce de graves pénuries dans certaines filières. La Chine exploite entre 22 et 33% des principaux métaux disponibles, alors que son sous-sol ne contient que 8% des réserves. Les réserves mondiales de métaux précieux tels que l’uranium, l’argent, l’indium,… sembleraient ne perdurer que de 13 à 59 ans selon les métaux. Cela devient déjà problématique quand on sait que les réserves de certains métaux sont insuffisantes pour assurer la généralisation des nouvelles technologies qu’ils ont permis de mettre au point. De plus, l’importante expansion de la sidérurgie chinoise, qui produit à l’heure actuelle 1/3 de l’acier mondial, est à l’origine de l’explosion de la consommation de minerai de fer, celle-ci ayant atteint 1300 millions de tonnes en 2005. Conséquence : les prix de ce minerai ont doublé depuis 2002. Quant au plomb, sa demande est passée de 2 à 20% entre 2003 et 2007 et son prix s’est multiplié par 8 ! Pourquoi ? En raison de la forte hausse des besoins en batteries.

L’un des plus grands défis de demain va être de trouver l’énergie capable de remplacer les combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) car, ces sources d’énergie qui représentent 81% de la consommation énergétique mondiale ne sont pas inépuisables alors que le demande ne cesse d’augmenter. De plus, des experts annoncent que la production de pétrole diminuera inévitablement d’ici à 2030. La flambée du prix du baril ne semble que commencer. Deux facteurs qui vont très rapidement avoir de graves conséquences sur la croissance mondiale, d’où l’importance de trouver au plus vite un véritable substitut. Contrairement aux idées reçues, le gaz ne pourra pas prendre cette place puisque ses réserves mondiales ne permettraient encore que 63 ans de consommation à un rythme identique à celui d’aujourd’hui.

Ressources indispensables à la vie humaine, les réserves d’eau diminuent elles aussi de façon trop importante. Cela devient particulièrement inquiétant quand on sait déjà que la moitié des êtres humains vivent dans une zone où les réserves d’eau douce diminuent. En 2000, la consommation mondiale d’eau était d’environ 4 milliards de mètres cubes par an et dépassait donc déjà les capacités de renouvellement des réserves. Depuis, ce chiffre n’a cessé de croître. En France, régulièrement victimes de sécheresse, cinq départements ont un approvisionnement en eau préoccupant : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le Var, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. La baisse du niveau des nappes phréatiques est encore bien plus inquiétante dans d’autres pays comme le Tchad, le Nigeria, le Cameroun, le Mexique, la Chine, l’Amérique du Nord,… Et pourtant, il faut 2000 litres d’eau par jour pour nourrir un être humain. Derrière ce chiffre sont comptabilisés les 2 litres d’eau qu’il boit par jour en moyenne et les 2000 litres que nécessite la chaîne agroalimentaire qui fabrique sa nourriture. En pleine croissance économique, l’industrie chinoise consomme actuellement 3 à 10 fois plus d’eau que les pays occidentaux, selon les secteurs, alors que la Chine ne dispose que de 7% des réserves d’eau mondiales et qu’une quantité effrayante de ses habitants est privée d’eau potable.

Pourtant indispensables à la préservation de la biodiversité et à l’absorption d’une partie des gaz à effet de serre, les forêts sont continuellement dégradées par l’activité humaine (-0.2% par an), et ce, principalement en Afrique et en Amérique du Sud. 150 millions d’hectares de la forêt amazonienne ont disparu depuis 1970, soit 15% de sa surface initiale. Un tiers de la deuxième forêt du monde (celle du bassin du Congo) a été confié à des exploitants qui génèrent 5 à 12% du PIB des pays de cette région. Mais seulement 0,5% de cette exploitation bénéficie d’un label de gestion durable mis au point par les grandes ONG et visant, entre autres, à planifier les coupes et à sortir d’une logique d’abattage sauvage. Les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil et le Canada sont les principaux producteurs de bois. La moitié de cette production est utilisée en bois de chauffage, l’autre fournit l’industrie. Quant aux besoins, ceux des pays occidentaux diminuent, ceux de l’Amérique du Sud et de l’Afrique restent stables, tandis que ceux de l’Asie explosent faisant de la Chine le premier importateur mondial de bois.

Enfin, la superficie des terres agricoles diminue alors que le nombre de bouches à nourrir augmente : la planète ne compte qu’environ 1,4 milliards d’hectares de surfaces cultivables pour nourrir 6,7 milliards de personnes, soit 0,2 hectare par individu. De plus, les surfaces diminuent avec le développement de l’urbanisation, les prélèvements d’eau excessifs,… Sans compter que la fertilité d’une partie des terres agricoles se dégrade, en particulier dans les régions pauvres. La seule solution pour éviter la famine sera une très forte augmentation des rendements agricoles.

Source : ABC Vert
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