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25 janvier 2015

Auschwitz, la solution finale

Auschwitz, le lieu du plus grand génocide au monde… Pourtant, peu nombreux sont ceux qui connaissent la véritable et surprenante histoire de ce lieu d’abomination, ni son importance dans la « Solution finale » envisagée par les Nazis. Auschwitz, par son mécanisme de destruction systématique, est devenu à la fois le microcosme de l’Etat Nazi et la conséquence logique du regard déformé qu’Hitler portait sur le monde. Associant des images d’archive rares, des images en CGI du camp de concentration, et la reconstitution des grandes prises de décision, cette série documentaire déroule l’histoire d’Auschwitz et de sa terrible idéologie. A Auschwitz, plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants ont été systématiquement assassinés. Mais pourtant, bien que la majorité des victimes ait été juive, le camp n’avait pas été conçu à l’origine pour « régler » le problème juif. Reposant sur l’étude des documents et des plans découverts après l’ouverture récente des archives d’Europe de l’Est, la série documentaire Auschwitz relate l’évolution du camp et révèle la mentalité des Nazis qui l’avaient créé et le dirigeaient.

Episode 1 - Des débuts surprenants.

« J’ai vu un SS, un jeune officier, marcher autour de la carrière, un pistolet à la main. C’était du pur sadisme. ’Chiens ! Damnés communistes !’ Et de temps à autre, il pointait son arme et tirait. » Jerzy Bielecki, prisonnier politique, Polonais, Auschwitz.

le Commandant du camp, Rudolf Höss arrive dans la ville polonaise, chargé d’y construire un nouveau camp de concentration, ayant pour finalité de détenir et de terroriser toute personne résistant à l’occupation nazie de la Pologne. En 20 mois, plus de la moitié des 23000 Polonais déportés à Auschwitz meurent.

Auschwitz est conçu pour des projets plus ambitieux. Sa proximité avec des gisements de charbon, de chaux et des réserves d’eau abondantes, intéresse particulièrement le conglomérat industriel allemand, I G Farben. Très vite, le ReichFürhrer SS Heinrich Himmler accepte l’extension massive du camp, afin de fournir les esclaves nécessaires pour la production de caoutchouc synthétique, et à terme, pour la construction d’une nouvelle ville modèle allemande. Mais les plans d’Hitler et de Himmler pour la « germanisation » totale de l’Est prennent une nouvelle dimension avec l’invasion de l’Union Soviétique en 1941, et l’arrivée à Auschwitz de centaines de prisonniers de guerre soviétiques. Himmler va alors recherche de nouvelles méthodes d’extermination de masse.



Episode 2 - Ordres et initiatives

« Je voyais tout ce qui se passait… Un SS est monté sur le toit plat du bâtiment, a mis un masque à gaz, a ouvert un loquet et à laisser couler de la poudre. » (Józef Paczynsk , prisonnier politique, Polonais)

Rudolf Höss dira plus tard qu’il obéissait simplement aux ordres. Mais beaucoup de ceux impliqués dans la « Solution finale », il a largement agi de sa propre initiative lors du processus de massacre, notamment pour la recherche de moyens plus efficaces d’extermination.

En octobre 1941, les plans de construction du nouveau camp Auschwitz-Birkenau, destiné à recevoir 100000 détenus dans d’atroces conditions, sont modifiés pour pouvoir recevoir davantage de prisonniers. Mais aucun espace supplémentaire n’est cependant créé pour les 30000 personnes supplémentaires. Les prisonniers soviétiques souffrent particulièrement de la brutalité nazie. A cette date, de nombreux juifs allemands sont envoyés au Ghetto de Lodz en Pologne, avant leur destination finale. A Auschwitz, Höss réalise que le site du crématorium ne convient pas pour des meurtres de masse, les hurlements ne pouvant être facilement étouffés. Avec ses collègues, il décide d’utiliser une ferme éloignée pour perpétrer ses crimes. Malgré leurs innovations, les méthodes improvisées ne permettent pas de suivre l’horrible rythme imposé par la « Solution finale », qui vise désormais des millions de personnes venues de toute l’Europe.



Episode 3 - Les usines de la mort

« Quand le véhicule surmonté de la mitrailleuse est arrivé, le silence est tombé, un silence terrible. Ma mère était sur la première rangée de femmes, et elle nous a averti du regard. Michel pleurait. C’est la dernière image que je garde de ma mère. » Annette Muller, qui raconte la séparation des enfants et de leurs parents, au camp de Beaune-la-Rolande en France

L’année 1942 marque un tournant dans la « Solution finale », alors que les Nazis ratissent toute l’Europe de l’Ouest, allant même traquer les Juifs jusque dans les Iles britanniques. La France est le premier pays occidental à déporter les Juifs qui résident sur son territoire. Le Gouvernement de Vichy passe un accord avec les SS pour livrer les Juifs “étrangers” vivant sur son sol, mais n’ayant pas la citoyenneté française. Plus de 4000 enfants juifs sont arrachés à leurs parents, déportés à Auschwitz, où ils meurent à leur arrivée dans les chambres à gaz. Même la Grande-Bretagne occupée déporte des Juifs, comme à Guernsey. Himmler choisit cette année-là de nouveaux camps pour massacrer de nouvelles populations juives. Treblinka en fait partie. Ce camp d’extermination sera adapté pour permettre aux massacres de prendre une nouvelle ampleur. A Treblinka, 99% des déportés sont morts deux heures après leur arrivée. Malgré les réticences de certains soldats allemands, comme le Lieutenant Albert Battel, qui empêche la déportation de Juifs polonais et parvient à en cacher certains dans la caserne, rien ne peut arrêter la « Solution finale ». En mai 1943, le terrifiant Dr Josef Mengele, « l’Ange de la mort », arrive à Auschwitz...



Episode 4 - La corruption

1943 : 45 camps secondaires sont implantés dans la région d’Auschwitz, fournissant la main d’oeuvre pour les usines d’armement et autres industries. Le camp d’Auschwitz-Birkenau est au centre de cette toile d’araignée, exploitant une source de revenus encore plus sinistre : les objets de valeur et vêtements de déportés Juifs qui leur sont arrachés avant leur mort. La corruption règne dans les camps, et peu de ces revenus parviennent jusqu’aux coffres du Troisième Reich. Malgré les lois raciales strictes, des liaisons sexuelles, parfois sentimentales, entre prisonniers (qui trouvent là le moyen de survivre) et SS se produisent. La corruption est hors de contrôle. Himmler finira par autoriser l’ouverture d’un bordel dans le camp principal. A la même époque, Mengele utilise les détenus d’Auschwitz pour d’abominables expériences pseudo-scientifiques, notamment en génétique.



Episode 5 - Frénésie meurtrière

« Si vous devez sauver votre vie, vous essaierez de toutes les manières possibles, y compris criminelle s’il le faut, mais vous devez la sauver. Votre vie est votre priorité. Quoi que les gens disent, c’est de vous-même dont vous êtes le plus proche. » Eva Speter, survivante juive-hongroise de la « Solution finale »

1944 est l’année la plus importante dans l’histoire d’Auschwitz. C’est l’année qui connaît le plus de massacres. C’est également en 1944 que les Nazis envoient d’improbables messagers à l’Est pour tenter de semer la confusion parmi les Alliés, et l’année où les Alliés tentent de décider s’il faut négocier avec les Nazis à propos des Juifs et bombarder ou non le camp. Les Hongrois, menés par l’Amiral Horthy, se sont montrés jusque là réticents à déporter les Juifs. Mais avec l’occupation allemande de mars 1944 arrive Adolf Eichmann, l’homme chargé d’organiser la déportation de tous les Juifs de Hongrie. Eichmann fait une offre étrange à l’un des membres les plus impliqués politiquement de la communauté juive, lui proposant d’échanger la vie de 1 million de Juifs contre la fourniture de certaines marchandises. Mais simultanément, Eichmann continue d’organiser les déportations de Hongrie vers Auschwitz, où Höss est de nouveau en charge. Dix semaines après le début des déportations, 437 000 Juifs hongrois ont été envoyés à Auschwitz. Environ 75% d’entre eux sont tués dès leur arrivée. Jusqu’à cette date, les familles tziganes ont été maintenues à l’écart des autres détenus de Birkenau, dans un camp réservé aux familles. L’ordre est donné de liquider ce camp. Les tziganes tentent de se défendre, sans succès.

Pendant ce temps, l’Armée rouge, à l’est d’Auschwitz, se rapproche, alors qu’Himmler tente de négocier avec les Alliés occidentaux. En décembre 1944 et janvier 1945, les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau sont démontées pour couvrir les traces des Nazis. Les prisonniers qui en sont capables sont renvoyés à marche forcée, par des températures en-dessous de zéro, vers l’Allemagne. Les Nazis, comme Höss et Mengele, s’apprêtent à fuir. Cet épisode présente le témoignage de celui qui a vu la liquidation du camp des familles tziganes, les témoignages des commandos qui oeuvraient dans les chambres à gaz, et celui d’un Juif hongrois rescapé de la « Solution finale » après avoir accepté de partir pour la Suisse, dans un train affrêté par Eichmann en geste de bonne volonté envers les Alliés.



Episode 6 - Libération et vengeance

« Question : Vous avez été un élément de la plus grande usine de mort de toute l’histoire. Ne pensez-vous pas que vous auriez dû être jugé ?
Réponse : Non. Vous [avez tort] de supposer que l’appartenance à un large groupe de personnes vivant dans une garnison où des Juifs étaient tués est suffisante pour faire de [cette personne] un criminel. » Oskar Grsning, garnison SS, Auschwitz

Le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge libère le camp de concentration à Auschwitz-Birkenau. Les soldats, non informés, sont horrifiés de voir des squelettes vivants, les ruines des chambres à gaz et les piles de cheveux humains. Mais le monde n’est pas horrifié uniquement par Auschwitz-Birkenau. Quelques mois plus tard, d’autres camps de concentration sont libérés, parmi lesquels Bergen-Belsen, où des milliers de cadavres sont entassés sur le sol. Les Britanniques horrifiés ne sont pas préparés à gérer la situation : 14000 prisonniers meurent au cours des cinq jours suivant leur libération, et 14000 autres lors des semaines suivantes. La tragédie se poursuit pour de nombreux prisonniers libérés : des femmes sont violées par les soldats russes ; des Juifs survivants rentrant dans leur pays (la Slovaquie, la Pologne), se sont fait confisquer leurs biens ou s’entendent dire par les voisins de retourner d’où ils viennent. Nombre d’entre eux risquent les pogroms dans leurs villes. D’autres décident de partir en Palestine, mais la majorité est arrêtée par les patrouilles britanniques et placée dans des camps à Chypre. Hitler et Himmler se suicident, alors qu’un grand nombre de criminels réussit à se cacher. L’ex-Commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss est capturé par les Britanniques, qui ne le reconnaissent pas. Adolf Eichmann devient bûcheron dans la même région, tandis que Josef Mengele travaille comme journalier dans une ferme de Bavière. Des groupes de vengeurs sont mis en place par des Juifs, décidés à prendre leur vengeance en main. Dans le chaos de l’après-guerre, ils traquent les Nazis et en assassinent certains. Höss est retrouvé par les Britanniques, jugé en Pologne et pendu à Auschwitz. Eichmann et Mengele fuient en Argentine. En mai 1960, Eichmann est finalement capturé par les Israéliens, jugé et exécuté un an plus tard. Mengele réussit à échapper à toutes les traques et meurt de mort naturelle en 1979. Dans l’ensemble, seul un petit pourcentage des SS basés à Auschwitz seront retrouvés et jugés. Les preuves manquent sur leur implication personnelle dans les crimes commis au camp. Nombre d’entre eux n’ont jamais assumé leur rôle dans la « Solution finale ». En revanche, ceux qu’ils ont persécuté n’ont jamais pu oublier.

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